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    Hors saison

    Je ne sais pas si vous ressentez la même chose, mais quand il m’arrive de passer, en allant travailler, en me promenant ou en voyageant, par des endroits où j’ai couru lors de compétitions, les souvenirs et la nostalgie reviennent au galop, un peu comme lorsqu’ on retourne dans une station balnéaire hors saison, quand tout est fermé, où toute la vie semble avoir disparu.

    Ainsi, fréquemment, lorsque je me rends à Rennes dans ma famille, je « coupe » le parcours de la Transe Gaule au niveau de la Dominelais et je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’œil trop rapide certes – on est sur une voie express - à la route que nous empruntons tous les ans en août lors de la 4ème étape. Quand je me déplace sur Angers, la même impression survient au moment où je suis au niveau de la route entre Saint-Augustin des Bois et Saint-Georges sur Loire. J’ai à maintes reprises l’occasion de croiser ou de suivre une partie de l’itinéraire de la TG et quand j’aperçois les restes de fléchage – stickers orange fluo décolorés par le temps et le soleil - je me prends à rêver, à me remémorer toutes les histoires d’ultra ancrées à jamais dans le bitume.

    Quand je suis retourné en Suède, en 2010, un an après la TransEurope, à Göteborg et sur plusieurs autres points communs avec le parcours que nous avions suivi en 2009, j’ai essayé de retrouver des indices de notre passage. J’ai aussi creusé ma mémoire et ai réussi à retrouver des bribes de souvenirs, hélas trop fugaces, certains trop douloureux...

    J’ai participé à certaines courses qui n’existent plus ; le marathon de St André 13 Voies, celui de St Sylvain d’Anjou et bien d’autres, et il y reste à jamais des images gravées au fond de moi qui ne demandent qu’à être ravivées quand je retourne sur ces lieux, mythiques pour moi. Les 100km de Cléder se profilent dans quelques jours, et depuis 11 ans j’en ai conservé des flashes, des impressions. J’y ai couru depuis 1993, date de mon premier ultra, presque toutes les éditions. Je crois que les premières heures de ce 100km « nouvelle époque » seront sans doute chargées d’émotion, de retour de souvenirs, même si le parcours ne sera pas exactement le même. Mais j’imagine déjà le passage à côté des châteaux et chapelles, sur la route ou les sentiers côtiers, avec ou sans plage, la traversée de Cléder à la fin de chaque petite boucle, et les bosses, car la Bretagne, ça peut parfois rimer avec montagne.

    La Mil Kil vient de se terminer, et la grosse vingtaine de concurrents laisse la route elle aussi chargée de souvenirs. Pendant la course, de chez moi, de mon travail ou de mon lieu d’entraînement, je me plaisais à imaginer les uns et les autres transitant par tel ou tel endroit commun avec le parcours de la TG. Quand le point journalier était posté par Cartier sur Yanoo, j’imaginais, je voyais même, les coureurs et les lieux auxquels chacun d’eux était rendu. Je me prenais à courir à côté d’eux, à me balader de concert avec Françoise, Jean Hervé, Robert (Bob), Philippe, Erwin, Vincent ou d’autres encore, même si je ne les connais pas tous.

    J’ai l’impression qu’une fois le dernier coureur arrivé le parcours redevient désertique telles ces stations balnéaires lors de journées d’hiver pluvieux, hors saison, ou tels ces lendemains d’étapes du Tour de France.

     

    Sur ces lieux chargés d’Histoire, d’Ultra bien sûr, ne reste que la trace invisible du labeur de chacun de ces forçats de la route.

     

    A+Fab******


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