• Étape 9 -> Angles-sur-l'Anglin (Vienne) - St-Sulpice-les-Feuilles (Haute-Vienne) - 68.8 km

    Pour cette étape assez longue, 69km, parce que supérieure à la moyenne quotidienne (64km), JB avait constitué deux groupes, celui des 10 plus rapides de la veille dont je ne faisais heureusement pas partie et le « reste du monde ». Notre groupe partait à 6h00 et l’autre à 6h30.
    Nous n’étions pas nombreux à avoir pensé à prendre la frontale et je me retrouvai ouvreur dès le départ donné. D’abord la rude montée partant du château pour amener au village, que j’effectuai en marchant, puis un long faux plat où je me mis à courir et quelques hectomètres plus loin je me retrouvai seul en éclaireur, personne n’ayant réussi ou tenté de suivre mon rythme. J’avais une fois de plus le MP3 vissé sur les oreilles et réglé en mode aléatoire. Les km défilèrent et je rangeai la lampe dans ma pochette ventrale. Je transpirais abondamment, mais l’air encore frais me rafraîchissait. Néanmoins il faisait lourd et je pensais déjà à ma stratégie de ravitaillement : quelle quantité de liquide boire et quelle nourriture avaler ?
    Premier ravitaillement, les écarts étaient paraît-il importants avec mes suiveurs. Mon GPS annonçait une moyenne totale supérieure à 10km/h. Je traversai la commune de Le Blanc, accompagné quelques temps par les gendarmes qui se rendaient à la caserne devant laquelle la course allait passer. Ensuite, la campagne, le désert, avec de temps à autres une voiture arrivant en face roulant à vitesse excessive. C’est sans doute habituel pour les premiers de rencontrer ce genre d’automobilistes qui par la suite doivent lever le pied constatant qu’il n’y a pas un seul et unique joggeur, mais une armée fluo d’oranges et de citrons pressés. Au km 26, Jean Jacques Moros me reprit la demie heure de son départ décalé, puis ce fut au tour de René (km28) et un peu plus tard Titi Douriez (km36).
    Les kilomètres défilèrent à plus de 10 jusqu’au 40ème km environ et le ravitaillement N°3. Là, je pris mon temps et repartis un peu usé par mon rythme soutenu des premières heures. Je me fis rejoindre par Jobst, puis Erwin et je commençai à rentrer dans le dur : les routes à longues lignes droites sans trop de portions ombragées n’étaient pas pour me redonner l’envie de remettre les gaz. Au sortir du ravitaillement suivant, je savais que la mi-course allait arriver, au km57, et je commençais à repenser à ma mésaventure de l’an passé où j’avais eu une nouvelle petite tachycardie qui m’avait contraint à marcher et m’arrêter m’allonger à plusieurs reprises. J’y pensais et je contrôlais mon allure et mes sensations pour ne pas la déclencher. Je reconnus mes lieux d’arrêts et avec un certain soulagement je pointai au ravitaillement suivant, le dernier. Guy me rattrapa et me dit qu’il n’allait pas pouvoir me suivre, moi qui en repartais. Un quart d’heure plus tard … il me dépassa comme un avion avec Carmen à ses trousses. Comme l’an dernier, je me retrouvais avec cette excellente coureuse allemande qui cette année donnait tout son potentiel car non touchée par de quelconques blessures. Elle me proposa de terminer avec moi ce que j’acceptai sous réserves que je puisse la suivre. Mais elle n’a pas eu à ralentir, elle était quand même un peu fatiguée et je me suis accroché dans la dernière longue côte qui menait à l’arrivée. On finit ensemble, mais elle a couru une demie heure de moins que moi car faisant partie du groupe des 10 rapides elle était partie après mon groupe des « seconds couteaux ». Ce départ décalé m’a donné la chance d’arriver dans le top 10 (9ème) car Catherine M et Vincent P ont mis 2’ de plus que moi, ce qui ne serait pas arrivé sans doute si nous étions partis ensemble.
    J’étais satisfait de cette étape, établissant par là même ma meilleure performance sur mes 6 TG, performance améliorée de plus de 10 minutes. En ce qui concerne les copains, ils ont été très ralentis par leurs blessures anciennes ou naissantes et j’avais un peu le cœur gros de les savoir en galère.

    à+Fab*****


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  • Étape 8 --> Monts-sur-Guesnes (Vienne) - Angles-sur-l'Anglin (Vienne) - 62.9 km

    Les quatre premières heures de cette étape auront constitué une de mes meilleures tranches de vie sur toutes mes Transe Gaule, rejoignant l’état de plénitude absolue connu lors de certaines des grandes étapes de 2007. La musique qui m’a accompagné n’est pas pour rien dans cette partie riche en émotions.
    Tout d’abord, le départ, donné à 6h30 de Monts sur Guesnes, la sortie du village par de petites ruelles inconnues, sous un ciel clair où la lune pas encore couchée nous accompagna quelques kilomètres et surtout l’état de fraîcheur de mon organisme. Pas de tensions, pas de restes de quelque épopée inconsidérée, pas de maux de ventre ou de digestion difficile, rien, sinon toujours dans un coin de mon cerveau pour rester lucide ma petite épée de Damoclès (concernant le cœur).
    J’avais mis le lecteur de musique sur la fonction « albums » et le premier qui sortit fut Zazie. Et bien tant mieux, un petit Zazie sur la route et pas dans le métro, ça me convenait. J’ai rapidement trouvé un rythme de croisière me faisant courir à 9,5 puis progressivement à un peu plus de 10km/h ce qui, d’après le GPS, me faisait une moyenne depuis le départ de 10km/h (ah oui, les chiffres, toujours les chiffres, sacré Fab !).
    90 minutes de Zazie pour m’amener au premier ravito en 1h30 environ. Les paysages traversés, grands champs de maïs, de colza ou autres plantes constituant un joli damier polychrome dans l’aube où le soleil levant rougeoyait et colorait quelques nuages d’altitude. La journée s’était annoncée belle et chaude, pour le moment elle était belle et juste à point au niveau température. On verrait plus tard.
    Après Zazie, le groupe Il Divo (des italiens) prit le relais et là, j’avais l’impression d’être à bord d’une grosse cylindrée sur une quelconque autoroute italienne de bord de mer. L’asphalte était lisse, la foulée dégoulinait et moi j’avalais les kilomètres avec avidité. Parfois j’avais l’impression d’être dans une salle de spectacle et les tournesols étaient autant de petites têtes de spectateurs (là, j’ai repris à mon compte une remarque faite hier par Angela qui nous avait fait bien rire mes deux potes sudistes et moi). Mais pour ne pas rompre la poésie de cet instant, je chassai de ma tête ce souvenir pour ne pas me prendre un gros fou rire tout seul. En tout cas j’avais une grosse pensée pour ma sœur et son ami qui m’ont fait découvrir ce groupe - quoique le mot groupe dévalue un peu cet ensemble de chanteurs - et j’avais un millier de souvenirs de la semaine passée à Belle Île en juillet qui ressurgissaient, les larmes m’en montant un peu aux yeux, pour me calmer et ne pas sombrer dans le « nostalgisme » j’en remis une couche et passai à une cadence encore plus rapide.
    Il Divo m’amena aux portes de Châtellerault et ce fut au tour de Christophe Willem de m’accompagner : sympa le mec, il a une belle voix et en plus il n’arrêtait pas de me chanter « Jacques a dit cours, Jacques a dit vole... », et c’est vrai que je volais toujours, je planais, mais je restais néanmoins attentif car la traversée de la ville, comme dans toutes les grandes villes, pouvait s’avérer dangereuse et le risque de se tromper d’itinéraire était plus grand, même si je commençais à le maîtriser.
    A la sortie de Châtellerault, Christophe me laissa continuer ma route après le ravitaillement où la grenadine a coulé à flots dans ma gorge assoiffée et dans mes deux bouteilles afin de tenir la soif en respect jusqu’au prochain poste situé 10 bornes plus loin.
    Amy Winehouse avait pris le relais et par une coïncidence comme seules les coïncidences peuvent le faire, le titre qui passait était « Back to Black » au moment même où un convoi de véhicules funéraires nous dépassa (pour ceux qui ne réussissent pas à voir le rapport, allez sur Youtube ou dailymotion et regardez le clip d’Amy correspondant à ce titre et vous comprendrez). La sortie de cette grande ville, grande en comparaison avec les dizaines de communes rencontrées depuis Roscoff, marqua chez moi les premiers symptômes d’un ralentissement. Déjà, la moyenne avait baissé en raison de mon arrêt aux stands un peu plus long qu’à l’habitude, mais elle n’allait plus progresser parce que le parcours allait commencer à devenir houleux. Un premier coup de cul au km 33 pour arriver à Targé puis une succession de creux et de bosses jusqu’à la route de Pleumartin. Comme par un grand hasard, le ciel avait commencé à tourner du beau fixe à une couverture orageuse : on voyait les nuages bouillonner dans le ciel et je me demandais quand j’allais tout prendre sur le museau et pendant combien de temps. Le ciel me laissa tranquille pendant une quinzaine de bornes, dont plus de 10 effectués sur une route longue et monotone où j’essayais de garder dans ma ligne de mire Guy et Thierry qui m’avaient repris au ravito du km40. Ils m’avaient déposé sur place profitant de mon extrême lenteur à me ravitailler, mais chez les M et M’s (Marcel et Marie) j’aime bien lire le proverbe du jour et en inventer un aussi. Là, j’en ai repris un que j’avais déjà inventé il y a quelques TG et que je ressors à chaque fois : « il pleut, il pleut Martin » (sur l’air de la bergère faisant allusion à Pleumartin, prochaine ville où se situait le ravito suivant). La longue route face au vent qui s’était levé fut pénible, j’étais incapable de relancer et je stagnais à 9,5km/h, m’octroyant quelques pauses marchées à la « Müller » ou quelques décamètres façon « p’tite mémé qui cherche ses lunettes » (ceux qui se demandent encore ce que c’est n’ont qu’à venir me voir sur les 24 heures ou autres courses de longues distances).
    Pleumartin, km 50, où miss grenadine recoula à flots, j’en repartis encore plus fatigué, mes deux coureurs-repères ayant disparu depuis belle lurette, j’étais tout seul et abordais la dernière partie de l’étape en me disant que j’étais dans les temps pour faire un truc correct de l’ordre de 9,5 de moyenne sur l’étape. Mais pour cela, il ne fallait pas non plus commencer à cueillir des mûres pourtant nombreuses et appétissantes.
    L’orage me rattrapa et me doucha peu après la sortie de Vicq sur Gartempe à 3 kilomètres du but. Ça faisait un bien énorme mais j’ai pensé à ceux qui étaient blessés avec les pieds endoloris et je me dis que ça n’allait pas être évident pour eux. Je terminai mon étape par la petite mais très pentue descente vers le château en ruine d’Angles sur l’Anglins, non sans un grand soulagement mais avec aussi le souvenir des 4 premières heures passées à planer au-dessus de la route.
    Au final, j’ai consulté mes archives et ai constaté que c’était ma seconde meilleure 8ème étape de toutes mes TG, à 1’07’’ de ma MP de 2008, et à la 11ème place encore une fois. Les copains du forum ADDM n’ont pas tous passé l’étape de la même façon : Titi finit second à 17’ de Jean Jacques Moros, vainqueur une nouvelle fois de l’étape (mais hier il était arrivé main dans la main avec Titi), Guy termine 9ème en 6h20’55’’ et me colle un bon quart d’heure en 23 bornes, Jean-Pierre 13ème en 6h56 suivi à 1’30’’ de Nadine, puis viennent Vincent handicapé par une tendinite d’Achille (côté droit) de compensation suite à une légère inflammation de son releveur gauche en partie résorbée (il a dû marcher deux heures et finit en 21ème position en 7h49) et enfin Bruno Manitas, 26ème en 8h21.
    En fin de journée Nicole, la femme de Gérard, nous paya un coup à boire pour son anniversaire... et après on est allés dîner en ville.

    A+Fab*****

    étape8

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  • étape7

    Étape 7 → Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire) - Monts-sur-Guesnes (Vienne) - 58.6 km

    Après une belle soirée passée en compagnie de Rudy et de sa femme, où nous avons goulûment dégusté des pizzas Vincent et moi, pendant que Jean-Pierre préférait partager le pâté et les légumes frais achetés par Guy, le sommeil réparateur de la nuit me permit d’aborder la 7ème journée en pleine forme.
    Pas de blessures, juste quelques légères courbatures témoignant des 3 étapes longues qu’on venait de passer et de ma petite « attaque » de la veille (attaque contre moi-même je précise et non pas pour mettre des vents à mes copains), le petit train-train du matin de mieux en mieux organisé, je me plaçai sur la ligne de départ en totale confiance. Je mis la musique juste avant le départ, les Doors, et quand Rudy abaissa le Gwenn Ha Du (le drapeau breton) je pris tout de suite un rythme de croisière cool. J’étais accompagné de JP, Vincent, Nadine… et laissais filer les comètes de devant que je n’atteindrai jamais, même pas en rêve, sauf grosse catastrophe d’un d’entre-eux. Au bout d’un nombre décent d’hectomètres, je passai la seconde et me mis en vitesse de croisière (10km/h) en souhaitant pouvoir tenir jusqu’au moins le km 31, où l’on repasse sur une route un peu plus fréquentée. En attendant, il y avait la voie Bonnot à faire, voie qui mène à Montreuil Bellay dont le château semble sortir de terre brusquement une fois trois petits sapins passés au sortir de la forêt. Dans la ville, comme je n’avais pas écouté entièrement concentré le briefing, je fus surpris de voir que l’itinéraire avait changé, en mieux, pour nous faire éviter de traverser le marché et de prendre intégralement la première côte de l’étape. J’accélérai encore un peu pour faire remonter la moyenne à 10 ; elle avait baissé le temps d’un arrêt pour retirer les cailloux souvenirs qui s’étaient invités lors du passage sur la voie Bonnot. Au ravitaillement, je pris du sirop de menthe pour changer de l’eau sucrée, une banane entière et deux bouts de saucisson pour le sel qu’il contenait. Je continuai ma chevauchée, porté par la musique, Noir Désir ayant succédé aux Doors suivi par Supertramp dont certains morceaux me rappelaient les concerts auxquels j’avais assisté et me faisaient frissonner de plaisir cumulé à la douce euphorie de courir en mode « bonheur ». Je ne préoccupais pas des autres coureurs, d’ailleurs, plus personne n’était en vue devant et je n’aime pas me retourner, même si je savais les deux Vincent prêts à me passer devant. D’ailleurs, c’est ce qui se produisit au second ravitaillement (km28) où les deux V me mirent un vent. Hélas pour Gouzy, il fut de courte durée, je le repassai et pensant qu’il allait s’accrocher, il aime bien avoir quelqu’un en point de mire et c’est vrai que quelque part ça aide à tenir une cadence, je continuai et quand le km31 survint, le virage à 90° me permit de constater qu’il n’était plus là. Je savais qu’il ne voulait pas trop « taper dedans » alors je me dis qu’il arrivera bien à me reprendre un peu plus tard. Je continuai donc ma cavale solitaire de « poor lonesome runner ». Jusqu’à Loudun, ce fut un peu plus dur ; je ne vais pas dire moins facile, ce serait laisser penser que je ne souffrais pas encore. Le ravito du km 41 passé en 4h12 et les 2’ de pause pour remettre de la menthe dans les bouteilles et reprendre banane et saucisson après avoir englouti quelques bouts de melon et de pêche, je repris ma route sachant que je devais être patient jusqu’au km44 et la dernière grosse intersection pour retrouver mon amie la D14 (si vous vous rappelez, j’avais appris à conjuguer à tous les temps et par tous les temps « haïr la D14 » à la première personne du singulier).
    Et bien, quelle surprise de me retrouver sur cette bande d’asphalte tant redoutée avec une pêche d’enfer ! Je remis les gaz et tournais à presque 10 à l’heure attendant le km52 et la voie verte précédant l’arrivée. Au dernier ravitaillement, je rattrapais presque Vincent Perrault qui repartait quand j’arrivai. Le temps de remplir mes bouteilles, cette fois de grenadine, il avait pris deux cents mètres d’avance et se remit à bien courir. Je restai sur mon tempo, ne cherchant pas à le reprendre, cela aurait été prendre des risques. Le seul objectif qu’il me restait était de faire moins de 6h et pour cela, je devais tracer à plus de 10 ! je pensais que les 5500m restants (cf mon GPS) étaient peut-être faux et que je n’en avais que 5000 à faire.
    A la sortie du chemin, il restait 1400m, ça j’en étais certain et j’ai vu que ce n’était plus la peine de s’accrocher à l’objectif de moins de 6h. Je finis en roue libre mais me fis un dernier plaisir à gravir la dernière côte en accélérant pour voir si les jambes « en avaient encore ». Oui, j’avais encore du jus ! A garder pour le lendemain, ça pourrait toujours être utile. J’arrivais seulement 3’ après Vincent P et Guy qui avait eu un peu de mal à terminer, s’inquiétant pour sa cuisse je crois.
    Le temps de prendre un rafraîchissement, les copains n’arrivant toujours pas, je décidai d’aller à la salle nous réserver un emplacement correct, sachant que la salle n’était pas vaste. J’allai prendre ma douche quand j’entendis au loin qu’ils arrivaient, d’abord JP puis Vincent G à quelques minutes derrière.
    On passa l’après-midi ensemble, tantôt nous reposant, tantôt allant boire un coup ou allant faire quelques courses pour les jours à venir… Et on en profita pour se payer quelques bons fous rires faisant oublier la journée et ses relatives difficultés.


    A+Fab*****


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  • Étape 6 : St Georges-sur-Loire (Maine-et-Loire) - Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire) - 53.0 km

    Après un petit km neutralisé pour rejoindre le site du départ, devant le château et pour ne pas qu’il y ait de « cassure » dans notre traversée intégrale de la France, le départ fut donné avec un petit peu de retard, 6h50, dû en partie aux bouchons occasionnés par le vide-grenier de St Georges où des centaines de personnes étaient en train d’attendre qu’on les enregistre.
    Le départ donné, ce fut l’envolée des 11 (les 10 premiers + Heather, la coureuse internationale anglaise qui n’a pas fait toutes les étapes en entier depuis la N° 2, sur les conseils de son entraîneur national). Suivirent à bonne distance le groupe des « seconds couteaux » à savoir, Jean-Pierre, Vincent, Nadine, Jean Michel et moi-même. Nous avons couru ensemble jusqu’à la sortie de Chalonnes où j’en profitai pour me tester un peu. J’étais sur mes anciennes routes d’entraînement et j’avais envie de pousser un peu la « machine » pour voir. En côte, j’accélérai donc assez vivement, laissant mes compagnons de route à distance, seul Jean Michel se risquant à me suivre. Au ravitaillement, j’avais une bonne avance, qui s’accentua au second, même si Vincent me suivait à vue. Je poursuivis mon effort, la musique sur les oreilles. C’était un moment comme je les aime, un moment où je cours tout seul, sans effort, sans penser, contemplant ce magnifique paysage du vignoble des Coteaux du Layon. Des bosses, des creux, de temps à autres une voiture, le bitume défilait sous mes runnings. Je consultais régulièrement le GPS pour me donner une idée de l’allure à laquelle je courais, en fait j’avais la moyenne du jour sous les yeux : 9,8km/h. et le cœur qui restait « bas », pas d’inquiétude à avoir concernant un éventuel coup de barre. De toute façon, j’avais prévu de couper mon effort après le ravito du km 39, après Martigné-Briand. La route pour y arriver n’était pas aussi agréable que la portion allant du départ au km32 si bien que j’avais déjà un peu baissé de rythme. A l’avant-dernier ravitaillement, Vincent me rattrapa et repartit avant moi, mais quelques hectomètres après je le dépassai en me disant qu’il me rejoindrait plus loin, lui qui est habitué des fins rapides.
    Mais il n’en fut rien car ma vitesse de course (10km/h) sur les 14 derniers km l’empêchèrent de pouvoir revenir et quand je m’aperçus qu’il n’était plus derrière « à vue », je me demandai s’il n’avait pas eu un gros coup de barre. Mais mon rythme était tellement bien que je ne souhaitais pas le couper. A deux km de l’arrivée, Rudy vînt à notre rencontre. C'était très sympa : il m’accompagna quelques dizaines de mètres puis s’en alla chercher Vincent pour finir avec lui. Il arrivera 8' après moi, suivi de JP et Nadine à un petit quart d'heure.
    Au final, j'ai mis 5h28’47’’, ce qui constituait ma meilleure 6ème étape de toutes mes TG. J’étais encore 11ème et au général restais 12ème. Le classement n'était pas une fin en soi, mais je le regardais quand même je l'avoue, comme plein d'autres qui ne l'avouaient pas mais que je surprenais à le regarder quand même. Aujourd’hui, on a eu le temps de se reposer après l’étape, demain on devrait encore arriver « tôt », mais la chaleur risque de venir perturber les organismes. On verra.


    A+Fab*****


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  • Étape 5 --> Châteaubriant (Loire-Atlantique) - St-Georges-sur-Loire (Maine-et-Loire) - 71 km

    Ce devait être une étape galère, une étape où on se dit « tant pis, il va flotter, la moyenne va en prendre un coup mais on sera plus en forme le lendemain », une étape où le poncho et le bruit incessant de son frottement à chaque foulée empêche d’écouter les autres bruits de la nature. De plus l’eau de l’extérieur ajoutée à celle de l’intérieur, de dessous le poncho, les godasses trempées, le linge qui ne séchera jamais … en fait, je m’étais préparé psychologiquement, matériellement et techniquement à une journée pourrie.
    De plus, au réveil, la surprise, mauvaise cette fois, fut de retrouver mon PC baignant dans une mini marre de flotte passée par un interstice. Je n’ai pas voulu faire un test le matin, pas trop le temps, alors je le rangeai dans sa housse et me dis que ce soir on verrait ça et que je n’allais pas me prendre la tête pour l’étape déjà bien assez difficile à gérer. Mon téléphone portable qui s’était retrouvé juste à côté a eu un peu plus de chance, simplement un peu humide et le test rapide d’allumage fut concluant. Ouf.
    Le réveil et les formalités d’usage passées - petit déjeuner, préparation des pieds et de la tenue, brossage des dents, bouclage des énooormes bagages (énorme ne prend pas 3 o, je sais, mais j’ai 3 bagages), et tout le rituel d’avant course - je me dirigeai vers l’extérieur et m’aperçus que le temps était « sec » pour le moment. Mais le poncho et le gilet fluo étaient dans mon sac à dos quand même par prudence.
    On partit, avantage d’être lent, en premier. En tant que connaisseur et aussi en raison de ma bonne forme, je me retrouvai devant, mais pas tout seul car le marquage à la culotte a commencé de par mes deux copains, JP et 20 100, avec, en plus, Jean Michel, adepte des démarrages rapides suivis des explosions en vol. Bref, on ne se retrouva qu’à 4 à la sortie de Châteaubriant et avec les deux sudistes, on se marra bien, racontant blague sur blague ou se chambrant gentiment, surtout quand ils me surnommaient « Jean Paul Olivier » à chaque fois que je leur donnais une anecdote sur telle ou telle partie de l’étape.. Les hectomètres étant goulûment avalés, le temps aussi était passé rapidement et au fil des virages, nous avions atteint le premier village, Erbray puis un second, Petit Auverné. Le ciel était couvert, mais il ne pleuvait toujours pas : c’était déjà ça de gagné. Je n’étais plus qu’avec Jean-Pierre à ce moment et nous cheminions chacun à notre rythme mais toutefois toujours ensemble. Vincent était quelques dizaines de mètres devant, évitant d’avoir à parler, ce qu’il n’aime guère le matin (mais il se rattrape le soir). On avait distancé Jean Mi sans doute un peu fatigué d’avoir démarré à plus de 9,5km/h. La suite de l’étape fut un peu plus technique, mais la météo sèche la fit passer moins difficilement que prévu. On était quand même à la 5ème étape, dont la 3ème de celles qui sont réputées pour « casser » les coureurs imprudents.
    Le premier, Jean Jacques, nous reprit son heure de décalage au km38, suivi de loin par Titi et René qui nous ont dépassés vers le km42. Là, ça a commencé à être dur pour nous, le parcours commençant à redevenir vallonné, mais après une série de lignes droites monotones, quel est le moins pire ?
    La partie du parcours menant à St Augustin des Bois, empruntant celui des 100km du Loire Béconnais, fut bien pénible mais avec les deux copains, on s’est dit que la moyenne avait été assurée et qu’on pouvait finir sans trop s’user à 9km/h de moyenne sur l’étape qui faisait en réalité 71km en raison d’un aménagement de dernière minute qui nous faisait arriver au gymnase. Nous avons terminé ensemble, Vincent, JP et moi, en se marrant, comme d’habitude mais en même temps soulagés d’avoir passé une journée pas trop moche en comparaison avec ce que nous aurions pu connaître. Nous n’avons pas pris une seulE goutte (ou alors j’ai la mémoire courte). Voilà une étape qui venait en conclusion de cette première partie de la TG, celle qui correspondait à l’adage « qui voit la Loire peut sentir la Méditerranée ».
    En ce qui concerne les chiffres, j’établis ma seconde MP sur cette étape : 7h53’35’’. Nous avons terminé 11èmes ex-æquo et au général Vincent était 11, moi 12 et JP 13. Quel trio !

    étape5(2)

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