Blog d'un coureur qui est passé du marathon aux ultra-distances. Bilan de plus de 36 années d'entraînement et de courses. Récits de courses inoubliables: TransEurope, Transe Gaule, DeutschLandLauf, TransEspaña, Loire Intégrale, MilKil, MiMilKil, Via Iberica, ViAragon, Via Kalchaki, Tour de Goa, 6 jours, courses de plus de 200km, 24 heures, Grand Raid du Golfe, 100 kilomètres...
Récit de ma troisième TransEurope qui se déroula du 3 août au 12 septembre 2025, de Flensburg (All) à San Marino (RSM).
2343,9km en 270h47’. Classement : 8ème sur 36 partants et 27 arrivants.
(Compte-rendus Facebook)
1ère étape : de Flensburg (All) à Hattstedt. 54km.
Bon, me voilà bien installé sur mon matelas et comme "on" m'a mis la pression je me fends d'un petit CR. Et c'est bien parce que c'est vous.
"Départ pluvieux, départ heureux" pourrait être le proverbe du jour.
Nous avons entendu la pluie tomber toute la nuit et au petit matin elle tombait toujours. Nous nous sommes levés à 5h pour un départ à 7h ce qui laissait le temps de préparer la tenue adéquate avec veste de pluie ou poncho, voire les deux pour les prudents.
Un petit déjeuner pris à la va-vite sur les bancs dans le couloir de la salle au lieu de le faire comme prévu dehors, un rangement des affaires dans les valises et sacs ("Tiens, c'est bizarre, hier tout tenait et aujourd'hui ça ne rentre plus !" ) et après un moment d'attente fébrile pour certains et blasée pour d'autres (ça c'est pour moi), nous sommes partis vers Hattstedt, lieu d'arrivée de cette 1ère étape.
Je me suis vite retrouvé juste derrière le groupe de tête que je n'ai pas cherché à accrocher même si j'aurais pu le faire, mais à quel prix ?
Donc, dans le groupe des seconds couteaux, ça me convenait, d'autant que l'allure était régulière. Il y avait Jean-louis Vidal, Matthias Völkel, Christian Fatton (venu courir quelques étapes) Edi Steffen et d'autres coureurs dont un des deux japonais rencontrés hier.
Nous étions à près de 10km/h et je me suis dit que valait mieux ralentir un peu et faire baisser le cardio.
Je me retrouvai dernier de ce groupe, après deux arrêts techniques brefs et suivis tout ça de loin (200 à 300m). Au ravitaillement 1, je pris 1' pour boire et remplir une de mes bouteilles. Je répétai ce processus au R2 en grignotant quelques gâteaux secs et je n'avais toujours pas rattrapé mes potes du second groupe. Mais je les avais en ligne de mire. D'ailleurs à un moment je les ai prévenus qu'ils faisaient fausse route. Ils m'ont remercié pour cela.
Au troisième ravitaillement je restai un peu plus longtemps (2') pour bien refaire le plein et emporter une demie banane et quelques gâteaux. Nous sommes arrivés dans une petite ville où des travaux empêchaient de prendre l'itinéraire prévu mais il n'y avait pas de déviations de proposée et après un moment d'hésitations, j'ai aperçu le coureur japonais passer par le chantier et je me mis à l'imiter. Nous sommes passés dans de la boue, entre des câbles électriques et des machines de chantier nous avons escaladé le talus pour franchir les lignes de chemin de fer et nous sommes redescendus de la même façon vers la sortie du chantier toujours en escaladant les barrières de sécurité (mais en restant prudent quand même). Dans l'histoire, d'une moyenne de 9,2 je suis passé sous les 9 et la météo n'aidant pas je me suis résolu à courir plus prudemment en ce qui concerne l'allure. Je n'ai pas vu le japonais quand je suis passé devant lui, il avait dû s'arrêter dans un commerce ouvert ce dimanche. Au dernier ravitaillement, je voyais au loin, mais très très loin, Matthias mais pas le japonais et je continuais ma route pour les 9 derniers km. La pluie toujours présente et le vent latéral et parfois contraire selon la direction prise me gênaient un peu mais je faisais avec. Quand je suis arrivé, j'étais satisfait de cette première étape. 6h13' pour 54km (plus 300m au niveau des travaux). La place ? Dans les 10 premiers, je n'ai toujours pas les résultats.
Voilà pour aujourd'hui. À demain pour la n°2.
2ème étape de la TEL, de Hettstedt à Meldorf. 58,2km au programme.
Nous sommes partis sous un temps gris qui allait peu à peu se découvrir.
Comme hier, nous nous sommes retrouvés à 10 devant avec la même hiérarchie qu'hier. L'allure était moins rapide, je l'ai tout de suite senti, mon cardio restant bas (115/120) et ma foulée plus légère (non, on ne se moque pas ! ). La piste cyclable nous a emmenés à Husum, ville que j'ai déjà fréquentée plusieurs fois lors de mes Deutschlandlauf car nous y dormions la veille du départ.
Le port était beau à voir, avec ses maisons colorées et ses nombreux bateaux, principalement de pêche.
Une fois sorti de l'agglomération une nouvelle piste cyclable nous tendait les bras, ce fut comme cela toute la journée. Parfois on passait par des petites routes ou chemins de campagne avec des prés salés où broutaient des moutons, d'autres pâturages où des vaches paissaient et des enclos à chevaux qui ne demandaient qu'à nous accompagner.
Il y avait des hérons et j'ai même vu une cigogne. À d'autres endroits, nous avons longé des cultures de céréales et les routes bordées de haies me rappelaient la Bretagne entre autres régions bocagères.
En ce qui concerne la course en elle-même, j'ai géré jusqu'au second ravitaillement (km 27) puis j'ai commencé à ressentir le besoin de marcher de temps en temps. Des 8 de devant je n'apercevais plus que Matthias Völkel grâce à sa casquette jaune fluo. Le japonais a calé à ce moment et je le dépassais après être resté quelques hectomètres avec lui.
Au dernier ravitaillement j'ai rattrapé Stéphane Pelissier qui avait besoin de récupérer et de gérer quelques soucis causés par ses chaussures. Il restait 10km que nous avons faits ensemble, rattrapés par Adrian Rewig. Tous les 3 nous avons fini 8èmes ex-aequo.
À demain, il se fait tard.
Cette étape, la 3ème sur 41, de Meldorf à Glückstadt, 52,2km, s'est bien passée pour moi, je suis parti comme les deux jours précédents avec le groupe de tête. L'allure fut prudente car j'ai pu suivre le tempo pendant un long moment et peu à peu les écarts se sont creusés. 6 devant et un petit groupe de 4 dont je pris les commandes derrière. J'étais d'ailleurs étonné que certains ne me passent pas.
Les pistes cyclables comme hier puis les parties plus bucoliques en rase campagne avec pâturages et champs, les zones à éoliennes, les marécages, ce paysage est devenu petit à petit assez monotone.
Au km 28, nous avons franchi le Nord-Ost Kanal en prenant un bac. 15' de perdues à l'attendre et à en sortir une fois la traversée effectuée. Nous étions 5 à nous être regroupés au gré de cette attente : Matthias Völkel , Edi Steffen , Adrian Rewig, Louis (un coureur venu quelques jours faire les étapes avec nous) et moi.
Nous en sommes repartis ensemble et peu à peu avons retrouvé notre ordre. Comme hier, j'ai rattrapé Stéphane toujours en délicatesse avec ses chaussures et nous avons poursuivi ensemble, rejoints par Adrian à deux km de l'arrivée.
Même fin qu'hier mais en gagnant tous les trois une place car Edi est arrivé un peu après nous.
Ce qui est bien avec la longueur modérée des étapes c'est qu'on arrive tôt, on a du temps pour tout, s'installer, boire une bière, se doucher (aujourd'hui c'était à l'eau froide), laver son linge, manger un peu - cette année il n'y a pas de petits plats qu'on peut commander et payer mais la femme de Thomas fait des sortes de beignets-crêpes qu'on accompagne d'une autre petite boisson houblonnée. On a le temps de préparer ses affaires pour le lendemain et de se reposer ainsi que d'écrire un petit compte-rendu de la journée.
Voilà pour ce jour n°3.
CR 4ème étape de la TEL 2025. Glückstadt (Wischhafen) - Oerel, 55,5km.
Nous nous sommes levés à 4h pour être prêts à partir en marchant rejoindre dès 5h45 l'embarcadère du ferry qui nous fit traverser l'Elbe. 2km sous un ciel assez chargé, mais quand on quitte une ville dont le nom est Glückstadt on est en droit d'espérer avoir de la chance et nous avons échappé partiellement au gros de l'averse.
30' de traversée et un départ tout pile à 7h du groupe entier, de Wischhafen .
Ça a démarré vite, René et Florian prenant rapidement leurs distances, nous dûmes nous contenter des miettes. Je me glissai dans le groupe des poursuivants, discrètement je restai un peu en retrait, et nous aussi nous creusâmes un bel écart avec les autres concurrents.
Je me surpris à être encore à 9,5 de moyenne au 1er ravitaillement puis à 9,2 au second. Il faut dire que les pistes cyclables étaient roulantes et le vent orienté au sud-ouest ne nous était pas trop défavorable aidé en cela par la présence de haies ou d'arbres.
Paysages agricoles comme les jours précédents, des villages tous les 2 à 5 km, je trompais l'ennui en laissant divaguer mes pensées. Notre groupe de poursuivants s'étirant sur plusieurs centaines de mètres je l'apercevais grâce aux tenues fluorescentes ou blanches de certains. Mais dans le peloton beaucoup portent des tenues sombres ce qui risque de leur poser des problèmes quand on traversera des contrées dépourvues d'un réseau de pistes cyclables important.
Nous nous sommes rapprochés de Brème et ça se sentait au nombre plus important de véhicules circulant dans les deux sens.
Comme ces derniers jours je rattrapai Stéphane sans essayer de suivre Edi avec qui j'avais fait un bout de route.
Nous avons donc fini ensemble.
À l'arrivée nous avons eu le plaisir de voir Ulrich Schulte dont nous avions fait la connaissance lors de la TransEurope 2009.
Nous sommes encore 100% des partants encore en lice. Très peu de bobos à déplorer, peut-être quelques releveurs qui commencent à siffler, des petites ampoules ou irritations qui grattouillent, mais rien de sérieux. Je pense que le format des étapes y est pour beaucoup. On ne part pas pour 50/60km comme pour 70 ou plus et l'enchaînement régulier de ces distances ne casse pas si rapidement les organismes.
On saura bientôt si l'augmentation de la dose quotidienne moyenne va faire des dégâts (on aura une terrrrrrrible trilogie de 60/60/66 ou un truc dans le genre la semaine prochaine. Là, on fera le point.
Quelques coureurs s'égarent de temps à autres, une japonaise est arrivée peu avant 20h.
Ceux et celles qui ne viennent courir que quelques étapes sont sympathiques et ne faussent pas la course.
On est une fois encore comme une grande famille.
À + Fab
Cette 5ème étape (de Oerel à Stadland, 54km) a commencé sous un temps très agréable et comme d'habitude nous nous sommes retrouvés par petits groupes correspondant plus ou moins au classement général. La piste cyclable était agréable et nous protégeait des automobiles de plus en plus nombreuses au fil des heures. Les vélos aussi ont été plus fréquents à nous doubler ou croiser.
Au 1er ravitaillement j'étais à 9,4 de moyenne et comme je ne m'y suis arrêté qu'une minute - c'est une constante depuis Flensburg car il n'y a que des boissons - je suis reparti avant mes compagnons de route et j'ai fait un petit test sur une dizaine de km, à savoir accélérer un peu tout en contrôlant le cardio. Je me suis retrouvé à presque 10 à l'heure sans que la fc ne monte au-dessus de 130. Au ravitaillement 2, je pensais avoir fait le trou avec mes collègues mais ils avaient eux aussi augmenté la cadence et je les ai aperçus au moment où je quittais le ravito. J'y étais resté 2'30, c'est un peu plus que d'habitude, mais j'avais besoin de remplir mes bouteilles et d'emporter de quoi grignoter (banane et gâteaux secs). La piste cyclable longeait des champs de maïs, de blé ou autre céréale, des prés, et quelques fermes d'élevage de porcs. Les quelques villes ou villages traversés nous divertissaient mais le pavage des trottoirs était moins agréable que l'asphalte où nous évoluions avant.
Les ravitaillements 3 et 4 m'ont fait perdre quelques dizaines de mètres sur les autres d'autant que je m'imposais des moments de marche pour m'hydrater ou manger.
Au n°4, on apprit que l'embarcadère pour franchir la Weser se situait à 3km de là environ et nous voulions tous réussir à en attraper un sans avoir à attendre 20', le temps normal d'une rotation.
On a été chanceux sur ce coup et avons même retrouvé un des membres du groupe des rapides ayant été lâché et rejoignant le bateau en marchant.
Nous sommes arrivés à l'embarcadère quand le bateau ouvrait sa barrière et moins de 10' après nous en descendions sur l'autre rive.
La fin fut assez difficile pour moi car les 5 autres coureurs avançaient à un bon rythme que j'avais du mal à suivre d'autant que j'ai dû m'arrêter une fois pour ôter un caillou de ma chaussure et effectuer deux pauses marchées pour me ravitailler. Mais je réussis à chaque fois à revenir et nous avons passé tous les 6 ensemble la ligne d'arrivée en 6h02'. Nous étions 5èmes ex-æquo.
À+Fab
6ème étape : Stadland - Jever, 53,8km.
Un peu en manque sommeil, j'ai fait une petite sieste après l'arrivée de la 6ème étape. Départ de Stadland, arrivée à Jever, après avoir longé un bon moment la baie de Jade, sorte de Golfe donnant sur la mer du nord. Dommage que nous ayons couru du côté de la digue qui nous empêchait de voir la mer. Nous l'avons vue un peu avant de repiquer dans les terres.
Ça s'est bien passé pour moi, j'ai tourné à 9,7 jusqu'au ravitaillement 1 puis à 9,5 jusqu'au 2. Souvent seul, mais ayant en vue Thorsten Gratzel avec qui je vais finir l'étape. Les 4 qui étaient derrière nous ont dépassés après le ravitaillement 3, et nous les avons eus en ligne de mire.
Le paysage a défilé sans que je m'attarde de trop sur les détails, mais c'était comme depuis ces dernières étapes, un peu toujours la même chose. La différence est qu'aujourd'hui on a mis le cap au nord-ouest et ça s'est senti tant au niveau du vent que du soleil.
Ce fut difficile à partir du dernier ravitaillement situé à plus de 12km du but, mais je suis bien arrivé et aussi très heureux de voir que Jean-Louis et surtout Stéphane sont arrivés peu de temps après moi. Stéphane a moins souffert qu'hier.
La salle est encore top.
Le soleil tape bien maintenant alors qu'il avait été filtré par les nuages pendant notre course.
Je mets moins de 6h pour ces 53,8km, il n'y avait pas de croisière aujourd'hui.
À+ Fab
[TEL2025 Petits rituels du matin.
Ambiance.
Vers 3h30, quelque bruit léger me sort de mon sommeil. Quelqu'un parti aux WC sans doute, du coup je m'y rends aussi. Déjà un japonais est avec son portable à communiquer avec ses amis ou famille.
4h, ça se lève; ce sont ceux qui partent à 6h et quelques autres insomniaques. Je m'emmitoufle dans mon sac de couchage pour ne me lever qu'à 5h.
Un peu avant 5h, la lumière du gymnase s'allume, bon, il faut y aller.
Passage aux WC et pendant l'attente - il n'y a que 2 WC pour les hommes et 1 pour les femmes - je regarde les bénévoles tous assez âgés se regrouper autour de Grâce (la personne qui gère le site fb de la course et ravitaille aussi) pour effectuer en musique un petit stretching. Ils m'émeuvent à chaque fois car à plus ou moins 80 ans ils sont là à faire que notre course se déroule pour le mieux et ils se maintiennent en forme.
Petit-déjeuner dehors, il fait doux, au loin la mélodie douce du coureur japonais jouant de la flûte traversière ce qui masque le bruit lointain d'une grande route. Ça créé une ambiance un peu surréaliste, comme si je dormais encore alors que mon bol de céréales et mon café chaud fument sur la table. Ce coureur japonais a mon âge et fait les étapes avec son chapeau typique, pas pointu mais en demie lune et en tongs !
Ensuite, c'est le lavage de la vaisselle, le rangement des affaires dans les sacs et valises, le brossage des dents, le rangement des tapis de gym utilisés en guise de matelas. Déjà le 1er groupe des 6 moins rapides prend la route. On a une heure à tuer. Chacun trouve la meilleure façon de passer le temps.
On donne un coup de main à Thomas pour replier et ranger les tables et les chaises et pour faire qu'il n'ait pas trop de mal à fourrer tous les bagages dans le camion : et oui, c'est lui qui le fait !
Je lui ai demandé s'il arrivait à s'octroyer une petite heure pour dormir. Non, il s'occupe de toute l'intendance et donne et reçoit des coups de téléphone des futurs lieux d'hébergement.
Presque 7h, on se regroupe et le responsable du pointage des temps prend son horloge de cuisine, réglée à midi, et nous donne le départ pile à 7h. Comme il arrondit les temps à la minute, il y a de minimes différences qui pour le moment ne sont pas en ma défaveur.
Voilà, et avec les quelques clichés pris et diffusés sur les réseaux sociaux vous pourrez visualiser certaines de ces descriptions.]
TransEurope 2025. 7ème étape. Jever - Leer, 56,7km.
1 semaine de course vient de se terminer.
384,4km effectués en 43h47' (43h50'41" est mon propre cumul cf garmin pour 385,8km).
Je suis dans le top 10. Peut-être encore 8ème ce soir, je ne sais pas, je n'ai pas accès aux résultats.
Aujourd'hui au niveau ressenti ce fut une étape difficile. Elle démarra pourtant bien, je me retrouvai dans les 6 de tête puis au gré des différents arrêts techniques je fus propulsé à la 3ème place (des concurrents de la TEL car un coureur venu faire quelques étapes était parti devant avec les intouchables René et Florian).
Je n'étais qu'à 9,6km/h.
Quelques km plus loin, je fut rattrapé puis dépassé par un train bleu et jaune de 4 coureurs puis peu après par 5 autres. Ça faisait du monde d'un coup sur la piste cyclable. Je n'essayai même pas de m'accrocher car cela aurait été au détriment de ma ligne de conduite, c'est à dire de marcher tant pour boire que pour manger. Quelques bicyclettes nous croisaient ou dépassaient et l'une d'elle s'est accrochée avec un coureur du "train" et l'a fait chuter. Heureusement sans gravité.
Au R1 j'étais à 9,4 mais déjà lâché. Je ne m'en préoccupai pas plus que ça, ayant l'arrière du groupe en point de mire.
Au R2, ma moyenne avait chuté et je n'étais plus qu'à 9,1. Je dus gérer ce moment et Stéphane Pelissier me rattrapa. Comme il allait un peu mieux, son allure me convenait et nous cheminâmes ensemble. Vinrent le R3, puis des traversées de jolis bourgs avec des canaux et ensuite le R4 avec une portion de chemin recouvert de dalles ou de pavés autobloquants et qui se transforma en chemin herbeux puis caillouteux. Bref, l'allure et l'aisance en prirent un coup.
Nous avons fini l'étape ensemble mais assez fatigués par cette fin quelque peu chaotique.
6h29 pour 56,7km. 9èmes ex-æquo. Bon, on s'en contentera.
Demain, 50,4km. Étape où nous passerons quelques km aux Pays-Bas.
À +Fab
TransEurope 2025. 8ème étape. Leer - Rhede (All) 50,4km.
Ce matin il faisait déjà bon à 7h quand nous sommes partis. La télé était présente pour filmer un coureur local et nous a suivis toute l'étape d'autant que je suis resté au contact avec lui jusqu'à 10km de l'arrivée.
Nous avons traversé Leer une ville de bonne taille mais dont le centre ville très pittoresque était désert à l'heure de notre passage. C'est normal, leer veut dire vide en allemand.
Par la suite on a longé des canaux, on est passés par dessus d'autres, on a tourné, viré et puis on s'est perdus à une intersection où la trace nous faisait passer par un chantier dont on ne pouvait franchir les barrières.
Après quelques hésitations et une carte du coin sur un téléphone on a trouvé une solution pour retrouver la trace plusieurs km plus loin. On n'aura pas fait de distance supplémentaire, juste jardiné quelques minutes.
Par la suite, nous sommes entrés aux Pays-Bas et avons cheminé le long de canaux et sur une piste cyclable étroite, ombragée parfois bordée de jolis pavillons dont beaucoup avaient un espace suffisant pour monter des chevaux.
Devant comme toujours il y a eu match entre René et Florian puis à bonne distance Heiko et Matthias suivaient. Le groupe d'après, avec Thorsten, Adrian, Edi et Louis (faisant sa dernière étape avec nous) était assez loin derrière mais aussi assez loin devant nous. Nous, c'étaient Stéphane, Martin, Jean-Louis et moi. Notre groupe a explosé après le dernier ravitaillement et laissant Martin filer Stéphane et moi avons terminé ensemble après avoir distancé Jean-Louis.
5h45 pour 50,4km. Ce fut court mais pas plus facile pour autant.
À+Fab.
TEL2025 : étape 9 (Rhede - Twist-Bült, 60,6km.)
Il faisait encore frais au départ de cette 1ère étape de plus de 60km depuis le début de la TEL 2025.
13° au réveil, ça dissuade de prendre son petit-déjeuner dehors, alors on s'est tous retrouvés dans le grand gymnase où nous avions dormi.
Un quart du peloton est parti à 6h et nous, les autres, à 7h. J'ai assisté au départ en trombe de René suivi de Florian. Je me glissai à nouveau dans le groupe des poursuivants directs sans ressentir la moindre gêne à mon genou qui m'avait titillé la veille et un peu l'avant-veille.
Au R1, km 13, je suis arrivé à 9,6 de moyenne et le temps, bref, de me ravitailler, j'entamai la longue portion de canal (16,5km) en partie aux Pays-Bas mais souvent le long de la frontière. Le groupe avait explosé et je laissai partir les plus rapides. Le soleil brillait de mille feux, mais le parcours était à l'ombre avec les platanes ou autres espèces le bordant. De l'asphalte nous sommes passés à un chemin tantôt sablonneux, tantôt caillouteux, tantôt herbeux. Au second ravitaillement, km26, je n'étais plus qu'avec Stéphane, et nous ne voyions plus que Edi devant, avec son maillot orange visible de loin.
Encore 3 autres km le long de ce canal puis nous avons bifurqué et retrouvé l'asphalte.
Il y avait de belles propriétés, des canaux avec des bateaux, des écluses. On a même vu un système de passage qui ressemblait à une télécabine et actionné par une sorte de manivelle.
Il commençait à faire chaud, les parties à l'ombre devenant moins nombreuses, mais nous tenions une bonne cadence.
Après le dernier ravitaillement, une longue portion sans ombre et sur une piste cyclables à grandes dalles a failli avoir raison de nous. Ce fut difficile de résister à la tentation d'aller s'asseoir au pied d'un arbre à l'ombre mais hors parcours. On a serré les dents et quand on est revenus sur des zones plus ombragées on a soufflé un peu puis on a fini l'étape ensemble en 7h07.
À+Fab
10ème étape, Twist-Bült - Gronau, 61,1km.
Nuit raccourcie d'une heure pour tous afin de donner le départ de la 10ème étape plus tôt. 61km et chaleur, ainsi que la lenteur extrême de certains ont guidé le choix de l'organisateur.
Du coup on en a profité aussi.
Copier-coller des étapes précédentes, départ relativement rapide, position dans les 7/8 premiers, deux lâchés parmi ceux qui étaient devant moi au général (releveurs et tendinite d'achille), Allemagne au début, Pays-Bas au milieu et de nouveau Allemagne à la fin.
Au crash-test des voies cyclables, les allemands sont mieux pourvus en ce qui concerne la qualité du revêtement et pour ce qui est des routes secondaires, pas de voie spéciale pour les cyclistes aux Pays-Bas, juste un marquage style "chaussidou" où deux voitures ne peuvent pas se croiser s'il y a des vélos ou des piétons. Bon, l'humain, courant ou marchant, est respecté. Aujourd'hui il devait y avoir un concours entre les tracteurs de toute taille et les cyclistes de tous âges, majoritairement plus proches du mien quand même.
Après les plantations de chanvre d'hier, on a vu des forages pétroliers à côté des champs de maïs (en Allemagne) et des panneaux contre la surcharge de la région en éoliennes (aux Pays-Bas).
Quelques bestioles, un cerf, des vaches marron avec un cerclage de pelage blanc autour du ventre, des chevaux avec des "pattes d'éléphant" (de loin on aurait dit des guêtres) mais ce sont leurs poils au bas des pattes.
Des petits villages, de jolies maisons et quand même toujours des canaux que j'ai failli oublier tant ils sont omniprésents.
Voilà. Avec Stéphane on met 7h14 et on est 7èmes.
À+
11ème étape de la TEL 2025. Gronau - Isselburg Werth, 66,2km.
66,2km à faire. Ce n'est peut-être qu'un détail pour vous mais pour certains ça voulait dire beaucoup. Je n'ose pas les imaginer sur les enchaînements démoniaques de certaines courses à étapes auxquelles j'ai participé, avec des journées à plus de 90km.
Aujourd'hui ce fut une journée à plusieurs abandons et un bon nombre de participants sont touchés dans leur chair et sans doute aussi mentalement.
La chaleur, on est pourtant loin des températures actuelles sur la France, a fait son travail de sape.
Il est 20h20 et le dernier concurrent vient d'arriver après 14h20 sur la route. Je l'ai dépassé après 1h de course (2h pour lui) et je n'avais couru que 9,3km. Pourtant, j'étais second, très loin derrière René qui a démarré une fois qu'il a été sûr d'être sur le bon itinéraire.
Je ne pensais pas arriver au ravitaillement 1 toujours en seconde position et avec plusieurs centaines de mètres d'avance sur le groupe des poursuivants.
Je ne forçais pas, j'étais à l'aise, c'étaient les autres qui allaient moins vite.
Au ravitaillement 2, j'étais 3ème car Adrian m'avait rattrapé et était reparti un peu avant moi.
Après, j'ai maintenu ma cadence, mais les vautours (Matthias et Edi) se sont peu à peu rapprochés et m'ont progressivement dévoré, prenant une avance grandissant au fil des km. Florian et Stéphane firent la jonction et après une petite partie de yoyo, Florian lui aussi nous distança. Il en manquait : Heïko, Martin et Thorsten.
Avec Stéphane nous ne vîmes que Heïko qui nous lâcha après le 5ème et dernier ravitaillement.
Il faisait chaud et à force de jouer à fractionner notre effort - on court au soleil et on marche à l'ombre - tout à coup plus d'ombre ! Ou plus beaucoup. La soif et l'envie d'autre chose que de l'eau de nos bidons nous décidèrent à traverser la route pour nous acheter des glaces.
Pas de chance, après avoir attendu plus de 5 minutes qu'une cliente achète un stock de pains - à faire couper par la vendeuse - pour au moins un mois, nous demandâmes des glaces. Nein ! Il n'y en a pas ! Alors on a pris des boissons fraîches, 50cl d'ACE pour Stéphane et 1l de coca - du vrai - pour moi.
On est repartis en buvant goulûment nos boissons fraîches et reboostés par cet apport calorique bienvenu nous avons pu gérer les 5km restants.
On finit ensemble une nouvelle fois.
7h55, c'est peut-être pas rapide pour vous, mais pour nous ça voulait dire beaucoup.
À+ et pensées à France Galle.
TEL2025 : étape 12. Isselburg Werth - Walbeck, 52,6km.
Ce matin pour notre retour à des horaires plus tardifs, on s'est levés sous un ciel gris et quelques gouttes sont tombées. Pas de quoi s'affoler ni de mettre un vêtement supplémentaire.
Le départ fut plus lent que la veille en ce qui me concerne mais j'étais dans le groupe de tête quand même. La fatigue des 3 étapes précédentes et la moiteur ambiante ne m'ont pas aidé pour cette courte étape de 52 6km.
On a petit à petit changé de paysage, pratiquement plus de canaux, plusieurs petites routes tranquilles, des villages peu animés, mais des parties ombragées qui ont permis de ne pas trop subir le soleil même s'il ne tapait pas franchement. L'absence de vent obligeait à s'aérer et à s'humidifier le haut du corps.
Nous avons franchi le Rhin, sur un long pont à haubans. Plusieurs péniches remontaient le courant. Depuis le pont, on avait une superbe vue du fleuve.
L'allure a baissé après le 3ème ravitaillement et la partie finale ne fut pas facile à faire sans alterner course et marche.
Avec Stéphane, nous sommes arrivés ensemble à la 8ème place ex-aequo.
Demain, un peu plus de 56km.
On va repasser par la Hollande.
À+Fab
Fleuve européen d'environ 950km, la Meuse prend sa source en France et se jette dans la mer du nord.
Étape 13 : rencontre avec la Meuse. Walbeck - Karken (All), 57,5km.
Bonjour Meuse endormie. Nous, ça fait presque 4h que nous sommes réveillés par les premières mélodies émanant des portables des coureurs japonais partant à 6h. Une petite grasse matinée jusqu'à presque 5h et nous voilà levés car d'autres musiques résonnent dans la salle encore silencieuse. Les préparatifs, le petit-déjeuner et nous voilà en route pour cette 13ème levée.
Meuse silencieuse que nous rejoignîmes après 7km, Meuse sinueuse dont nous suivîmes le cours sur des voies cyclables au tracé capricieux. Meuse radieuse où cheminait une barge dont le sillage scintillait dans le soleil matinal. Jusqu'à Venlo et un peu encore après tu nous as accompagnés puis lâchement abandonnés mais tôt ou tard nous te retrouverons car nous remonterons ton cours vers ta source vosgienne.
Nous avons apprécié ton calme, un peu moins les nuisances sonores qui suivirent. De voies cyclables en voies cyclables, nous fûmes à l'abri du flot de véhicules mais nombreux furent les cyclistes à nous dépasser ou croiser. L'ombre au début généreuse fut distribuée avec parcimonie par la suite et le ravito "sauvage" de Jacky et Corinne venus de France pour nous voir fut apprécié tout comme les deux points d'eau rencontrés dans des villages.
Je finis 7ème, ayant lâchement abandonné Stéphane que je pensais capable de me rattraper quand j'ai légèrement accéléré.
Il finit peu après avec deux autres coureurs.
Et Jean-Louis a une nouvelle fois changé de partenaire - de course j'entends - pour parfaire son anglais ou son suédois.
À + Fab
14ème étape : Karken (All) - Zutendaal (Bel), 52,9km.
Après cette quatorzième étape, un tiers de la TransEurope a déjà été effectué. Et nous avons quitté l'Allemagne puis les Pays-Bas pour maintenant passer par la Belgique.
Le temps était idéal car couvert et ni trop chaud ni trop humide.
L'itinéraire suivit la plupart du temps des pistes cyclables et nous avons pu reconnaître les parties en Allemagne, celles aux Pays-Bas et découvrir leur équivalent en Belgique. Même au niveau des trottoirs on remarque des différences tout comme le style des maisons.
La course en elle-même fut un classique, en ce qui me concerne en tout cas. J'ai plus "couru après" que "couru devant" parce que je me suis fait distancer par les coureurs du haut du classement plus vite que lors des étapes précédentes. Pourtant je n'avais pas l'impression de lambiner. Au niveau des données cardiaques, je constate ce soir que j'ai tourné à 110 pulsations/minute en moyenne avec un maxi à 123. C'est la plus basse moyenne depuis Flensburg après l'étape 10 (108 bpm).
À aucun moment je n'ai eu à forcer, ceci explique peut-être cela. On va dire que nous sommes dans les étapes de transition entre du raplapla et les premiers dénivelés. D'ailleurs, à 5 ou 6 km de l'arrivée, on a grimpé un petit relief sur plusieurs km, certes pas de quoi soutenir la comparaison avec ce qu'on aura bientôt et encore moins avec la traversée des Alpes.
Nous avons revu la Meuse et son canal latéral en les franchissant sur un long viaduc, ce qui nous a amenés au pays de Tintin et Milou.
Jacky et Corinne ont essayé de nous suivre en camping-car mais certaines parties leur étaient interdites. On s'est retrouvés à l'arrivée, ils nous ont offert le repas du midi (presque un apéro-dînatoire) et nous avons de nouveau dîné avec eux ce soir. Ça détend et ça sort un peu de la routine quotidienne. En tout cas ça fait chaud au cœur.
Demain, 58km en Belgique, on se rapproche de la France.
[17 août 2005 - 17 août 2025.
Cela fait 20 ans aujourd'hui, je prenais le départ de la 1ère étape de ma 1ère TranseGaule qui fut ma 1ère course à étapes.
Aujourd'hui c'est ma 496ème que je m'apprête à courir.
Que tu es loin Roscoff ! Que tu es loin de Zudendaal, petite ville de Belgique que je vais quitter tout à l'heure. L'émotion ne sera pas la même, l'expérience certainement, mais j'aurai une grosse pensée pour tous ceux qui ont été acteurs de cette première : organisateurs (Jean-Benoît Jaouen notamment), coureurs (je n'oublierai pas les noms de mes 23 copains et copines de course de cette édition à zéro abandon), bénévoles aux rôles tellement importants tant dans le ravitaillement que dans le réconfort moral et physique (Jacquemine, Marcel et Marie, Nicole, Philou et Johanne Favreau...). Désolé si j'oublie du monde.
Voilà, il est 5h. Je dois me lever. Il y a une étape à courir.
À+ pour des nouvelles du jour. Fabrice]
15ème étape : Zutendaal (Bel) - Bekkevoort (Bel) 57,9km.
Quand à 10 minutes du départ Stéphane m'annonça qu'il ne prendrait pas le départ de l'étape, je ne le crus pas mais à la tête que faisait Jacky j'ai vite compris qu'il ne s'agissait pas d'une blague. Les larmes vinrent remplir mes yeux et Stéphane m'expliqua la raison de son arrêt prématuré de la course. Il lui en a fallu du courage pour prendre cette décision certainement plus que de courir avec ses douleurs permanentes et un moral touché de plus en plus chaque jour.
Donc, c'est abasourdi par cette nouvelle que je pris le départ - personne d'autre ne le savait dans le peloton et je me gardai bien d'en parler.
Pour ne pas y penser, une seule solution : partir vite comme les autres matins, se concentrer sur l'itinéraire et suivre ceux de devant en les gardant en point de mire le plus longtemps possible.
9,4km/h au ravitaillement 1, puis 9 encore au numéro 2, j'avais bien lancé mon étape.
Naturellement j'y repensais par moments car nous avions pris l'habitude de faire la seconde partie des étapes ensemble. Là, une impression de manque s'était installée. À deux reprises, Jacky, Corinne et Stéphane me donnèrent de l'eau pétillante pour bien m'hydrater car le ciel couvert du petit matin s'était bien dégagé.
Les routes étaient parfois tranquilles mais d'autres, étroites, sans piste cyclable ni voie piétonnière, nous firent souvent l'impression que nous gênions. Les cyclistes étaient nombreux et on a aperçu beaucoup de joggers. Mais les plus pénibles furent les automobilistes qui nous croisaient souvent en s'écartant le plus tard possible.
Au dernier ravitaillement je rattrapai Martin en proie avec de fortes douleurs à une jambe qui l'empêchèrent de courir jusqu'à l'arrivée. Je me fis rejoindre par Thorsten à 3km du but et nous passâmes la ligne d'arrivée ensemble.
6h42 pour 57,9km, 7èmes ex-æquo, ça c'est pour l'anecdote, mais pour ce 20ème anniversaire de la 1ère étape courue lors de ma 1ère TranseGaule j'aurais préféré un autre scénario.
À demain.
TransEurope 2025 : étape 16. Bekkevoort (Bel) - Eghezée (Bel), 50,2km.
Moment d'émotion au départ ce matin quand Stéphane, Corinne et Jacky m'ont dit au revoir et souhaité le meilleur.
J'ai vite évacué la tristesse et suis rentré dans l'étape. On a fait dans l'autre sens les 2 derniers km de la veille avec Thomas comme guide et nous nous sommes retrouvés sur une route en travaux. Ce fut d'ailleurs une journée de travaux sur les routes, les pistes cyclables et les chemins.
Je partis dans les 6 premiers où Jean-Louis s'était invité et il se mit à l'œuvre pour tenir son rang et rester au contact de Florian. Sa tenue orange visible de loin me montrait qu'il y en avait sous le capot.
Je me fis donc distancer.
Une fois les premières routes passées, nous avons pris une ancienne voie de chemin de fer réhabilitée en voie verte asphaltée sauf sur une portion d'un km où nous avons couru dans un chemin bientôt occupé par une débroussailleuse. On nous laissa aimablement passer.
Cette voie verte était en faux-plat montant et je me plaisais à dérouler, ne sentant pas que ça montait.
Des ravitaillements espacés de 10km, c'est royal et ainsi l'étape a passé vite. La plupart du parcours y était à l'ombre, mais la température ambiante n'était pas très élevée, juste parfaite pour courir.
Je rattrapai Jean-Louis après le dernier ravitaillement et peu à peu il ne put s'accrocher, mais Thorsten si.
Donc comme hier, nous avons franchi le tapis rouge ensemble.
6ème ex-æquo en 5h45 et 300m de D+ pour 50,2km. Jean-Louis finit 3' derrière.
Demain, 71km au menu.
À+ Fab
17ème étape. Eghezée (Bel) - Givet (Fra), 71,1km.
Départs à 5h et à 6h en raison de la longueur de l'étape : 71,1km.
Première partie sur la suite de la voie cyclable d'hier, jusqu'à Namur. Un peu de chasse au trésor - en l'occurrence de recherche du parcours où je sauve 2 japonaises un peu perdues - puis ce fut le début du cheminement le long de ce fleuve, sur sa rive gauche, c'est à dire du côté droit quand on remonte vers la source. (Ça y est j'en ai perdu la moitié !)
C'est une très belle ville, et la suite de l'étape jusqu'à Dinant fut un régal pour les yeux, d'autant que nous courions sur une voie mixte piétons-cyclistes. J'avais été lâché par les 6 premiers plus Yukari la 1ère féminine lors d'un arrêt en urgence pour satisfaire un besoin naturel - non, je n'ai pas été prendre une bière dans un troquet - et je suis reparti à la poursuite de ce petit monde.
Yukari, je la guide dans Namur, elle me suivra de près jusqu'au dernier ravitaillement. Entre temps, j'ai avancé, faisant méthodiquement mes pauses hydratation et alimentation en marchant.
Après Dinant la piste cyclable et la voie piétonne disparurent et nous nous retrouvâmes face aux véhicules sans véritable possibilité de se ranger sur le côté. Ce fut un peu éprouvant d'autant que l'ombre manquait. Il faisait chaud. Je fis la jonction avec Edi et à 5km du but je maintins mon allure et allai jusqu'au bout en solo, à la 7ème place, sans avoir réussi à revenir sur Thorsten.
À Givet, le dernier virage avant l'arrivée nous fit quitter la Meuse.
Je ressors ce poème de Charles Péguy (extraits) :
Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance,
Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas.
Meuse, adieu: j’ai déjà commencé ma partance
En des pays nouveaux où tu ne coules pas.
Voici que je m’en vais en des pays nouveaux:
Je ferai la bataille et passerai les fleuves;
Je m’en vais m’essayer à de nouveaux travaux,
Je m’en vais commencer là-bas les tâches neuves.
Et pendant ce temps-là, Meuse ignorante et douce,
Tu couleras toujours, passante accoutumée,
Dans la vallée heureuse où l’herbe vive pousse,
Ô Meuse inépuisable et que j’avais aimée.
Tu couleras toujours dans l’heureuse vallée;
Où tu coulais hier, tu couleras demain.
Tu ne sauras jamais la bergère en allée,
Qui s’amusait, enfant, à creuser de sa main
Des canaux dans la terre, à jamais écroulés.
La bergère s’en va, délaissant les moutons,
Et la fileuse va, délaissant les fuseaux.
Voici que je m’en vais loin de tes bonnes eaux,
Voici que je m’en vais bien loin de nos maisons.
Meuse qui ne sais rien de la souffrance humaine,
Ô Meuse inaltérable et douce à toute enfance,
Ô toi qui ne sais pas l’émoi de la partance,
Toi qui passes toujours et qui ne pars jamais,
Ô toi qui ne sais rien de nos mensonges faux,
Ô Meuse inaltérable, ô Meuse que j’aimais,
Quand reviendrai-je ici filer encor la laine?
Quand verrai-je tes flots qui passent par chez nous?
Quand nous reverrons-nous? Et nous reverrons-nous?
Meuse que j’aime encore, ô ma Meuse que j’aime…
Extrait de Jeanne d’Arc (1897)
18ème étape de la TEL 2025. Givet (Fra) - Libramont-Chevigny (Bel), 58,2km.
Enfin du dénivelé ! Marre du plat et du raplapla ! J'en voulais, j'en ai eu.
Dès le départ on a pris une route en faux-plat montant et à part les trottoirs de la sortie de l'agglomération de Givet, la route me convenait. Thomas nous servit d'ouvreur quelques 1500m puis nous laissa à notre longue besogne. Je "repêchai" Heiko qui avait du mal à suivre la trace dans un hameau biscornu et nous partîmes sur une petite route de campagne vallonnée qui n'était pas sans me rappeler la Creuse ou le centre de la Bretagne. Il faisait gris et juste frais comme il faut.
J'étais 4ème puis Florian Reus me dépassa, une fois échauffé. Je suis resté à cette place, en solo, jusqu'au dernier ravitaillement où je me fis rejoindre par le duo du jour, Adrian et Thorsten. J'étais un peu déçu de m'être fait reprendre alors que j'avais bien joué avec la succession des reliefs. Aujourd'hui il y avait plus de 1100m de dénivelé positif. On a vu de jolis villages et de non moins belles bâtisses.
Mes deux compères me laissèrent littéralement sur place et malgré toute ma volonté je ne pus à aucun moment combler l'écart qui grandissait au fil des km.
À l'arrivée, je mets 7h09 soit 12 minutes de plus qu'eux.
Mais je suis content de mon étape et de la belle Halle aux Foires (c'est moi qui l'ai trouvée quand j'ai aidé Thomas dans ses recherches d'hébergements). Il y a de la place et plein de sanitaires.
Tout le monde est rentré, Jean-Louis après sa journée tranquille d'hier a couru un peu plus aujourd'hui, sans faire de sieste.
Demain, 66km en direction du Luxembourg où nous dormirons sous tente.
À+
19ème étape de la TEL 2025. Libramont-Chevigny (Bel) - Simmern (Septfontaines) (Lux), 66,0km.
Au départ de cette 19ème étape de la TEL 2025, je m'apprêtais à courir ma 500ème étape depuis ma première à Roscoff en 2005.
7h45' après, je franchis la ligne d'arrivée située à l'entrée du camping où nous dormirons sous des tentes de 8 à 10 places. Les bagages resteront dehors.
La journée fut bonne - mais je n'ai pas toujours pensé cela surtout sur les portions de trail ou lors de portions sur des routes à circulation modérée.
Je suis parti assez vite, 9km/h au ravitaillement 1, puis j'ai dû me résigner à plafonner à une allure moindre, mais la succession de bosses et de creux ne favorisait pas la régularité.
J'ai couru seul la plupart du temps, mais j'ai fait quelques km avec Yukari et le flûtiste-coureur-au-chapeau. J'ai aussi été avec Edi puis quelques hectomètres avec Leroy. Notre simili groupe s'est disloqué au fil des heures et après avoir traversé des paysages ressemblant à ceux d'hier et accessoirement encore à la Bretagne et au Limousin, les espaces forestiers en plus, nous avons eu droit à une longue descente à l'ombre avant de toucher l'arrivée.
Je finis 8ème et tout va bien.
Monsieur chiffres m'informe que lors de cette étape j'ai passé les 100 000 miles depuis le début du IIIème millénaire (01/01/2001).
Demain, on file sur Thionville. Courte étape de 52,7km.
Je viens de me faire tirer les oreilles par Monsieur Chiffre : j'ai omis de dire qu'hier nous avions franchi les 1000km depuis Flensburg.
Mais personne ici n'en a parlé. Ça doit être tellement banal.
À+
20ème étape de la TEL 2025. Simmern (Septfontaines) (Lux) - Thionville (Fra) , 52,7km.
Je suis dans une brasserie de Thionville. Mon étape, la 20ème, s'est bien passée, je finis en 6h01 pour 52,7 km. J'ai couru seul quasiment toute l'étape et j'ai terminé avec Edi qui était 100m derrière et que j'ai attendu quelques secondes.
Départ du camping à 7h ce matin pour traverser le village puis prendre une belle route en lacets (cf Eguzon quand on arrive de la ville vers le lac).
Une fois tout en haut, nous avions fait en 3km le tiers du dénivelé de la journée. La suite, classique dans cette région, avec des routes plus ou moins tranquilles et des forêts et des champs qui défilent avec des vaches qui regardent les coureurs passer.
Nous avons franchi la frontière entre le Luxembourg et la France, il restait une quinzaine de km. Une nouvelle voie verte en essai nous fut proposée, sympa avec tranquillité, ombre, revêtement lisse... de quoi se libérer l'esprit.
L'approche de Thionville s'effectua sur une grande route à trafic important mais nous avions un bas-côté réservé aux bicyclettes et nous avons pu tailler les dernières bornes restantes.
L'installation, la douche, le lavage du linge - éternels rituels - puis recherche d'une brasserie où après une omelette jambon fromage, je me déguste une pizza regina.
Ça change et c'est sympa et, en fond musical, il y a Barry White.
On profite des "vacances" (étapes de moins de 55km) pour se ressourcer.
Bon, ma pizza va refroidir. Je vous laisse.
En dessert, j'ai dégusté une coupe de compotée de mirabelles : on est en plein dans la région dont c'est la spécialité. Ce qui me rappelle un titre de MC Solaar " les mirabelles".
"J'suis un village, comme quelques autres en France
Ma naissance se situe vers la Renaissance
Moins d'une centaine quelque soit le recensement
Bien avant les pansements, je n'avais que des paysans
J'en ai vu glutiner, flâner ou glaner
Des pelletés de mirabelles vers la fin de l'été
Je crois que l'unique chose qui a changé ma vie
Fut l'arrivée des taxis
Ils sont pleins selon mes recoupements
Il y a des gueules cassées, pour les blessés prothèses et pansements
Face à face ils se font front dans les tranchées...
A+
Étape 21, Thionville - Boulay-Moselle, 49,7km. Étape dite du Bergfest (en Allemagne, c'est passage de la mi-course). Je mets 5h42. Donc je suis arrivé à 12h42 et ... je n'ai pris ma douche qu'à 20h45.
Pourquoi donc ?
Le camion transportant nos sacs a crevé vers 9h30 et le temps de contacter Thomas, puis de chercher vainement une solution, j'ai été embauché par Thomas pour l'accompagner et l'aider dans les démarches. Un petit tour en Allemagne pour rien, le loueur de chez Hertz n'existe plus à Saarlouis, retour à Boulay-Moselle puis après avoir recherché un Norauto qui a des pneus compatibles, nous sommes allés à Semecourt les chercher puis les apporter au Norauto de Thionville qui nous a renvoyés vers un Leclerc-auto qui a l'habitude de traiter ce genre d'urgences. Sympas et disponibles, ils nous ont dépannés en changeant les deux roues avant. Il était 19h. On est rentrés à Boulay-Moselle où tous les coureurs et bénévoles attendaient leurs affaires qui ne sont arrivées qu'à 20h40, le chauffeur ayant eu le désagrément de devoir prendre une déviation car le véhicule était trop haut.
Bon, tout est rentré dans l'ordre.
Au fait, concernant l'étape du jour : c'est joli la Moselle (on l'a suivie 20km) et la suite ne fut pas désagréable non plus.
Pas de classements depuis avant-hier, on attend que les résultats soient enregistrés et imprimés.
À+. Fab, hébergé dans un dojo.
Étape 22, Boulay-Moselle - Sarralbe, 61,0km.
Étape 22, étape que j'ai courue en solitaire.
Nous sommes partis à 7h, le soleil se levait sur Boulay-Moselle, et tout de suite nous avons eu un aperçu de ce qui allait nous attendre sur cette étape de 61km vers Sarralbe. Une succession de bosses et de creux, même quand on croyait en avoir fini, comme la houle en mer, d'autres reliefs arrivaient. Pas de tout repos mais pas inintéressant non plus. Certes, pour ceux qui visent une moyenne "décente", ça ne l'a pas fait et pour moi, ça a donné un petit 8,3 pour les 61km. Ceux de devant sont partis et m'ont distancé au train au fil des km et ceux de derrière, et bien j'avoue ne pas m'y être intéressé.
De beaux paysages avec le soleil encore bas et dans une fraîcheur bienvenue (7° au départ), firent que malgré les montées les bornes défilaient.
Après, on a eu du trail, puis de la route à grande circulation où les véhicules de police ont été nombreux à nous croiser ou doubler, ensuite les petites routes de campagne ont permis de se reposer mentalement, quelques trop courtes portions cyclables vinrent nous donner un peu de répit et enfin à quelques km de l'arrivée une petite et bucolique piste mixte piétons-cyclistes nous amena sur un pont canal et sereinement vers l'arrivée.
Je mets 7h18 et je suis 9ème je crois.
La ville de Sarralbe est jolie et les gens sont sympathiques.
À+ Fab
Étape 23 de la TEL 2025, entre Sarralbe (Moselle) et Hochfelden (Bas-Rhin). 63,6km.
Nous avons démarré dans la fraîcheur et nous avons longé un canal (de la Sarre ?) pendant 8km et comme c'était plat et joli, j'y serais bien resté quelques km de plus.
Dès la bifurcation, on a retrouvé un peu de relief, nous avions une douzaine de bosses à négocier plus ou moins importantes.
J'ai suivi le petit groupe qui me dépasse régulièrement au 1er ravitaillement car je tiens à respecter mes rituels. Je ne sais pas comment ils font car il faut bien boire, grignoter quelque chose et effectuer des arrêts techniques. Donc, mon objectif est de rester le plus longtemps possible avec eux en ligne de mire.
On a eu de la route au revêtement grossier, des parties en forêt sur route et chemin, des traversées de villages déserts pour certains.
Au dernier ravitaillement une vue panoramique sur la Forêt Noire d'un côté et sur les Vosges de l'autre s'offrit à nous. J'étais dans le dur, la fatigue qui s'accumule depuis que nous sommes en France, mon genou arthrosique qui fait des siennes en descente ou en trail, j'ai dû serrer les dents. Et toujours 2 coureurs en vue que je ne pourrai rattraper.
Je mets 7h31 pour ces 63,6km et finis 9ème. La suivante arrivera 45 minutes après moi et le 11ème sera à 1h15.
Même René semble avoir géré 5h55, mais un quart d'heure avant son dauphin.
Demain on quitte la France pour retourner en Allemagne pendant 4/5 jours et ensuite ce sera l'Autriche.
On n'y est pas, savourons.
À+Fab
TEL 2025, 24ème étape, de Hochfelden (Fra) - Offenburg (All), 53,3km théoriques. 6h02' de course.
Longer le canal de la Marne au Rhin de bon matin sous une température agréable quoique fraîche fut un réel plaisir. D'ailleurs, mon allure de 6'20"/km jusqu'au ravitaillement 1 (km 9,5) puis de 6'15"/km jusqu'au n°2 (km 22) montre que ça roulait comme il faut.
Après, j'ai continué sur ces bases jusqu'à ce que nous quittions le canal pour entrer dans Strasbourg. Là, nouvelle piste cyclable pour longer un autre cours d'eau et soudain, déviation pour cause de travaux. Alors débrouille toi avec ton GPS pour trouver comment rattraper la piste. J'ai suivi une signalisation et après avoir demandé à un cycliste, j'ai fait la jonction avec le parcours normal. Allongement de l'ordre de 400m, et j'aperçus alors les 3 coureurs de devant qui m'avaient mis une mine sur le canal. Ils avaient dû vendanger un peu. Au ravitaillement 3 nous étions ensemble malgré une erreur de ma part croyant que la piste passait sous un pont, je me suis retrouvé dans un cul de sac. Demi-tour et moins de 200m de rab. Je ne réussis plus ensuite à revenir sur eux.
Nous avons longé la Kinsig, rivière partant de Kehl, jusqu'à Offenburg. Ce fut pénible car c'était sur un chemin, tantôt de halage, tantôt sur la levée, et les graviers et autres petits cailloux ne sont pas mon revêtement préféré.
Je me fis dépasser par Thorsten au dernier ravitaillement et finis un peu fatigué mais pas blessé cette 24ème étape. 9ème, c'est une habitude.
J'ai les classements des dernières étapes mais il semble qu'ils contiennent des erreurs; il me manque les résultats de certaines journées pour confirmer.
Demain, c'est Forêt Noire, hum ! Bah non, c'est pas du gâteau, c'est la route pour la prochaine ville d'accueil, à 59km d'ici.
À+Fab
TEL 2025, 25ème étape, de Offenburg (All) à Schramberg (All), 59,1km
25ème étape de la TEL2025 validée aujourd'hui. 59,1km effectués en 6h40, nous avons atteint la zone d'arrivée à 4, avec Adrian, Leroy et Thorsten.
Nous n'avons pas couru ensemble, j'ai été devant jusqu'au ravitaillement n°3 et je me suis fait reprendre par les deux premiers cités.
Nous avons longé la Kinsig, comme hier, sur une majorité de chemin gravillonneux. J'avais à peine le temps de savourer le retour sur l'asphalte que ça repartait pour du Schlotterweg comme ils disent en Allemagne. La montée ne se fit pas sentir car 400m de D+ délayés sur plus de 50km ça passe pour du plat. Seuls les passages de ponts ou croisements de routes constituaient véritablement des montées.
Le temps était venteux et couvert, le soleil n'a pas vraiment percé et c'était aussi bien comme ça. De nombreux coureurs-visiteurs sont venus gonfler le peloton et certains étaient partis plus vite que moi. Ça ne me gênait pas car je faisais ma course sans m'occuper d'eux sauf pour en rappeler certains quand ils prenaient une mauvaise direction.
À la fin, dans la ville, le signal GPS ne fonctionnait plus vraiment dans ce fond de vallée et l'absence de marquage me fit, nous fit, hésiter plusieurs fois malgré le plan sur la montre. Et dans le labyrinthe final, ce fut le gros bordel pour trouver l'arrivée d'autant qu'il n'y avait pas le tapis rouge habituel. Mais du haut de son "mirador", le preneur de temps veillait.
La dernière montée à 20% jusqu'à la salle, on l'a faite en courant (ou en essayant de courir) pour rien car les temps avaient été pris en bas.
Demain, pluie au programme, comme celle qui est tombée peu avant notre arrivée et pendant la douche et le repos.
À+ Fab
Étape 26 de la TEL 2025. Schramberg - Engen-Welschingen, 65,5km.
La pluie qui nous avait accueillis hier à notre arrivée est tombée toute la nuit et ce matin au départ de cette longue étape de 65,5km on avait presque tous enfilé un vêtement de pluie.
Dès le départ je pris le sillage de René et une fois sortis de la ville, j'étais encore second alors que le début de la montée de 7km s'amorçait. Après quelques hectomètres je passai à l'alternance course-marche du style 75/25 puis 40/20. Comme cela ça montait moins dur, en ressenti, sur les pentes entre 5 et 7++ %.
Les coureurs du haut du classement - puisse-t-il exister encore - réparèrent l'erreur et me remirent à ma place, au train. En haut, une heure s'était écoulée et j'avais fait 7,5km environ. La suite fut houleuse, une succession sans fin de bosses. Failli avoir le mal de mer. La pluie avait baissé en intensité et le ciel toujours gris au loin laissait apparaître les divers reliefs alentours. Beaucoup de cultures sur cette sorte de plateau bosselé, quelques zones boisées et des fermes où l'élevage bovin prédominait.
J'attendais que ça descende un peu plus longtemps, en vain. La piste cyclable souvent traversait des forêts et on courait alors dans des chemins.
Au 3ème ravitaillement je me débarrassai de ma veste de pluie et je visai le ravitaillement suivant qui de 12km était passé à 5km du précédent en raison de travaux qui empêchèrent le ravitailleur d'aller plus loin. Du coup, il faudra attendre 16km pour rejoindre le dernier et par la suite entamer la forte descente vers la ville d'arrivée.
J'essayai de maintenir la cadence pour continuer d'apercevoir ceux de devant et avoir un point de mire.
Je suis arrivé 8ème peu après mes deux prédécesseurs, Leroy et Thorsten.
Bien fatigué à l'arrivée, j'ai mangé un peu tout en buvant deux boissons houblonnées sans alcool (ça n'a plus la même saveur depuis que Stéphane est rentré en France et Jean-Louis était vraiment trop loin pour que je l'attende pour me désaltérer).
À Demain. Fab
Transeuropalauf 2025, étape 27.
Amis du scrabble je vous propose le tirage d'aujourd'hui : ENGEN-WELSCHINGEN -- FRIEDRICHSHAFEN. 64,6km
Bon, c'est le nom des villes de départ et d'arrivée de l'étape de 64,6km qui a longé un bon moment le lac de Constance (Bodensee pour les Allemands).
Je suis parti relativement vite et j'étais bien, donc pourquoi se gêner ? Passage au ravitaillement 1 à 9,6km/h de moyenne puis au second à 9,4. Le temps d'arrêt à celui-ci la plomba quelque peu mais en contrepartie nous avions rejoint les bords du lac et la piste cyclable louvoyait de part et d'autre de la voie ferrée. Je n'étais pas encore lâché par Adrian et Edi, mais ils prenaient des photos ce qui explique cela.
Le paysage était beau à voir. Au début on a traversé des vergers où les pommiers étaient protégés par des filets sur des étendues immenses.
Là, le long du lac, c'était une succession de lieux touristiques et il y avait du monde à s'y promener, qui à bicyclette qui à pied.
Le profil était plat mais néanmoins il y eut quelques petites bosses à bien négocier pour garder le tempo.
Nous avons pris nos distances avec le lac pour rejoindre la ville d'arrivée et c'est là que je fus rejoint par Leroy, les deux de devant n'apparaissant que sur de longs bouts droits.
La fin fut plus difficile car c'était devenu un peu vallonné et l'arrivée stressante car malgré la trace sur mon GPS je n'arrivais pas à trouver par où passer.
J'étais un peu éprouvé et un peu énervé à l'arrivée ce qui fit que quelqu'un est allé flécher les deux cents derniers mètres.
Au final je suis content de mon étape.
Pour les classements, on est toujours dans le flou et tant que le dernier n'est pas arrivé c'est le stand-by.
À demain où on entre en Autriche.
Étape 28 de la TEL 2025. Friedrichshafen (All) - Listenau (Aut), 50,0km.
Deux tiers de faits, au soir de cette 28ème étape de la TEL2025.
1608,6km en 186h18 pour l'instant, avec quelques étapes récentes un peu plus rapides. Je bataille ferme pour conserver ma 7ème place actuelle qui ne tient qu'à deux ou trois étapes. Enfin on verra car l'objectif est de finir, et sans blessure, alors le fighting spirit a beau être là, la raison le retient un peu.
Aujourd'hui, on a fini de longer le lac de Constance et nous sommes passés en Autriche, à Lustenau.
L'étape fut courte et nous avons cru échapper à la pluie qui était tombée jusqu'à quelques minutes du départ, mais même en se pressant (6'24/km lors des 10 premiers km puis 6'21/km pour les 10 suivants), elle nous rattrapa tous et nous eûmes droit à deux belles saucées. Je ne suis pas un Lucky Luke du dégainage de poncho, alors les deux fois où je l'ai sorti, le plus gros de l'averse était passé. Et ceux avec qui j'étais m'ont distancé à chaque remaniement de tenue.
Au final, je mets 5h33, ce qui est acceptable vu les conditions et le fait que je n'aie pas lâché, ce qui aurait été la solution de facilité, mais je ne veux pas céder et donc rester "au taquet". C'est sans risque pour l'instant et je reste lucide pour ne pas tomber du côté obscur de la force.
Ce midi, après l'étape je suis allé manger une pizza. Ça change du rata habituel. On verra tout à l'heure pour le dîner à l'heure des poules si je ne me refais pas un autre petit plaisir.
Sur ce, à demain. Fab.
29ème étape aujourd'hui, entre Lustenau et Dalaas, en Autriche. 63,8km.
Nous sommes partis à la fraîche et nous avons longé le Rhin pendant de nombreux km, parfois sur asphalte, souvent sur chemin. Nous avons fait une incursion en Suisse car le chemin y transite, sans faire de détour particulier. Le fleuve suit la vallée et au fur et à mesure que nous en remontions le cours on voyait qu'elle rétrécissait. Au loin, nous apercevions des monts enneigés et sur d'autres flancs de montagne surgissaient des chutes d'eau.
À deux endroits nous avons été confrontés à des travaux qui nous empêchèrent de suivre la trace. Dans une ville, je trouvai comment m'en tirer à l'aide du plan global fourni par ma montre, pour l'autre, j'ai enjambé les barrières (comme d'autres l'avaient fait avant moi) et je ne me suis pas rallongé.
Il faut préciser que j'étais parti à une bonne allure freiné uniquement par le vent contraire et ces satanés graviers.
Il y avait quelques endroits où il fallait rester attentif notamment à chaque passage sur ou sous l'autoroute et la voie ferrée ainsi que lors des changements de rive des cours d'eau.
Une fois dans la dernière vallée, ce n'était plus le Rhin que nous longions et la pente augmenta légèrement, les 1 à 2 % jusqu'alors étant digérés, nous avons eu des petites montées un peu plus franches, suivies de descentes bienvenues.
C'est ainsi que j'arrivai à Dalaas et son univers impitoyable où nous sommes hébergés dans une salle mixte sport-spectacle.
Demain on attaque du gros dénivelé : +1000m en 18km, avec des tunnels et autres surprises style chemins.
À+ Fab
TEL2025, étape 30. Dalaas - Pians, 47,9km en Autriche. D+1150m.
Le profil de l'étape était en théorie assez simple : 8km de faux-plat montant puis 10 de forte montée et 30 de descente.
C'était sans compter sur les variables d'ajustement, les impondérables, ce qui donne du piquant à la chose, quoi.
Après 8km, j'étais encore à 8,4 de moyenne et les premiers avaient disparu de ma vue. En suivant la route "normale" cela aurait été "facile" mais les passages de part et d'autre des voies de grande circulation, le transit par les villages et les portions de chemin, ça ralentit beaucoup.
Quand l'inclinaison passa entre 7 et 10%, voire 20% lors du contournement de St Anton, sur des chemins, véritables pierriers, la fatigue avait commencé à prendre le dessus et lorsqu'on retrouva la route pour les derniers km avant le col, j'avais l'impression d'être scotché au bitume.
Le Tyrol, c'est joli, c'est touristique, mais un lundi matin, il n'y avait pas trop de circulation. 2h28' pour faire les 17,7km jusqu'au col, 7,1km/h de moyenne !
La descente débuta prudemment puis je trouvai mon allure entre 10 et 11 et sur certaines parties à 13% j'étais obligé de me retenir. Comme dans la montée, il y eut des tunnels, des parties hors route, des zigs et des zags, parfois de brusques remontées dans les villages et de très courtes mais fortes redescentes. Je ne voyais plus personne depuis que j'avais rattrapé ceux de 6h. Le torrent qui descendait avec nous, les trains, les véhicules sur l'autoroute, les vaches, les jolies maisons typiques du Tyrol, les entreprises de bois, les touristes à pied ou à vélo... pas trop le temps de m'attarder sur les détails, ce sont des images que j'ai regardées et qui ont défilé au fil de mon avancée.
Quand je suis arrivé, peu après avoir marché dans une rue à forte pente, je ramassai cette 30ème levée.
Thorsten m'a repris assez de temps en 2 jours qu'il doit être repassé devant, comme au début de la TEL avant ses problèmes physiques.
Je passe 8ème. À+
Étape 31, Pians (Aut) - Reschen (Resia It), 54,6km . D+1012m. celle où l'on est arrivés en Italie mais parfois à quel prix.
Départ pluvieux, départ heureux ? Bof. J'ai mis ma veste étanche par dessus le sac à dos et je me suis mis en route pour cette ultime virée en Autriche sur une route descendant quelques km avant de nous faire passer par le mode montagnes russes. Certes, c'était moins dangereux et plus bucolique mais de relancer toutes les cinq minutes ça devient usant. Et sans repères de qui est qui, en raison du nombre important des coureurs d'un ou plusieurs jours - ils sont plus frais, donc plus rapides - je me fiais à ma mémoire pour me souvenir de ceux que j'avais vu partir devant moi.
Comme à chaque fois que nous remontons ou descendons les cours d'eau des vallées, il a fallu passer d'une rive à l'autre, faire de même avec la route nationale et parfois avec la ligne de chemin de fer.
Et quand nous passions sur la route principale, nous nous enfilions un bon paquet de tunnels qui, heureusement pour la plupart, possèdent un trottoir. Des feux tricolores au niveau de travaux créèrent un gros ralentissement et nous nous faufilâmes entre les véhicules arrêtés. Ce fut laborieux mais notre groupe de 5/6 en vînt à bout. Après le dernier tunnel, nous quittâmes la route principale pour aller au dernier ravitaillement avant de faire les 11km restants.
Au gré des creux et des bosses, j'avançais bien et quand j'atteignis la frontière, il restait moins de 3km.
L'arrivée à Reschen fut compliquée pour certains : la trace n'était plus valable et je dus suivre le fléchage avec les stickers orange pour arriver au tapis rouge d'arrivée.
6h37' pour 54,6km, ça m'allait.
Beaucoup n'étant pas habitués au fléchage par stickers se sont perdus dans la ville, notamment les deux me précédant.
À+ Fab
Sur les traces, en sens inverse, le la TransEuropaLauf 2009. Étape 32, Resia (It) - Schlanders (Silandro en italien). 48,2km et 1000m de dénivelé négatif.
Il faisait moins froid en ressenti au départ ce matin que ce que nous avions craint. Le ciel était clair, les sommets des montagnes bien visibles, dont certains étaient enneigés. Le lac, que nous avons contourné sur son autre rive, était beau à contempler. La piste cyclable était de bonne qualité mais pendant 8km ce fut une succession de bosses car de ce côté, on ne peut pas longer le bord du lac trop escarpé. Les 6km suivants furent du même style et quand on a enfin trouvé la descente, on a pu "envoyer" un peu. Il y avait des portions à 20% "spéciales releveurs" et parfois un faux-plat à 16% permettait de se refaire. Quand pour le reste ça descendait entre 7 et 10%, j'alignais les km et ma moyenne au sortir du ravito 2 était à plus de 9km/h. Pareil après le ravito 3 et ce fut à ce moment que j'eus l'impression de faiblir alors que tout simplement je courais sur du plat avec de temps à autres une piqûre de rappel avec une petite côte dans un village ou en lisière de forêt.
Beaucoup de cyclotouristes et de routiers ne tenant pas cas des coureurs en nous dépassant ou nous croisant à toute allure.
Les villages sont encore très typés Tyrol, la population parle allemand ou un dialecte s'en rapprochant. Du coup j'en ai perdu mon latin et ne savais quoi répondre aux questions qu'on me posait, répliquant "Nicht verstanden", ou "no time to answer" ou "no capito".
L'arrivée, non reconnue physiquement, nous a encore fait faire des acrobaties, car un chemin était privé et barré et nous dûmes prendre la route à grande circulation sur quelques hm.
Après, une fois sorti de ce traquenard, je trouvai le chemin vers l'arrivée.
5h18' pour 48,2km, ça me va.
À+. Fab
33ème étape, Silandro (It) - Lana (It) 47,6km.
Etape validée, à 9,3km/h de moyenne, mais à la 10ème place, ce qui montre que lorsqu'il n'y a pas de difficultés, certains se lâchent.
On a démarré comme d'habitude tranquillement, sur des petites routes et voies cyclables calmes slalomant entre les vergers. On a encore vu des pommiers sur des km², des golden, des rouges te bien d'autres.
Le soleil rayonnait et nous l'avions de face souvent, ce qui nous obligeait à courir la visière de la casquette assez basse. Nous avons longé l'Adige et joué encore à saute-rivière, saute-autoroute ou saute-voie ferrée. Fallait donc rester concentré pour ne pas rater un embranchement. Je n'avais personne en vue devant, pourtant avec un bon 9,4 de moyenne au ravito 1, puis 9,7 pour aller au second et 9,6 pour rejoindre le troisième, j'aurais pensé rester au contact.
Certes au gré des erreurs de certains je fis un rapprochement et nous arrivâmes alors à un point difficile de l'étape. On dut traverser une grande route et rejoindre une piste cyclable très pentue et très sinueuse qui me rappela le même genre de descente menant à un viaduc sur la TransEspaña.
Mon genou droit en prit plein la tête et j'eus des difficultés à descendre aussi vite qu'hier où il y avait une pente à 20%. Mais là, ce sont les virages en épingle qui m'ont fait mal.
Du coup je me fis dépasser par Hilmar, d'habitude derrière moi, et je n'avais plus assez de ressources physiques et mentales pour rester à son contact. Je tournai quand même à 6'05"/6'10" au km mais mon besoin d'effectuer des pauses pour boire ou manger un bout de mars, ou faire des pauses techniques ont eu raison de mon abnégation. Je n'ai rien lâché mais la conviction était moindre. J'aurais pu finir avec Edi, mais encore une fois de marcher 30" s'avérait nécessaire pour calmer mon genou.
Au final, je suis content de mon étape. Juste une erreur de casting dans le choix des chaussures qui sont percées toutes les deux et m'ont contraint de courir en plante d'où le mal au genou.
À+ Fab
Étape 34, Lana (It) - Salorno (It) 51,1km en 5h27', ma meilleure moyenne depuis le début.
On est presque en fin de 5ème semaine de course, il reste 7 étapes, soit environ 400km à courir.
Le profil des dernières étapes est propice à l'augmentation des vitesses moyennes quotidiennes. Nous longeons l'Adige, ça descend sans que l'on s'en rende compte, les voies empruntées sont bien aménagées, la plupart du temps bitumées. Et notre organisme étant maintenant habitué, on peut allonger la foulée.
"Alors demain, même quand vous verrez quelque vétéran se trainer en sept centième position sans espoir de remporter un prix, rappelez-vous qu'il fait partie des privilégiés. Car c'est l'un des hommes d'élite qui ont traversé l'Europe (l'Amérique) à pied; C'est un Trans-Européen(Trans-Américain.) (Extrait modifié de la Grande course de Flanagan).
Autres extraits :
"Il ne craignait personne; Il savait qu'en fin de compte, le sport était un combat contre soi-même; Si on en sortait vainqueur, on pouvait marcher la tête haute, quel que fût le verdict du classement."
"Rappelez-vous, messieurs que le corps humain est avant tout fait pour courir. Il est conçu pour cela, pas pour rester assis derrière le volant d'une Buick ni pour fumer des paquets de cigarettes.
" À mesure qu’il courait, des filets de sueur se mirent à rouler sur ses joues bronzées, se rejoignant pour former des ruisseaux sur son dos et sur sa poitrine. Le liquide salé lui piquait les yeux. Il s’essuya d’un revers de main et leva la tête pour regarder le soleil.
Midi : mauvaise heure pour courir."
Voilà en quelques paragraphes un petit aperçu de ce que nous sommes en train de vivre, du premier au dernier.
Pour le reste, paysages, ressenti... c'est comme les deux jours précédents, les bosses en moins, les douleurs au genou en moins aussi.
À+ Fab
35ème étape, Salorno (It) - Rovereto Marco (It), 64,5km.
35 jours sans voir la mer, 7ème semaine dans ce cargo routier, on descend vers le sud.
C'est un endroit qui ressemble à la Louisiane, à l'Italie, il y a du linge étendu sur la terrasse et c'est joli.
On dirait le Sud, le temps dure longtemps, et la vie sûrement plus d'un million d'années, et toujours en été.
Match Axel Bauer - Nino Ferrer pour ce qui est des états d'âme à la fin de cette étape.
Plus que 6 ! Jadis, j'aurais dit déjà 35 de faites, mais là, je sature. Il y a du plaisir car je cours bien sans véritables petits bobos, ou les trucs habituels, les ongles noircis, le genou qui couine, mais pas de quoi se plaindre, il y a pire dans le peloton.
Les étapes sont courtes, on a trop de temps pour cogiter, je n'arrête pas de manger depuis que j'ai pris l'habitude d'aller au restau ou à la supérette locale : sandwich, yaourts, glace grand format, boissons fraîches...
Mes potes, ils sont un peu comme moi, ils tournicotent. Ceux de derrière, on les voit ou plutôt on les entend arriver car cela trouble la quiétude reposante du gymnase où il est souvent difficile de sombrer dans un profond sommeil en milieu d'après-midi.
Nous avons quitté le Tyrol mais pas changé de rivière, l'Adige et on s'amuse à la franchir plusieurs fois par jour. On est sur le trajet inverse de la TEFR2009, je reconnais les noms des villes, étapes ou pas. Demain, c'est Bussolengo, on y avait fait escale. On sera en camping.
Aujourd'hui j'ai eu la chance d'être le premier invité à prendre la déviation pour cause de travaux. Les 8 de devant sont passés par ces travaux avant que Thomas ne m'indique la nouvelle direction à prendre : résultat + 500m, mais c'est pas grave, j'ai couru à plus de 9 (de peu) et mon objectif de mettre moins de 7h est tombé à l'eau pour 10'.
À demain. Fab.
36ème étape,Rovereto Marco (It) - Bussolengo (It), 57,9km, celle de la double-mil-kil si je peux reprendre le terme.
Ce fut un peu plus difficile que les jours précédents sans doute parce qu'au bout du bout de la vallée de l'Adige ça ne descend plus, que nous avons perdu l'habitude en quelques jours de grimper de bons morceaux pentus à 10% parfois et que le vent frais qui nous poussait a fini son travail et ne nous a plus rafraîchis.
Nous avons suivi le canal de l'Adige tout comme encore les nombreux cyclistes en week-end.
Peu à peu les montagnes ont été rabotées et nous sommes arrivés à Bussolengo, au Gabanel Bike Hostel, situé sur une petite hauteur qui nous permet d'évaluer la vastitude de la plaine qui nous attend les prochains jours.
Ça risque d'être moins tranquille et moins bucolique, j'espère que le réseau de pistes cyclables a été prolongé jusque sur la côte de l'Adriatique.
J'ai mis 6h31 pour ces 57,9km, ce fut moins rapide que prévu mais à 5 jours du but, on ne va pas se faire mal ni prendre de risques.
On dort dans des chambres ou salles communes, il y a un bar et une piscine où seuls deux courageux ont osé faire trempette. Pour le bar, les courageux ont été plus nombreux, d'autant que des plats étaient proposés.
À demain. Fab.
Étape 37, Bussolengo (It) - Governolo (It), 62,2km, "étape à la c o n".
Jusqu'au km 10 et la fin du canal, rien à dire, course normale en site protégé.
Puis, nous voici face aux "tueurs" en puissance avec leurs bagnoles, camionnettes ou camions et qui foncent alors qu'il n'y a pas de bas-côté, qui ne s'écartent qu'au dernier moment. On a eu plusieurs tronçons comme ça.
Après un long sentier naturel, herbeux à souhait puis caillouteux mais tellement reposant, nous avons repris une dose de route dangereuse.
Un ravitailleur n'ayant pas trouvé où se mettre a avancé son poste de 2,5km ce qui laissait plus de 14km pour finir l'étape.
Et à l'arrivée, les 10 premiers ont été récompensés en étant désignés volontaires pour aller dormir dans un autre hôtel, situé à plusieurs km mais dont l'accueil ne pourra se faire avant 20h30.
Je suis arrivé à 14h04 et j'ai pu aller me doucher dans une des chambres réservées pour les lents, les très très lents et les encore plus lents, si on peut faire.
Il faut attendre jusqu'après le dîner pour aller se reposer. Il n'y a rien où s'allonger. Heureusement j'ai pu laver ma tenue, elle est en train de sécher.
C'est le revers de la médaille, mais on survivra. Plus que 4 étapes avant que ça finisse en grosse bouffonnerie.
Je l'ai mauvaise comme on dit.
Pascale me dit :"Respire!". C'est ce que je vais faire.
À demain.
38ème étape, Governolo (It) - Finale Emilia (It), 54,1km.
Réveil 4h, mise en tenue rapide, bouclage des sacs et descente des escaliers de l'hôtel situé à 30' de route du départ. Heureusement, il y a un coin cuisine où je peux prendre un café au lait avec des gâteaux avant de rejoindre la navette.
5h15, on arrive à Governolo et il n'y a plus qu'à attendre 7h l'heure du départ. Un autre petit déjeuner puis l'ajustement de la tenue, le crémage... bref les rituels.
On part pour une vingtaine de km pour la plupart sur la levée et on arrive à Ostiglia pour franchir le Pô non sans avoir traversé la ville. Il fait gris mais le temps est lourd, je suis déjà trempé. Mon allure est un peu moins rapide que d'habitude pourtant je n'ai pas l'impression de mollir. 9,2km/h au ravito 1, puis après être passé au sud-Pô (on dit bien le sud-Loire) la route est un peu fréquentée et il faut rester sur ses gardes. Ensuite, nous allons traverser la campagne lombarde en empruntant beaucoup de chemins à gros cailloux, assez désagréables pour conserver une foulée efficace.
De temps à autres une portion de route asphaltée permet la relance mais c'est de courte durée. Ceux de devant ont disparu de mon champ de vision et je ne me préoccupe pas de ceux de derrière. Les champs ont pris la place des vergers et des vignes d'il y a quelques jours, certains sont fraîchement labourés, dans d'autres on devine des courgettes et des plantes fourragères et même du lin.
L'arrivée de l'étape a été modifiée et les derniers 500m balisés aux stickers orange fluo.
6h10 pour 54,1 - 0,9 = 53,2 à mon GPS.
J'ai pu me reposer et préparer la suite qui verra deux étapes un peu plus longues nous rapprocher du but : 66km (+1?) demain et 69km jeudi.
À+ Fab.
TEL2025, étape 39, Finale Emilia (It) - Conselice (It) 66,3km.
Départ sous la pluie, voilà de quoi imaginer une grosse journée de galère.
On est partis, j'ai réussi à rester avec le petit groupe qui habituellement me distance après quelques km ou quand il m'a rattrapé. Jusqu'au ravitaillement 2 nous avons couru ensemble ce qui permettait aux nombreux automobilistes de bien nous voir et de nous éviter. Parfois la route était inondée jusqu'à un mètre voire plus du bas-côté et il fallait avoir de la chance qu'aucun véhicule n'arrive à ce moment sinon c'était le bain de pieds. C'est arrivé mais je m'en suis bien sorti.
L'allure de mes compagnons me convenait mais je dus les laisser peu à peu partir et au ravitaillement 3, il n'y avait plus que Leroy avec moi. Ce fut éprouvant de jongler avec les zones à flaques d'eau et autres portions de bitume endommagées.
Je fis tout pour maintenir le 9 à l'heure et ce ne fut qu'après le 5ème ravitaillement que je baissai un peu le rythme.
Mais au final, avec 7h32 pour 66,3km (+ les 500m pas faits hier à cause du nouvel emplacement de l'hébergement) ça fait un petit 8,9km/h, très honorable vu la météo.
On a eu quelques courtes accalmies qui nous permirent d'apercevoir la chaîne des Apennins où se situe San Marino, le terme de notre TransEurope. Mais ça, c'est pour après-demain, avant on a camping à Cesenatico demain.
À+ Fab
40ème étape de la TEL2025, Conselice (It) - Cesenatico (It), 68,9km.
Après la pluie d'hier, nous avons eu du beau temps ensoleillé et chaud à certains moments.
Le problème, ce fut le parcours. Combien de fois a-t-on dû se faire frôler sur les routes à grande circulation empruntées ce jour.
J'aurais préféré faire 15 ou 20 km de plus et éviter tout ce trafic. Mais avec des étapes plus longues il n'y aurait pas la moitié qui irait au bout. Hier, le dernier est arrivé, m'a-t-on dit, après 23h30. Qu'en sera-t-il ce soir ?
Demain, c'est la dernière. 37km de plat et 11 de montée pour un D+ de plus de 500m.
Pourvu qu'on n'ait pas à risquer encore une fois notre vie sur un parcours qui aurait pu être moins dangereux, mais plus long certes.
À demain.
41ème et dernière étape de cette TransEuropaLauf 2025, Cesenatico (It) - San Marino (RSM), 48,6km. (D+ 614m).
Cesenatico et son camping vers San Marino et son hôtel miteux. On dort au sous sol et les sanitaires laissent à désirer.
J'aurais attendu autre chose d'un final d'épreuve de ce type.
Peut-être qu'avec toutes les courses à étapes que j'ai faites me suis-je trop habitué à un minimum de confort.
L'étape est partie sur les 4 ou 5 derniers km de la veille, en sens inverse, mais avec toujours autant de circulation dangereuse. Même les routes secondaires empruntées par la suite n'inspiraient pas la quiétude recherchée lors des étapes. Pour avoir la paix, il a fallu arriver au pied de la montée vers San Marin et prendre un chemin tout autant rocailleux que fortement pentu. J'avais cessé la lutte contre le chrono depuis longtemps, m'imaginant me balader dans les ruelles de cette plus ancienne république d'Europe (IVème siècle ?).
Tout faux.
Même le repas de clôture ne fut pas à la hauteur, servi à 16h30. Je n'y ai rien pris, écœuré par l'habitude des mêmes mets. J'ai préféré le petit supermarché situé à une centaine de mètres de l'hôtel pour m'acheter d'abord de quoi me rafraîchir, il avait fait chaud, puis de quoi dîner, plutôt vers 18h30/19h. Je me suis trouvé un petit coin peinard face à l'Adriatique et l'espace séparant San Marin de la côte, une trentaine de bornes à vol d'oiseau.
Pour la petite histoire, j'ai mis 5h57 pour faire les 48,6km, avec 600m de D+.
Et ma TEL2025 m'aura pris 270h47' pour les 2343 9km comptabilisés depuis Flensburg. Je finis 8ème sur 36 partants et 27 arrivants.
Pas mal pour un ancien. Et dans le top 10, nous ne sommes que deux à ne pas être Allemands. Edi Steffen, le Suisse et moi.
René Strosny gagne l'épreuve haut la main devant Florian Reus puis Matthias Völkel qui s'est permis le luxe de remporter cette dernière étape.
Demain, théoriquement je fais un footing de récupération de 13 tours de 3,6km. Dingo ce Fab. Mais en même temps il devrait rester 23 étapes pour faire comme les grandes sœurs de cette TEL. Et autant de km à faire que ce qui a déjà été fait.
À+ Fab