Blog d'un coureur qui est passé du marathon aux ultra-distances. Bilan de plus de 36 années d'entraînement et de courses. Récits de courses inoubliables: TransEurope, Transe Gaule, DeutschLandLauf, TransEspaña, Loire Intégrale, MilKil, MiMilKil, Via Iberica, ViAragon, Via Kalchaki, Tour de Goa, 6 jours, courses de plus de 200km, 24 heures, Grand Raid du Golfe, 100 kilomètres...
Certes
Certes je nai pas eu une préparation optimale pour ce 100km (deuil familial, bases de préparation axées sur le 24 heures, retour de blessure ) ;
Certes je restais sur un échec (mon abandon sur blessure à Belvès, mes 3h40 au marathon de Nantes ) ;
Certes mon objectif était prudent, considérant à la fois ma préparation bouleversée, le profil de la course, le temps chaud des jours précédents, mon objectif futur et principal (<?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName ProductID="la Transe Gaule"><st1:PersonName ProductID="la Transe">la Transe</st1:PersonName> Gaule</st1:PersonName>) ;
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>
Mais, je métais préparé mentalement à passer un peu plus de temps que dhabitude, sachant que mes anciennes douleurs pouvaient aussi revenir assez rapidement lors de la course.
<o:p> </o:p>
Alors, que sest-il passé pour que je mette 2 heures de plus que mon ancienne moins bonne performance sur 100km (10h42) et près de 4 heures de plus que mon temps record (8h47) ? (Record qui date du siècle dernier, mais tout de même !).
<o:p> </o:p>
Chapitre 1 : la veille de la course.
<o:p> </o:p>
Arrivé vers 18 heures le samedi, je suis allé retirer mon dossard et les « cadeaux » offerts par lorganisation à tous les participants : une bouteille de vin dun producteur local, un t-shirt, un porte-document de bonne qualité contenant plusieurs bricoles et prospectus. En tout cas, ça fait toujours plaisir de recevoir quelque chose avant la course. Laccueil a été très chaleureux, et ce sans jeu de mots, même si ça pouvait constituer un signe prémonitoire sur le lendemain quon se préparait à subir.
Déjà 19 heures. Il faut que je file à la pasta-partie qui était organisée dans un village voisin, à Saint-Georges sur Loire, qui se trouve être aussi une des villes étapes de <st1:PersonName ProductID="la Transe Gaule."><st1:PersonName ProductID="la Transe">la Transe</st1:PersonName> Gaule.</st1:PersonName> Jen ai donc profité pour aller « réviser » les dix derniers km de cette étape (Châteaubriant-StGeorges/Loire) prévue le 20 août.
A la pasta, je fis connaissance de plusieurs coureurs (néophytes pour beaucoup) et je revis avec grand plaisir les habitués de ces distances, qui ont un palmarès de participation rendant le mien tout petit.
De retour au gymnase où jallais dormir, jinstallai tout mon petit barda, jétrennai par la même occasion la valise à roulettes offerte par ma femme, et je préparai tous les petits détails afin de me rendre lavant-course du lendemain plus « facile » et moins stressant.
Je me couchai dans ce gymnase surchauffé par les rayons du soleil de la journée et lair un peu plus frais qui parvenait à entrer dans la salle par les portes laissées grandes ouvertes me fit beaucoup de bien. Pour mendormir, je pris le walk-man afin découter le match Italie-USA. Je mendormis sans doute assez rapidement une fois la fin du match sifflée
<o:p> </o:p>
Chapitre 2 : la nuit fut courte et le réveil brusque.
<o:p> </o:p>
Les lumières de la salle sallumèrent vers trois heures du matin pour permettre aux coureurs retardataires de prendre leur dossard.
Je me levai, me préparai suivant un rituel bien rôdé depuis le temps que je procède comme ça : pansements de protection, crèmes anti-frottements, tenue à ajuster correctement pour éviter les « faux plis » qui brûlent, boissons, sac de rechange la routine, quoi !
Je noubliai pas non plus daller prendre le petit déjeuner, vers 4 heures, qui se composa de trois morceaux de pain avec de la confiture, dune tranche de brioche, et de deux cafés noirs légèrement sucrés. De retour au gymnase, je fis les derniers préparatifs, les derniers ajustements, et je mis toutes mes affaires dans la voiture garée à 20m de la ligne darrivée, par laquelle on allait passer trois fois ; je déposais sous un banc mon sac de rechange, afin de le retrouver dès la fin du premier tour.
Lheure du départ approchait, tous les coureurs durent rallier la ligne de départ située à 800m de là, à pied.
Sur le site du départ, je retrouvai des habitués, et je fis connaissance de Romain Valle*, Transe Gaulois 2004, qui remet « le couvert » lui aussi pour lédition 2006. Nous décidâmes de partir ensemble, ayant confronté nos objectifs pour la journée. Le mien était de partir sur les bases de 3230 aux 5km pour rester dans un tempo de 11 heures au final. Le sien en était très proche : faire moins de 12 heures sans « taper dedans » afin dêtre prêt pour le Tour du Golfe du Morbihan au début du mois de juillet.
<o:p> </o:p>
Chapitre 3 : le départ là où je vis que cela nallait pas être si facile que ça.
<o:p> </o:p>
Le départ fut donné à 5h03. Le jour se levait, le ciel était clair, une demie Lune nous accompagnant dans la campagne aux alentours. Premiers hectomètres et premières côtes, gentilles à ce moment de la course, atténuées par la semi obscurité. Le temps passait vite à discuter avec Romain : 5ème km atteint en 3227, quelle précision ! On est dans les temps ! Les portions planes, les côtes, les descentes se succèdent, les ravitaillements arrivent au bon moment, lallure était maintenue un petit peu au-dessus des prévisions, mais si peu 1h0343 au km10, 2h0709 au 20ème. La partie la plus vallonnée du parcours arrivait ; elle allait nous faire ralentir un peu, nous avions décidé dalterner course et marche dans les longues montées : le 30ème km fut passé en 3h1520, et la fin du premier tour en 3h40environ. Jétais 44ème je crois. La cadence pour faire 11 heures était respectée, mais déjà lardeur des rayons du soleil commençait à entamer les réserves. Il faisait chaud et il fallait continuer de boire régulièrement (au moins 50cl tous les 5km, voire <st1:metricconverter ProductID="2 litres">2 litres</st1:metricconverter> tous les 15km, ou si vous préférez, <st1:metricconverter ProductID="1 litre">1 litre</st1:metricconverter> à lheure, cest selon le mode de calcul et la vitesse de déplacement !).
Le passage au marathon eut lieu en 4h38, petit à petit la fatigue commençait à se faire sentir, mobligeant à laisser Romain partir devant : cest ce quil fit au ravitaillement du 45ème km. Ma cadence allait baisser pour passer de <st1:metricconverter ProductID="33">33</st1:metricconverter> aux 5km environ à 38/40 aux 5km, et ce jusquau 60ème km passé en 6h54 (Cest facile de calculer une vitesse à partir du temps mis au 60ème km : 6h54=654 au km, soit un peu plus de 8,5km/h). Depuis un moment, les périodes de marche sétaient allongées ainsi que les arrêts aux postes de ravitaillement : cela faisait tellement de bien de sattarder avec toutes ces personnes bénévoles très sympathiques et qui étaient aux petits soins pour nous, les forçats du bitume. Je ne les remercierai jamais assez davoir su relancer ma motivation et ma détermination.
Ce deuxième tour fut néanmoins une véritable galère physique si on le compare au premier, et quand je le finis, mon ami Romain mannonça quil préférait stopper là pour ne pas risquer le coup de chaleur et compromettre sa participation au Tour du Golfe du Morbihan.
Jai hésité à en faire de même, dautant que les abandons étaient nombreux à cette heure (il était 13 heures environ et la chaleur avait fait beaucoup de dégâts). Je changeai ma casquette pour en prendre une de type « Saharienne », changeai mes bandeaux et autres mouchoirs me servant déponge, renouvelai mon ravitaillement personnel, et je repartis, seul, vers ce que jespérai être un dernier tour sans trop de souffrances.
<o:p> </o:p>
Chapitre 4 : un dernier tour denfer.
<o:p> </o:p>
Je décidai au début de ce dernier tour daccélérer un peu, pour rattraper le temps mis à hésiter entre arrêter ou continuer, et je passai au 70ème km en 8h24, au 75ème en 9h et au 80ème en 9h40.
Plus que 20 bornes ! Là, je me mis à calculer le temps qui me restait : plus possible de maintenir cette cadence pour faire moins de 12 heures, ou alors à quel prix ? Je me décidai donc à ne pas mexposer à une fin trop douloureuse, et je continuai mon petit bonhomme de chemin en coupant les longues périodes marchées par des fractions courues (alors quavant cétait linverse). Du 6km/h pendant <st1:metricconverter ProductID="10 km">10 km</st1:metricconverter>, en comptant les longs arrêts aux postes de ravitaillement pour me faire masser et réconforter.
Au 90ème km, passé en 11h20 environ, je me dis quà ce rythme jallais dépasser les 13 heures et que surtout jallais inquiéter ma famille qui devait penser que jétais déjà arrivé et même sur le chemin du retour. Alors, je repris un rythme de course plus constant pour atteindre le km95 en presque 12heures. Plus que 5km ! et une heure pour les faire ! Je continuai donc quand même à courir jusquau 98ème km où je rattrapai 2 coureurs qui marchaient. Je décidai de terminer avec eux, à la marche moi aussi : nous franchirions ensemble la ligne darrivée.
Ces <st1:metricconverter ProductID="20">20</st1:metricconverter> pour faire 2km ne me parurent pas très longues, chacun racontant ses petits états dâme, son passé sportif Lun deux est un marcheur belge qui a fait presque toute la course en marchant (à près de 8km/h, il faut le faire, mais cest un habitué de la chose). Lautre coureur est un « rescapé » de la vie : il y a 8 ans, le corps médical le déclarait perdu pour le sport ; il souffrait dune maladie qui devait lui faire perdre ses deux jambes. Lui, il refusa avec une énorme volonté de se faire amputer, et décida de lutter pour prendre le dessus. Ses mots furent « Je veux montrer que je suis plus fort que la maladie », et le fait daller au bout de son premier 100km en est une preuve.
Nous arrivâmes main dans la main en 12h4355, classé 25, 26 et 27ème sur un nombre de partants denviron 80.
Quels encouragements nous reçûmes ! Vivas de la foule, applaudissements, nous eûmes droit aussi de livre nos premières impressions au micro.
<o:p> </o:p>
Epilogue.
<o:p> </o:p>
Alors, au bout du compte ?
Et bien, aussi paradoxal que cela puisse paraître, je suis aussi heureux, sinon plus, dêtre allé au bout de cette course, quau bout de toutes les autres faites auparavant.
Pour moi, cest comme si ça avait été mon premier 100km.
<o:p> </o:p>
La lecture des résultats ma aussi permis de relativiser ce que jai appelé une contre-performance :
Le vainqueur met 8h33, il y a 7 coureurs sous les 10 heures, 7 autres entre 10h et 11h, 6 entre 11h et 12h, 7 entre 12h et 13h
Tous les coureurs arrivés, et dont ce nétait pas le premier 100km, ont mis en moyenne 10 à 15% sinon plus encore, que dhabitude. Donc, en extrapolant, daprès cette formule (que jai « inventée » daprès ce que jai observé), un temps de 10 heures se transforme en 11h30, un 11h équivaut à 12h40, etc
La chaleur et le profil vallonné du parcours ont donc été déterminants dans ces temps situés bien au-delà des chronos habituels.
<o:p> </o:p>
Maintenant, place à la récupération. Il y a <st1:PersonName ProductID="la Transe Gaule">la Transe Gaule</st1:PersonName> dans moins de deux mois, il faut que jy arrive frais, non blessé, mais il faudra que je récupère un peu de vitesse, afin davoir un peu de marge.
En tout cas, ça ma fait une bonne révision, à la fois physique et mentale pour ce qui mattend.
<o:p> </o:p>
A+fab*