• TransEurope 2012 : étapes 1 à 22 (Danemark + Allemagne)

    CR étape N°1

    Je suis arrivé, en 15ème position avec mon copain Jean Pierre, en 6h43' environ pour 56,7km et tout ça suffit à mon bonheur.

    J'étais tellement inquiet avant le départ, pour mon dos qui me gênait, pour mes éventuels problèmes d'arythmie cardiaque (due sans doute au cumul de stress d'avant grand événement comme celui-là) que ce soir je suis hyper heureux d'avoir bouclé cette étape sans véritables soucis.

    J'avais tellement rêvé d'être là, j'avais récemment tellement cauchemardé de ne pas pouvoir passer le premier virage que plus les km passaient plus je me sentais rassuré.

    Certes, demain sera un autre jour et je peux rapidement déchanter (et déjanter aussi) mais tout ce qui est pris est pris.

    J'ai promené mon petit Clément, petit personnage en rapport avec le projet pédagogique de ma femme et de sa classe de l'école de La Chevrolière. Il a vu du paysage et ne tardera pas à raconter ça aux enfants. Je vous en livre quand même quelques éléments : on a quitté Skagen à 9h après une petite allocution du maire (qui a indiqué qu'il y a un marathon à Skagen le 6 octobre, à bon entendeur salut) et tout de suite nous avons couru sur une piste cyclable d'abord au bord de la route puis au milieu des dunes. Le paysage, un peu lunaire, avec de temps à autres des forêts de résineux, nous a apporté un peu de quiétude et nous a bien préparés à appréhender cette première étape de manière positive. Vers le km 35, le parcours est devenu un peu accidenté et les quelques bosses que nous avons franchies nous ont prouvé que le Danemark n'était pas un plat pays (mais ça je le savais déjà).

    Avec Jean Pierre, nous avons vite trouvé que de courir ensemble nous rassurait l'un comme l'autre et nous avons bavardé, c'est peu de le dire.

    Et le temps et les km ont passé et nous ont rendu la tâche moins difficile. C'est un véritable ami ce gars du sud ouest et je ne sais pas comment aurait été l'étape si j'avais dû la courir tout seul.

    Bien, il est déjà 18h et c'est l'heure de dîner, alors je vous quitte non sans regret car j'aurais eu tant de choses à ajouter mais le temps est compté sur les étapes.

    A demain si vous le voulez bien, en tout cas j'espère avoir une connexion.

     Amitiés à tous ou bisous pour ceux que je connais bien.

     Fab

    CR étape N°2

     

    "Fab il a envoyé du lourd", voilà ce que j'ai entendu aujourd'hui une fois que j'avais pris ma douche et étendu mon linge sans avoir oublié de prendre une petite bière (ou plutôt 2, et comme les allemands ne fournissent que des formats 50cl, et je sais que pour la population des "djeuns" ce n'est pas un bon exemple, mais il faisait soif...).

    Je suis parti dans le groupe des "lents", de ceux qui hier ont terminé après la 8ème place, et rapidement je me suis retrouvé dans les premiers non sans avoir commencé l'étape tranquillement avec mon copain Jean-Pierre. Mais il s'est arrêté pour un "pit stop avec vidange incluse" et j'ai continué pensant qu'il allait me rattraper rapidement. Mais que nenni ! Et moi je me sentais de mieux en mieux et tournais entre 9,5 et 10,5km/h sans forcer et selon le profil de la route. Le Danemark est considéré comme un pays plat, mais hier on a eu plus de 200m de dénivelé positif et aujourd'hui un peu plus de 300m. 

    J'ai vite rattrapé le coureur qui s'était détaché et que j'avais en point de mire (Milan) et donc je me suis retrouvé devant. Les sensations étaient au top, seule ombre dans ma progression : j'étais un peu ennuyé d'avoir fait faux bond à mon camarade de course et je me faisais tout un cinéma comme quoi il allait me reprocher mon ingratitude ou autre chose. Mais j'étais bien dans mon rythme, pas de douleurs, les kilomètres défilaient tout seuls, le temps passait vite jusqu'à Aalborg. La traversée de cette grande ville fut longue et les traversées de rues n'étaient pas faciles avec le respect de la signalisation routière : attendre pour traverser que le petit piéton soit vert, utiliser les passages protégés... habitudes que nous n'avons pas forcément installées en France. Mais, j'ai été chanceux car beaucoup de passages étaient au vert à mon arrivée. 

    Stéphane Pélissier me reprit l'heure de décalage (il est parti à 7h et nous à 6) au ravitaillement au début de la ville (km40) et fila en conservant son rythme de 12km/h. A ce ravitaillement, on nous a proposé de la soupe chaude (ou froide) et je me suis arrêté en pensant que du salé ça allait faire du bien pour le reste de l'étape car le temps commençait à devenir chaud : le soleil avait percé la couverture nuageuse et les dernières heures de course s'annonçaient assez difficiles. Une bonne hydratation était nécessaire et je m'attardais quelques minutes pour boire. Au ravitaillement suivant, en sortie de ville, au km 49, Robert Wimmer (vainqueur de la TransEurope 2003 et 4ème de l'édition 2009, actuellement second au général) me dépassa et je le gardais en point de mire pendant un long moment : bonne idée car j'aurais pu ne pas voir l'entrée du chemin qui nous faisait éviter une route plus longue et en plein soleil. Cette petite portion de chemin, bien rafraîchissante m'a rappelé les footings ou sorties à vélo faits dans le marais poitevin avec Isa ma belle sœur et Pascale ma femme. Un peu de nostalgie des bons  moments d'avant TransEurope ne fait pas de mal et permet de se reconcentrer et de serrer les dents au moment où la fatigue mentale et musculaire se fait sentir. Il restait environ 12km et je me projetais sur un "moins de 7h" pour cette étape de 63,5km. La fin n'était pas très agréable : longue piste cyclable, certes en site propre et donc sans risque de se faire ennuyer par les voitures ou autres véhicules. Quelques cyclistes m'ont quand même dépassés (et eux, ils avertissent en sonnant quand ils nous doublent, pas comme dans certains autres pays dont le mien). La ligne droite précédent l'arrivée dans la ville étape était d'une longueur telle (4,5km) que j'apercevais avec ma vue de lynx le coureur allemand qui m'avait dépassé au ravito d'avant. 

    Après quelques longues minutes sous la chaleur et surtout sous le soleil, j'arrivais enfin aux portes de la ville et après quelques changements de direction je franchissais l'arche d'arrivée en Xème position (3ème mais les 6 autres partis après moi allaient s'intercaler devant, alors j'ai terminé 9ème). Et j'ai gagné le droit de faire la grasse matinée car l'organisateur m'a mis dans le groupe de ceux qui partiront à 7h au lieu de 6h. J'ai l'ai malin maintenant car j'arriverai demain bien après la moitié du peloton je pense.

    Ce n'est pas grave, j'essaierai de ne pas trop flâner en route. Je risque quand même de passer une seconde journée en solitaire.

    Il y aura 65,7km, ce n'est pas la mer à boire.


    Allez, il est 18h on vient de sonner le rappel pour aller dîner. Je vous quitte.

    A demain j'espère.

    Fab 

     

    CR étape N° 3

     

    3ème étape longue de 65,7km, temps gris et frais à souhait. Routes à circulation parfois sans pistes cyclables et donc assez dangereuses quand deux camions se croisaient. 480m de dénivelé, donc il y avait de la côte et en plus j’ai eu la malchance de tomber sur le chien (et sa maîtresse) les plus c… du Danemark : il a failli me mordre et pour l’éviter j’ai failli aller sur la route au moment où des véhicules arrivaient. Voilà le tableau.

    Je suis parti dans le groupe N°1, celui des « moins rapides » suite à ma requête de la veille auprès de l’organisateur, sachant que je ne me sentais pas assez fort pour intégrer le groupe N°2 qui partait une heure après. Vu la météo du jour, j’aurais pu dormir une heure de plus, mais cette heure, je ne l’aurais pas eue après mon arrivée et je n’aurais pas pu faire tout ce que j’avais à faire c'est-à-dire m’installer, laver mon linge, l’étendre, prendre une collation (omelette, pommes de terre et bacon) comme hier et bavarder avec les copains autour d’une bonne mousse.

    Rapidement je me portais en tête de ce groupe avec 5 ou 6 autres coureurs et peu à peu nous avons fait le trou. Je me suis progressivement détaché pour courir à mon rythme et pas à celui des autres. Ma vitesse était quand même moins élevée que celle d’hier et les sensations du matin étaient assez bonnes malgré le ressenti des 120km effectués depuis Skagen.

    Plus le temps et les km passaient, plus je me disais que ça ne servait à rien d’appuyer sur le champignon et qu’une série de 7 ou 8 étapes à plus de 70km nous attendait dès le lendemain. Je me fis d’ailleurs rattraper et dépasser par un coureur norvégien que j’essayais de ne pas perdre de vue pendant la traversée de la ville d’Hobro ce qui est assez réconfortant et évite les hésitations. Nous sommes restés à vue quelques kilomètres puis il s’est détaché progressivement. Les paysages traversés étaient composés de champs cultivés (blé et autres plantes) et, comme depuis le départ de l’extrême nord, les moissonneuses batteuses étaient de sortie. J’ai pu admirer de nombreuses fermes, différentes de celles qu’on rencontre en France, traverser des villages ou des hameaux typiques avec leurs maisons de briques rouges jointoyées de blanc ou d’autres coloris faisant ressortir chaque brique. La route était parfois toute droite et au loin on apercevait des véhicules qui allaient mettre plusieurs minutes à venir nous croiser.

    Je me suis fait reprendre par Stéphane et Robert, partis une heure après, aux alentours du 40ème km, comme hier (pour Stéphane), mais hier j’avais – comme lui – 10 minutes d’avance par rapport à aujourd’hui. Beaucoup sont allés moins vite qu’hier : est-ce le contre coup de la course sous la chaleur qui a déshydraté les organismes ? Est-ce l’accumulation des kilomètres qui a fatigué la majorité des transeuropéens ? Est-ce la route parfois sans espace protégé qui a fait ralentir ? On peut émettre toutes les hypothèses, ça ne changera rien.

    J’ai eu quelques soucis avec mes chaussettes et mes chaussures, croyant qu’il y avait un petit caillou ou un mauvais pli, je me suis arrêté à de nombreuses reprises. Cette perte de temps et la baisse de rythme conséquente ont profité à d’autres coureurs qui m’ont rattrapé. Mais seul un autre norvégien réussira à me distancer. A la fin de l’étape, j’étais encore dans le top 10, content d’en avoir fini.

    Pour demain, de la pluie est annoncée sous forme d’averses entre deux éclaircies. Espérons que ça ne soit pas trop humide et que je ne doive pas mettre le poncho.

    Plus que 61 étapes et « jusqu’ici tout va bien » comme dirait l’autre.

    A demain j’espère pour la suite de mes aventures nordiques. Pour le moment on a de la chance, les hébergements proposent une connexion internet gratuite. Mais un jour on n’aura peut-être pas l’occasion d’envoyer des CR. Alors j’en profite.

    A+Fab

     

    CR étape N°4

     

    Aujourd'hui première étape de plus de 70km d'une série de 8 consécutives si je me souviens bien. 

    Pour marquer le coup, et en plus comme c'était ma fête, on a arrosé ça, enfin on a été arrosés.

    Lever à 4h : il pleut dehors.

    Petit déjeuner à 5h : il pleut toujours dehors.

    Départ à 6h : il pleut encore, alors le poncho est de sortie.

    Pendant les premières heures, ça va tomber modérément, mais je suis bien couvert. Seules les chaussures en prennent un peu et deviennent lourdes.

    Quand ça s'arrête, j'ai bien avancé, je suis encore second de mon peloton, mais les jambes commencent à être lourdes : la pluie n'a jamais été bonne pour des jambes fatiguées.

    Une fois l'eau arrêtée donc, des nuages défilaient et laissaient parfois passer les rayons du soleil.

     

    Les paysages prenaient alors tout leur éclat : j'avais l'impression de traverser tour à tour les Deux Sèvres, la Creuse, l'Allemagne du nord, enfin ce sont les différentes facettes du Danemark dans cette région. Les fermes tous les 500m ou 1km étaient séparées de grands champs de blé, de pommes de terre et progressivement ces cultures ont laissé la place au maïs.

    Ce qui est drôle dans ce pays mais qui ne m'a pas étonné car j'y étais déjà allé, ce sont les petites guérites où les gens peuvent acheter des pommes de terre en laissant 10 KR (1,40€ environ) dans une petite boîte, sans personne pour vérifier. J'ai vu aussi que les livreurs de journaux ne se posent pas de questions existentielles : ils balancent les quotidiens devant les maisons et parfois, j'ai vu des journaux dans les fossés ou sur la route (ça, c'est peut-être le vent qui les y a poussés). Notons que les journaux sont emballés dans des poches plastiques, bien sûr.

     

    Alors, au niveau météo, pour revenir à la course, la pluie continue avait laissé la place à des averses et j'ai joué à un jeu rigolo : essayer d'enfiler le poncho en plein vent surtout quand je me faisais croiser par des camions. Je me suis retrouvé plusieurs fois dans un champ (non, là je blague, mais parfois j'aurais pu décoller tant le souffle des mastodontes me déséquilibrait). On est passé à côté d'une carrière et une vingtaine de camions ont transité pendant mon passage sur cette route.

    Un peu plus loin, là où le parcours était assez vallonné, c'était un tracteur de la DDE locale qui passait une sorte de brosse tournante pour aider l'eau de pluie à s'écouler plus vite et à ne pas raviner les bas côtés, déjà bien ravagés comme ça.

     

    Avec toutes ces péripéties, le temps a passé, les kilomètres aussi, mais avec l'impression qu'ils passaient moins vite que le temps. Plus loin, après m'être arrêté déguster la soupe chaude traditionnelle du poste de ravitaillement N°4 (des fois c'est le N°5) je me suis fait doubler par la tête de course et par un second coureur parti dans mon groupe.

    La fin était difficile, mais je me la suis rendue difficile, je ne vais pas passer mon temps à trouver des excuses sur la météo ou le dénivelé.

    J'ai terminé dans les 10 premiers encore une fois, quelques coureurs ont perdu leur chemin et ont perdu, par là même, du temps. Le fléchage n'était pas évident à suivre pour peu qu'on coure en bavardant (n'est-ce pas JB et JP ?).

     

    Il est 18h, le repas est prévu à 800m à pieds d'ici, et je dois rentrer mon linge avant. Alors je vous dis à demain en souhaitant avoir encore une fois une connexion.

     

    Demain étape de 73km et des brouettes, alors prudence car il reste des kilomètres.

     

    à+Fab

     

    CR étape N°5

    La plus longue pour le moment : 72,2km et de longues lignes droites, un fort vent latéral et pas de pluie sauf quelques gouttes en fin d'étape pas suffisantes pour mouiller le maillot. Deux grandes villes à traverser : Vejle (très connue des footballeurs nantais en raison du camouflet reçu contre cette petite équipe danoise en 72, venue l'emporter à Saupin alors que les nantais caracolaient en tête du championnat de France : imaginez, pour les fans du FCN, c'est comme la défaite du Brésil en 50 pour les supporters brésiliens, mais en pire !) et puis Kolding, grande ville portuaire. 

     

    Reprenons depuis le matin:

    Lever à 4h après une bonne nuit dans la petite salle mise à notre disposition à la place du gymnase occupé jusqu'à 21h par les handballeurs. On était les uns sur les autres (voir photos du 22/08)

    Départ à 6h après tout le rituel du lever, je me retrouve dans un petit groupe de 6 /8 coureurs qui peu à peu s'étire. Arrivé sur la route principale, je suis Neil, le coureur anglais et nous courrons ensemble pendant la première partie de l'étape, du départ à la sortie de Vejle (ravito du km 22). Là, je me suis progressivement détaché, laissant Neil et les deux coureurs nous ayant rattrapés au gré des arrêts aux feux tricolores (Ria Buiten et Eric Derivaz) et j'ai profité d'être en forme pour tailler la route. Cet état de bien-être dura jusqu'à Kolding où la ville et ses différents changements de directions et arrêts aux feux m'ont un peu perturbé. Stéphane m'avait dépassé depuis le km 39, et là, je me fis doubler par Trond et Robert (notons que ces coureurs étaient tous partis une heure après moi). Kolding étant un port, nous y sommes descendus puis il a fallu remonter ce qui fut assez dur. Donc j'ai par la suite accusé le coup et me suis contenté d'une petite allure surtout que les routes étaient faites de longues lignes droites. La piste cyclable était certes moins dangereuse que le bas côté des routes empruntées principalement jusqu'à présent, il n'empêche que le vent fort de côté fut très gênant. Pas de haies pour en atténuer les effets.

    J'ai fini par arriver au bout de 8h27', encore 9ème et 1er du peloton des seconds couteaux, si l'on peut dire.

     

    Les autres français dont je ne parle pas souvent vont relativement bien :

    Stéphane gagne encore une fois.

    Jean Claude a terminé 6ème malgré le temps perdu en fin d'étape en se perdant dans la ville étape.

    Jean Pierre et Jean Benoît finissent ensemble avec Frédéric Borel.

    Les autres après, mais ils semblent aller bien, même si Patrick a un peu souffert dans les lignes droites en plein vent.

     

    Ce soir nous sommes dans un grand complexe sportif, il y a des matches de hand et de basket, mais nous, nous occupons une grande salle de basket et hand très bien insonorisée. On n'est pas les uns sur les autres, c'est déjà ça.

    Demain, l'étape sera longue, 78,5km et nous fera quitter le Danemark pour entrer en Allemagne. L'hébergement se fera sous une grande tente et si besoin certains pourront installer leur tente de camping. Selon la météo, je verrai.

    Y aura-t-il, comme chaque jour au Danemark, une connexion ? Rien n'est moins sûr. Alors peut-être à demain pour le CR, sinon Pascale en rédigera un petit en fonction de mon appel téléphonique.

     

    PS : pour ceux à qui j'ai envoyé des SMS : Orange me fait payer le hors forfait alors je ne vous en envoie plus pour le moment, tout rentrera dans l'ordre en France, dans longtemps et beaucoup de kilomètres.

     

    à+Fab qui va ramasser son linge qu'il espère sec et se coucher.

     

    CR étape N°6 (rédigé au soir de la 7ème ).

    Parce que je n’ai pas de connexion depuis que nous avons quitté le Danemark, j’ai pris du retard dans la rédaction de mes comptes-rendus.

    Ces deux étapes ont aussi en commun d’avoir de gros kilométrages : plus de 78 pour la 6ème (plutôt plus de 79km en réalité à cause d’un changement de lieu d’hébergement) et plus de 74 pour celle d’aujourd’hui.

    Je les ai négociées toutes les deux comme celle d’avant, la 5ème, où je m’étais détaché quelques hectomètres après le départ. Et j’ai tenu un rythme de 9 à 10 km/h afin d’arriver à passer à la 5ème heure les 45km. Bon, à chaque fois j’étais légèrement au-dessous (plutôt 44km que 45) mais je compte dans cette vitesse les arrêts aux ravitaillements. Ma vitesse de course est au début plus proche des 10 à l’heure.

    La 6ème étape, où l’on quittait les locaux de l’école qui nous avait accueillis, démarra sous un temps frais et gris assez plaisant car le risque d’avoir trop chaud était écarté au moins pour les heures de la matinée. Sur les routes, souvent bordées de pistes cyclables au début, le trafic était assez important et quand on a couru sur une voie très fréquentée sans piste cyclable, nous n’avions qu’un petit bas-côté d’un mètre de large au maximum pour évoluer. Nous avons traversé une dernière ville importante au Danemark (Abenra), une ville portuaire, industrielle et balnéaire de fond de fjord, et vers le 57ème km nous avons franchi la frontière. Oh, peu de changements quant au trafic, mais peu à peu le style des habitations se faisait différent bien que souvent dans le même registre : pavillon à un étage dont les murs de briques sont recouverts d’un enduit masquant à peine les briques. Beaucoup de centres commerciaux, de brasseries, d’entrepôts…

    Avant l’arrivée, la dernière partie fut assez fastidieuse, même si le passage à la périphérie de Flensburg s’effectua sur des pistes cyclables et à travers des lotissements. La partie le long de la voie ferrée Hambourg-Danemark était fatigant, sans zones de protection quand se croisaient des véhicules roulant souvent vite.

    J’arrivais 9ème en 9h11’ et mon temps me convenait malgré un dernier tiers d’étape plus que poussif.

    La ligne d’arrivée tant attendue mit du temps à se présenter à nous parce que l’organisation a changé le lieu d’hébergement : couloirs d’une école primaire au lieu d’un barnum dans le camping.

    Une fois de plus on était serrés comme des sardines, mais au moins il n’y aurait pas à risquer de prendre une averse en pleine nuit et de plier la tente mouillée à l’aube.

     

    Le repas fut pris dans les couloirs mêmes où nous allions dormir, et le petit-déjeuner aussi. Un peu spartiates les conditions !

     

    CR de l’étape N° 7.

    Ce matin, le départ fut donné à 6h précises comme d’habitude et après avoir rejoint la route principale, après quelques centaines de mètres nous devions traverser une voie ferrée qui ferma ses barrières scindant alors le peloton en deux. J’avais déjà pris la tête du groupe et je ne fus pas stoppé. Cette étape dans son ensemble était tracée pour suivre les pistes cyclables à quelques exceptions près quand il a fallu prendre un chemin d’exploitation entre des cultures de maïs et dans une zone où éoliennes et lignes à haute tension cohabitaient.

    Ma course fut calquée sur l’étape de la veille, je caracolais en tête jusqu’à ce que Peter, l’homme à la trottinette me dépasse puis c’était au tour de Stéphane, enfin, d’habitude c’était comme ça, car aujourd’hui ce fut Trond le norvégien qui me passa le premier suivi à un demi-kilomètre de Stéphane qui s’était arrêté plus longuement au ravitaillement n°4 de Thomas, celui où l’on peut prendre une soupe chaude ce que je ne manque jamais de faire.

    Par la suite, le tracé de la TransEurope fut interrompu le temps de traverser un canal (Ostsee-Kanal) qui relie la Mer du Nord à la Baltique. Il y avait un bac à prendre et quand j’y suis arrivé, il venait de partir. Le temps de traverser, de revenir puis de repartir sur l’autre rive, il s’était passé 11 minutes. Mais j’étais le seul coureur à bord. Quand je repris la course j’aperçus plusieurs coureurs de l’autre côté qui attendaient que le bac revienne. Si comme pour moi le bac devait attendre que de gros navires passent afin de traverser, mes poursuivants n’allaient pas regagner du temps sur moi, mais s’ils étaient arrivés juste au bon moment, c’était tout bénéfice pour eux. En fait, certains ont gagné du temps, d’autres en ont perdu.

    La suite de l’étape fut difficile, comme prévu, et je terminais avec Henry, Markus et Jean-Claude, tous partis une heure après moi. Temps total : 8h47’ et une place de 7ème de l’étape car deux des coureurs me précédant au classement général se sont blessés et ont fini avec du retard. Du coup je ferai partie du groupe des « rapides » et partirai à 7h : ça me pendait au nez.

    Ce soir ce fut restaurant, à 800m de la salle et demain le petit déjeuner se prendra au même endroit.

     

    Il est 22h, je coupe l’ordinateur et souhaite poster rapidement ces deux CR. Je dois dormir aussi.

    A+Fab

     

    CR étape N°8

    On est dimanche soir, je suis allongé sur mon matelas en attendant qu’on nous appelle pour dîner (18h). J’en profite pour écrire rapidement mon petit CR.

    L’étape N°8 s’est bien passée, je suis parti avec le groupe des 7h et ça fait bizarre de se retrouver en si petit comité pendant une heure, une fois les coureurs de 6h partis. J’ai pu m’allonger sur un gros tapis avant le départ pour me relaxer et j’ai pu prendre mon temps pour me préparer.

    Le départ donné, je me suis retrouvé avec Neil Bryant, l’anglais de Bristol, et rapidement nous avons été distancés par les 6 autres coureurs plus rapides que nous. Nous sommes restés toute l’étape ensemble et avons bavardé en anglais. C’est là que je vois qu’il n’y a qu’en pratiquant sur le tas qu’on progresse. Mon rythme semblait un peu trop rapide à Neil et j’ai donc essayé de ralentir en faisant des pauses marchées afin de maintenir une bonne allure de 9,3km/h. A mi-parcours nous étions toujours sur les bases de 9km/h. Nous avons commencé à doubler la queue de peloton à partir du second ravitaillement et par la suite, nous sommes remontés sur plus de la moitié des coureurs. Il y a eu beaucoup de belles pistes cyclables aujourd’hui avec plusieurs passages en forêt. Nous étions au nord de Hambourg. La population locale était de sortie soit pour aller à une sorte de fête des enfants ou de la famille nombreuse, soit pour faire du sport (vélo, jogging…) soit encore pour effectuer une petite balade dans les nombreux espaces verts et forêts.

    Plus on s’approchait de l’arrivée, moins on rattrapait de coureurs et dans les 5 derniers km nous n’avions plus personne en vue quand soudain à 1500m de la fin de l’étape nous avons reconnu JB, JP et Fred B. Nous n’avons pas cherché à les rejoindre, mais on sentait bien que leur rythme était irrégulier alors que nous nous étions remis à courir sans nous arrêter marcher. J’avais appris à Neil une accommodation personnelle de la méthode dite de Cyrano consistant à courir 15’ puis à marcher 30’, ce que je fais depuis Skagen. Toutes les 45’, je marche un peu plus longtemps (1’) pour grignoter une barre de céréales. Le premier ravitaillement ne propose que des boissons et ce matin le petit déjeuner était loin. Donc sur la fin de l’étape, finie l’alternance et retour à une course régulière (8,5km/h environ). Nous avons terminé avec les trois compères qui ont eu l’idée de ralentir peu avant la ligne. Main dans la main, nous avons essayé de franchir l’arche d’arrivée pas assez large pour 5, mais nous avons été crédités du même temps (enfin, presque parce que Neil et moi avons mis 1h de moins que le trio français parti à 6h.

    Ce soir, j’ai eu un peu de mal à m’organiser et j’ai attendu la publication des résultats pour faire la demande auprès d’Ingo l’organisateur de partir à 6h et pas à 7 comme il avait l’intention de faire. Nous sommes 4 dans ce cas de figure, trop lents pour côtoyer les 6 premiers qui nous ont pris plus d’une heure sur cette étape comme à eu près chaque jour depuis la première étape. Un coureur du top 10 a été contraint à l’abandon souffrant d’une contracture à une cuisse ne lui permettant pas de tenir les délais. Des délais que notre ami Fred G. a frôlé étant retardé par une erreur de route et une forme un peu déclinante. Espérons pour lui que cela s’arrange car vu le menu qui nous attend dès demain, ça risque d’en faire coincer certains : 79km dont les 22 derniers le long du canal de l’Elbe puis 76,9km presque entièrement le long du dit canal puis encore une ou deux à plus de 70. Quand on en sera là, une grosse partie difficile sera passée, mais qu’est-ce qui nous attendra alors ? On verra et prenons d’abord les étapes comme elles se présentent.

     

    A bientôt.

    Fab

     

    CR Etape N°9 :

    Toujours pas de connexion, pourtant nous sommes en Allemagne. En France aussi, les soirs d’étapes on sera à la recherche de la Wifi et on n’en trouvera pas. Moi j’en aurai grâce à mon téléphone portable, mais mon forfait étant limité, je ne pourrai pas en faire profiter beaucoup les copains.

    L’étape la plus longue depuis le départ a donné lieu à 3 abandons : une coureuse (Marie Jeanne n’a pas pris le départ, n’ayant plus l’envie dans la tête et dans le corps de mener l’aventure plus loin), un coureur japonais et Eric Derivaz, parti blessé de Skagen et qui a souffert trop rapidement de blessures dites de compensation sur l’autre jambe. Dommage, le club « France » voit deux de ses membres laisser le reste de la troupe continuer sans eux : ils vont nous manquer.

    Mon étape dont j’ai pris le départ à 6h a commencé comme les précédentes où je suis parti dès l’entame. La traversée des faubourgs de Hambourg m’a permis de creuser un écart conséquent sur le reste du groupe et j’ai tenu le rythme de 9,5km/h jusque vers le km 20 où le temps passé au ravitaillement a fait baisser un peu la moyenne. Dans ma tête, je m’étais fixé d’atteindre le km 45 en 5h (9 de moyenne) et j’y suis presque parvenu, ayant perdu du temps sur le chemin assez technique dans la forêt ainsi qu’aux ravitos.

    Je me suis fat rattraper par Christian Fatton et Neil Bryant (mon camarade de la veille) au 5ème ravitaillement et avec le coureur britannique nous avons continué ensemble comme la veille. Christian, lui, s’était légèrement détaché et conservait 400m d’avance, marge suffisante pour nous devancer de 2 minutes au final. Avec Neil, on a géré la portion d’une vingtaine de km le long du canal de l’Elbe qu’on suivra demain pendant plus de 60km. Nous terminons encore dans les dix premiers, 8èmes ex-æquo.

    J’ai eu le temps de laver et de faire sécher mes affaires, d’aller acheter quelques boissons et petits pains au lait pour grignoter à l’arrivée.

    Demain, journée longue et sans doute usante car le chemin de halage le long du canal est certes bien entretenu, mais recouvert de gravillons très abrasifs pour qui ne lèverait pas assez les pieds sans compter les invités qu’on est obligés de chasser sous peine d’attraper des ampoules.

    Demain, donc, je mets les guêtres. Je pars avec le grand groupe, à 6h.

    Il se fait tard maintenant, je vais enregistrer mon CR. J’espère que je pourrai l’envoyer demain.

    A + Fab 

     

    CR Etape N°10

    Le canal ! J’avais mis tant de fois cette étape dans mes futurs plus mauvais souvenirs que plus on s’en approchait plus je la redoutais et la peur a finalement accouché d’une souris si je peux me permettre l’expression.

    Je suis parti dès le départ sans me poser de questions. J’avais mis les guêtres pour ne pas avoir à m’arrêter toutes les cinq minutes pour retirer les petits graviers de mes chaussures, j’avais rempli mes bouteilles de jus de raisin acheté la veille dans un petit supermarché discount comme il y en a à profusion en Allemagne, j’avais mis ma tenue en mode optimiste, c'est-à-dire sans le poncho, et j’avais placé quelques barres de céréales ou chocolatées dans mon holster et dans mon petit sac banane, avec un MP3 et d’autres bricoles. Mes gris-gris aussi font partie de la panoplie : un petit pistolet en plastique trouvé sur la route lors de ma première Transe Gaule, un petit porte-clés du guide du routard, deux petits mousquetons, mon petit drapeau breton offert par Christophe le responsable du site de Yanoo.net, le tout attaché par un lien à mon holster. Un peu de papier toilette, des lingettes bébé, un petit flacon de gel hydro alcoolique, deux épingles de nourrice…

    La course est partie sur la route et nous avons rejoint le canal de mes rêves au bout de 6km juste après le 1er ravitaillement où je ne remplis ma bouteille que pour compléter les quelques centilitres consommés jusque-là. Un petit passage dans une haie et voici le canal, aussi majestueux que la veille, peut-être encore plus dans la lumière du jour naissant donnant aux nuages une teinte rose rouge. Calme et silencieux je le longeais avec sérénité pensant quand même que d’ici quelques heures j’allais sans doute souffrir, certainement même, mais je voulais profiter au maximum de ce que j’étais venu chercher sur cette course. Le second ravitaillement placé 8,7km après le premier n’était pas encore prêt tellement j’étais allé vite (enfin, vite pour moi et … pour eux) et je pris simplement de quoi remplir ma bouteille. Au troisième ravitaillement, même chose, j’arrivais trop tôt, mais je pus quand même emporter de quoi grignoter (banane, gâteaux au chocolat) et remplir mes bouteilles tout en buvant de l’eau. J’avais creusé un tel écart avec mes poursuivants que je n’osais même pas me retourner pour voir toute l’avance prise. Le ravitaillement suivant, le 4ème, au km 34, me permit de me poser un peu et de déguster une soupe chaude. Je rencontrais des coureurs venus faire la fin de l’étape, à savoir un marathon environ. Je suis reparti prudemment parce qu’on passait une écluse et qu’il fallait monter de 20m environ sur une courte distance puis une fois retourné le long du canal j’envoyais une nouvelle fois la sauce. Cet état de forme allait durer hélas trop peu de temps et au ravitaillement suivant, j’avais déjà commencé à ralentir. Entre-temps, Stéphane m’avait dépassé suivi de peu par Peter, l’homme à la trottinette, et en me retournant, je ne vis que les trois coureurs invités. La suite du parcours le long du canal fut assez fastidieuse. Les graviers parfois assez gros me gênaient considérablement m’obligeant à lever les pieds un peu plus hauts ce qui est fatigant à la longue. Un peu de pluie vint trouver ma chevauchée, mais elle cessa avant de devenir trop handicapante.

    Le temps passé sur le canal me permit de constater que le trafic des péniches est assez soutenu et que de nombreux ponts permettent de le franchir. Les trois derniers ravitaillements étaient très espacés : 12,6km entre le 5ème et le 6ème, plus de 10km entre le 6ème et le dernier et une fois celui-ci passé, il restait quand même plus de 11km. On devait sortir du canal à 1km environ de l’arrivée, Mais j’eus la surprise de voir un panneau nous disant de prendre des escaliers pour prendre un pont et finir les 3,5 derniers km sur de la route, du vrai bitume. Je jetais un coup d’œil lors du passage sur le pont pour vérifier que personne ne me suivait de près ni de loin. Je finis donc mon étape tranquille, plus d’une heure après les 6 premiers, mais je terminais quand même 7ème, c’est dire le fossé qu’il y a entre eux et nous autres du peloton des seconds couteaux.

    Après l’arrivée je pus constater l’accueil chaleureux des gens de Stüde, mais aussi voir que le local d’hébergement était tout petit, déjà aux trois-quarts rempli (par les japonais et les 6 premiers) et je trouvais quand même une place pour m’installer. J’allais prendre ma douche froide sous une tente type militaire, je lavais mon linge et l’étendais, le rituel habituel.

    Mes copains JB et JP sont arrivés plus tard et je leur offrais une bière et une Bratwurst pour les requinquer. Quelques bières et saucisses plus tard, je leur ai montré le lieu d’hébergement et les douches.

    L’heure du dîner arriva vite et après deux assiettes de goulasch sans légumes ni féculents nous sommes retournés dans la salle afin de préparer les affaires pour demain.

    Maintenant que tout est prêt, je tombe de sommeil alors qu’il n’est que 20h30. Je vous laisse et espère pouvoir poster ce CR le plus tôt possible.

    A+Fab

     

    CR Etape 11

    A l’heure où vous lirez ces lignes, plusieurs étapes seront déroulées, je pense, car au vu de la première semaine en Allemagne, nous n’avons toujours pas la possibilité de nous connecter. Certes, le gymnase qui nous accueille ce soir est encore vaste, la nourriture suffisante et bonne, typique de la région, le temps, beau, nous permettant de rester se détendre sur la partie en herbe ayant servi d’arrivée.

    Ce matin, il faisait bon à 6h, après un petit déjeuner copieux, j’avais de bonnes sensations et décidé de mettre mon MP3 « spécial Tupac » pour me faire les 20 bornes sur le canal comme si ce n’était qu’un petit footing du dimanche matin.

    Ce canal, que nous ne reverrons plus, il fallait en profiter, et c’est ce que j’ai fait. Je suis encore parti devant mais je n’ai pas réussi à creuser un écart suffisant sur certains de mes poursuivants car il y avait plusieurs coureurs dits d’étape qui s’étaient inscrits, et ça, c’est assez déstabilisant car ils courent en bavardant, sont frais et vont un peu plus vite pour certains. Quand on sent quelqu’un derrière soi, c’est assez pénible surtout quand on ne veut pas se retourner pour voir qui c’est. Avec Neil, l’anglais, nous avons fait une partie du canal ensemble et avons laissé ces coureurs d’un jour nous devancer, car ils nous auraient emmenés sur un faux rythme.

    A la sortie du canal, j’étais toujours avec l’anglais, et nous sommes restés plus ou moins ensemble, avec Ambros l’autrichien.

    Cette étape comportait deux parties distinctes : la première avec donc le canal brumeux et ses péniches et oiseaux apparaissant au petit matin au détour d’une courbe ou au moment où la brume se levait, avec aussi ses petites routes de campagne menant d’un village à peine réveillé à un autre.

    La seconde partie, beaucoup moins plaisante, nous fit emprunter des routes à circulation, parfois, souvent même, sans piste cyclable et comme le soleil était devenu plus fort, ces routes ne présentaient pas toujours des portions ombragées. Ce maillage de routes devait nous faire passer au-dessus d’autoroutes, de lignes de chemin de fer, de canaux… A la sortie d’une ville, le passage à niveau s’est baissé au moment où nous nous en approchions : nous avons dû patienter 5 minutes pour que les deux trains express passent. Personne n’a osé risquer sa vie à transgresser bêtement le règlement et à passer sous les barrières.

    Certains coureurs avaient profité de l’occasion pour recoller au binôme que Neil et moi formions. A partir de ce moment, j’ai un peu coincé, ne parvenant plus à maintenir une cadence minimale pour rester dans le sillage de mon compagnon qui se détachait peu à peu, et ce ne sont pas les deux derniers ravitaillements qui ont pu me le permettre.

    J’ai fini l’étape un peu fatigué comme tous les autres jours, quelques minutes derrière Neil, autant de temps devant l’autrichien, mais avec encore une belle avance sur les suivants.

    Après la course, les rituels de l’installation, de la douche, de la lessive et de la collation m’ont pris un long moment, mais je pus trouver quand même un moment pour me reposer, tant physiquement que mentalement. Ce soir, je suis prêt à affronter l’étape de demain longue de 76km avec quelques reliefs : nous attaquons les monts du Hardt avec des passages au-dessus de 700m.

    Je vous laisse, je vais dormir.

    A+Fab

     

    CR Etape N° 12

    Jusqu’alors, nous n’avions pas eu de véritables côtes, quelques variations de relief au Danemark, quelques unes plus modeste en Allemagne, mais aujourd’hui nous avons rencontré de vraies bonnes montées, certes pas alpines, mais de quoi faire ralentir l’allure.

    Dès le départ, d’ailleurs, le parcours commençait à s’élever et je suis parti sur un rythme tranquille mais efficace de telle manière que plus personne n’était à vue après une bonne demi-heure de route. Au premier ravitaillement, au bout d’une longue ligne droite, je pus m’apercevoir que personne derrière moi n’était en vue. Ingo, présent à ce poste de ravitaillement pour superviser le travail des bénévoles me chambra un peu en me disant que j’allais trop vite. Du 9,5km/h de moyenne pourtant, c’est mon allure de départ habituelle. Je l’ai maintenue encore quelques kilomètres pour atteindre le second ravitaillement où je pris le temps de manger un peu et de refaire le plein de ma bouteille. Les kilomètres défilaient, le paysage était sympa, il n’y avait par contre pas trop de pistes cyclables mais les automobiles n’étaient pas encore très nombreuses. Plus on avançait, plus les collines se faisaient proches et le ciel s’assombrissait de plus en plus. Il a plu, au début quelques gouttes éparses qui au fil du temps se sont transformées en véritable pluie qui trempe. Donc je sortis mon poncho que j’enfilai pour poursuivre mon périple vers les reliefs du Hardt. Comme toujours après 4 ou 5 heures de course, je commençais à ressentir les prémices d’une baisse de régime. Je me trouvais en pleine campagne, slalomant le long d’une voie ferrée sur la quelle un mignon petit train rouge et blanc circulait de manière assez régulière. Ce doit être comme un omnibus qui dessert les villages des alentours. Stéphane me rattrapa et me dépassa ce qui me rassura quelque peu, j’avais cru un moment avoir raté un embranchement et m’être égaré. Une petite flèche rouge me redonna du courage car me confortant sur mon choix de route. Parfois il y a de ces grands moments de solitude où simplement un rappel de fléchage peut vous redonner du peps.

    Je finis l’étape un peu éreinté, ne m’étant fait dépasser que par 4 des 7 coureurs partis une heure après moi. Au final, je suis 7ème en 8h52’05.

    Quelqu’un vient de couper le courant dans la salle, il est 21h, alors je vous quitte.

    Demain je pars à 7h, c’est la rançon de la course en tête.

    A+Fab

     

    CR Etape N° 13

    Ça commence à bien faire les patelins en campagne sans zone pour se connecter ! J’écris ça, mais je n’ai rien contre ces petits villages. On a tellement vécu dans le luxe au Danemark et on s’est tellement rendus esclave de l’internet que là, après plus d’une semaine de dur labeur on aimerait bien pouvoir donner des nouvelles un peu plus détaillées que les SMS laconiques car très coûteux (merci mon opérateur, et les autres, d’être aussi ringards et de ne pas proposer des forfaits européens. On est en Europe ou quoi ? Mais il y a tellement de sous à brasser sur le dos des vaches à lait que nous sommes.)

    Bon, je reviens à la course.

    Aujourd’hui, j’ai eu l’honneur et l’avantage de partir à 7h, avec les 6 premiers du classement général et des étapes en général. J’ai bien aimé, je me suis retrouvé seul ou presque, comme si j’étais dans l’autre groupe, à cette différence près que les 6 avaient pris la poudre d’escampette. Enfin, plus exactement, 5 des 6 car Jean Claude est parti prudemment et je l’ai suivi lui demandant si ça le gênait que je reste derrière lui. Peter, avec sa trottinette, aussi est parti lentement, il souffre un peu en début d’étape et le profil des premiers kilomètres n’étaient pas pour lui donner possibilité de se lancer. En effet, dès que ça monte, il a du mal à patiner.

    Au premier ravitaillement, j’étais sur des bases identiques à celles que je suis d’habitude, idem au second. Cette étape fut très vallonnée et parfois certaines montées entre 10 et 15% m’obligeaient à marcher quand l’alternance course-marche m’était difficile. Dans les descentes, je pouvais me lâcher un peu et combler le différentiel de vitesse pour redonner à ma moyenne un niveau « normal ».

    J’ai commencé à rattraper des coureurs partis une heure avant moi après seulement à peine 18km, puis au fur et à mesure, j’en ai dépassé d’autres jusqu’au moment où il s’écoulait de plus en plus de temps pour rattraper ceux plus en avant. J’ai dépassé Jean Pierre mon camarade de la première étape qui avait un jour sans trop d’énergie. Les paysages étaient beaux et variés : campagne vallonnée, grands champs cultivés et moissonnés, forêts de résineux ou d’autres essences. Peu de véhicules, mais en raison de l’étroitesse des routes et de l’absence de pistes cyclables sur notre étape, il fallait quand même se méfier. Parfois, c’était comme si les voitures ou les camions avaient décidé de se croiser juste au moment où je passais. Donc direction la bande herbeuse et un petit signe gentil (oui, j’ai bien dit gentil) de la main. Systématiquement quand je croise quelqu’un, je fais un signe de la main et souvent le conducteur me répond de la même façon.

    Plus l’étape avançait, plus je ressentais un peu de fatigue et j’avais hâte que cela se finisse. Mais je dois reconnaître que j’en suis encore au stade où d’être là est un véritable plaisir. Je sais pourquoi je cours : pour tous ces moments magiques de la course et de l’après course.

    J’ai fini à la 6ème place, Jean Claude n’ayant pu revenir sur moi en fin d’étape et ceux qui étaient partis à 6h n’ont pas pu cette fois bénéficier de « l’aspiration » provoquée par mes départs rapides. Je plaisante, mais je sais qu’il est plus facile de courir avec quelqu’un en vue devant que poursuivi par un groupe qui donne l’impression d’attendre que vous soyez dans le dur pour vous dévorer tout cru et vous laisser sur place.

    Mes copains sont bien arrivés, en tout cas en assez bon état, plus moral que physique pour certains et inversement pour d’autres, mais leur force réside dans le fait de ne rien laisser transparaître, de ne jamais chouiner. Bravo les gars.

     

    Bon, je dois me coucher car les lumières vont s’éteindre bientôt.

    A+ Fab

     

    CR 14ème étape.

    La plus courte depuis plus d’une semaine devait permettre de bénéficier d’un peu plus de temps de repos. Ça a été le cas, et l’étape s’est à peu près bien passée sauf que j’ai souffert d’ennuis gastriques à deux reprises pendant la course. Mon organisme ne doit plus supporter de boire des quantités importantes de jus de pomme et sans doute qu’une certaine fatigue s’est installée au niveau intestinal.

    Le fait que l’étape ait été plate n’a pas contribué à me permettre de conserver une bonne moyenne. Certes, celle de ce jour, si l’on décompte les deux longs arrêts techniques, aurait été ma meilleure depuis le départ, mais je n’ai pas eu la sensation de facilité que j’avais espérée. Peut-être suis-je un peu trop optimiste, voire inconscient de vouloir jouer le chrono, mais au bout d’un moment, et c’est habituel chez moi, il me faut ma dose de piment, de risque mais pas inconsidéré.

    Je n’ai pas de bobos, pas de douleurs hormis celles dues à l’accumulation des km, mais ce ne sont pas des tendinites ni des inflammations. Je n’ai aucune ampoule et les seuls véritables dommages concernent les frottements des vêtements que je traite avec de la pommade spéciale.

    Je finis cette étape avec un autre coureur français.

    La soirée au restaurant fut sympa, la salle d’hébergement très petite et envahie par les mouches.

    A+Fab

     

    CR 15ème étape.

    Et bien à l’heure où je rédige ce CR je peux dire que j’ai vécu une journée extra et surtout très inattendue.

    D’abord, la nuit dernière je n’ai pratiquement pas dormi d’abord en raison de ma gastro (3 levers en pleine nuit), parce qu’aussi mon matelas est percé et que je me suis rapidement retrouvé à même le sol et enfin, comble de l’horreur, des centaines de mouches avaient envahi notre hébergement. Elles venaient se poser sur mes jambes ou sur mon visage, alors je me suis emmitouflé dans mon duvet et j’ai enfilé mon bonnet en plus de mon masque de relaxation pour faire le noir. Au réveil, si l’on peut dire, je suis retourné plusieurs fois aux toilettes et au moment du départ, je n’en menais pas large, craignant la baisse de régime au bout de quelques km.

    Je faisais partie du groupe des 6h, le plus nombreux, et au moment du départ un épais brouillard envahissait la nuit. Je démarrai tout de suite devant accompagné d’Ambros, l’autrichien, et nous nous sommes vite détachés. Mes impressions étaient positives, pas de mal au ventre, les jambes semblaient avoir assez de force pour me mener sur du 9,5km/h et le début du parcours sur une piste cyclable fut assez facile à suivre malgré l’obscurité. Les deux premiers ravitaillements passés, toujours en compagnie de l’autrichien, le jour était bien levé et le brouillard se dissipait peu à peu nous permettant de constater que ceux qui nous suivaient étaient hors de vue.

    Nous sommes arrivés vers le 20ème km sur le parcours du semi-marathon de Fulda, organisé ce jour, et de voir les panneaux kilométriques à partir du km10 défiler lentement avait de quoi casser l’ambiance. Or il n’en fut point ainsi et au fur et à mesure que nous approchions de Fulda plus nous commencions à voir de l’animation.

    Il se produisit alors quelque chose d’exceptionnel vers la borne 17 du semi : un peloton énorme composé d’une majorité d’enfants souvent accompagnés par des adultes emprunta notre itinéraire et pendant une dizaine de minutes je courus avec, et dans, ce peloton, devant zigzaguer à de nombreuses reprises pour éviter les enfants qui marchaient ou qui changeaient brusquement de trajectoire. Je me demandais alors si j’allais réussir à suivre notre fléchage spécial et après quelques hésitations je le retrouvais : il nous menait directement sur le stade où avait lieu l’arrivée des courses d’enfants. Je me demandais si j’étais bien là où il fallait, j’hésitais, j’aperçu Ambros bloqué derrière des ganivelles qui ne savait pas où il fallait continuer. Un membre de la TransEurope m’aperçut et me dit qu’il fallait que je fasse un tour de piste avant de ressortir et de continuer ma route. J’ai fait un 400m ! Avec les petits ! Mais quand j’en eus fini, je ne savais pas par où ressortir. Une personne m’attrapa par le bras pour me guider et je pus enfin sortir de cet événement sportif (2300 coureurs) et poursuivre mon aventure vers Gibraltar.

    Je rattrapais l’autrichien et nous avons refait route commune pendant que le parcours était plat. Par la suite, nous avons retrouvé la route et c’est à ce moment que je décidai de prendre les devants et de ne plus les lâcher. Rapidement mon compagnon de route ne put suivre et je me retrouvai enfin en solo, ce que je préfère quand j’ai les jambes. Quelques moments de doute concernant mon estomac dérangé, mais vite passés, sans doute parce que je ne buvais que du cola dilué dans de l’eau. Je pris aussi plusieurs petits toasts et gâteaux pour m’alimenter et éviter un éventuel coup de pompe.

    Stéphane me rattrapa plus tard que d’habitude (km 43) et j’étais au-dessus des 9km/h de moyenne depuis le départ. Une longue montée suivie d’une aussi longue descente ont fait remonter ma moyenne qui à chaque ravitaillement descend un peu (1’30 à 4’ d’arrêt en moyenne selon de type de poste). Je me fis dépasser par trois autres coureurs du top 6 et sur la fin, Christian Fatton, l’international suisse, me dépassa au gré d’un ravitaillement moins long. Il prit 50m d’avance et le connaissant, je savais qu’il ne lâcherait pas l’affaire. Donc par prudence et économie pour les jours à venir, j’optais pour un suivi de loin, d’autant plus qu’il ne restait que 7km à faire.

    Je finis content d’avoir « survécu » à ce que je croyais être une étape galère et je me contente de ma 7ème place à plus de 9km/h de moyenne, soit ma meilleure depuis Skagen.

    Nous sommes installés dans une belle salle et le seul bémol est que les douches sont froides.

    18h, c’est l’heure de dîner.

    A+

     

    CR 16ème étape

    Départ à 6h dans la nuit sous un pâle éclairage lunaire, j’avais pris une lampe de poche pour ne pas rater les changements de direction et prendre rapidement mon rythme de course.

    Après seulement 500m, je m’aperçus qu’il faisait moins frais que prévu et que ma tenue avec mes manchons aux bras, mes gants et mon buff allait s’avérer très vite inutile. De plus, c’est à ce moment que j’ai vu ce qui nous attendait : 2km de montée indiquée à 16% ! Je me résolus rapidement à stopper la course et à adopter une marche rapide ce qui me permit de creuser l’écart sur mes poursuivants sauf sur mon copain de voyage, Fred Gallais, qui est un véritable chamois. Une fois arrivé au sommet de la côte je repris la tête et profitai de la descente pour redonner à ma moyenne une valeur « digne » de mes dernières sorties. Une longue et très sérieuse descente m’attendait par la suite et c’est l’instant que je choisis pour m’arrêter faire une pause technique. Jean Benoît en profita pour prendre la tête du peloton des « 6h ». Je le rattrapai en quelques hectomètres et nous avons fini la descente infernale en marchant pour ne pas nous abîmer les releveurs. L’autrichien, le même qu’hier, ne se posa pas de questions et prit les devants. Une fois le profil du parcours redevenu correct, ni trop plat, ni trop pentu, je le rejoignis et le passai. De nouveau en tête, j’accélérai encore et passai tous les postes de ravitaillement en premier. Ce n’est qu’après le 4ème ravitaillement que Stéphane me dépassa puis Henry peu après le 5ème.

    Il commençait à faire chaud et l’ombre se faisait plus rare, alors que jusqu’à présent nous avions eu des lisières de forêts et de belles haies pour nous protéger du soleil. Il y avait du vent, relativement doux, pas trop chaud qui me rafraîchissait car ma tenue était trempée de sueur. Mais plus on avançait, moins la sensation de fraîcheur était réelle et j’espérais trouver aux ravitaillements des seaux d’eau pour y tremper ma casquette.

    La fin d’étape fut difficile et je ne pus conserver mon allure de « table de 9 » : 45ème km en 5h, 54ème km en 6h… je suis légèrement redescendu sous le « neufaleur » mon vieux pote de la dernière TEFR et de certaines Transe Gaule.

    Je finis l’étape fatigué, mais avec une bonne fatigue, de celle qui s’estompe vite. C’était plus mental que physique même si j’ai mal aux jambes. C’est normal, en un quart de la TransEurope on a couru autant que sur les 18 étapes de la Transe Gaule.

    Ce matin avant le départ, le groupe des français s’est réuni pour faire la photo des 1000km franchis hier vers le km 13 de l’étape, un peu avant Fulda.

    C’est tout pour aujourd’hui, je vais dormir car demain il y a encore une longue étape (73km) qu’il faudra négocier sans trop de peine puis viendra ensuite une petite série d’étapes au kilométrage décroissant.

    A+Fab

     

    CR 17ème étape

    73km de prévus pour cette dernière longue étape avant une petite série régénératrice de 4 étapes inférieures à 70km.

    La météo fut très agréable, il faisait bon quand on est partis, je n’avais pas pris de gants ni de manchons et seule ma lampe de poche était de sortie, vite devenue inutile dans l’aube naissante sous un beau ciel clair.

    Je démarrai une fois de plus avec Ambros en tête et nous avons ouvert la voie pour les autres coureurs qui n’avaient pas à se demander par où il fallait passer dans la ville encore endormie. Nous avons emprunté quelques rues piétonnes et pavées, le long de l’église et d’échoppes encore fermées tout en nous posant la question de savoir si nous étions sur le bon itinéraire. Heureusement le fléchage nous conforta dans notre cheminement et bien vite nous sortîmes de la ville pour progresser sur une belle piste cyclable qui serpentait à travers les champs.

    Christian Fatton et Jean Benoît se portèrent à notre hauteur et bientôt nous ne fûmes plus que tous les quatre à tailler la route loin devant les autres. Avec JB, nous avons discuté et laissé le Suisse prendre les devants tout en le gardant à vue. Au 1er ravitaillement, il accentua son avance, ne s’attardant que quelques secondes tandis que JB et moi prenions tout notre temps pour refaire le plein en eau et coca.

    L’autrichien en profitait aussi pour recoller. Les premières heures se déroulèrent comme cela et il fallut un passage à niveau pour que le Suisse prenne vraiment de l’avance : il est passé une minute avant JB et moi qui nous retrouvâmes bloqués par un train. Ambros, l’autrichien revint sur nous par la même occasion.

    Nous avons couru ensemble avec JB jusqu’au ravitaillement N° 4 (km 42) et là, comme il restait plus longtemps que moi, je repartis quelques minutes avant lui et je me retrouvai seul au pied d’une belle bosse. Une fois au sommet, je continuai mon effort et accélérai pour essayer de remonter sur Christian, mais il avait trop d’avance et je me contentai alors de gérer ma course. Je suis arrivé dans une ville où une longue descente indiquée à 20% allait me contraindre à marcher afin de ne pas mettre en péril mes releveurs. La traversée de cette ville importante ne fut pas aisée en raison de travaux qui masquaient le fléchage, mais je réussis à m’en extirper et à rejoindre la campagne plus calme et rassurante.

    Le soleil était là, la chaleur modérée à cause d’un petit vent agréable faisait que je prenais du plaisir à accélérer un peu sur les parties plates et à gérer les côtes et les descentes comme je le souhaitais. Pas de douleurs, la seule interrogation concernait la distance entre les postes de ravitaillement habituellement comprise entre 8 et 10 km mais qui aujourd’hui faisait de 10 à presque 12 km. J’avais soif, mais possédais de l’eau et du coca dilué en quantité suffisante pour atteindre le poste suivant.

    Je trouvais des fontaines pour mouiller ma casquette et en repartais à chaque fois ravigoté.

    La fin d’étape proposait une belle montée d’1 km et demi avant une redescente de 3 km ce qui me rendit la fin moins pénible que dans d’autres cas. Je finis 7ème, à plus de 10 min du Suisse et devant JB et l’Autrichien de 2 ou 3 minutes.

    Ce soir nous sommes hébergés dans une chapelle rénovée et maintenant, les lumières venant de s’éteindre, je suis contraint d’abréger mon CR.

    A+Fab

     

    CR 18ème étape

    En nombre de jours de course, aujourd’hui nous avons fait l’équivalent d’une Transe Gaule, mais en réalité nous avons effectué près de 130km de plus.

    Aujourd’hui, l’étape avait une longueur de 65,2km, soit juste au-dessus du kilométrage moyen, mais ce fut une des plus difficiles sinon la plus difficile depuis Skagen. Il y a eu beaucoup de dénivelé avec de grosses bosses à passer proposant des pourcentages allant de 12 à 20%.

    La première se présenta quelques hectomètres après le départ et une fois que j’avais jaugé mes camarades de course et leur forme, je décidais d’accélérer brusquement dans cette forte montée. Je lâchais tout le monde et m’envolais vers le sommet dans l’obscurité car nous étions rentrés dans une forêt. Je ne me suis pas trop posé de questions quant à l’itinéraire à suivre : je ne voyais pas les flèches et elles devaient être rares de toute façon. Dans la descente qui suivit, je remis les gaz et arrivai dans une vallée sur une piste cyclable et au détour d’un franchissement de pont ou lors d’une bifurcation, je me rendis compte que seul un coureur me suivait, de loin.

    Au 1er ravitaillement, j’avais de l’avance telle que lors que j’en repartis 50 secondes après, personne ne pointait ses runnings.

    Je dus faire une pause dans les bois, 5 bonnes minutes au total, et j’aperçus Christian Fatton, le coureur suisse accompagné d’un coureur d’étapes qui n’avait commencé à courir qu’à partir du 10ème km, passer. Ils ne m’avaient pas vu et j’ai appris plus tard qu’ils se sont mis à accélérer pour essayer de me rattraper sans savoir que j’étais derrière eux. Jean Benoît et Eilolf le coureur norvégien me cueillirent au moment où je sortais des bois et nous fîmes route commune jusqu’au 4ème ravitaillement, en restant plus ou moins au contact selon les côtes et les descentes qu’il fallait négocier.

    Le norvégien plus à l’aise depuis que ses blessures se résorbent avançait trop vite pour moi et je ne cherchais pas à revenir sur lui une fois qu’il s’était détaché.

    Avec JB, nous nous sommes quittés au ravitaillement n°4 où il prit plus de temps de pause que moi. Là, le profil du parcours redevint humain et je pouvais envoyer la sauce.

    J’ai poursuivi sur une allure de 9,5 à 10km/h jusqu’au dernier ravitaillement en pleine agglomération d’une ville importante (Heilbronn). Après, je devais chercher les flèches et faire attention aux sorties d’usines et autres entreprises. Je finis par arriver avec la joie de constater que l’étape s’était bien passée.

    Christian me prend 20’ et le norvégien 10’, mais je ne cours pas pour les battre, je cours pour me faire plaisir même si mon mental veut ou fait que j’aime bien faire une bonne place au classement quotidien.

     

    A+Fab

     

    CR 19ème étape : petite étape nerveuse.

    Déjà 2 semaines sans connexion internet et j’ai survécu ! Par les temps qui courent, eux aussi ils ont le droit de courir (les temps), c’est rare de pouvoir s’affranchir de l’outil in-dis-pen-sa-ble à la survie de toute l’espèce humaine.

    Bon, je démarre ce CR comme j’ai démarré l’étape ce matin : avec plein de malice et je peux dire que le résultat final a été positif.

    Parti à 6h, dans l’obscurité dans laquelle on devinait quand même le parcours, je suis resté un peu plus longtemps que d’habitude avec mon groupe. Mais au bout d’un kilomètre, l’appel du large se fit sentir et j’accélérai, d’abord en douceur pour ne surprendre personne sur cette petite piste cyclable au calme loin des bruits de circulation. Ensuite, je passai la seconde et me détachai vraiment, laissant les copains à quelques encablures. La fin de la voie tranquille fut brusque et je me retrouvai sur une route avec de la circulation. Les gens partaient bosser, les pôvres, et certains étaient un peu nerveux au volant d’où le titre de ce CR. Pendant un trop long moment je suis resté très attentif afin de ne pas me faire toucher par un rétroviseur d’un véhicule arrivant en face de moi lorsque le bas-côté ne me permettait pas de plonger dans le maïs ou autre champ. J’ai survécu, comme le reste des coureurs je précise, mais j’étais content d’avoir pris la tête de la course (et celle des automobilistes un peu fadas) car je n’avais personne devant moi qui m’aurait masqué l’arrivée trop rapide d’une BMW ou autre Audi.

    Aux ravitaillements, je me suis aperçu que je n’avais creusé qu’un petit trou sur la concurrence, à peine assez grand pour quitter chaque ravitaillement sans que mes poursuivants ne me voient. Mais je me faisais plaisir à courir à 10 km/h voire plus et ma moyenne était proche de 10 si l’on compte le temps passé à remplir ma bouteille et à grignoter. J’ai aussi conservé mon alternance course-marche de 15’ courues pour 30 secondes marchées, ça me permettait de récupérer et de penser à boire mon mélange 2/3 coca 1/3 eau. Fini le jus de pommes qui donne des maux de ventre !

    L’étape, mine de rien n’était pas si plate que ça : 700m environ de dénivelé positif, mais délayés sur l’ensemble de l’itinéraire contrairement à hier. C’est passé même si les bosses de la dernière partie furent moins faciles à appréhender. Christian Fatton qui était resté derrière toute la journée me rattrapa à la faveur de ravitaillements plus brefs que les miens et maintenait son avance dans les côtes qui lui font moins mal que les descentes où je lui reprends un peu de temps d’habitude.

    Sur la fin, je déroulais et le laissais prendre un peu d’avance sans chercher à revenir. Nous avons eu une belle dernière montée, à 15% au moins pour finir et s’il n’y avait eu Daniel qui prenait des photos, je crois que j’aurais marché.

    Je finis 7ème de l’étape en 6h45’. Mission accomplie avant les deux courtes étapes (58km chacune) qui viennent et le gros morceau kilométrique qui s’annonce (74,5/82,6/79,5) tout comme notre entrée en France, dès lundi. Là, j’aurai de la connexion !

    Ce soir, Philippe Grizard nous quitte, il a abandonné ce matin après une douzaine de km. Il reviendra sur la course vers le 17 septembre.

    A+Fab

     

    CR étape 20 : les tontons flingueurs.

    Courte étape. Beau temps très frais au départ (8°). Silence bucolique des premiers kilomètres effectués sur une piste cyclable puis dans un chemin forestier. Allure prudente dès le départ, pas encore bien réveillé…

    Rien ne présageait une étape rapide, sinon qu’en tête du groupe des « 6h » nous nous retrouvions encore tous les quatre ensemble, Ambros, Christian, Jean Benoît et moi-même, suivis de très près par Eilolf puis les autres coureurs qui s’égrainaient sur le parcours.

    Mais JB avait décidé de se faire plaisir et accéléra peu à peu nous laissant nous faire distancer avec un pic de 2’30 à un moment donné. Au gré des ravitaillements et des arrêts « techniques », notre groupe de quatre changeait de leader, mais JB reprenait à chaque fois les devants. Les traversées de villes ou de grands carrefours peuvent aussi créer quelques écarts selon qu’on se repère facilement ou non, selon que l’on a du trafic ou de la chance avec un passage entre deux flots de véhicules. A ce petit jeu, je ne suis pas trop mauvais et je me retrouvais avec JB, comptant une avance substantielle sur les copains. Nous avons alors évoqué l’état d’euphorie que procure le fait de mener et nous avons pris quelques relais pour accélérer le tempo. Risqué ? Inconscience ? Non, tout simplement le plaisir de courir et de survoler le bitume ou le gravier des chemins. Cette ivresse non pas des cimes mais de la tête de course dura quelques minutes jusqu’à ce que quelques petites bosses viennent nous rappeler qu’il y avait encore plus de 40 étapes à faire.

    Retour à la normale donc, et rythme un peu moins soutenu, avec le bonheur d’avoir vécu ce petit quart d’heure de folie. Christian nous rattrapa et nous dépassa encore à la faveur d’un ravitaillement où il ne perd quasiment pas de temps contrairement à nous qui prenons le temps de boire et de manger. Eilolf aussi nous rejoignit et nous laissa finir notre soupe ou nos gâteaux en nous laissant sur place. Bon, nous revoilà tous les deux à battre la campagne et en se disant qu’on avait été fous de prendre des risques. Sur la fin, à 5 ou 6 km du but, nous avons passé la rivière Neckar et une longue montée se présenta. Je la commençai en ayant encore de bonnes jambes, mais quand la pente se durcit, je me mis à ralentir et à alterner course et marche tout en ahanant (style Fab pour ceux qui m’ont déjà supporté) JB restait derrière en embuscade tout en se marrant de m’entendre parfois parler tout seul (j’avais le MP3 sur les oreilles et essayais sans doute de chanter ou de répéter les paroles des chansons que j’écoutais). Soudain, Stéphane apparut et aussi soudainement nous laissa sur place. Peu de temps après, ce fut Trond, le Norvégien, qui arriva moins vite et JB en profita pour prendre l’aspiration et le suivre. Je mis quelques secondes avant de réagir et 50m avant de me rendre compte que le duo allait trop vite pour moi. Tant pis, je les laissai filer. Arrivé chez Ingo, la ville de Horb Am Neckar, une dernière furieuse montée m’attendait et ce fut un soulagement quand je franchis l’arche d’arrivée en un peu plus de 6h (moyenne proche de 9,5).

    Nous fûmes bien accueillis juste en face de l’Hôtel de ville et j’en profitai pour me désaltérer d’un grand panaché à la limonade non sucrée et pour me sustenter de deux Bratwurst avec petit pain et moutarde. Je me fis aussi un petit dessert en achetant un gâteau. 1h et demie après je rejoins le gymnase où j’avais le temps devant moi pour me reposer et préparer la suite de la course.

    Demain, 58km encore qui nous rapprocheront encore un peu plus de la France mais aussi des trois longues étapes de dimanche, lundi et mardi. Mais ça, ça sera une autre histoire, savourons chacune des journées les unes après les autres.

    A+Fab

    CR étape 21 : « Il voyage en solitaire » ou « Il est libre Max »

    Ce matin, au départ, une longue descente abrupte est venue réveiller les releveurs et pour ne pas prendre de risque de faire pleurer les miens, je restais en retrait des kamikazes ou des habitués des routes descendantes. Une fois ce petit quart d’heure passé et le temps que je me réhabitue à de la route plate et que je fasse le point sur mon ressenti matinal, je pouvais commencer vraiment à courir plus relax (Max). Je rattrapais Gilbert, Ambros et un coureur d’étape puis un japonais, Makoto, partis devant et je pris le leadership de ce groupe des « 6h ». La piste cyclable sur laquelle nous avons couru serpentait dans la vallée du Neckar et était coincée entre la voie ferrée d’un côté et la rivière de l’autre. La route principale passait plus haut ou en contrebas selon la largeur de la vallée qui était bien boisée sur les flancs des deux versants montagnards. Le soleil se levait et donnait un aspect rougeâtre aux hauteurs puis il illumina les habitations installées sur les hauteurs. Ce paysage me rappela celui de la partie nord de l’Italie, quand nous arrivons dans le Tyrol vers l’Autriche. Certes, les montagnes étaient moins hautes ce matin. J’étais en tête, mais je dus faire un arrêt en urgence dans les bois. Ainsi Ambros me passa et se détacha. JB qui était en embuscade passait au moment où je sortis de mon pit stop et nous fîmes route commune (ça donne l’impression de déjà vu tout ça). Quelques parties à fort dénivelé me firent ralentir voire marcher mais après plusieurs kilomètres je finis par rattraper Ambros et le laissai sur place. Les kilomètres suivants, alternant des passages dans des villages à peine réveillés et des chemins de graviers en forêt, me permirent de prendre mon rythme et de me détacher vraiment. Aux ravitaillements suivants, personne n’arrivait quand j’en repartais et l’esprit libre je continuais à tracer ma route. Ainsi je profitais du paysage et j’alternait des périodes rapides avec d’autres plus lentes, c’était selon le profil de la route, l’ombrage, la circulation, la forme, l’envie…

    Je m’attendais à devoir escalader une longue côte, un peu comme celle d’hier, pour arriver à St Georgen, mais ce ne fut qu’une succession de faux-plats, montants ou descendants, des côtes qui semblaient descendre et des descentes qui semblaient monter. C’est dire que je devais être impatient d’arriver et de profiter de tout le temps libre libéré par une arrivée juste après midi.

    D’ailleurs, c’est ce que j’ai fait après l’étape. Une fois la douche brûlante prise, le linge lavé et étendu, la valise un peu rangée et les affaires pour le lendemain préparées, j’ai pu aller faire quelques courses d’appoint pour les jours suivants et je me suis aussi acheté de quoi manger pour changer des omelettes patate bacon de Thomas. J’ai pique-niqué devant le gymnase, dans un espace de jeux pour les enfants, à l’ombre et je me suis changé les idées ce qu’on n’arrive pas à faire quand on se repose dans les salles d’hébergement.

    Hier soir nous avons dîné dans un restaurant chinois, à Horb, avec buffet à volonté. Le piège était de trop manger. Ce soir, on remet ça paraît-il, encore dans un restaurant asiatique avec le même système de buffet à volonté. Il faudra bien se nourrir car demain 74,5km nous attendent, les 35 premiers sans doute sur une route qui montera vers un col à partir duquel nous aurons 40km de descente vers Bad Kreuzingen, dernière ville-étape d’Allemagne. Les 82,6km du surlendemain nous feront traverser la frontière et se terminera à Valdoie dans la banlieue de Belfort.

    A+Fab

     

    CR étape N°22 : 22 comme mon numéro de dossard.

    J’ai passé une bonne nuit, un peu bruyante jusqu’à minuit parce que des jeunes s’amusaient dans le quartier, on était samedi soir. Mais au réveil, je n’avais plus trop envie de dormir, même si une petite grasse matinée me ferait beaucoup de bien. C’est la carotte pour la fin octobre.

    On est parti à 6h, dans le frais-mais-pas-trop, la journée s’annonçait chaude, même si nous allions courir à une altitude dépassant par moment 1000m. Je restais prudent dans la première longue descente, comme celle de la veille et je laissais partir les coureurs plus agiles dans la pénombre. Au pont qui marquait la fin de la descente et le début d’une longue et paisible montée aux pourcentages encore digestes, je commençais ma remontée progressive et pris la tête du groupe habituel. Je me détachais progressivement quand la côte devint un peu plus raide et je me faisais plaisir car le corps et la tête étaient en osmose. Le paysage du jour naissant était magnifique, je ne dirai pas féerique, mais je me régalais. « La montagne ça vous gagne » comme le dit une publicité et c’est vrai que ces paysages inhabituels pour moi, résidant dans l’agglomération nantaise qui possède aussi je le reconnais de superbes paysages pour qui sait les regarder, me donnaient envie d’y revenir un jour en promenade afin d’e faire partager ces moments de plénitude.

    Bon j’arrête de m’égarer dans des paroles qui doivent en avoir endormi certains.

    A propos d’égarement, je me retrouvais peu après le ravitaillement N°1, après une longue descente sur un chemin barré par de la rubalise. Je demande à un homme de faction au carrefour si je pouvais passer, en suivant le fléchage de la TEFR, il me répondit par l’affirmative et donc tout content de passer du bitume au chemin caillouteux, je reprenais ma foulée certes un peu moins aérienne qu’avant. Quelques kilomètres plus loin, une flèche m’indiquait de poursuivre tout droit puis une autre (double celle-là) me disait de tourner à gauche et de prendre un chemin qui monte dans la forêt. Après quelques secondes d’hésitation, Ambros qui m’avait rattrapé et moi, nous décidâmes de suivre la direction de la forêt. Au bout d’un moment, comme nous ne voyions plus de marques, nous nous sommes arrêtés et sommes redescendus d’où nous venions, trouvant face au même dilemme Jean Benoît, Eilolf, Neil et Jean Claude. Que faisons-nous ? Nous nous risquâmes à reprendre le chemin qui allait tout droit et nous nous rassurâmes de trouver enfin une autre flèche. Plus loin, le même problème survint et nous avons suivi le fléchage le plus logique, celui qui nous ramenait vers la route. Mais après un demi-kilomètre, il n’y avait plus de marquage. Encore embarrassés, Ambros et moi décidions de continuer malgré tout sur la route qui devait bien mener à la ville indiquée sur le road-book. Les autres ont préféré faire demi-tour et suivre le chemin. Au bout du compte, nous retrouvâmes notre itinéraire et nous rassurâmes. Les autres, on espérait qu’ils ne se soient pas perdus.

    Il y avait une compétition de VTT dans la ville que nous devions traverser et je pense que le débalisage n’était pas dans le but imbécile de nous faire nous perdre comme il arrive sur certains trails mais d’indiquer aux cyclistes le chemin à suivre.

    Au ravitaillement N°2, Ambros et moi pointions avec plus de 2 minutes d’avance sur Jean Claude qui était bien revenu suite à son choix de prendre l’autre itinéraire. Là, on arrivait sur la course de VTT et dans le même sens. La voiture ouvreuse suivie de la moto officielle nous passèrent puis un groupe de 4 ou 5 cyclistes déboula dans la descente à 60km/h en me frôlant. Un second peloton suivit quelques minutes après et passa aussi très près de moi. La descente sinueuse nous emmena sur une route où nous quittâmes le parcours de ce marathon cycliste et la tranquillité revint. J’en profitais pour me détendre en me relâchant dans la longue descente qui suivait et afin de me préparer à entamer une longue montée. Au gré des lacets, je voyais où étaient les poursuivants, et Ambros qui est meilleur descendeur que moi fut à nouveau lâché dans la montée. Je continuais en me faisant plaisir mais aux limites de la souffrance, les cuisses brûlaient mais le cœur suivait sans monter en pulsations. De temps à autres, je marchais quelques mètres afin de mieux relancer par la suite.

    Arrivé en fin de longue montée, une non moins longue descente prit place et je la descendais en déroulant et en faisant bien attention à ne pas me blesser. Une nouvelle grosse montée devait nous faire quitter la Forêt Noire et prendre une longue route vers Freiburg (Fribourg). En cette belle matinée de dimanche, nous n’avons pas pu courir tout le temps de manière sereine car nombreux étaient les automobilistes qui partaient passer la journée dans la forêt ou ailleurs et nous n’avons pas arrêté de croiser du monde ce qui parfois était très dangereux. J’ai dû à plusieurs reprises faire un saut sur le bas-côté voire dans le fossé pour éviter une voiture dont le conducteur, assassin en puissance, n’avait pas voulu faire un petit écart. Il y en a un qui s’est ramassé mes gâteaux dont j’avais fait provision au ravitaillement précédent sur le pare-brise. Je me suis promis de prendre une pierre pour le prochain abruti qui ne me respecterait pas, mais la raison prit le pas sur l’énervement et je ne mis pas à jouer au Petit-Poucet-Vengeur avec mes petits cailloux.

    Arrivé à Freiburg, la traversée de la ville ne se fit pas trop laborieuse, étant attentif au fléchage, respectant les feux tricolores et les passages piétons, je me retrouvais de l’autre côté et il ne me restait plus alors qu’une bonne douzaine de km à parcourir. Le soleil était déjà haut dans le ciel et la dernière partie n’offrait pas beaucoup d’ombre. Nous étions sur une piste cyclable bordée d’une part par la route principale et de l’autre par de la vigne. Parfois quelques arbres me permettaient de marcher un peu à l’ombre avant de reprendre la course. Derrière à quelques centaines de mètres, il y avait Ambros et je me dis que je me devais de l’attendre afin de finir avec lui. Nous avions été compagnons de galère le matin quand nous nous étions égarés, il m’avait toujours eu en point de mire pendant l’étape, alors je me décidais à ralentir et à 300m de l’arrivée je l’attendis et lui demandai s’il voulait bien qu’on termine ensemble. Je crois que ce geste l’a un peu ému et de concert nous avons fini l’étape dans un chrono assez inattendu de 8h01’, pour 1km de plus que prévu.

    Ce soir, on a un grand gymnase pour dormir, j’ai déjà commencé à me reposer et maintenant je profite du frais dehors pour taper ces quelques lignes. Demain, après à peine 15km nous sortons d’Allemagne et entrons en France. L’étape sera longue, 82,6km, plate au début avec la traversée de la plaine d’Alsace et donc du Rhin, de son canal, de ses autoroutes et voies de chemin de fer ? Ça sera moins bucolique qu’aujourd’hui, mais peut-être la fin d’étape nous fera-t-elle retrouver un semblant de tranquillité.

    A partir de demain, je devrais avoir une connexion internet, et à l’heure où vous lirez ces lignes, j’aurai posté ce CR.

    A+Fab

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