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Blog d'un coureur qui est passé du marathon aux ultra-distances. Bilan de plus de 36 années d'entraînement et de courses. Récits de courses inoubliables: TransEurope, Transe Gaule, DeutschLandLauf, TransEspaña, Loire Intégrale, MilKil, MiMilKil, Via Iberica, ViAragon, Via Kalchaki, Tour de Goa, 6 jours, courses de plus de 200km, 24 heures, Grand Raid du Golfe, 100 kilomètres...

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CR Ultra en Pente Douce 2026 (302km/6 étapes)

Ultra en Pente Douce, édition #1. 30/08/26-04/09/26.


Cette n-ième course à étapes à laquelle j'ai pris part ne devait pas, à priori, me poser de problèmes. Fort de l'expérience des 536 étapes courues depuis 2005, malgré le poids des ans et l'usure physique due aux nombreux kilomètres effectués tant en course qu'à l'entraînement je ne pensais vraiment pas galérer autant, n'ayant même plus une vitesse de base "décente" pour combler la perte de temps concédée sur les nombreuses portions techniques (trail) en raison d’un entraînement minimaliste depuis la fin juin.


Dès le premier jour, après une vingtaine de kilomètres, j'ai ressenti revenir mes douleurs aux deux genoux dues à l'arthrose et réveillées lors des longues descentes de la Via Aragon, entretenues sur la NeckarLauf et amplifiées lors de mes deux chutes sur le Grand Raid du Golfe. Donc je me suis mis en mode "sécurité" et je suis allé au bout de l'étape, mais à une allure inférieure à celle de mes derniers entraînements ou compétitions. Mais ce n'en fut pas pour autant moins difficile et je craignais les séquelles pour le lendemain.
Modestes chrono et place dont je me contentais, naviguant entre 15 et 30 minutes de plus que ce que j'avais programmé de faire.
Nous n'avions que 45,6km à faire de Saint-Savin à Queaux, mais j'ai apprécié les paysages qui s'offraient à nous notamment le passage du pont sur la Gartempe puis les quelques hectomètres vers le château du Bois Morand en ce petit matin un peu gris et donc pas trop chaud. J’ai couru la plupart du temps seul, mais j’ai néanmoins effectué quelques kilomètres avec Nitish, le Hollandais, Alexis, l’Australien, Béatrice ou encore Jean-Benoît, Anne-Flore, Christian ou Thierry. Le parcours nous mena vers un autre château, celui de Pruniers. Peu de temps avant le ravitaillement 2, nous avons repris un autre pont sur la Gartempe pour atteindre la rue de la fontaine des miracles. De miracle, il n’y en eut point, les douleurs aux genoux revinrent me rappeler à leur bon souvenir et ce fut le début de la galère pour effectuer les 25 derniers kilomètres à peine. Coup de chance, il se mit à pleuvoir lorsque je me trouvais sur la voie verte dont les arbres me protégeaient de la pluie, jusqu’à ce que je retourne sur la route où je m’escrimai à essayer d’enfiler mon poncho, chose qui fit se marrer Anne-Flore qui me suivait et en profita pour me dépasser. Une fois enfilé, le poncho ne s’avéra guère utile au bout de quelques minutes car la pluie avait cessé. Il restait 4 ou 5km le long de La Vienne que nous avons traversée en bac à chaîne, une fois la ligne d'arrivée franchie.

5h35’ pour faire 45,6km, dont les 25 derniers à moins de 8km/h et en souffrant. 22ème sur 40.

Je cogitais pour savoir comment allait se passer la suite de l’épreuve. Hébergement en mobil home, un peu étroit pour 4 adultes surtout par temps pluvieux. Le linge eut du mal à sécher.


La seconde étape, entre Queaux et Lathus, se déroula un peu de la même façon que la veille mais la survenue des douleurs fut plus tardive, à chaque fois après des portions de trail ou de dénivelé très prononcé. Là, il restait à peine 20km. Même moyenne que le jour 1 et même place en milieu de classement. Il y avait 47,5km.
Encore de beaux paysages et de beaux bâtiments, résidentiels ou religieux. Des routes tout aussi tranquilles malgré le fait que nous étions un lundi. La Vienne franchie dès Moussac, km 6, puis un chemin escarpé pour atteindre l’Isle Jourdain et le premier ravitaillement. Ensuite, nous sommes passés sur le viaduc enjambant la Vienne avec un beau panorama. C’est aussi un site de saut à l’élastique. À la sortie du pont la route descend assez fortement sur la fin pour franchir de nouveau la Vienne. S’enchaîne alors une remontée par des escaliers puis une rue en pente raide – un comble pour une course qui s’appelle l’Ultra en Pente Douce – et enfin une fois les esprits retrouvés on revient sur la route qui continue de monter par endroits. Mais au ravitaillement 2, je cours encore sans trop de gêne. Ça va se dégrader peu à peu jusqu’à Adriers et son ravitaillement. Après, les douleurs vont m’accompagner jusqu’à l’arrivée où l’on franchit encore la Gartempe et où l’on entame une longue remontée jusqu’à Lathus. Heureusement le soleil est au rendez-vous et permettra de faire sécher le linge du jour et celui de la veille. Mes compagnons de route furent moins nombreux que ceux de la veille, j’ai souvent été à vue avec Béatrice, Christian et Thierry, mais j’ai pu rattraper aussi une bonne partie de ceux qui avaient pris le départ une heure avant moi.

Hébergement en chambres de deux, j’étais avec Bram, le Hollandais.

5h50’ pour faire les 47,5km avec plus de 600m de dénivelé positif.


Troisième jour, 53,3km au menu, entre Lathus et Saint-Benoît du Sault, donc toujours du court et l'apparition des douleurs fut encore plus tardive que la veille, à 10km du but.
Encore aux alentours des 8 de moyenne et une nouvelle fois dans le top 20.

Nous sommes partis à 8h, une heure après les moins rapides de la veille, en espérant que la chaleur n’allait pas nous perturber sur la fin de cette étape. Après 200m, une bonne montée vint calmer les ardeurs du groupe et je n’étais pas le seul à marcher jusqu’en haut de la côte. Je me retrouvai néanmoins bon dernier de ce groupe. Ensuite, un long chemin blanc se présenta et il fallait quand même faire attention, une pierre qui dépasse peut faire trébucher n’importe quel coureur non attentif pendant les 2500m de nature. Peu après la fin du chemin, nous sommes allés à la Celle puis avons retrouvé un autre chemin blanc, moins long que le premier et devant le château de Ris Chauveron se trouvait le ravitaillement n°1. La route qui suivit nous mena jusqu’au second ravitaillement à Verneuil-Moustiers puis nous fit transiter par Lussac-les-Eglises et Saint-Martin le Mault. Parcours bosselé avec le pont de la Benaize et un retour dans l’Indre où je retrouvai le parcours de la Transe Gaule au niveau de Beaulieu où était fêtée la mi-parcours de cette traversée de la France de Roscoff à Gruissan-Plage. Déjà 10 ans qu’elle n’existe plus !

Le dernier ravitaillement était positionné au pied du château de la Brosse et marqua le début des ennuis physiques. Jusqu’alors, la succession des montées et descentes avait été digérée facilement, mais une fois sur un chemin non carrossable et alternant fortes montées et non moins fortes descentes, je pris cher. Christian et Thierry passèrent devant. Cette galère me prit du temps et au sortir de ce traquenard, je n’avais plus la même foulée, les douleurs aux genoux étant redevenues fortes. Plusieurs autres portions alternant routes et chemins, avec montées d’escaliers et passage dans des cours et maisons, accrurent le calvaire et cette traversée de Saint-Benoît du Sault prit fin au centre de vacances de Bondy.

6h42’ pour 53,3km, moins de 8km/h, alors qu’au km 30 j’étais encore sur du 8,5, j’avais perdu beaucoup de temps à m’escrimer dans les parties techniques.

Hébergement « vintage », mais sympathique avec un apéro et un barbecue pour passer une bonne soirée de récupération.

 

La quatrième étape, de Saint-Benoît du Sault à Éguzon, était annoncée comme une étape casse pattes. Assez vallonnée, avec une multitude de bosses et de creux, quelques portions de trail et de chemins plus ou moins roulants, cette étape devait quand même se passer sans trop de mal, sauf les deux derniers kilomètres de pur trail qui constituaient la plus grosse difficulté du jour.

Nous avons repris quelques parties sur lesquelles j’étais déjà passé lors des MiMilKil ou de l’Étoile Verte ou Rouge d’Éguzon. Mais beaucoup de variantes nous ont proposé une vue différente de la région notamment la voie verte ou le viaduc au-dessus de la Sédelle. J’ai de nouveau apprécié Crozant non sans avoir souffert sur le chemin le long de la Sédelle et la forte remontée par le chemin de la Solitude qui là encore portait bien son nom en ce qui me concernait.

La descente vers les ruines de Crozant puis la pente forte pour retrouver Vitrat m’avaient bien entamé mais je conservais encore de l’énergie pour bien lutter sur la partie trail qui me hantait depuis le matin.

Je me fis rattraper pas Christian avec qui je franchis la ligne d’arrivée à la base de plein air bien connue pour nous avoir déjà hébergés à de nombreuses reprises.

5h42’52’’ pour 45,6km et 18ème ex-aequo. Moins de 8 de moyenne !

 

La cinquième étape dont la longueur de 64,5km n’avait pas à effrayer quelqu’un d’habitué à courir des étapes de plus de 75km s’est avérée quand même très longue parce que de nombreuses parties de chemins étaient au programme, notamment une portion annoncée comme étant du trail très techniques. Or, comme je n’ai plus « d’amortisseurs » (mes genoux restant très sensibles), j’appréhendais beaucoup cette partie, surtout après mes mésaventures lors du raid du Golfe en juin. Et à ce niveau là, je ne fus pas déçu. Rien que pour ce kilomètre j’ai regretté de n’avoir pas apporté mes chaussures de trail. J’ai souffert sur les grosses pierres, dans les défilés plus ou moins étroits où je dus plusieurs fois me mettre face au chemin pour désescalader les rochers ; je n’avais pas d’accroche, mes pieds glissaient dans mes chaussures peu serrées comme je le fais sur la route, je fus bloqué à de nombreuses reprises si bien que Christian est venu me rassurer pour que je finisse en entier ce fichu morceau de trail.

Je croyais me refaire sur la partie suivante, mais après plusieurs passages avec escaliers et autres chemins, j’arrivai à Argenton sur Creuse. Très jolie petite médiévale dont nous avons pu visiter les recoins en passant sur des ponts puis par des escaliers. Je rattrapais Jean-Benoît parti une heure avant et après avoir brièvement bavardé, je repris le cours de ma course sur une petite route ombragée longeant la Creuse.

Après le ravitaillement 3, nous avons couru sur une voie verte goudronnée et majoritairement à l’ombre. Le soleil tapait, la température montait, mais il fallait profiter de cette voie « fraîche » avant de retrouver la route et ses lignes droites souvent peu abritées du soleil.

Cette étape, je l’ai faite en un peu plus de 8h30’ , soit à une vitesse de 7,5km/h. J’y ai beaucoup marché, souvent je me retrouvais seul, Christian ayant préféré lever le pied pour ne pas se mettre en difficulté.

8h33’59’’ pour 64,5km. 18ème / 34 arrivants.

 

Dernière étape de ce petit tour dans la Vienne et ses départements limitrophes : Le Blanc – Saint-Savin. 46Km au menu et peu de chemins.

Nous avons quitté le centre de plein air de Le Blanc par un chemin puis pris l’artère principale de la ville pendant 1200m jusqu’à ce qu’on prenne une bonne petite côte pour traverser la cour du Château de Naillac. Un beau château à côté duquel il y avait une école maternelle et nous avons vu des parents y accompagner leur enfant. Par la suite, une nouvelle voie verte nous abrita du soleil jusqu’à Concremiers où nous avons franchi l’Anglin. Au village de Merigny, c’était la récréation quand j’y passai et apercevant un ballon envoyé maladroitement par un enfant, je le renvoyai par dessus le mur de l’école. Aux clameurs, je me doutais d’avoir fait des heureux.

Un peu plus tard, on est passés par un chemin étroit avec une grosse montée sur la fin et ayant retrouvé le bitume, je m’apercevais que je connaissais le coin pour y être passé au moins 10 fois lors des Transe Gaule et de la MilKil. Je dépassai Hervé juste au changement de département en lui demandant qu’en tant que régional de l’étape s’il était de l’Indre ou de la Vienne. Il me répondit qu’il habitait dans la Vienne à quelques hectomètres de l’Indre.

Angles sur l’Anglin : que de souvenirs ! Les fins d’étapes épiques avec la descente forte de 150 menant à l’arrivée, avec ses cafés où, avec mon pote de l’époque, Jean-Pierre Richard, on allait boire des cacolac et autres boissons, houblonnées celles-là.

La traversée du village avec son château en ruines puis la remontée vers la suite de l’aventure mettaient fin à ces moments de nostalgie. Il restait encore 18km pour revenir à St-Savin.

La route était sinueuse, vallonnée, souvent peu ombragée et je faisait le yoyo avec Béatrice et Sophie qui étaient passées devant au gré de mes pauses marchées pour me ravitailler. Je n’avais plus la force mentale et physique de tenter de les rattraper et je fis les deux derniers kilomètres avec Luc.

5h56’31’’ pour 46,2km.

18ème ex-aequo avec Luc, et 19ème au classement général. Ce n’est pas le classement, le plus frustrant, mais la moyenne totale finale de 7,8km/h obtenue dans la douleur, même si cette dernière était moindre au fil des étapes.

 

En tout cas, ce côté chronométrique négatif ne ternira pas la belle semaine que j’ai passée sur cette course, car il n’y a pas que ces moments de course qui comptent, il y a toute l’ambiance spécifique à ces courses par étapes. J’ai revu plein de personnes que j’apprécie et j’en ai découvert d’autres. Comme je le dis à la fin de chacune de mes courses à étapes, la famille s’agrandit.

Et je compte bien poursuivre sur ce type de rendez-vous itinérant et multi jours.

À +. Fab.  #étape542

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