• Transe Gaule 2008

    Mercredi 30 juillet. J-14 : ça approche à grands pas !
    Dans deux semaines maintenant la Transe Gaule sera commencée, et à cette heure (23h) la première étape entre Roscoff et Plounévézel aura déjà été courue. Les coureurs, ou au moins leur grande majorité, essaieront de trouver le sommeil dans le gymnase de Plounévézel, tout en repensant à la journée passée ainsi qu'à celle du lendemain qui les attendra. 
    Les impressions individuelles concernant cette première étape ne seront pas toujours positives, l'organisme ne s'étant pas encore habitué à l'enchaînement des kilomètres et des étapes. L'inquiétude sur l'état de forme du lendemain matin prévaudra : "Pourquoi ai-je eu tant de mal à faire ces 62km à une si petite vitesse alors que d'habitude j'en fais 100 plus vite et avec moins de difficultés ? Aurai-je du mal à reprendre le rythme demain matin ? Des douleurs commenceront-elles à apparaître ? Vais-je les identifier et ne pas paniquer dès leur arrivée ? Vais-je avoir le temps de me lever, de me préparer et de ranger tout mon barda ? Quel temps va-t-il faire ? " Toute une série d'interrogations vont venir troubler l'endormissement. 
    Il fera aussi peut-être chaud dans le gymnase ce qui, ajouté aux suées nocturnes dues aux efforts consentis lors de la première étape malgré la prudence dans son approche, va troubler le repos. Celui-ci sera aussi de courte durée car le départ de la première étape étant donné aux alentours de 8h30, l'arrivée en plein milieu de l'après-midi, voire en début de soirée pour les moins rapides, vont faire se précipiter les choses et rogner le temps précieux de récupération.
    Certains auront à peine eu le temps de s'installer, de se doucher et de laver quelques affaires qu'il faudra dîner et vite préparer la tenue du lendemain afin de gagner du temps au réveil. Cette première soirée pourra être ressentie avec frustration, car manquant de temps pour discuter avec les collègues coureurs. Les CR individuels seront brefs, mais chacun pourra se rattraper le lendemain soir où l'arrivée sera plus tôt dans l'après-midi. Le repas du soir permettra néanmoins de discuter, mais pas longtemps. Vite il faudra aller préparer tout le bazar pour être efficace tôt le lendemain matin au départ de la 2ème étape.

    A 52 coureurs dans le gymnase, sans compter tous les membres du staff ainsi que les accompagnateurs, ça va faire du monde au petit-déjeuner, aux sanitaires, enfin à tous les endroits où l'on s'affaire dès l'aube. Il va falloir ne pas trop se disperser et être encore mieux organisé que lors des éditions précédentes.
    Ah 2005 ! Quand nous n'étions que 24 ! 
    Mais bon, c'est la notoriété grandissante de cette merveilleuse course qui lui a apporté tant de postulants à l'étoile. On ne va pas s'en plaindre, c'est tellement sympa toute cette grande "famille" réunie pour presque 3 semaines de découverte.

    Ce soir, je me rappelle des trois éditions précédentes, et je me dis que je vais essayer cette année de profiter du temps, de le savourer, car il passe tellement vite.

    à+Fab***

     

    Mardi 12 août :
    Coucou me revoilà, comme chaque année à la même date ! 
    Comme je l'avais promis à Henri l'an dernier je vais ajouter les villes étapes à mes commentaires ainsi pour les mordus de géographie vous pourrez suivre la course sur une carte.
    A demain pour les premières impressions de notre coureur.

    Mercredi 13 août :
    ÉTAPE 1 / Roscoff -- Plounévézel 68 km   (D+ 725m / CUTOFF 12h22mn)


    C'est le gris, le vent,  la pluie et parfois le soleil qui ont accompagné les coureurs sur cette première étape. C'est bien trempé que Fab termine en 6h40’ soit 28 minutes de mieux que l'an passé, ce qui le classe 17ème. Il a eu de bonnes sensations tout au long de la journée mais il attend demain pour voir  s'il n'a pas un peu tiré sur la bête aujourd'hui ! Il était tout de même bien content de sa journée car (je cite) : "C'est une Transe Gaule bien relevée cette année : il y a du beau monde !"

    Jeudi 14 août :
    ÉTAPE 2 / Plounévézel -- Pontivy : 65 km D+ 660m / CUTOFF 11h50mn (total 133 km)

    "Impeccable comme hier" 
    Voilà les premiers mots pour ce soir ! L'étape a été fraîche mais plus agréable que celle d'hier. Il n'a pas de regret par rapport à ses performances de la veille car pas de bobos (je croise les doigts pour que cela continue ainsi car son retour de la 1ère TG et son état sont toujours présents à mon esprit). Les sensations sont les mêmes que l'an passé. Il est allé plus vite certes mais il gère et reste raisonnable : il a couru les 9 km le long du canal à 10 km/h ce qui lui a fait gagner du temps mais il a su marcher dans les côtes. La fin a été plus dure car le parcours emprunte une route avec de la circulation. Pour la grande étape de demain (75 km) il sait par avance qu'il ira moins vite… Ce soir il est donc 16ème au classement général après avoir franchi la ligne en 6h42’.

    Vendredi 15 août :
    ÉTAPE 3 / Pontivy -- Guer : 75 km D+ 600m / CUTOFF 13h39mn (total 208 km)

     

    "J'ai explosé mes temps". C'est le moins que l'on puisse dire, courir les 75 km en 7h55’.
    Fab est parti prudemment et petit à petit la machine s'est mise en route. Il s'est tout de même fait une petite frayeur à 10 km de l'arrivée, il a fallu qu'il s'arrête 5 min pour que son rythme cardiaque baisse. Cela lui arrive parfois ! Son frère l'attendait à l'arrivée ainsi que toute une bande
    de motards qui étaient là pour leur rassemblement annuel. Les rues de Guer étaient tellement encombrées qu'il a fallu rejoindre le gymnase à pied.

    Samedi 16 août :
    ÉTAPE 4 / Guer – Châteaubriant : 68 km D+ 530m / CUTOFF 12h22mn (total 276 km)

    Me voilà rentrée à la maison après une petite journée passée sur la Transe Gaule. Une petite et très bonne journée. Je suis arrivée à 11h00 à Châteaubriant car j'avais rendez-vous avec Patrick (coureur du même club que Fab). Nous avons remonté la course en voiture à la rencontre de Fab et ils ont fini la course tous les deux. Fab avouait ce soir que cette compagnie lui a fait du bien car il avait eu un petit coup de mou plus tôt dans la matinée... Alors un grand merci à Patrick.
    Il a couru cette étape en 7 h 00. J'ai pu voir de mes propres yeux qu'il n'a pas de bobos et le moral est bon. Ce soir on fêtait l'anniversaire de Nicole (une bénévole) qui a eu droit à la chanson traditionnelle "JOYEUX ANNIVERSAIRE" en français, en anglais, en allemand et en taïwanais. C'était fort sympa!
    Dernière petite chose comme il était le régional de l'étape le journal Presse Océan est venu l'attendre à l'arrivée et il devrait y avoir un article demain dans la presse. Alors pour tous les gens de l'Ouest courez vers votre kiosque !
    Petit mot personnel pour Jochen qui a couru l
    a TG l'an passé de la part de René et Angie : « Gruesse vom Transe Bolino an den Schawbenpfeil. Keine Sorge, ich mach nur meine Arbeit, es soll Lente geben, die erwarten das von mir. Meine mutter zum Beispiel.
    Viele Gruesse auch an alle die den Transe Gaule mitverfolgen und im DUV Forum diskutieren.
    Bis bald. Angie und René

    Dimanche 17 août :
    ÉTAPE 5 / Châteaubriant – St-Georges-s/-Loire : 70 km D+ 500m / CUTOFF 12h44mn (total 346 km)

    "Dur mais bien fini tout de même"
    Un peu à l'image de l'étape d'hier Fab a eu un petit coup de mou. Il a avoué ce soir que cette étape est toujours très difficile pour lui mais que d'habitude elle passe mieux car nous sommes là. C'est vrai que depuis sa première TG où nous l'avons suivi pendant 7 jours nous étions toujours présents sur l'étape 5. Enfin il a tout de même été très content de voir un peu avant St Georges Dio
    gène (du forum) qui l'a accompagné jusqu'à la ligne d'arrivée franchie en 7h42’. Il se projetait déjà ce soir sur les deux futures petites étapes en se disant qu'elles allaient lui permettre de bien récupérer.
    Son seul souci est de savoir s'il va bien dormir car depuis le départ de Roscoff le sommeil ne vient pas facilement (moi je m'écroulerais après des journées pareilles)

    Lundi 18 août : ÉTAPE 6 / St-Georges-sur-Loire -- Doué-la-Fontaine : 55 km D+ 430m / CUTOFF 10h00mn (total 401 km)

    13 h 00 , coup de téléphone de Fab… On ne s'attendait pas à un appel aussi tôt. Il venait de prendre sa douche et avait rejoint la ligne d'arrivée pour pouvoir encourager les futurs finishers, car ce qu'il y a de bien à Doué la Fontaine c'est que la banderole rouge marquant la fin de toutes les souffrances (au moins pour la journée) se trouve juste en face d'un café...
    Alors on peut déguster un panaché tout en suivant la course. Pour sa part Fab allait essayer de manger une pizza pour son déjeuner car les Bolino il en a un peu ras le bol !
    L'étape d'aujourd'hui est à l'image des dernières c'est à dire :
    "Facile au début...
    Dur au milieu...
    Et moyen à la fin..."
    Il aimerait bien que dans les jours qui viennent ce schéma change un peu mais ....
    Il est arrivé en 16ème position (comme d'habitude, le voilà abonné à cette place) en 5h36’34’’.
    La nuit fut meilleure, il a réussi à dormir au moins 4 heures et espère là aussi gagner encore des heures.


    Mardi 19 août :
    ÉTAPE 7 / Doué-la-Fontaine- Monts-sur-Guesnes : 57 km D+ 365m / CUTOFF 10h22mn (total 458 km) 

    "Dur dur, c'est pas le physique, c'est la tête". Oh il n'avait pas le moral notre coureur ce soir !
    Il a eu très mal au ventre toute la journée et cela lui a pris la tête. En plus il est enrhumé. Pourtant la journée fut belle sur le parcours, le temps se prêtait à la course à pied.
    Il finit tout de même 15ème en 6h14’50’’. Certains coureurs ont comme lui quelques coups de fatigue alors que d'autres remontent tranquillement : c'est ça la Transe Gaule !
    Je lui ai conseillé pour demain de courir avec son
    walkman sur les oreilles, de se mettre dans sa bulle et de savourer... Il y avait pensé aussi. Vivement demain que nous ayons des nouvelles et des bonnes...

    Mercredi 20 août :
    ÉTAPE 8 / Monts-sur-Guesnes -- Angles-sur-l’Anglin : 64 km D+ 560m / CUTOFF 11h39mn (total 522 km)

    Étape qui voit les coureurs passer le 500ème km 

    Les jours se suivent et ne se ressemblent pas… Ce soir, au téléphone, Fab a la voix plus claire et ça, c'est un signe que tout va. Il revenait de manger deux galettes complètes le tout arrosé de
    Cacolac... La galette c'est comme le flan il en mangerait bien tous les jours. Il a couru les 63km en 6h35’, il n'a gagné que 5 min par rapport à l'an dernier mais après analyse de sa course il a compris pour quoi et quelque part ça rassure. "J'ai fait le zozo en début d'étape", il a pris un départ rapide avec non pas les premiers (il ne faut pas exagérer, il n'est pas si inconscient que ça) mais le groupe de suiveurs. Il les a lâchés petit à petit au gré des côtes sur ce parcours qu'il connaît bien. Au 33ème km il était à 10km/h et puis le coup de mou est arrivé, mais ça il le savait, et s'est fait doubler, normal. De lui même il a levé le pied tout au long de la D14 - il ne l'aime pas cette route visiblement - et puis il a retrouvé des bonnes sensations en fin d'étape ce qui le rassure par rapport à ces derniers jours. A l'arrivée c'est la traditionnelle douche froide qui l'attendait, et oui, pas d'eau chaude dans la salle. Demain il pense faire l'étape tranquillement.

    Jeudi 21 août :
    ÉTAPE 9 / Angles-sur-l’Anglins. -- St-Sulpice-les-Feuilles : 70 km D+ 780m / CUTOFF 12h44mn (total 592 km) 

    C'est allongé dans le gymnase avec
    l’Équipe sur les genoux que nous avons retrouvé par téléphone Fab. Il se reposait tranquillement après ses 7h25’ de course, une douche et quelques petites courses au SHOPI du coin pour acheter quelques victuailles qui le changeraient du quotidien car il commence à saturer. Je vous livre un scoop : cette année la palme du mets préféré revient au Cacolac !
    L'étape a été dure en partie à cause de la chaleur et de la solitude, car, même s'ils sont nombreux cette année les Transes Gaulois, certains passent des journées seuls sur la route. A quoi pensent-ils alors? Les autes je ne sais pas mais Fab lui pense aux gens qu'il
    connaît les uns après les autres (famille, amis, collègues, membres du forum...) et puis il pense aussi, il l'avoue, au temps réalisé l'an passé sur l'étape du jour et qu'il essaie de ne pas dépasser cette année.
    La journée de demain risque d'être difficile car météo
    France annonce des orages du côté de la Souterraine...

    Vendredi 22 août :
    ÉTAPE 10 / St-Sulpice-les-Feuilles -- Bourganeuf : 64 km D+ 820m / CUTOFF 11h39mn (total 656 km)

    "Content mais cela n'a pas été facile loin de là". Une belle journée de pluie et de vent pour cette 10ème étape mais à l'arrivée après 6h32’ sur les routes les chaussures n'étaient pas si gorgées d'eau que ça... C'est qu'il faut les faire sécher ! Fab finit 13ème non pas qu'il a
    it accéléré l'allure mais certains coureurs ont un peu levé le pied. Fab avait ce soir une petite pensée toute particulière pour Thierry qui a abandonné la course alors que jusqu'ici il se battait avec le cut-off qu'il frôlait souvent, mais qui faisait preuve d'un grand courage malgré les douleurs ressenties aux pieds qui ne sont plus qu'ampoules bien infectées… Pour l'étape de demain s'il fait 5 h 10 il sera content : "Il ne faut pas tenter le diable". Je l'ai laissé posant avec tous les participants, devant la Mairie, pour une photographie à paraître dans la gazette locale.

    Samedi 23 août :
    ÉTAPE 11 / Bourganeuf -- Peyrelevade : 50 km D+ 695m / CUTOFF 9h06mn (total 706 km) 

    "Je me suis bien amusé". Comme l'année dernière Fab a bien apprécié cette petite étape
    de 49 km. Il est parti tranquillement et a accéléré petit à petit surtout dans les descentes et même si la fin l'a vu un peu poussif il ne voulait surtout pas se faire doubler par Kelvin l'Australien alors, il a tout fait pour que cela n'arrive pas. Il a ainsi franchi la ligne d'arrivée en 4h48’58’’ à la 11ème place avec quelques douleurs peut-être mais il a fait celui qui ne les sentait pas… Cette journée fut marquée par la visite de sa sœur et de son beau-frère (ça fait chaud au cœur) ainsi que celle de quelques Transegaulois de l'édition 2005 : Patrick, Christophe, Alain, Bernard... (et ça aussi ça met du baume au cœur).
    Il se projetait déjà dans l'étape de demain avec 14 km de descente vers la Dordogne où il pourra lâcher les chevaux mais il faudra en garder tout de même car une fois la rivière passée c'est 12 km de montée qui attendent les coureurs...

    Dimanche 24 août :
    ÉTAPE 12 / Peyrelevade -- Mauriac : 77 km D+ 1010m / CUTOFF 14h00mn (total 783 km)

    Fab était en train de consulter le classement général avec JB quand je l'ai eu au téléphone. Ils regardaient le tableau et se demandaient s'il était possible de
    grappiller quelques places d'ici Gruissan. La réponse est : « Peut-être mais je ne vais pas aller les chercher, on verra au jour le jour. »
    Il a couru les 75 km d'aujourd'hui en 7h39’30’’ et s'est classé 9ème de l'étape. Il a perdu 9 min par rapport à l'an passé et après analyse il en a trouvé la raison et même deux :
    -
    il lui manquait un lièvre sur la fin alors que pour la TG 2007 c'est Jochen qui avait joué ce rôle et mine de rien ce fut efficace ;
    - il a perdu du temps pour un problème de cardio qui s'était déplacé et d'équipement à enlever. En effet il est parti ce matin bien couvert car il faisait froid.
    Enfin ces quelques minutes ne lui sapent pas le moral du tout, bien au contraire, il est très content d'être sur la route et de vivre cette aventure pour la 4ème fois. Son seul regret pour aujourd'hui c'est de n'avoir pas pu admirer le paysage lors de la superbe descente sur la Dordogne à cause du revêtement de la route : « Il fallait bien regarder où l'on mettait les pieds!».

    Demain il va y avoir un petit changement de parcours car l'étape ne s'arrête plus à Aurillac mais à Jussac. Fab ne pourra donc pas faire de comparatif par rapport aux éditions passées : l'étape est plus courte. (Mais celle de mardi sera plus longue !)


    Lundi 25 août :
    Étape 13 : Mauriac – Jussac

    "Belle étape"
    C'est sur une moyenne de 9,85 km/h que Fab a couru cette 13ème étape et a terminé à la 10ème place en 5h03’59’’. Il était en avance sur tous ses temps de passages intermédiaires par rapport à la TG 2007, la comparaison ne peut aller plus loin car le parcours n'est pas tout à fait le même.
    Les coureurs ont pu, à partir de l'avant dernier col, découvrir un nouveau parcours, des nouveaux paysages et Fab a bien apprécié, même si sur cette nouvelle portion de route ils ont eu à gérer une descente de 5 km très très raide où il a dû mettre le frein car 12 km/h c'était trop
    rapide sans risquer la blessure. Cette journée fut riche aussi en émotions.  Les coureurs ont appris ce matin le décès de la maman de Frédéric, l'un des accompagnateurs qui avait couru la TG l'an dernier. Cette nouvelle a attristé Fab et cela lui a rappelé des moments identiques. Et puis à la tristesse est venue succéder la joie. Au col du Légal, assis sur le même caillou que l'an passé, un couple de motards l'attendait... Petite explication pour ceux qui n' ont pas suivi le périple 2007. Ces gens, Jérôme et Marie, que Fab a rencontrés sur un forum, étaient passés sur la TG pour l'encourager ainsi que les autres et ils leur avaient apporté des flans - le monsieur est pâtissier - et comme chacun sait ,c'est la pâtisserie préférée de notre coureur entre Roscoff et Gruissan. Et bien cette année, ils étaient là, à nouveau, à l'attendre. Ils l'ont accompagné dans la descente du col et sont venus le retrouver à l'arrivée.
    De plus, ils ont pris ce soir, son linge pour le laver et le ramèneront demain avec deux énormes flans pour toute la caravane… Fab était très ému ce soir quand il m'a raconté tout ça !
    Et puis il a fini par : "ça sent le Sud". Et oui Fab, cela veut dire aussi que ça sent la fin et que lundi tu bosses !

    Mardi 26 août :
    Étape 14 : Jussac - St Cyprien sur Dourdou

    Il lui aura fallu 6h59’18’’ pour arriver au bout de cette 14ème journée de course . Il n'avait pas encore fait ce soir le compte des deux dernières étapes pour comparer ses temps avec ceux de la TG 2007 mais que personne ne s'inquiète ce sera chose faite après l'apéro offert par la commune de St Cyprien. Il a eu un peu d'inquiétude aujourd'hui car il a ressenti un léger tiraillement au mollet dans les descentes mais il était rassuré ce soir car ce n'était plus sensible. Peut-être que le petit tour à la piscine - il faisait 37° en plein soleil - son repas d'après-course
    (confit et frites) et sa petite visite du village de Conques avec Jérôme et Marie y sont pour quelque chose. Comme Fab est tombé amoureux de ce village je suis allée sur Internet faire quelques recherches et j'ai trouvé de bien belles photos.

    Mercredi 27 août :
    ÉTAPE 15 / St Cyprien-sur-Dourdou. -- Cassagnes-Begonhès 57 km D+ 860m / CUTOFF 10h22mn (total 968 km) 

    Petit SMS de Fab : il a terminé 10ème en 5h38’35’’ !
    C'est installé bien à l'ombre, sur une petite place, un verre d'apéro à la main que Fab nous a fait ce soir son petit compte-rendu de la journée. Il est parti ce matin en compagnie d'un petit groupe de coureurs qui au classement général se trouvent devant lui, l'allure était donc rapide. Il les a accompagné
    s ainsi jusqu'à Rodez puis les a laissé filer car il se serait trouvé en sur-régime...
    Il a eu une belle frayeur à 3km de l'arrivée : son genou le faisait boiter alors que le mollet douloureux de la veille l'avait laissé tranquille. Il s'est donc mis à marcher et puis tout est rentré dans l'ordre à quelques mètres de la banderole... Bizarre ! Ce soir il ne ressent plus aucune gêne.
    Il a fait son petit rituel cet après-midi : repos, glace sur les jambes et courses (petits cakes, crème de marron...) pour changer de l'ordinaire des tables de ravitaillement. Il n'arrête pas de manger et pense que malgré les kilomètres parcourus il a pris du poids, mais il n'a pas pu le vérifier car les piles de la balance posée à l'arrivée entre les glacières de bières
    et de panaché étaient mortes ! La nuit risque d'être difficile car la TG est installée ce soir dans une toute petite salle des fêtes, alors ils sont tous un peu les uns sur les autres. Mais demain l'étape sera courte ainsi ils auront le temps de récupérer.
    Pour les mordus de chiffres comme Fab je vous informe qu'après calculs, sur ses 2 précédentes étapes, il perd moins d'une minute par rapport à 2007. Par contre pour demain, il pense qu'il perdra du temps par rapport à l'an passé où il avait tourné en 10,5 km/h.  

    Jeudi 28 août :
    ÉTAPE 16 / Cassagnes-B. -- St-Sernin-sur-Rance : 55 km D+ 885m / CUTOFF 10h00mn (total 1023 km) 

    L'étape 16
    de 2008 ressemble à 1’01’’ près à celle de 2007 : quelle régularité ! Fab termine en 5h10’10’’ à la 10ème place. La forme est bonne et il s'est bien amusé dans les lacets des montagnes, appréciant surtout les zones ombragées car le soleil a encore tapé très fort sur la course aujourd'hui.
    Ce soir, ils sont installés dans une vieille salle des fêtes qui à défaut d'être vaste a l'avantage d'être
    fraîche. Ce midi après avoir fait son petit rituel (douche - linge - glace - repos) il s'est offert une bonne portion de paella achetée à un commerçant ambulant qui s'était installé près de l'arrivée. Voyant ses affaires si prospères aujourd'hui - toute la caravane ou presque s'y est arrêtée - notre marchand ira sans doute à l'arrivée demain. C'est une très bonne idée car si ce soir le repas a lieu au restaurant demain c'est Bolino-day ! Pour ceux qui se lanceraient dans l'aventure voici un petit aperçu de ce que Fab mange pendant la course :
    -1er ravito : 1 banane et 2 petits LU
    -2ème ravito : des gâteaux
    -3ème ravito : de la crème de marron et du jus de raisin
    -4ème ravito : du melon, de la pêche et il emmène 2 gâteaux qu'il mange en courant.
    Parallèlement les bénévoles lui remplissent
    ses deux bouteilles d'eau dans lesquelles il met du sucre !
    Voilà la recette miracle.
    Notre conversation téléphonique s'est terminée par :
    "Je ne suis pas pressé de rentrer. (Il nous dit ça tous les ans...)
    Je me sens prêt pour la Transe Europe" 
    Il est vrai que s'il court les 16 premières étapes ainsi ça va être super !

    Vendredi 29 août : ÉTAPE 17 / St-Sernin-sur-Rance -- St-Pons-de-Thomières : 71 km D+ 1350m / CUTOFF 12h55mn (total 1094 km) 

    "Impeccable". Record battu : deux minutes de moins que l'an passé ! Fab a couru cette chaude étape en 6h50’ et est arrivé… Je vous laisse deviner juste pour voir si vous suivez depuis le début !
    Il gagne tout de même une place au général ce soir. Il a été accompagné par Vincent (Confetti pour les membres du forum ADDM), Chantal (ADDM) et Emmanuel qu'il avait rencontré aux 24 heures de Séné. Cela lui a fait bien plaisir de les voir là et de courir un petit bout
    d’étape avec eux. Petite nouvelle du commerçant ambulant d'hier : il est bien venu à l'arrivée aujourd'hui et comme les transe Gaulois lui ont vidé son stock, il est reparti dans l'après-midi chercher du ravitaillement pour assurer le repas de ce soir ! Et oui c'est que ça creuse les km… Fab se projetait déjà dans la course de demain où trois départs vont être donnés afin de permettre à tous d'arriver sur la plage de Gruissan pas trop tard. Les départs vont s'échelonner ainsi : 5h00 / 6h00 /7h00. Lui visiblement se trouverait dans le dernier. De façon à ce que les accompagnateurs soient aussi présents sur le sable il n'y aura que les 3 premiers ravitos d'assurés, pour les 4 et 5ème les coureurs trouveront des caisses sur le bord de la route ! Ils ne seront pas 45 à arriver à Gruissan, Ewald Komar a abandonné la course après 25 km pour des problèmes gastriques...

    Samedi 30 août :
    ÉTAPE 18 / St-Pons-de-T. -- Gruissan-Plage : 72 km D+ 520m / CUTOFF 13h30mn (total 1166 km) 

    Juste un petit mot pour vous dire que Fab vient de gagner sa 4ème étoile et qu'il se classe 12ème au général… Nous aurons d'autres nouvelles plus tard dans la soirée.
    21 h 00 : C'est encore à l'apéro que j'ai retrouvé notre coureur. La remise des trophées venait de s'achever. Tous les participants de cette édition 2008 trinquaient en attendant le repas prévu ce soir pour une centaine de personnes !
    Fab a trouvé cette dernière étape un peu dure à cause entre autre de soucis d'intendance : le 4ème ravito était vide et le 5ème ne se trouvait plus à l'entrée de Narbonne mais à la sortie. Pensant donc qu'il était passé à côté sans le voir, il s'est arrêté dans un commerce pour acheter de l'eau et du C
    acolac. Cette halte lui a fait perdre du temps - ça ce n'est pas bien grave - mais surtout de l'énergie et le rythme et c'est plus embêtant… Malgré cette petite note négative il était content de sa course d'aujourd'hui et de sa TG plus particulièrement. Il gagne 3h22’ sur celle de 2007.
    Il lui reste une étape tout de même, celle de demain, et ce n'est pas la plus facile : Gruissan - Nantes. Il va faire le trajet en camion avec Charles - un bénévole - et non en train comme cela était prévu au départ.
    Pour ma part je vais rendre la plume que je reprendrai sûrement pour la Transe Europe mais les comptes-rendus ne seront pas quotidiens sauf si quelqu'un
    connaît un opérateur téléphonique qui veuille bien nous sponsoriser ! A bientôt!

    Lundi 1er septembre. (J'ai rédigé ce CR dans le camion du retour, piloté par Charles, le dimanche entre 7h et 16h)

    "It's a long way home" pour nous les SDF de 18 jours (et même 20 en comptant la veille du départ et le lendemain de l'arrivée). Cette traversée de notre beau pays, par les bucoliques et tranquilles petites routes de campagne et ce malgré quelques tronçons rappelant la "dure" réalité de la vie en société (entrée et traversée de quelques villes moyennes et de quelques gros bourgs), fut une nouvelle fois une réussite personnelle tout d'abord, mais aussi collective.
    D'abord, je suis allé au bout sans le moindre pépin, j'ai juste eu une étape "moralement" difficile - qui n'a pas eu un jour dans sa vie un passage délicat ?- et une petite ampoule rapidement soignée.
    J'ai ensuite amélioré mon temps de traversée de plus de 3h20' (le temps d'un marathon ! mais en réalité comme il y avait 2km de plus que l'an passé, soit environ une douzaine de minutes, et que mon allure est de beaucoup inférieure à celle sur 42,195km, en t.e.TG (Temps
    Équivalent Transe Gaule) ça doit donner quelques 34km d'avance sur 2007.
    Enfin, mon classement (12ème) me ravit, ce qui peut paraître paradoxal vu qu'il est moins "bon" que celui de l'an dernier (7ème), mais le niveau des participants était cette année le plus relevé jamais rencontré sur les 7 Transe Gaule qui ont été organisées, sans faire injure aux participants des éditions précédentes bien sûr.

    Plusieurs facteurs expliquent cette élévation du niveau :
    - le nombre plus important de coureurs expérimentés, ayant déjà une ou plusieurs traversées à leur palmarès, en France, en Allemagne ou ailleurs;
    - la présence de coureurs ayant des références sérieuses sur les courses d'ultra (internationaux, coureurs de 24h à plus de 200km, jeunes de grand talent, Spartathlètes et autres "Badwateristes" confirmés...), en résumé, des coureurs ayant des vitesses de base supérieures à 10km/h ainsi qu'une âme de guerriers, des combattants quoi ! Pour terminer dans les 20 premiers, il fallait ce supplément d'âme et surtout ne pas sombrer dans le cycle vicieux "douleurs-blessures-déplaisir", enfer qui en aura déstabilisé plus d'un ;
    - les très nombreuses informations circulant sur les forums et les blogs démystifiant grandement l'aventure et conduisant beaucoup de coureurs à une
    extrême prudence en début de TG.

    Cette 4ème étoile va m'apporter quelques certitudes pour le printemps 2009 quand arrivera l'heure de la TransEurope (TE-FR 09).
    Des certitudes au niveau physique d'abord.
    Je termine en bon état et j'aurais presque été prêt à faire d'autres étapes, mais le travail devait reprendre dès le surlendemain de l'arrivée.
    Des certitudes au niveau du matériel utilisé : chaussures, tenues (shorts, T-shirts, chaussettes...) course avec mes bouteilles aux mains (d'où le surnom d'"écureuil" donné par certains observateurs), matelas, sac de couchage et tout le reste. Il faudra veiller néanmoins à ce que mes bagages soient moins lourds (<30kg) sous peine d'une surtaxe par l'organisation.

    Comment en suis-je arrivé à continuer de progresser ?
    D'abord, contrairement à certains, je ne me lasse pas d'effectuer tous les ans le même parcours, je pense que c'est même un avantage car le souvenir de très nombreux endroits traversés m'a plutôt servi. Je savais où je devais courir tranquillement, où je pouvais accélérer, je me rappelais qu'en 2ème semaine, l'organisme s'étant acclimaté, je ne risquais plus d'attraper des tendinites
    d’Achille ou des lésions aux releveurs.
    J'ai donc rapidement décidé (au bout d'une douzaine de km dans la 1ère étape, à Penzé, après le premier ravitaillement) de hausser le rythme et de courir à 10km/h. Les 6 premières étapes m'ont vu gagner environ 30' par jour et je savais que jusqu'à l'étape 10, voire la 11, je pouvais soit conserver ces 3h d'avance soit même les augmenter. L'an dernier, j'avais accéléré dès la deuxième semaine et cette année, j'ai fait la même chose si bien qu'au terme de la 11ème étape je possédais 3h42' d'avance tout en étant 16ème au classement général.
    Je pensais qu'alors ce matelas de minutes allait diminuer lors des 7 étapes suivantes, d'ailleurs, dès le lendemain (12ème étape) j'avais "perdu" une dizaine de minutes. Mais je suis quelqu'un qui aime quand même prendre des risques et faire des tests, ainsi, à chaque étape qui suivit, je me fixais un "cut off" personnel : le temps mis l'an dernier. Et cette course contre moi-même me servait de moteur pour avancer.
    Si j'ai repris 4 places lors de cette dernière semaine, ce n'est pas parce que je voulais dépasser les coureurs de devant à tout prix, mais c'est parce que certains ont faibli (blessures, fatigue, prudence...) et que j'ai aussi accéléré un peu plus encore.
    Le fait de toujours courir près de son "maximum" (j'entends par maximum, une vitesse de croisière raisonnable sans retenue, sorte d'équilibre à la frontière entre l'endurance et la résistance) n'est pas éprouvant physiquement et permet d'effectuer un bon déroulé du pied lors de chaque foulée même si la mienne est assez peu aérienne ce qui à mon avis permet d'éviter les blessures (releveurs,
    tendons d’Achille...).
    En revanche, nerveusement on ressort un peu lessivé de chaque étape, un peu comme après un marathon ou un 100km, mais la décompression se fait rapidement et la joie d'avoir atteint son objectif prend le dessus.


    Sur une course comme la Transe gaule, il faut essayer de ritualiser certaines actions :
    - Boire dès l'arrivée, eau plate, gazeuse, bière avec ou sans alcool, coca ou autre boisson...
    -
    Rallier rapidement le gymnase ou la salle d'hébergement;
    - Chercher et enfin trouver une place si on vous en a laissé une où s'installer, de préférence près d'un mur, avec un tapis de sol
    ou tatamis, pas loin des commodités;
    - Se doucher;
    - Laver son linge;
    - Trouver un endroit où l'étendre, de préférence au soleil ou là où il y a de l'air;
    - Trouver des glaçons pour 15' de "rafraîchissement" des jambes : en position allongée, sur le dos, les jambes en l'air, je passe la glace (qui est dans de petits sacs à congélation étanches) du gros orteil vers le genou, le long des releveurs et du tibia, puis je la passe le long des tendons d'Achille et autour des genoux qui ont subi tant et tant d'impacts. Enfin, je termine par les adducteurs et la sangle abdominale afin de limiter les douleurs générées par un reste de pubalgie et qui apparaissent au bout de 3h de course environ;
    - Noter mes temps de passage sur mon carnet de bord et comparer avec ceux des années précédentes;
    - Envoyer un SMS à Pascale avec temps, place et impressions;
    - Aller acheter à manger (Yop ou Cacolac, eau gazeuse, jus de fruits, yaourts style Flamby et/ou flans ou autres pâtisseries selon l'arrivage) ou aller dans une brasserie se faire servir un steak, une pizza ou des galettes...
    - Manger;
    - Me reposer, allongé avec le MP3, dormir ou essayer de dormir, mais pas trop pour bien dormir la nuit suivante;
    - Préparer le matériel pour le lendemain;
    - Ranger un peu la valise afin de tout retrouver du premier coup;
    - etc.
    Et c'est là qu'on s'aperçoit qu'arriver tôt permet de ne pas se précipiter et de ne rien oublier.

    Autre rituel, celui du matin :
    - Réveil;
    - Boire;
    - Aller aux WC pour ne plus devoir y aller quand tous les autres coureurs voudront eux aussi y aller, au dernier moment;
    - Rouler le sac de couchage;
    - Dégonfler l'oreiller et le matelas;
    - Les rouler et les ranger dans le sac;
    - Prendre le petit déjeuner;
    - Faire un brin de toilette;
    - Se mettre en tenue;
    - Positionner les pansements de protection et se badigeonner des crèmes protectrices (pieds, aisselles, aines, tour de taille);
    - Enfiler les chaussures choisies selon les caractéristiques des étapes (courte, longue, avec ou sans chemins, avec ou sans dénivelé, selon la météo...);
    - Remplir les bouteilles de 50cl d'eau en y ajoutant 3 ou 4 sucres suivant les besoins;
    - Préparer la sacoche-banane avec
    papier toilette, gels, barres énergétiques, argent);
    - Prendre le road-book miniaturisé et plastifié;
    - Préparer le sac à déposer dans la caisse de ravitaillement R3 (km40) ou R4 (km50) suivant la longueur et la difficulté de l'étape;
    - Fermer la valise et le sac à dos;
    - Les charger dans le camion;
    -
    Écouter le briefing du directeur de course;
    - Se rendre sur la ligne de départ à pied ou en navette;
    - Profiter des dernières minutes avant le départ pour boire et se concentrer ;
    Et puis ... c'est le départ, tranquille les premiers km puis une fois bien échauffé la vitesse de croisière est atteinte et contrôlée par les premiers temps de passage (bornes kilométriques).

    Pendant les étapes, un autre rituel se déroule : on double les mêmes coureurs à peu près dans le même ordre tous les jours, et on se fait dépasser par d'autres aussi de la même manière.
    Certains ne sont pas constants tous les jours et vont jouer les baroudeurs une étape pour le payer cash le lendemain et '"
    traînailler" dans le peloton.
    Quelques téméraires de début de Transe Gaule ou de début d'étape vont peu à peu ne plus faire partie de ce rituel : blessures, lassitude, relâchement physique et mental, relief ... vont progressivement venir les perturber.

    à+Fab****

     

    TEFR 2009

    Il y a un peu plus d'un an, quand j'ai décidé de faire la TransEurope, ce projet me paraissait fou, comme si ce n'était pas moi qui avais décidé de courir et qu'au bout de quelques semaines j'aurai laissé tomber l'affaire. Mais depuis, il s'est passé beaucoup de choses qui ont rendu ce projet de plus en plus concret.

    D'abord, le placement sur la liste des partants, officialisé depuis la clôture définitive des inscriptions, qui est devenue effective dès lors qu'on a règlé le montant intégral des frais d'inscription. On m'a attribué un numéro de dossard, le 31, et je fais partie des 65 coureurs actuellement présents sur la liste définitive. D'ici une grosse dizaine de mois, il peut se passer des événements qui élimineront quelques concurrents : blessure, contre indication médicale lors de la visite obligatoire chez un spécialiste, non octroi de congés, ou autres impondérables, ce que je ne souhaite à aucun des inscrits actuels.

    S'il n'y a aucun désistement, nous serons alors 65 à partir de Bari le 19 avril 2009 et tous avec le même objectif : arriver au Cap Nord !

    Pour ma part, j'ai reçu la confirmation que ma demande de mi-temps annualisé était accordée, si bien que je vais travailler à temps plein pendant la moitié de l'année et je serai en congés pendant l'autre moitié.

    C'est déjà une garantie de ne pas me retrouver à rechercher un emploi dans des agences d'intérim, ce qui parfois n'aurait pas été très évident, surtout à mon âge. Mais j'étais quand même prêt à renfiler le bleu de travail, comme lors des quelques années qui ont précédé mon emploi actuel.

    C'est aussi la certitude d'être couvert socialement, de ne pas perdre mon poste que je récupérerai fin 2009, de ne pas perdre trop de points à l'avancement et de ne pas perdre non plus trop de temps en ce qui concerne mes droits à la retraite... surtout que par les temps qui courent, on se demande bien si l'on ne va pas nous faire bosser jusqu'à 80 balais. Mais je me serai "cassé" avant, quitte à ne pas obtenir un taux de retraite à 100%.

    Voilà donc une nouvelle marche escaladée.

    Je ne réalise quand même pas ce qui m'attend, mais ça viendra au fil du temps, et déjà à la rentrée prochaine, une fois la Transe Gaule terminée.

    à+Fab***

    Le paradoxe sur la TG, c'est que les premières étapes sont toujours plus difficiles que les suivantes, sauf en cas de blessure bien évidemment.
    Deux raisons à cela :
    1/ le temps à l'organisme de s'habituer à l'enchaînement des kilomètres, aux premières douleurs, le temps de trouver son propre rythme pour chaque journée, le temps de rôder ses rituels (réveil/préparation/course/douche/alimentation/lavage du linge/récupération/compte rendu à écrire/sommeil...), le temps de ne prendre que le matériel et le ravitaillement nécessaires ... le temps de trouver sa place dans la hiérarchie du peloton (il ne faut pas croire qu'on ne regarde pas le classement et qu'on n'en a rien à faire, même si l'objectif est d'aller à Gruissan, cela ajoute un peu de fatigue mentale à la fatigue physique);
    2/ la configuration des 5 premières étapes : 62km(+ les 6 du prologue)/64km/75km/67km/70km (dont la moyenne est supérieure à celle de l'ensemble de la course 338/5=67,6km) avec du dénivelé qui ne permet pas toujours d'être bien lucide et toujours bien à l'aise.

    Mentalement, je me suis découpé la course en trois parties. Les 5 premières étapes en constituent la 1ère.

    Une fois "admis" en deuxième semaine (la seconde partie), il faut gérer, mais ça se passe mieux car il y a de courtes étapes qui arrivent. 53, 58 et 63km pour un début de semaine, ça va, on peut avoir un jour sans, il n'aura pas de grosses conséquences. On est sur un parcours plus plat, malgré la monotonie de la D14 et le relatif manque d'ombre, puis c'est l'attaque du Limousin (69 et 62km) où l'esprit se libère car on se retrouve sur des routes moins fréquentées donc moins stressantes. Les paysages sont beaux, il y a de l'ombre, de la verdure ...
    Reste le week-end : l'attaque du Massif Central. Une courte étape suivie d'une longue (49 + 75km) C'est là où se joue la suite de la TG.
    Option galère ou option plaisir ? Cela va dépendre de la digestion de l'étape du dimanche longue de 75km.

    Parce que la suite (la 3ème partie) va en descendant (pour les 4 étapes suivantes, au niveau des km je précise) : 64, 61, 56 et 54km, ce qui permet, dans les meilleures conditions de gagner chaque jour quelques précieuses minutes de récupération et de profiter au maximum de l'ambiance de la course et de celle des villages étapes. Des amitiés se sont liées, tout le monde se connait et déjà une certaine euphorie commence à contaminer tout le peloton ainsi que les accompagnateurs : ça sent l'écurie  :-)

    L'avant-dernière, l'étape aux 4 cols est magnifique, mais ses 70km n'en font pas une partie de plaisir pour autant. Mais une fois au bout, on sait que le lendemain ça sera l'apothéose.

    La dernière étape est très difficile mentalement car on sait que la fête va se terminer ce soir et qu'il va falloir retourner au train-train quotidien. Pourtant, elle démarre de la plus belle des manières, de nuit avec un départ aux alentours de 5h du matin (selon les années et les différents groupes de niveaux constitués). Une longue montée nocturne vers le Col de Sainte Colombe où je jour se lèvera puis la longue descente vers la mer avec un panorama gigantesque feront apprécier les premières heures de ce qui deviendra peu à peu une étape difficile : le Canal du Midi, certes très joli, est pénible car le revêtement et les longues lignes droites ne permettent pas à l'esprit et au corps de se reposer et quand on sait qu'arrivé à Narbonne on va passer une demie heure de galère. Les ravitaillements ne sont plus assurés de la même manière qu'au cours des étapes précédentes, alors il faut anticiper sur le fait qu'il puisse ne plus rien y avoir et donc ne pas hésiter à s'arrêter dans des commerces pour refaire le plein. Déjà, ne pas se perdre est une gageure malgré le flèchage, mais l'environnement urbain de ce dernier week-end de vacances rend la tension des uns et des autres extrèmement forte, qu'il s'agisse des coureurs ou des habitants du coin. Les routes ne sont pas faciles car les accès aux plages empruntent leur itinéraire et il n'y a personne de plus pressé qu'un vacancier, alors, pensez si les coureurs à pieds seront respectés !

    Quand enfin on arrive aux abords de Gruissan, qu'on aperçoit longtemps à l'avance, la fatigue et le stress ont bien entamé les réserves d'énergie et on a hâte d'arriver. Sur la piste cyclable lors des deux derniers km on revit sa Transe Gaule, on revit sa vie, l'émotion atteint son paroxysme, et les 150 derniers mètres sur la plage resteront gravés à vie dans la mémoire de chaque arrivant. Cris de joie, pleurs, embrassades, congratulations diverses, courses effrénées vers la mer qu'on a tant et tant de fois rêvé d'atteindre, baignade ... chacun va extérioriser à sa façon ces heures et ces heures passées sur la route, sur les routes de la France, à essayer de conquérir son étoile.

    Malgré toutes les souffrances, oubliées dans cet état d'euphorie, certains se projettent déjà vers la future édition, en se faisant la promesse d'être à nouveau au départ. D'autres ont tellement donné à tous les niveaux (physique, psychologique...) qu'ils se jurent qu'ils ne reviendront plus jamais.

    à+Fab****

     


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