• Transe Gaule 2007

    Tout comme l'an passé, je laisse le soin à Pascale de remplir cet article dans lequel un petit CR quotidien de l'étape sera fait.

    Mercredi 15 août. ÉTAPE 1 / Roscoff -- Plounévézel : 68 km   (D+ 725m / CUTOFF 12h22mn) 

    Je reprends donc la plume (ou plutôt le clavier) pour faire comme les années précédentes un petit compte-rendu quotidien de la Transe Gaule.

    Cette première journée fut marquée par le vent qui a accompagné les coureurs quasiment du début à la fin, la bruine était présente elle aussi mais ce que Fab a trouvé le plus "sympa" ce sont les deux averses qui l'ont gentiment douché ! Surtout la 2ème car il avait laissé son poncho au ravitaillement précédent... Il a donc franchi la ligne d'arrivée en 7 h 08 min 48 s en faisant floc floc dans ses baskets. Il n'était pas seul car Thierry Viaux est venu le rejoindre quelques 10 km avant la fin, ce fut une surprise bien agréable. Je ne sais pas ce qu'ils se sont racontés, peut-être se sont-ils remémorés la TG 2006 ? Fab est content de sa course, il est parti prudemment mais a vite pris son allure et espère ne payer demain sa belle foulée d'aujourd'hui. Il a pris le temps de bien se reposer après sa petite lessive qui j'espère pour lui (et les autres) va sécher cette nuit.

    CR :

    Dès la première étape, j'ai adopté un rythme de course prudent, surtout lors du prologue - partie non chronométrée nous menant de Roscoff à Saint-Pol de Léon, lieu du véritable départ de la Transe Gaule - où j'en ai profité pour déstresser, effectuer des réglages de chaussures, de ceinture porte gourdes, de tenue, m'arrêter plusieurs fois uriner, bien m'hydrater... et vérifier si le cardio ne s'emballait pas dans les côtes. 45' pour effectuer les quelques 6km à peine mais assez vallonnés et courus sous un reste de tempête avec quelques risques de pluie résiduelle. Le cardio a indiqué 107 bpm de moyenne avec un maxi de 128 bpm. 381 Kcal d'énergie dépensée, qu'il fallait retrouver en s'alimentant juste avant le vrai départ.

    A Saint-Pol de Léon, le quart d'heure de battement avant le départ pour rallier Plounévézel, sur 62km, me permit de refaire le plein de mes deux bouteilles de 50cl en eau dans lesquelles j'ajoutai 3 sucres. Je grignotai aussi quelques barres énergétiques avant cette longue journée qui m'attendait.
    Dans quel état d'esprit étais-je à cet instant ? J'étais serein bien qu'un peu impatient de voir quelle stratégie j'allais adopter. J'avais le choix entre alterner course et marche d'une part, courir et ne marcher que dans les pentes les plus raides dans un second scénario ou aller plus vite que l'an passé mais au risque de me blesser dans une troisième option. On verrait bien tout ça après les premiers kilomètres.
     
    Jusqu'à Penzé, sur une partie du parcours du semi-marathon Saint-Pol/Morlaix, j'ai couru à mon rythme sans chercher ni à rattraper ni à doubler les différents coureurs qui s'étaient regroupés qui par deux qui par trois afin de trouver la route moins longue. Mais rendu à Penzé (km11), connaissant la proximité du point de ravitaillement, je décidai de profiter de la côte sévère à la sortie du village pour placer une accélération qui me fit me retrouver seul au ravitaillement. Je savais que si je m'étais retrouvé avec d'autres coureurs j'aurais discuté plus longtemps et j'aurais fait route avec eux sans être à mon rythme, mais au leur. Je repartis donc rapidement après avoir refait le plein de mes bouteilles, pris une banane et deux gâteaux secs. Je mangeais tout en courant, profitant de quelques côtes pour marcher un peu. C'est ainsi que je continuais mon chemin, via Pleyber-Christ et Berrien. 3 km plus loin, se situait le ravitaillement 4, celui où je rattrapais Werner, le vainqueur de l'an passé, accompagné de son ami coureur Olaf. Werner souffrait d'une épine calcanéenne, ce qui ne l'empêchera pas d'aller au bout, lui aussi de sa troisième Transe Gaule. Je continuai sur ma lancée, les laissant à leurs petits bobos. A ce stade de la course, je possédais plus de 20 minutes d'avance sur le chrono de l'an dernier. La météo, qui avait été plutôt clémente jusque-là, malgré les risques de tempête annoncés, avait été une alliée et je pris la décision de me débarrasser de mon poncho certes ultra léger mais quand même un peu encombrant à tenir dans les mains surtout quand j'avais déjà mes deux bouteilles et des barres énergétiques. Bien mal m'en a pris car un quart d'heure plus tard je reçus une douche du tonnerre. En cinq minutes j'étais trempé de la tête aux pieds, les runnings faisaient "flic, flac, floc" à chaque foulée. J'étais bien avancé ! Je fus donc contraint de réduire mon allure. Une fois l'averse passée, j'aperçus au loin une silhouette qui ne m'étais pas inconnue : c'était Thierry Viaux, mon homonyme et néanmoins ami et voisin, lui aussi Transe Gaulois étoilé de la promotion 2006. Il me demanda si j'acceptais qu'il m'accompagne sur les dix derniers kilomètres de l'étape, après en avoir fait la demande à Jean-Benoît, l'organisateur de la course, j'acceptai avec plaisir. Nous nous fîmes rattraper par Gwenaël Quéant que je trouvais un peu rapide pour une première étape et que je laissais filer en me disant que ça ne servait à rien de se griller et de risquer la blessure pour une question d'orgueil qui m'aurait fait m'accrocher à la 11ème place que j'occupais sans le savoir jusqu'alors. A cinq kilomètres du but, Thierry et moi nous fîmes arroser une seconde fois par une belle averse alors que je commençais tout juste à sécher.

    J'arrivai à Plounévézel, terme de cette première étape en 12ème position, dans un temps de 7h08'41", soit presque 35' de moins qu'en 2006.
    En consultant le cardio, je me rendis compte que j'avais été moins haut que l'an dernier, 136 bpm de moyenne contre 141 en 2006. Globalement, cette première étape m'apprit beaucoup sur mon état de forme. Il faudrait confirmer cela demain et rester à l'écoute des sensations.

    Jeudi 16 août. ÉTAPE 2 / Plounévézel -- Pontivy : 65 km D+ 660m / CUTOFF 11h50mn (total 133 km) 

    Bon le linge n'était pas sec ce matin : c'était à prévoir! C'est pas bien grave il a séché aujourd'hui car le soleil a accompagné les coureurs. Fab a pris un départ tout doux et au 1er ravitaillement s'est retrouvé avec Daniel Muller : ils ont fait le reste de la course ensemble. Ils sont arrivés 11ème ex-æquo en 7 h 09 min... Soit une avance 1 h 09 min par rapport à l'an passé. A la question : ne vas-tu pas trop vite? Il répond non, les sensations sont bonnes et il ne gère pas sa course pour l'instant comme celle de 2006, il perd moins de temps aux ravitos, il ne s'arrête pas prendre des photos... Il a tout de même avoué sentir ses jambes un peu lourdes sur la fin de l'étape mais il a pris rendez-vous avec la masseuse ce qui visiblement lui a fait le plus grand bien, elle lui a désengorgé les mollets !

    CR de la deuxième étape.

    Le départ fut donné à 6h31 précises. La météo prévue pour ce jour ne laissait pas grand espoir d'avoir du beau temps. Les risques de précipitations étaient importants. On verra bien quand ça arrivera. Fidèle à ma ligne de conduite prudente, je m'élançai relativement lentement, laissant le soin aux "cadors" d'allumer dès le départ. Comme disent les gens du coin : "C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses." En d'autres termes, on fera un premier petit bilan ce soir, et l'objectif primordial est quand même d'arriver à Gruissan-Plage le 1er septembre. Surprise peu avant Carhaix, je me fis dépasser par deux missiles lancés à vive allure dans la descente : Sigrid, l'Allemande et Jean-Claude Arzel au look peu en rapport avec les courses d'ultra. Peu de temps après, les choses redevinrent "normales" et une première hiérarchie s'installa. Je doublai quelques coureurs partis, à mon avis, un peu trop rapidement, et d'autres furent rattrapés au fil des kilomètres. D'ailleurs, ce sera une constante pour les 8 premières étapes, je doublerai chaque jour à peu près dans le même ordre : Klaus, Bram, Gilbert, Dietrich et Olaf. Bram, le Hollandais, qui, à chaque fois que je le rattrapais, me disait que je faisais mon fitness, allusion à mes deux bouteilles solidement attachées à mes deux mains, Olaf qui se réjouissait de constater que tous les jours l'heure du dépassement se faisait de plus en plus tardivement, Dietrich qui me souriait alors que je lui glissais un petit "Wie geht es dir Heute?" tout en le doublant et en lui disant "Es geht mir gut auch", Gilbert, le métronome montagnard réglé sur du 8km/h lors de toutes les étapes et qui ira jusqu'au bout sans faiblir bien au contraire se fiant au plan de route qu'il s'était fixé et qu'il portait sur lui avec le profil de l'étape, Klaus, un peu moins bavard que l'année précédente mais qui avait le temps de me lancer un petit "Bonjour, je m'appelle Klaus et je vais bien !" avec son petit accent allemand ... Tous ces instants resteront gravés dans ma mémoire. Je me souvenais parfaitement de cette étape et de la portion le long du canal de Nantes à Brest de 9km. Avec Daniel Müller*****, nous nous sommes retrouvés à différents moments de cette étape et pas très loin de l'arrivée, nous décidâmes de finir ensemble. J'eus un peu de mal à le suivre sur la fin, aux abord de Pontivy, mais il se mit à ralentir pour m'attendre et nous franchîmes la ligne d'arrivée en même temps à la 11ème place dans le temps de 7h09'09". La météo, au bout du compte avait été clémente; point de pluie contrairement aux prévisions, pas trop de chaleur, sauf à l'heure de l'arrivée où l'ombre se faisait plus rare. Bilan après consultation du cardio : 119 bpm de moyenne contre 126 en 2006.

    Vendredi 17 août. ÉTAPE 3 / Pontivy -- Guer : 75 km D+ 600m / CUTOFF 13h39mn (total 208 km) 

    Avant le petit compte-rendu de ce soir je vous informe que si vous ne savez pas quoi faire à 13 h 00 et bien allumez votre poste de télévision sur TF1 ; il y aura normalement un reportage sur la Transe Gaule. Quelle est longue cette étape entre Pontivy et Guer ! Alors Fab s'est vissé le casque sur les oreilles et a couru au rythme de la la musique jusqu'à la ligne d'arrivée qu'il a franchie en 8 h 34 min 34 s. Moi, il m'effraie un peu quand il m'annonce ses temps de passage mais lui est très serein alors faisons lui confiance : c'est lui le coureur ! Pour ceux qui s'y connaisse un peu je vous donne un petit comparatif de ses moyennes affichées sur son cardio entre la TG 2006 et cette année, cela prouve, m'a-t-il dit, qu'il est mieux préparé que l'an passé. Si cela vous parle tant mieux, pour moi c'est pas très clair ! En bref il est très content de son étape, il a un peu mal aux jambes mais ne semble pas inquiet du tout. Il était un peu peiné ce soir pour deux coureurs qui ont été contraints d'abandonner. Le soleil l'a accompagné tout au long de cette journée mais il n'est pas annoncé pour demain....

    CR, 3ème étape.

    La longue troisième étape, Pontivy-Guer, celle du moment de vérité qui orientera la TG soit vers une grosse galère soit vers des moments plus joyeux : 75km dont une fin sur une ancienne ligne de chemin de fer transformée en chemin et piste de randonnée. Le départ à 6h39' laissait augurer une arrivée aux alentours de 15h30/16h si tout se passait bien pour moi, c'est à dire si je n'avais pas de douleurs et si je ne recevais pas trop de pluie. La météo annoncée n'était encore pas très bonne, mais nous partîmes sous un ciel assez dégagé dans une atmosphère fraîche pour une mi-août (12°).

    Je démarrai fidèle à ma ligne de conduite, prudent, laissant à l'organisme le temps de se chauffer, puis j'adoptai après une dizaine de kilomètres de course un rythme plus soutenu tout en étant contrôlé, aux alentours de 9km/h de moyenne. Noyal-Pontivy, Rohan, Les Forges, Lanouée, La Grée Saint-Laurent, Helléan furent traversés les uns après les autres en gérant course et ravitaillements. Le véritable début des difficultés allait arriver au moment de traverser Ploërmel. Une ville importante, moyenne ou grande, nécessite toujours plus d'attention de notre part car le risque de s'y tromper de route est plus important. La baisse de rythme avec les différents carrefours à traverser et les nombreuses montées et descentes de trottoirs font vite passer l'organisme de l'endurance fondamentale à la résistance si l'on n'y prête garde. Connaissant ce genre de ressenti, j'ai effectué une traversée assez rapide, sachant m'orienter et retrouver d'un coup d’œil mon itinéraire afin d'atteindre la sortie de la ville sans fatigue supplémentaire. A ce moment, il ne restait plus qu'une vingtaine de kilomètres à courir dont une longue partie sur le chemin remplaçant la voie ferrée. J'y entrai seul, loin derrière Daniel qui possédait environ 3km d'avance et que je ne pouvais apercevoir même sur les longues portions droites de cette voie. Deux ravitaillements venaient en briser la monotonie. Mon rythme était régulier, mais mon attention décuplée : il ne faudrait pas se faire une entorse ou chuter en trébuchant sur une racine. Lorsque je sortis du chemin pour effectuer les 300 derniers mètres sur le bitume, j'étais content car cette longue étape était terminée et s'était globalement déroulée sans encombre. Mon chrono de 8h34'15" me convenait parfaitement ainsi que ma 12ème place. L'objectif de cette Transe Gaule en terme de classement était de faire une place de mieux que l'an dernier, c'est à dire 14ème. C'était bien parti. De plus, comme j'étais arrivé à 15h15', je gagnai trois-quarts d'heure de repos supplémentaires. Le temps était resté sec toute la journée, le linge n'était pas trop sale, donc la lessive ne prendrait pas trop sur mon temps de récupération : c'était une journée de tout bonus. Hélas, deux coureurs durent abandonner, l'un sur blessure trop importante (hernie inguinale) pour continuer sans se mettre en danger, l'autre par méconnaissance de ses propres capacités à endurer la douleur. Je reste persuadé que s'il avait géré ses douleurs quelques jours en restant calé au fond du peloton, il se serait refait une santé. Mais sur un coup de tête, c'est une décision facile à prendre et qu'on regrette vite. Souhaitons-leur de revenir et de réussir une prochaine fois.

     

    TG 2006

    TG 2007

    1ère étape

    moy : 141  /  max : 159

    moy : 136  / max 158

    2ème étape

    moy : 126 / max : 156

    moy : 119 / max : 138

    3ème étape

    moy : 119 / max : 142

    moy : 118 / max : 138

    Samedi 18 août. ÉTAPE 4 / Guer – Châteaubriant : 68 km D+ 530m / CUTOFF 12h22mn (total 276 km) 

    La voix était moins claire ce soir car Fab était inquiet pour Jacques qui à 18 h 00 n'était toujours pas arrivé... Déjà l'an passé quand il l'a vu dans une voiture cela l'avait beaucoup touché. Je vais attendre les résultats définitifs sur Yanoo pour savoir… La journée fut bonne, il a pris un départ tranquille, trouvé son rythme et est à nouveau arrivé avec Daniel en 7 h 34 min 24 s. Ses jambes lui jouent tout de même quelques tours, il ressent une légère douleur mais pour l'instant elles ne sont pas gonflées. Je verrai ça de mes propres yeux demain car comme ils attaquent la Loire Atlantique on va aller lui faire un petit coucou et peut être ramener quelques photos.

    CR. 4ème étape.

    Quatrième étape : Guer-Châteaubriant, longue de 67km en réalité pour raison de modification du lieu d'arrivée. Ce km en moins aujourd’hui, de toute façon on l'aurait en plus le lendemain ! J'arrivai dans mon "pays", mon département, et je me doutais bien (ou j'espérais) que j'allais voir des gens qui me connaissent. La météo annoncée encore une fois fut plus pessimiste qu'en réalité, comme la veille, on nous avait prédit des risques de pluie, mais en réalité, juste un petit passage de bruine vers la fin de course avec un vent assez soutenu qui était apparu vers la mi-journée.
    Cette étape, mentalement je l'avais découpée en trois parties : une qui va jusqu'à Messac (km27), une autre jusqu'à Sion les Mines (km50) et la dernière jusqu'à l'arrivée et la longue route entre Saint-Aubin des Châteaux et Châteaubriant. Je me retrouvai vite en compagnie de Daniel Müller***** avec qui je courus jusqu'à Guipry. Mais à cet endroit, il devait impérativement stopper pour une envie pressante si bien que je continuai ma route sans l'attendre. Il finirait bien par me rattraper, lui qui a l'habitude de mieux finir les étapes que moi. Je courus le reste de l'étape seul, rattrapant Gérard Habasque, blessé, au dernier ravitaillement, et je me fi
    s quand même reprendre par Daniel à 1km de l'arrivée, où cette fois-ci c'est moi qui dus ralentir afin que nous franchissions la ligne d'arrivée ensemble. 9ème ex-æquo en 7h34'24", ça m'allait parfaitement. J'avais encore gagné du temps sur l'an passé (plus d'1h06'). Deux mauvaises nouvelles arrivèrent pendant le temps de repos : l'abandon, toutefois non surprenant, de Jean Claude Arzel, et la probable arrivée hors délais de Jacques Sirat qui avait pourtant terminé les trois premières étapes à la troisième place. Une blessure à une cheville contractée la veille l'avait contraint à galérer toute la journée. J'étais triste pour lui qui déjà l'an dernier avait dû nous quitter trop tôt. J'eus, comme espéré, de la visite. Deux athlètes de la région, connus pour leurs bons classements dans les compétitions régionales, sont venus sur la ligne d'arrivée et nous avons discuté un peu des différences entre ce genre de course et les traditionnels marathons ou autres 100km. Mon frère vînt aussi me rendre une petite visite : comme c'était son anniversaire, je le lui fêtai et lui offris un T-shirt de la TG. Il devait repartir assez tôt mais il me promit de venir me voir à l'étape de Peyrelevade, le week-end prochain. Content.
    Le soir, comme il y avait un supermarché juste à côté de la salle de la Foire de Béré où nous étions hébergés, j'allai faire quelques courses afin de remplir le sac de goûters et autres barres énergétiques, cakes, boissons, et j'en profitai pour m'acheter de quoi dîner pour sortir du sacro-saint Bolino que j'aurais l'occasion de pouvoir déguster lors d'autres soirées étapes.

    FC moy 115 contre 119 en 2006.

    Dimanche 19 août. ÉTAPE 5 / Châteaubriant – St-Georges-s/-Loire : 70 km D+ 500m / CUTOFF 12h44mn (total 346 km) 

    Voilà nous sommes rentrés... Journée bien fatigante. Fab est en forme il a terminé 10ème et fait une heure de moins que l'an passé. Sa douleur d'hier s'est réveillée aujourd'hui et le pied est un peu gonflé mais cela ne l'inquiète pas plus que ça pour l'instant. Il est allé se faire masser une nouvelle fois.

    CR 5ème étape.

    La cinquième étape, dont le départ fut donné du site de la Foire de Béré à Châteaubriant, nous proposait 70 kilomètres à travers les deux départements où j'ai résidé : la Loire-Atlantique et le Maine et Loire. L'arrivée se situait à Saint-Georges sur Loire. Nul doute que j'allais m'y sentir chez moi et que j'allais encore avoir des visites, certaines prévues et d'autres non. A 6h38' le départ fut donné, il faisait encore un peu nuit, mais on sentait que le jour ne demandait qu'à se lever. Les premiers hectomètres furent courus à l'entrée de la ville, là où on aurait dû continuer si l'on avait fait comme l'an dernier. 12'40" pour atteindre l'ancienne ligne d'arrivée, le compte de Jean-Benoît s'avérait un peu court en ce qui concernait l'allongement de l'étape que je fixais mentalement à +1,5km. Mais tant pis, on en avait économisé autant la veille. La sortie de la ville fut longue, mais pas trop difficile. Je pensais à Frédéric Morand qui avait abandonné l'an dernier ici-même et qui cette année semblait avoir exorcisé sa mésaventure. Je souhaitais vivement le voir ce soir après l'arrivée. Erbray fut traversée après 1h15' de course soit avec 7 à 8' de plus que lors des précédentes éditions, mais cela était dû aux 1,5km supplémentaires du départ. A Petit-Auverné ainsi qu'à Saint-Sulpice des Landes, passés en 1h53' et 2h45' (km16,5 et km 23,5) je ne m'étais pas encore vraiment repris du temps, mais je savais que j'allais plus vite. J'avais profité de toute la partie peu vallonnée du début d'étape pour bien régler mon allure. A Freigné, au ravitaillement, j'aperçus ma petite famille, ma femme et mon fils. Ils m'attendaient. Je leur fis rapidement un petit bisou et repartis après m'être bien ravitaillé. La partie vallonnée commençait et je comptais alors de l'avance sur mes temps passés et ne souhaitais pas la perdre. Les côtes ne se passèrent pas trop bien, m'obligeant à alterner course et marche afin de ne pas monter trop au-delà des limites cardiaques que je m'étais fixées. Je ne dépassais pas 135 alors que jusque-là je n'avais jamais été au-dessus de 126. J'attendais de passer La Cornuaille (km45,5) pour commencer mon décompte mental : plus que 25km soit 2h45 à 3h sachant que le relief était plutôt "houleux" avec des successions de fortes côtes et de fortes descentes. De temps à autres, je me faisais doubler par ma voiture conduite par Pascale qui m'encourageait. Je connaissais cette partie du parcours non seulement pour l'avoir déjà faite deux fois, mais aussi parce que j'étais venu en juin courir le 100km du Loire-Béconnais qui empruntait certaines de ces difficultés. Villemoisan et son ravito furent atteints en 6h12' (pour 55,5km) mais ni mon fils ni ma femme ne m'y avaient attendu. J'en appris la raison qui me fit bien rigoler : Gilles, l'accompagnateur de Raymond Brandhonneur avait fermé son véhicule d'assistance en laissant les clés dedans ! Le ballot ! Heureusement, Pascale et mon fils s'arrêtèrent chez un agriculteur du coin afin de lui demander de l'aide. Ils retrouvèrent Gilles avec un bout de fil de fer et réussirent à ouvrir le camion. Cela m'avait fait une petite distraction. J'avais oublié Olaf, l'Allemand que j'avais rattrapé peu avant et qui était resté un peu plus longtemps que moi au ravitaillement. Il était content, car chaque jour je le dépassais de plus en plus tard sur le parcours : aujourd'hui au km55, alors que les jours précédents cela avait été au km 33, puis au km 40. J'arrivai à Saint-Augustin des Bois pour le dernier ravitaillement et peu après j'aperçus Diogène, un des membres les plus actifs du forum de Bruno Heubi. Il avait le bras dans le plâtre, enfin plutôt maintenu par une coque de résine. Il me demanda s'il pouvait faire quelques kilomètres pour m'accompagner ce que j'acceptais avec plaisir.
    Il était prévu aussi que mon fils fasse les deux ou trois derniers kilomètres avec moi, quand nous serions sur la piste cyclable en site propre un peu avant Saint-Georges sur Loire le terme de cette étape. Nous terminâmes ensemble cette belle journée de course où la météo fut encore clémente, ni trop chaude, ni trop froide, sèche et pas trop venteuse.
    8h05'55" pour 70km et des brouettes. Encore une heure de gagnée ! J'étais 10ème de l'étape et devenais aussi 10ème au général en raison de la perte d'une place due à une blessure de Gérard Habasque.
    14h45, c'est bien comme heure d'arrivée et la 5ème étape terminée, c'est la fin de la première semaine de course. En fait il n’y avait que 5 jours, mais comme on était dimanche, le lendemain une nouvelle semaine commençait. Le bilan à ce stade de la compétition était très positif pour moi : pas de blessure, juste quelques douleurs inhérentes à cette accumulation de kilomètres, pas d'usure prématurée des semelles des deux paires de runnings utilisées jusqu'alors en raison d'une foulée plus "aérienne" (on ne rigole pas), du temps gagné en masse sans pour autant "piocher", une place au général meilleure que celle espérée au départ, mon organisation était rodée, j'avais plus de repos... Enfin, tout baignait. J'allais même pouvoir me reposer encore plus, puisque Pascale se proposait de m'aider dans l'après-étape. J'en profitais également pour me débarrasser d'affaires qui étaient inutiles et qui n'avaient jamais servi depuis Roscoff. Du linge propre, des recharges de poudre énergétique, des cakes, des gâteaux de riz, un Yop... le pied quoi !
    Demain commencerait la phase 2 de la TG : le franchissement de la Loire et l'attaque des grandes plaines après un bref passage dans les coteaux du Layon. Je connaissais aussi très bien ce qui allait arriver dans les trois prochains jours pour être allé reconnaître ces étapes une dizaine de jours avant le départ.

    FC moy 113 tout comme en 2006.

    Lundi 20 août. ÉTAPE 6 / St-Georges-sur-Loire -- Doué-la-Fontaine : 55 km D+ 430m / CUTOFF 10h00mn (total 401 km) 

    Qui va me croire quand je vous aurai dit que cette étape Fab l'a couru sans une goutte de pluie ! Incroyable car avec tout ce qui est tombé chez nous aujourd'hui je me suis dit tout au long de la journée qu'il allait franchir la ligne d'arrivée « trempé guené » comme on dit ici ! Et bien pas du tout, la pluie est bien allée arroser la Transe Gaule mais un quart d'heure après son passage sous la banderole. Malheureusement à 12h45 tous les coureurs n'étaient pas à Doué la Fontaine ! Après la météo : des nouvelles du bonhomme qui a bien vécu cette courte étape mais qui est un peu inquiet pour sa jambe car il ne peut pas allonger la foulée comme il le souhaiterait, cela fait qu'il a ralentit son allure mais moi je pense que ce n'est peut être pas plus mal : qui veut aller loin ménage sa monture ! comme dirait l'autre.

    CR 6ème étape.

    "Un nouveau jour se lève, enfin... "nouveau" est un grand mot,
    Ils se ressemblent tellement tous qu'on n'fait plus gaffe aux alentours..."

    Ce début de chanson de Keny Arkana me fait un peu penser à l'état d'âme dans lequel on peut se trouver le matin quand les lumières des gymnases s'allument sur les coups de 5 heures.
    "Des gens se bousculent, se marchent dessus, en fait
    Mais ils ne se regardent plus, chacun reste dans sa tête..."

    Chacun dans sa bulle se prépare mentalement à passer une longue journée, pas trop difficile pour certains, mais galère pour d'autres. A la fatigue physique s'ajoute une certaine fatigue mentale amplifiée par l'inconnue que constitue chaque étape. Comment cela va-t-il se passer aujourd'hui ? Vais-je avoir de nouvelles douleurs ? Celles dont je souffre actuellement vont-elles durer ou disparaître au bout d'un certain temps ? Et là, on n'a pas le temps de cogiter, il faut se lever, aller prendre son petit déjeuner, ranger son barda, prévoir ... l'imprévu, prévoir ce soir, quand on arrivera afin de trouver chaque chose à sa place dans le sac ou la valise. Peu de bruit dans ces gymnases, le respect de l'autre, des autres et de leurs souffrances, de leur mal-être, font que chacun garde pour lui son impétuosité, son envie de se lâcher, de déconner une dernière fois avant d'avaler son lot de kilomètres quotidiens. Je suis obligé de me retenir, moi qui aime bien de temps en temps "dire une connerie" façon Barthez. Tiens, pour marquer le coup, parce qu'on attaquait l'étape 6, celle qui menait de Saint-Georges à Doué la Fontaine sur 53km, je décidai de changer de chaussures et de mettre pour la première fois depuis Roscoff mes Mizuno Nirvana 2 (N°4 car c'est la 4ème paire que je possède dans cette série). Auparavant, j'avais couru avec des Mizuno Alchemy 6, deux paires en alternance, surtout une dans le cas d'une étape avec chemins et risques de pluie. Je n'oubliais pas de placer mes semelles orthopédiques à l'intérieur de mes Nirvana. Pour les Alchemy, pas besoin de semelles orthopédiques en raison de leur contrôle de l'hyper-pronation.
    A 6h40, nous quittâmes Saint-Georges sur Loire, dans la nuit finissante. Vers l'ouest le ciel semblait couvert tandis qu'à l'est le ciel dégagé laissait présager un superbe lever de soleil sur les îles de Loire.
    Je partis prudemment comme à mon habitude, sachant que j'avais 8km de plat pour me chauffer avant d'attaquer une longue montée vers les coteaux du Layon, région viticole dont nous avions pu déguster la veille au soir le merveilleux vin sucré. Je me délectais du paysage lors de la traversée de Chalonnes sur Loire où j'avais résidé il y a 15 ou 16 ans, me rappelant les sorties matinales d'entraînement alors que je n'avais que deux ou trois années de pratique. Aurais-je pensé à cette époque y passer à nouveau dans le cadre d'une grande aventure comme la TG ? La montée vers la Haie longue fut régulière, ponctuée de périodes brèves de marche afin de faire baisser la FC, et quand j'atteignis le sommet, j'étais dans un bon tempo tout en ne dépassant pas 132 bpm. Seul hic : mes runnings qui "tapaient". Loin du confort des Alchemy, j'avais l'impression de ne plus avoir d'amorti, surtout quand vinrent les descentes. Au ravitaillement de Saint-Aubin de Luigné, je refis le plein de tout ce que je prends d'habitude et je repartis à l'assaut des nombreuses bosses qui allaient ponctuer notre parcours pendant une vingtaine de kilomètres au moins. La suite et la fin de cette étape seraient plus plates et mes petits tracas de chaussures finiraient bien pas se dissiper.
    La météo restait sèche, malgré l'envahissement progressif du ciel par des nuages toujours plus nombreux et sombres. Mes releveurs qui me titillaient un peu, mais pas assez pour que j'en parle auparavant lors des deux ou trois étapes précédentes, laissèrent place à une gène progressive sur les tendons d'Achille. J'aurais l'air malin si je commençais à avoir des bobos. Ce n'était pas prévu dans le scénario idéal. Je décidai de rester prudent, à l'écoute mais sans trop focaliser sur ces désagréments qui faisaient partie des risques encourus par l'accumulation des km.
    La fin d'étape fut longue, mais ça allait. J'avais failli ajouter de la distance à l'étape en hésitant par deux fois sur l'itinéraire à prendre une fois entré dans Doué. Pourtant, j'étais déjà venu sans encombre deux fois ici. J'aperçus le fléchage enfin pour franchir la ligne d'arrivée en 6h04'39", à la 11ème place. Cette fois-ci, Olaf n'avait pas été dépassé : il était content. De plus, Ullrich arriva juste après moi, à moins de 2'. Il faudrait compter sur ces deux-là à l'avenir. Peut-être devrais-je perdre deux places au général s'ils finissaient les prochaines étapes en trombe. Ce n'était pas le plus important pour moi, l'essentiel étant d'arriver à Gruissan.
    Le temps d'ouvrir mon panaché habituel des fins d'étapes, et il se mit à pleuvoir, doucement au début, le temps que j'aille au gymnase, puis de plus en plus fort. J'étais à l'abri, mais je pensais à tous les autres concurrents encore sur les routes. La pluie ne cessa pas avant 19 h, elle avait commencé vers 12h45. Elle tomba sans discontinuer pendant tout ce temps parfois forte, parfois très forte. Heureusement que j'avais trouvé un endroit abrité pour étendre mon linge ! Je me dépêchais de tout préparer pour le lendemain afin de me reposer et de dormir un peu. Quand il pleut, il fait aussi plus frais dans les salles donc le meilleur moyen d'être au chaud c'est d'aller dans son duvet. J'avais auparavant pris une bonne collation tout en discutant avec les coureurs allemands à qui je prêtais mon dictionnaire Français-Allemand.

    FC moy 112 comme en 2006.

    Mardi 21 août. ÉTAPE 7 / Doué-la-Fontaine- Monts-sur-Guesnes : 57 km D+ 365m / CUTOFF 10h22mn (total 458 km) 

    C'est en 6h27min49 s que Fab a franchi la ligne d'arrivée à Mont sur Guesnes aujourd'hui. Il prend la 13ème place de l'étape. Aurait-il molli ? Pas du tout : c'est l'Allemagne qui a attaqué ! Klaus, Olaf et Ulrich ont visiblement accéléré le rythme! Fab, lui, est régulier car aujourd'hui comme hier il a tourné à 8,790 de moyenne (ça c'est pour les connaisseurs). Il est toujours gêné par sa jambe mais la douleur est passée de devant à derrière et est localisée au niveau du talon d'Achille. Malgré cela il a fait une bonne course avec de bonnes conditions météo : pas de pluie, pas de chaleur. Après une bonne récupération cet après-midi : pieds au mur et glace, il allait s'attabler devant une joue de veau, ce qui n'est pas son plat préféré !

    CR 7ème étape.

    Était-ce pour me remercier du prêt du dictionnaire que le lendemain les coureurs allemands passèrent à l'attaque ? En tout cas, la 7ème étape aura été l'étape "déclic". Elle nous menait de Doué la Fontaine à Monts sur Guesnes, sur 58km. J'avais révisé cette étape et appris à conjuguer à tous les temps "courir sur la D14". On allait faire sa connaissance au km33 et ne plus la quitter sur une vingtaine de km avant d'emprunter une voie verte, ancienne voie de chemin de fer. Et le lendemain, on remettrait ça sur une cinquantaine de km. Interminable la D14 ? C'est peu dire ! Je remis mes Mizuno Alchemy, rangeant les Nirvana pour de bon : elles me serviraient en cas d'urgence, si les deux autres paires étaient trop mouillées. Le début de l'étape fut magnifique, une fois sortis de Doué, lorsque nous évitâmes la grande route pour cheminer sur une petite route tranquille puis sur des chemins entre des vignes et des forêts. Au sortir de cette partie, aussi nommée voie Bonnot, du nom d'un illustre Transe Gaulois local promotion 2005, le majestueux château de Montreuil Bellay apparut. La traversée de Montreuil se déroula bien et je continuai mon petit bonhomme de chemin pendant encore une quinzaine de km. Peu à peu, je sentais que je n'avais pas trop de jambes : ça arrive les jours sans, mais aujourd'hui, ça tombait mal car c'est une étape dont je sais la fin difficile car monotone sur la D14. Les coureurs allemands proches au général (Olaf, Klaus, Ullrich) en profitèrent pour me dépasser et pour essayer de creuser l'écart, enfin, c'est le genre de pensées que je m'étais mis en tête. Tant pis, je n'avais pas la cylindrée pour suivre ; j'optais donc pour la conduite prudente et pour assurer l'arrivée. Une nouvelle fois, la météo alarmiste s'était trompée : nous eûmes du temps agréable, gris avec des éclaircies, en fait, un temps presque parfait pour courir.
    Lorsque j'arrivai, j'étais 13ème, en 6h27'49" (encore 57' de gagnées !). J'avais perdu plus de 20' sur mes compagnons allemands, mais peu importait, l'essentiel avait été atteint.

    FC Moy 113 contre 116 en 2006.

    Mercredi 22 août. ÉTAPE 8 / Monts-sur-Guesnes -- Angles-sur-l’Anglin : 64 km D+ 560m / CUTOFF 11h39mn (total 522 km)

    Je ne sais pas si c'est La Saint Fabrice qui lui a donné des ailes mais Fab a fait aujourd'hui une superbe étape : il avait la banane ce soir ! Cela ne se voit pas au téléphone mais cela s'entend! Il est bien conscient qu'il y a des lendemains qui peuvent vite vous faire déchanter. Mais vivons au jour le jour et apprécions cette très belle étape ! Ce n'est pas la pluie qui l'a accompagné sur les 30 derniers km qui l'a perturbé ! Il a mis une heure et demie pour trouver un rythme mais ensuite il ne l'a plus lâché. Il a couru cette étape en 6h40min40s soit à 9,5 de moyenne et il finit 8ème ! Il a foulé un bon moment la D14 qu'il connaît par cœur non pas grâce aux deux TG précédentes mais par ce que nous étions il y a 15 jours dans cette superbe région, alors vous pensez bien que nous n'avons pas pu faire autrement que d'emprunter cette route ! Il a pu aussi parfaire son allemand car il a terminé avec Ullrich. Il n'a pas plus mais pas moins de bobos que les jours précédents mais cela ne l'a pas gêné … Anecdote du jour : Après avoir installé son petit coin pour la nuit, il est allé se doucher au jet d'eau FROIDE! Sympa ! Puis il est allé avec Damien se restaurer au café du coin et ils ont regardé et encouragé les derniers Transe Gaulois qui arrivaient ! Anecdote d'hier : Les toilettes ont vite été HS et ce matin le compteur électrique a disjoncté alors les coureurs ont du se préparer à la seule lueur des lampes des issues de secours ! Apparemment Antenne 2 rôdait dans les parages ce soir et resterait sur la course demain ! Un reportage au journal de 13 h 00 vendredi ?

    CR étape 8.
    Le départ fut donné à 6h36 précises sous un temps couvert, avec un brouillard à peine frais, une grisaille qui laissait présager quelques précipitations avant la fin de la course. Les premiers hectomètres pour rejoindre la D14 m'indiquèrent qu'il faudrait compter avec quelques petites douleurs que j'avais apprivoisées depuis quelques étapes : extenseur des orteils du pied droit et tendon d'Achille droit. Une fois la partie d'échauffement passée, on verrait bien si le rythme pourrait être ou non plus soutenu comme envisagé la veille. Je déclinais ma D14, consultant à chaque borne kilométrique mon temps au kilomètre, passais à Berthegon en 30' (km4), à Orches en 1h01' (km9), à Sossais en 1h39' (km15) puis à Thuré en 2h19' (km22). Châtellerault approchait, je fus rejoint par Ullrich avec qui je traversais la ville, lui servant de guide puisque je connaissais déjà les lieux. Après la grande ville, retour sur la D14 et la campagne : champs de melons, de maïs... J'étais de nouveau seul, ayant lâché Ullrich. Targé (3h51' pour 33km), où je doublais Stéphane Pélissier, blessé et contraint à adopter une cadence peu en rapport avec son classement (2ème au général à ce moment de la TG), Senillé, où je commençais à rencontrer la pluie, puis la longue arrivée à Pleumartin (en 5h16' pour 51km). Au ravitaillement, comme j'allais bien malgré la pluie, je me mis à chantonner "Il pleut, il pleut Martin...", oui, je sais, ce n'est pas très drôle, mais celle-là je ne pouvais pas la rater ! Je repartais boosté par le fait de connaître mon avance sur certains de mes poursuivants et avec qui j'avais envie de creuser les écarts pour rattraper le temps "perdu" de la veille. Ullrich me reprit à 5 km de l'arrivée et nous décidâmes de terminer l'étape ensemble, heureusement pour moi car s'il l'avait voulu, il m'aurait déposé sur place et pris plusieurs minutes. Mais sa façon de gérer la course est aussi sage que la mienne, voire plus, et il s'est rendu compte que de grappiller 2 ou 3' ne servait à rien sinon à se fatiguer prématurément. Nous arrivâmes ensemble à la 8ème place ex-æquo en 6h40'37". J'étais satisfait de mon étape, ayant repris 20' à Daniel qui encore une fois me dira "Aujourd'hui je me suis bien reposé" ce qui avait le don de me titiller, moi qui avais un peu "tapé dedans" et qui ne cachais pas que je recommencerai le lendemain si les jambes me le permettaient. Olaf, blessé par sa course de la veille avec de nouvelles chaussures peu adaptées à la course à pied, perdit 1h. A Angles sur l'Anglins, une difficile période d'après étape m'attendait : il pleuvait, il n'y avait pas de douches, juste un tuyau d'arrosage dans le jardin qui jouxte la salle des fêtes dans laquelle nous étions hébergés, pas beaucoup de surface d'étendage pour le linge qui, je me demandais, allait-il pouvoir sécher ? Enfin, au bout de mes petits tracas d'intendance, je repris l'envie d'aller me dégourdir les cannes en faisant un petit tour dans le village, surtout pour manger un petit quelque chose qui me changerait des Bolino. Avec Damien, nous allâmes dans un café-brasserie qui nous servit un plat du jour avec des frites ainsi qu'un panaché, ou plutôt plusieurs. Nous étions situés juste sur la place du village où après un dernier virage il faut descendre une pente raide afin d'atteindre l'arrivée. Le soir, une équipe de télé était annoncée (France 2). Elle devait rester sur la course le lendemain afin d'y effectuer un reportage, tout comme TF1 l'avait fait la semaine précédente.

    FC moy 120, 113 en 2006 (c’est là qu’on voit que je suis allé un peu plus vite)

    Jeudi 23 août. ÉTAPE 9 / Angles-sur-l’Anglins. -- St-Sulpice-les-Feuilles : 70 km D+ 780m / CUTOFF 12h44mn (total 592 km) 

    C'est sous la pluie que s'est déroulée cette 9ème étape marquant la moitié du parcours. Fab qui a couru tout seul toute la journée était bien jusqu'au 40ème km, ensuite il a dû « taper dedans » comme il dit mais pas tant que ça car sa moyenne est de 9 km/h pour aujourd'hui. Il termine 7ème en 7h36min11 s. Cette belle place s'explique aussi par l'abandon de trois coureurs. A son arrivée à la salle, il s'est vu offert gentiment par la femme de Chen, un coureur Taïwanais, une omelette au maïs qu'il a beaucoup appréciée car à l'heure à laquelle il est arrivé à St Sulpice les commerces étaient fermés et il avait un petit creux. Et les Bolino ? me direz-vous. Certes, mais lui, il en a un peu marre de manger ce truc là... Et puis il faut varier son alimentation… J'allais oublier : Tous à vos postes demain à 13 h 00.. Antenne 2 ne pouvait pas rater la Transe Gaule!

    CR 9ème étape.

    Cette étape devait nous faire franchir la mi-course, au km 57, soit 585km depuis Roscoff. Je me souvenais très bien m'être arrêté prendre symboliquement le panneau en photo. Cette année, pour raison de gain de temps et d'allègement maximal, point d'appareil photo : tout dans la tête et la mémoire fera le reste. Jusqu'alors, le temps avait été plutôt clément, mais en ce petit matin frais et pluvieux, la météo se rappelait au bon souvenir de cet été "pourri" qu'a connu le pays cette année. Pas de poncho sur le dos, juste enroulé dans les mains avec les bouteilles habituelles, on verrait bien au fil de l'étape si son utilité devenait indispensable. L'équipe télé de France 2 était là, pour filmer le départ, tout comme la veille au soir pour les moments de vie d'après course et ce matin au réveil pour immortaliser le lever et la mise en route des extraterrestres. Dès le départ, un raidillon de 200m, celui que nous avions descendu hier pour l'arrivée, qu'il fallait négocier tranquillement : pas la peine de courir, de toute façon on allait aussi vite que ceux qui couraient. Mon début d'étape fut assez rapide quand une fois bien échauffé j'avais trouvé mon rythme de croisière, légèrement supérieur à ce que j'avais fait jusqu'alors. Sauzelles (1h09' au km10,5), Saint-Aigny (1h29' au km 13,5), puis Le Blanc (1h44' km16), Mauvières et enfin Bélâbre (3h12' au km 30). La moyenne avait sérieusement augmenté et pris au jeu des renseignements sur mes poursuivants, je gardais le rythme soutenu que je m'étais imposé. Seul Ullrich, mon poursuivant le plus dangereux au général, était devant, mais je ne m'en faisais pas sachant qu'il avait plusieurs heures de retard au général. Nous fîmes néanmoins quelques kilomètres ensemble, avant qu'il ne parte devant. L'équipe de la télévision nous filma d'ailleurs lors du passage sur le pont de Bélâbre : les cameramen nous demandèrent d'attendre d'abord qu'une dame soit bien sur le pont avec son parapluie, afin de rendre la scène plus bucolique, mais celle-ci s'en alla, effrayée par l'idée d'être filmée. Nous repartîmes quelques instants puis l'équipe nous redemanda de nous arrêter afin de laisser passer une auto qui ferait désordre sur le reportage. Avec Ullrich, nous commencions à nous impatienter, nous étions quand même sur une course et non pas à faire du tourisme : il fallait assurer le chrono. La troisième prise devait être la bonne, de toute façon, mon acolyte et moi nous nous remîmes à courir en nous tapant dans la main. Il me lâcha donc un peu plus loin, je n'ai pas essayé de m'accrocher, le plus important était le temps que je gagnais sur l'arrière de la course et sur mon étape de l'an dernier. Interminables 20km suivants, avec de longues lignes droites sur des portions de routes en travaux avec les gravillons que je risquais d'avoir dans mes runnings, et ceux projetés par les véhicules qui me croisaient. Enfin j'arrivais sur une route tranquille où le panneau d'entrée dans le village de Beaulieu signifiait aussi la marque de mi-parcours. Top chrono en 6h18' pour le km 57, Plus que 12 et cette assez longue étape serait finie.
    J'étais 7ème de l'étape et le restais jusqu'à l'arrivée où je finissais 23' derrière Ullrich et 9' devant Daniel*****. 7h36'11" pour ces 69km, j'avais encore gagné presque 1h30' par rapport à l'an dernier.
    Trois coureurs ne finirent pas l'étape en raison de leurs blessures trop handicapantes : Martial Lanoue, Gérard Habasque et Patrick Michel. Marqués physiquement, dans leur chair, et psychologiquement, ce durent être des décisions très difficiles à prendre pour eux.

    FC moy 118 contre 111 en 2006.

    Vendredi 24 août. ÉTAPE 10 / St-Sulpice-les-Feuilles -- Bourganeuf : 64 km D+ 820m / CUTOFF 11h39mn (total 656 km) 

    En attendant de faire mon petit compte-rendu quotidien je vous mets le lien qui vous permet de voir ou revoir (ou plus si vous voulez) le reportage sur la TG passé aujourd'hui au JT de 13h00 : http://jt.france2.fr/13h/

    Après une petite erreur de parcours ce matin le plus gros du peloton s'est retrouvé sur la bonne voie pour cette étape de 62 km qui a vu le soleil briller un peu avant midi. Les veinards : chez nous ce n'est toujours pas ça ! A 7 km de l'arrivée Fab a été rejoint par Ulrich avec qui il aurait bien passé la ligne mais comme l'étape se termine par une descente et que ce genre de relief ne lui convient pas, Fab l'a laissé filer.. C'est ainsi qu'il termine à la 7ème place (décidément il y est abonné !) en 6h41min29 s. Il est à moins 10 heures par rapport à l'année dernière ! Il est en forme et ne ressent plus vraiment de réelles douleurs. Aujourd'hui Daniel et Don ont été accueillis sous la banderole avec le champagne : c'était pour tous les deux leur 100ème étape transe gauloise. Fab fêtera sa 50ème dans 3 jours.
    Pendant que nous étions au téléphone j'ai assisté en direct à une magnifique ola en l'honneur de Marie-Jeanne qui venait d'arriver dans la salle...Je n'avais pas l'image mais rien qu'au bruit je devine qu'elle fut magnifique ! Demain l'étape sera courte mais assez particulière car 22 km de côte attendent les coureurs.

    CR étape 10.

    La 10ème étape menait de Saint-Sulpice les Feuilles à Bourganeuf. 62Km dans le Limousin, avec peu de difficultés sinon les contreforts du Massif Central. Pas de quoi effrayer un Transe Gaulois après presque 600km dans les jambes ! Le départ fut donné un peu plus tardivement qu'à l'habitude, 6h46' au lieu de 6h30/35, sous un ciel gris mais sec. Tout de suite, je pris un bon rythme, suivant Werner le vainqueur de l'an dernier pendant une heure. Puis je me retrouvai seul, ne souhaitant pas "taper trop dedans" et laissant mon compagnon filer devant. Je traversai La Souterraine (km14,5) en 1h29' puis St Priest la Feuille (km21) en 2h17'. Au fil des ravitaillements, je sentais les encouragements de plus en plus forts, chacun espérant que je puisse continuer de creuser les écarts avec mes poursuivants. C'était devenu un jeu pour les membres de l'organisation, de voir le classement évoluer avec des attaques : ça changeait de la routine et des places figées à partir d'un certain nombre d'étapes, ça mettait un peu de suspens. Cela me donna des ailes, mais il fallait que je reste concentré pour ne pas faire de bêtises. Bénévent-l'Abbaye (km35) en 3h45', Mourioux-Vieilleville (km40) en 4h21, St Dizier-Leyrenne (km51) en 5h24, je filais bon train. Ullrich me rattrapa à ce moment et nous restâmes ensemble un bon moment, mais à 3km de l'arrivée, sur une route à grande circulation où nous ne pouvions plus courir de front, je le laissai passer devant et peu à peu il se détacha pour terminer 2'30" devant moi. La dernière côte avait été trop raide pour que je réussisse à le rejoindre. Ce n'était pas grave, il ne me reprenait pas beaucoup de temps, et surtout, j'avais fait le trou avec Daniel Müller dont je me rapprochais au général : moins de 28' à combler, c'était envisageable. 6h41'28" et une belle 7ème place, 9ème au général : tout allait bien pour moi. La place gagnée au général venait de l'abandon d'un concurrent parmi les premiers : Romain Rambaud, blessé. J'allais aussi pouvoir me reposer et faire quelques commissions dans le centre-ville pour réapprovisionner les stocks.

    FC moy 120 contre 112 en 2006.

    Samedi 25 août. ÉTAPE 11 / Bourganeuf -- Peyrelevade : 50 km D+ 695m / CUTOFF 9h06mn (total 706 km)

    "Je me suis fait plaisir ! Je me suis bien amusé ! " Voilà ce que Fab m'a dit ce soir ! Après un départ prudent et avoir passé une grosse côte en marchant, Fab s'est mis à accélérer et a gardé son rythme tout au long de cette courte étape. Il a couru avec Stéphane et Werner puis il les a laissés partir devant car ce n'est pas le même rythme tout de même ! Faut pas exagérer. Il a encore terminé 7ème en 4h54min45s. Demain  le départ est avancé à 6 h 00. Fab va emporter son MP3 car la route sera longue (75 km). Les coureurs ont reçu aujourd'hui la visite de deux anciens transe gaulois : Jean Hervé et Bernard.

    CR 11ème étape.
    Départ à 6h43 pour cette courte étape dont certains avaient prévu de se méfier : le début est piégeux avec un fort raidillon dès les premiers kilomètres puis une montée de 20 bornes qui en fait n'était qu'une succession de bosses à franchir dont les montées étaient plus longues que les descentes. Aussi, il ne fallait pas trop dilapider son énergie en prévision de l'énorme étape du lendemain avec ses 75km et ses +1000m de dénivelé. Mon départ fut prudent le temps de passer les difficultés du début où ça montait vraiment trop fort. La brume qui nous accompagnait gardait notre organisme au frais et comme l'étape était courte, on ne souffrirait pas beaucoup de la chaleur dans le cas où le soleil percerait. Les paysages étaient d'une beauté "type carte postale", avec les vaches à flanc de montagne, tantôt dans la brume tantôt dans le soleil quand celui-ci commençait à éclairer de ses rayons encore doux les champs et les pâturages inclinés. Parfois, un massif forestier apportait une teinte sombre au parcours et quand nous en sortions, l'éblouissement nous réchauffait. En tout cas, je me régalais. J'étais maintenant bien échauffé, je passai au km7 (lieu-dit Le Breuil) en 43' et j'atteignis le ravitaillement du km 13 (Le Compeix) en 1h21'. On me renseigna sur les écarts tant devant qu'à l'arrière. J'étais parti à mon rythme dans les premières côtes et j'avais accéléré un peu sur les parties planes ou en faux-plat descendant. Je devais courir entre 10 et 11km/h par endroits, aussi vite sinon plus que sur un 100km. Royère de Vassivière au km21 fut passée en 2h09' et le lac qu'on longeait par la suite donnait vraiment des ailes : il commençait à faire un peu plus chaud, ça sentait les vacances, je m'imaginais les gens faire bronzette sur les berges pendant que d'autres s'essaieraient au ski nautique... Mes pensées divaguaient un peu, mais c'est le quotidien des coureurs d'ultra que de penser et de penser encore. Faux la Montagne au km 34, traversée après 3h23 de course, nous proposait une dernière fois la civilisation avant de s'enfoncer sur les terres quasi désertiques du Plateau de Millevaches. 1000 vaches et 32 coureurs, ça en fait pourtant du monde ! Mais plus de village avant ... Peyrelevade, lieu d'arrivée. Le département de la Corrèze qu'on rejoignit après le pont qui termine le Lac Chamet, km 41, nous accueillit avec l'ultime ravitaillement. Je refis mon plein en eau, en bananes et gâteaux secs ainsi qu'en confiance, car je venais d'apprendre que les poursuivants étaient très loin derrière. Devant, à portée de fusil, il y avait Stéphane, Raymond et Werner que j'avais côtoyés à divers moments de cette étape, sans jamais rester très longtemps en leur compagnie. A l'arrivée, je fus acclamé comme les autres coureurs par une ambiance que seul ce village de Peyrelevade propose. Il faut dire que la ligne d'arrivée est située en haut d'une montée de quelques hectomètres qui nous fait passer en revue tous les commerces de cette bourgade.
    7ème de l'étape, en 4h54'45", il n'était pas encore midi, j'allais avoir le temps de bien m'installer et de me reposer avant la longue chevauchée du lendemain. Mon frère devait arriver à temps pour me voir franchir la ligne d'arrivée, mais j'avais dû aller trop vite ! 10km/h de moyenne, plus d’1h20' de gain sur l'an dernier, j'étais prêt à me faire plaisir pour la fin de la TG.

    Dimanche 26 août. ÉTAPE 12 / Peyrelevade -- Mauriac : 77 km D+ 1010m / CUTOFF 14h00mn (total 783 km) 

    "Arrivé 3ème ! Magique !" Voilà le SMS que nous avons reçu cet après-midi! Nous avions hâte d'être à ce soir pour avoir un peu plus de détail sur cette incroyable journée. Fab était HYPER CONTENT en nous racontant son étape. 
    Le départ fut donc donné ce matin plus tôt que d'habitude au vu du nombre de Km à parcourir. A Meymac il double Raymond qui n'allait pas fort et au ravito suivant on lui annonce qu'il était 3ème : il n'y croyait pas car pour lui il y avait plus de monde que ça devant. Cette place il va donc la garder jusqu'au bout et tout faire pour ça en forçant un peu il l'avoue avec un grand sourire. La dernière partie fut dure du fait de la chaleur (il va devoir s'arrêter au bord d'un ruisseau pour se rafraichir ) et des descentes (Fab rappelons-le n'est pas un gros descendeur!)  Au dernier ravito il s'aperçoit que deux coureurs le talonnent de près alors il met un petit coup d'accélérateur car il n'a pas envie de se faire manger! A 300m de l'arrivée il sera rattrapé par Jochen et ils finiront la course ensemble. Il aura mis 7h 30 min 45 s pendant tout ce temps il n'a même pas écouté de musique : il était sur un petit nuage et s'est demandé souvent au cours cette journée s'il ne rêvait pas.... JB lui a dit ce soir qu'il allait peut-être faire un contrôle anti-dopage! Il a pu bien se reposer cet après-midi, préparer ses petites affaires pour les 64 km de demain et les 4 cols à franchir.

    CR 12ème étape.

    En ce dimanche 26 août 2007, au moment du départ de cette 12ème étape, menant de Peyrelevade à Mauriac pendant 75 kilomètres sur le Plateau de Millevaches puis dans le département du Cantal, je ne savais pas encore quelle stratégie adopter, mais amusé par les résultats et les divers gains de temps et places au général, je sentais que j'allais me "lâcher" un peu plus. L'an dernier, j'avais couru une grande partie de ces 75 kilomètres avec Roger Warenghem*, Transe Gaulois 2005, qui m'avait bien canalisé et permis d'économiser de l'énergie qui allait me servir dans les étapes qui suivirent. Je me souvenais à peu près du parcours, mentalement je savais où je devais être patient et prudent et où je pouvais au contraire prendre quelques risques et accélérer. Le départ fut avancé à 6h (6h03' pour être précis), et la météo annoncée n'était pas pour me déplaire. Il faisait gris et frais, cela devait être la tonalité pour la journée, sachant quand même que dès que le soleil percerait la couche nuageuse, la température s'envolerait et deviendrait plus gênante. Le profil de l'étape proposait une longue descente d'une quinzaine de kilomètres à partir du km49, à Neuvic, pour franchir la Dordogne puis une remontée certes moins longue, de 6 ou 7 kilomètres, mais sûrement assez raide après plusieurs heures d'efforts. Pour une fois, je partis avec les premiers, restant à vue si l'on peut dire, l'obscurité étant plus importante qu'à l'habitude, décalage horaire de 30' oblige. Je me suis retrouvé 4ème, profitant du fait que Jochen Höschele, 2ème au général, attende Elke Streicher qui commençait à accumuler une certaine fatigue morale et qui souffrait de problèmes gastriques assez fréquents. Premier pointage encourageant au km9, à Millevaches : 58'30", soit plus de 9km/h alors que nous avions couru en montée. Là, le paysage avait été splendide, le ciel assez dégagé pour laisser apparaître à l'horizon le Puy de Sancy. Je ne m'éternisais pas au ravitaillement du km14 où je dis au revoir à mon frère qui devait rentrer sur Nantes, et j'appréciais beaucoup les divers encouragements des ravitailleurs, ravis que je mette un peu de piment dans la course : c'était aussi devenu un "jeu" pour certains de voir jusqu'où je tiendrais. Je poursuivais mon effort, m'étant fixé l'objectif de rejoindre Raymond Brandhonneur que j'apercevais au loin au gré de certaines portions de routes droites. Je fis la jonction à Meymac, au km22 passé en 2h09', je courais à plus de 10km/h à ce moment de l'étape, mais j'étais bien et le cœur ne montait pas beaucoup (moyenne 120, maxi atteint 136). Une fois sorti de Meymac, le parcours redevint "désertique", alternant les côtes et les descentes dans une succession de paysages magnifiques. De temps à autre un véhicule passait, mais la plupart du temps seul le bruit de ma foulée pourtant pas très rasante pour une fois ou de mon souffle se faisait entendre. J'avais envie de trouver le temps moins long et c'est ainsi que je mis mon MP3 en marche. La musique me permit d'avaler les kilomètres sans trop réfléchir ni cogiter, j'avais fait le trou sur mes poursuivants, je pouvais gérer jusqu'à Neuvic où j'aviserais. Combressol (km31) passé en 3h01', Palisse (km41) en 3h56', Neuvic et le ravitaillement où officiaient Jaquemine et Hervé (km49) en 4h47'. A ce ravitaillement, je reçus une nouvelle salve d'encouragements et dans leurs regards admiratifs je puisais la force de continuer à courir aussi vite, même si une grosse fatigue commençait à se faire ressentir. Il allait y avoir 14 ou 15km de descente, alors je n'aurais pas d'efforts superflus à produire, donc je positivais. Oui, mais un événement indépendant de ma volonté allait quelque peu tempérer mon ardeur : en guise de route, j'aurais droit à un vaste chantier composé de pierres plus ou moins grosses et mal compressées. Il fallait redoubler de vigilance pour ne pas tomber ni se blesser. Bon, d'un autre côté, les autres concurrents auraient eux-aussi droit à cette partie caillouteuse, mais ce n'était pas une raison pour s'enflammer. Ce long intermède terminé, la longue descente se fit majestueuse, au fil des virages un paysage de plus en plus beau apparaissait. Mon allure au début de la descente avait été prudente et assez "lente" (10 à 11km/h) et peu à peu elle avait augmenté pour atteindre 4'30/km soit près de 13km/h. Le ravitaillement situé 4 kilomètres avant le pont et la remontée me permirent de refaire le point sur les positions : j'avais de la marge. Le franchissement de la Dordogne en 6h18' (km64) signifiait qu'il ne restait que 11 kilomètres à parcourir : une paille ! La montée se fit laborieuse au début, le temps de réadapter la foulée à la côte et de revoir le rythme cardiaque à la baisse. Pendant la descente, j'avais tourné à 128bpm de moyenne, sûrement à cause du début rocailleux, avec un pic à 149. Il fallait gérer la côte aux alentours de 130/140 maximum pour ne pas regretter demain d'avoir voulu jouer les cadors. Au ravitaillement du km70, au moment de repartir, après un panaché offert gracieusement par Thierry responsable de ce poste, je vis avec un certain dépit deux coureurs arriver au loin : je n'arrivais pas à les reconnaître et je me dis qu'il fallait que je reparte tout de suite sinon je finirais 5ème et grand "dindon" de cette farce. Je repartis au-dessus des bases de vitesse et de prudence fixées quelques minutes auparavant, et quand à 500m de l'arrivée je me fis reprendre par Jochen, il me demanda pourquoi j'avais accéléré à partir du ravitaillement. Je lui expliquais avec une certaine gène que je ne pensais pas du tout que c'était lui qui arrivait au loin, mais deux autres coureurs. Je m'excusais mille fois et ne regrettais pas de terminer avec lui comme il me le proposa : il avait mérité autant que moi cette 3ème place, surtout après avoir sacrifié son début d'étape à aider Elke. En temps normal, j'aurais été 4ème. 7H30'47" au final, 10km/h à peine de moyenne, 3ème place ex-æquo, j'étais ravi et je voyais l'étonnement et l'admiration dans les regards des accompagnateurs. Mais, j'avais bien donné, alors maintenant il fallait aller chercher quelque chose à manger et vite se laver et se coucher. Mon poids pris à l'arrivée était de 80,9kg contre 84 au début de la TG. Il fallait vite que je retrouve ces kg perdus en buvant beaucoup d'eau. J'avais gagné une place en terminant plus d'une heure devant Daniel, et je m'étais rapproché de la 7ème place qui était quand même assez loin et semblait inaccessible à ce moment de la TG. Mais ça me donnait un objectif sympa pour la suite autant que d'essayer de conserver la 8ème place.

    FC Moy 129 (maxi 160) contre 110 en 2006.

    Lundi 27 août. ÉTAPE 13 / Mauriac -- Aurillac : 66 km D+ 1100m / CUTOFF 12h00mn (total 849 km) 

    Après sa folle étape d'hier Fab est parti tranquillou ce matin. Sur la route de Salers il a gagné la 5ème place qu'il ne lâchera plus de la journée. La fin fut difficile du fait de la chaleur et
    du peu d'ombre sur la route des crêtes. Il a reçu la visite surprise de Jérôme et Marie. Jérôme a connu la TG grâce au blog de Fab. C'est la première fois qu'ils se rencontraient autrement que par ordinateurs interposés, c'est pourquoi quand ils l'ont encouragé sur le bord de la route Fab était bien étonné : Qui cela pouvait-il bien être ? La réponsefut donnée au gymnase ! Un grand merci à eux deux : cette rencontre lui a fait très plaisir !

    CR 13ème étape.

    C'est une superbe étape qui nous attendait en ce petit matin doux (19° au départ) mais qui laissait entrevoir un peu de chaleur quand il n'y aurait plus d'ombre sur les pentes des 4 cols que nous avions à franchir. 1100m de dénivelé, quelques descentes périlleuses pour les releveurs, quelques longues montées exténuantes pour qui ne saurait pas bien les gérer. A la fin, la route des crêtes sur une bonne quinzaine de kilomètres. Auparavant, la traversée de Salers, joli village médiéval, que nous devions faire sur le sentier des remparts et dans des ruelles très pentues. Le départ fut donné à 6h40 et nous n'étions plus que 31, Selina Coldicott ayant abandonné hier, elle aussi sur blessure. Je partis comme la veille, sans me soucier des autres coureurs, faisant ma course à mon rythme. Cette fois, les leaders étaient tous devant et je me retrouvais 7ème ce qui me convenait tout à fait et quand bien même je me serais fait dépasser, je n'en aurais pas été très affecté. Les temps de passage à Anglard de Salers (km8) en 51' et Salers (km19) en 2h00' montrent ma montée en puissance. Je descendis la raide pente de 3,7km à un bon train avec toutefois le frein à main pour ne pas me blesser, et j'arrivai à Fontanges (km25) en 2h34'. Suivit un faux-plat montant de 4 kilomètres au bout duquel se trouvait le ravitaillement N° 2. Ici, commençait aussi la longue montée vers le premier col, celui de Saint-Georges. Les premiers hectomètres me firent dépasser Werner et Ullrich en raison de ma "facilité" à monter les pentes et j'arrivais au col en 3h24' (km32). Le col de Legal arrivait ensuite, au km38 passé en 4h06', il ne restait plus qu'à descendre, enfin si l'on peut dire, car après la descente il fallait remonter au 3ème col, celui de Bruel (km43) en 4h34'. Au col de la Croix de Cheules (km49) en 5h08', j'entendis des encouragements qui émanaient de deux personnes que je ne connaissais pas, je leur fis un petit signe tout en me faisant prendre en photos. Je ne savais pas encore qui était ce couple et j'aurai la surprise à l'arrivée. Les 15 derniers kilomètres sur la route des crêtes me firent retrouver un rythme plus régulier, proche de 10km/h par moments. Mais je sentais la fatigue s'installer et je commençais sans doute à payer les efforts consentis la veille. Il fallait gérer, ce que je fis jusqu'au bout. A l'arrivée, j'étais 5ème en 6h51'08", mes poursuivants m'avaient presque rattrapé notamment Ullrich qui finit à moins de 3'. Une fois au gymnase j'eus de la visite : le couple entrevu au col de la Croix de Cheules se présenta. Il s'agissait de Jérôme et Marie qui avaient lu mon blog et avaient eu envie de voir sur place comment se déroulait la course. Jérôme est un coureur de Saint-Cyprien sur Dourdou, le lieu d'arrivée de l'étape du lendemain. Nous avons discuté et il me proposa d'apporter un flan géant à l'arrivée de l'étape suivante. J'étais ravi d'avoir fait leur connaissance. Ce n'est pas souvent que nous avons de la visite sur les étapes de la TG et à chaque fois cela procure une joie immense. Plus tard, je fis quelques courses avec Thierry afin de me réapprovisionner en céréales et autres produits pour la course. Nous en profitâmes pour rapporter 5kg de glace chinée à la poissonnerie du supermarché et qui allait dépanner beaucoup de coureurs plus ou moins blessés. A Aurillac, il faisait 35°, je plaignais ceux qui étaient encore sur l'étape.

    FC moy 123 contre 110 en 2006.

    Mardi 28 août. ÉTAPE 14 / Aurillac -- St Cyprien-sur-Dourdou : 62 km D+ 615m / CUTOFF 11h17mn (total 911 km) 

    Fab a couru cette étape de 61 km en 6 h00min56 s conservant ainsi sa 5ème place d'étape. Il n'a pas trop souffert de la chaleur qui règne dans ce coin de France car il est arrivé de bonne heure : c'est appréciable, mais il a tout de même été dès son arrivée au café du coin pour boire un petit panaché bien frais et manger une omelette frites. Il a pu ainsi se connecter à Internet et envoyer un petit coucou perso à ses potes du forum "athlète endurance". Ensuite il est allé piquer une petite tête à la piscine : hum... que cela devait être agréable ! Il tenait ce soir, ainsi que tous les coureurs de la TG, à remercier Jérôme qui est revenu sur la course avec un énorme flan aux pruneaux et des gâteaux énergétiques pour l'étape de demain. Malheureusement sa visite ne fut pas bien longue car étant pâtissier il devait s'en retourner : travail oblige !

    CR 14ème étape.

    Cette étape va-t-elle devenir l'étape au flan géant ? En tout cas, Jérôme le pâtissier de Saint Cyprien aura tenu sa promesse et même au-delà car en plus du flan géant (40 parts au moins) il confectionna une dizaine de gâteaux énergétiques dont il avait récupéré la recette sur UFO. Ce flan deviendra-t-il une tradition sur la TG ? J'espère ! Avant de déguster cette délicieuse pâtisserie après l'arrivée, il y eut quand même une étape à courir, certes assez courte, 61km "seulement", mais comportant quelques difficultés ainsi qu'une nouvelle longue descente "spéciale releveurs" afin de franchir cette fois le Lot. Le départ à 6h40 s'effectua dans une relative fraîcheur, avec un ciel un peu couvert qui tempérerait l’atmosphère pendant l'heure du midi. La longue et difficile traversée d'Aurillac, succession de descentes raides et de longues montées me servirent de réglage. Je me souvenais avoir souffert terriblement lors de cette étape en 2005, surtout quand à la douleur vient s'ajouter le stress de se retrouver dernier et lâché par le gros du peloton. Cette fois, j'étais dans le premier tiers et comme je connaissais très bien le début d'étape je savais que je devais être patient jusqu'à la sortie de Senilhès (km10,5 + 1,5 = km12), puis en fonction des sensations, j'adopterais un rythme plus soutenu. Senilhès en 1h08' (km10,5), Lafeuillade en Vézie en 2h04' (km20), Lacapelle del Fraisse en 2h20' (km23), deuxième ravitaillement au km26. Ici, j'eus une idée de ma position par rapport aux autres coureurs : Werner était juste devant, les 4 autres déjà trop loin pour que je puisse les avoir à vue, bien que de temps en temps j'apercevais une silhouette, celle de Stéphane ou de Chen.
    A Cassaniouze, km35, en 3h30', peu après le ravitaillement, commençait la longue et belle descente boisée vers les gorges du Lot. 10km de pur bonheur où je me lâchais, coupant les virages tout en restant à l'écoute des éventuelles automobiles qui pourraient arriver. J'arrivais au ravitaillement du pont sur le Lot en 4h32' (km46), puis passais Grand Vabre, Conques-Faubourg (km53) en 5h15'. Dernier ravitaillement et petit panaché pour rebooster l'organisme pour les 7 ou 8 derniers km ! La recherche de fraîcheur se faisait plus pressante, il était midi et le soleil commençait à bien s'installer. Heureusement la route était bordée d'arbres sur le côté gauche, celui sur lequel j'évoluais.
    A l'arrivée, ce fut encore une fois une bonne opération pour moi : 6h00'56" pour 61km (soit plus de 10 km/h), une nouvelle 5ème place (j'avais pris un abonnement), et pas ou peu de fatigue, juste un peu mal aux jambes d'avoir accéléré et gardé un rythme soutenu. Et dire que depuis quelques étapes je courais plus vite que sur mes derniers 100km. C'est un article de Laurent Brueyre (Transe Gaule 2005 et 2006) qui me fit prendre conscience que je pouvais bien aller au-delà de ma vitesse moyenne sur 100km sans gros risques. C'est ce que j'avais fait et ... pour le moment ça me réussissait. L'arrivée se fit juste devant un café-brasserie où je pouvais me restaurer et déguster plusieurs panachés afin de reconstituer mes réserves. Je me rendis à la salle après cette collation et je découvris la taille impressionnante du flan : 60cm/40cm et je ne suis pas de Tarascon ! Lee, la femme de Chen se mit à le couper en parts afin d'en obtenir une cinquantaine. J'aperçus aussi la dizaine de gâteaux énergétiques que l'on pourrait manger au petit déjeuner. Dommage que Jérôme n'ait pu rester ! Il devait retourner dormir pour être en forme afin de reprendre le travail dans sa pâtisserie le lendemain. Après avoir dégusté une part de ce délicieux reconstituant, je partis ... à la piscine, afin de prendre une bonne douche et d'aller me tremper dans de l'eau fraîche. C'est bien d'arriver tôt cela permet d'avoir du temps. Le soleil donnait assez fort et je préférais être là qu' à arpenter le bitume comme certains de mes compagnons Transe Gaulois étaient encore en train de le faire. Avec Damien, Thierry et Jacques nous en avons bien profité. Par la suite, je retournais me reposer, il faisait chaud et lourd et ce qui devait arriver arriva, il y eut un orage avec une bonne pluie. L’atmosphère redevint plus supportable par la suite.

    FC moy 124 contre 111 en 2006.

    Mercredi 29 août. ÉTAPE 15 / St Cyprien-s/-D. -- Cassagnes-Begonhès 57 km D+ 860m / CUTOFF 10h22mn (total 968 km) 

    Devinez à quelle place Fab s'est classé sur cette étape? Je ne fais pas durer le suspens plus longtemps : 5ème. Il a pris un abonnement ! La journée s'est bien passée, il a eu droit de se faire bien tremper par un orage après son passage à Rodez. Tout le monde a franchi la ligne d'arrivée ce soir mais pas dans le même ordre que d'habitude : Marie-Jeanne n'a pas clôturé la course, c'est Don qui l'a fait. Il a avoué être un peu fatigué... Cela ne m'étonne pas à 69 ans ! Ce soir la Mairie et le syndicat d'initiative de Cassagnes-Begonhès ont offert un pot aux coureurs : une première dans l'histoire de la TG pour cette commune. Demain le départ est fixé à 7h00, JB accorde une demi-heure de grasse matinée car l'étape sera courte mais elle est à signaler car les coureurs franchiront le 1000ème km.

    CR 15ème étape.

    Encore une courte étape qui nous attendait. ! Avec celle de demain (54km) on aurait de quoi se refaire une santé et aborder les deux "soixante-dix et plus" avec un peu de fraîcheur... du moins en théorie. Après une bonne nuit, dans une atmosphère quand même lourde, après un copieux petit déjeuner où honneur fut fait aux gâteaux énergétiques de Jérôme, nous reprîmes la route.
    A 6h37, il faisait gris et nous allions devoir nous armer de patience et de vigilance pendant les 24 premiers kilomètres : en effet, la route qui menait de St Cyprien à Rodez était très fréquentée, et les conducteurs de l'Aveyron n'étant pas réputés pour être très prudents avec la gent pédestre, il fallait s'attendre à bondir dans un fossé ou à se plaquer contre une paroi rocheuse à tout moment. Pour moi, ce fut correct, à part juste trois ou quatre imbéciles qui, comme d'habitude, ne font pas le moindre écart quand ils vous croisent. Et ne parlons pas de ceux qui effectuent des dépassements dans votre dos et qui vous frôlent ! Nauviale, sans encombre, fut atteinte en 24' (km4), Marcillac (km10) en 1h00', Pont les Buis et son poste de ravitaillement où je passais en 5ème position (km14,5) en 1h24', et Salles la Source (km17) en 1h42'. Encore 7km et nous allions pouvoir emprunter la piste cyclable et nous reposer mentalement. J'arrivais à Rodez en 2h42' (km28), je pris tout mon temps au ravitaillement, sachant que je me trouvais au pied d'une longue montée pour atteindre la route vers Le Monastère. Je décidais de monter uniquement en marchant et de reprendre la course après avoir bien soufflé. Je passais Le Monastère (km30) en 3h04'. Le temps qui jusque là avait été clément se mit à devenir orageux. La pluie battante sous laquelle je courais me faisait du bien, me rafraîchissait, mais je craignais pour mes chaussures : gorgées d'eau et j'aurais eu des difficultés à courir, risquant de plus de me faire des ampoules. L'orage passa au bout d'un quart d'heure et j'arrivais alors au poste de ravitaillement N°3. Je repris des forces et des provisions (liquides et solides) puis traversai La Chapelle Saint Martin (km39) en 4h00'. Un peu plus loin, j'arrivai sur la D902 qui menait à Cassagnes sur 15km. Les 9 premiers km étaient en descente sur une belle route large et je pouvais à nouveau me mettre à allonger la foulée. A plus de 11 km/h par moment, j'hésitais à m'arrêter au ravitaillement N°4, mais il y avait encore 10 autres kilomètres jusqu'à l'arrivée. Je repris juste de l'eau et deux gâteaux secs. Cette étape courue en solitaire se termina après 5h39'59" d'efforts, à la 5ème place, bien isolé entre mon prédécesseur, Jochen, arrivé 13' avant et le coureur suivant, Ullrich, à 10' derrière. Je n'avais pas tenu les 10km/h de moyenne en raison de la traversée de Rodez à la marche, mais j'étais content de mon étape, même si j'avais encore "donné".

    FC moy 125 contre 120 en 2006

    Jeudi 30 août. ÉTAPE 16 / Cassagnes-B. -- St-Sernin-sur-Rance : 55 km D+ 885m / CUTOFF 10h00mn (total 1023 km)

    Il a plu aujourd'hui sur la TG et cela du début à la fin car la pluie s'est finalement arrêtée quand Marie-Jeanne a franchi la ligne d'arrivée. Fab a été 4ème pratiquement toute la journée, il a passé le 42ème km (marathon) en moins de 4 heures mais il s'est fait rattraper par Stéphane et n'a pas cherché à relancer : il était trempé et il pensait à la longue étape de demain. Les cieux seront sûrement plus cléments avec nos coureurs pour cette avant-dernière étape. Le couchage aujourd'hui a lieu dans une salle des fêtes assez rustique. Comme elle n'est pas équipée de douches les coureurs doivent aller ailleurs mais quand Fab a voulu prendre la sienne : elles étaient fermées. Heureusement la solidarité est présente sur la TG car il a pu se doucher dans le camping car d'un des accompagnateurs : sympa ! Le départ de la dernière étape de samedi devrait être donné aux aurores : 5 h, de façon à ce que tout le monde, coureurs comme bénévoles, profitent de cette dernière journée…

    CR 16ème étape.

    Comme il s'agissait d'une étape courte, le départ fut retardé de 30' pour nous permettre de faire une petite grasse matinée. La météo n'était pas très favorable : il pleuvait, pas de manière soutenue, mais assez pour garder le corps au frais. Cela n'allait pas durer toute la matinée, heureusement. Mon départ fut assez rapide, comparativement aux autres étapes, à plus de 10km/h. Je passais à La Selve (km8) en 45', puis j'arrivais à Réquista (km19) en 1h47'. Profitant de la descente vers le Tarn, j'accélérais même mon tempo : Lincou (km25) en 2h20'. Sur 100km, ça correspondait à mes temps de passage quand je faisais moins de 10h. Aujourd'hui, il n'y avait que 54km et je me sentais bien, les premiers n'étaient pas très loin devant et je m'accrochais à la 4ème place. La suite de l'étape nous faisait emprunter une "jolie route paisible qui grimpe pendant 9km" comme l'indiquait le road-book. Avec les 9km suivants, on a couru presque deux heures sans voir ni villages ni habitations, mis à part quelques bâtiments en ruines ou abandonnés. Plaisance, où nous franchissions le Rance, (km44) en 4h10' pour moi, était le premier village que nous rencontrions et l'envie de s'y attarder ne se fit même pas sentir. Le ravitaillement se trouvait 3km plus loin au point symbolique du km1001 (borne 22 sur la D33). Pourquoi là et pas au km 1000 ? Parce que ce dernier se situait en pleine ligne droite, là où il aurait été difficile et très dangereux d'installer un stand. 4h49' de course pour 47km, plus qu'un village à traverser. Je me faisais rejoindre par Stéphane Pélissier avec qui je courus quelques minutes avant de le laisser partir à son train. Les 7 derniers km n'étaient pas très plats, et je préférai rester à mon rythme que d'essayer de suivre mon compatriote qui devenait le premier français de l'étape. En plus, il devait lutter pour préserver sa place de 3ème au général que convoitait aussi Chen, le coureur de Taïwan qui réside néanmoins au Brésil. J'arrivais en 5h09'09", à la 5ème place, dans un bon état global, prêt pour les deux prochaines et longues étapes. Au classement général, je me rapprochais encore plus d'Elke Streicher qui n'avait plus qu'1h08' d'avance sur moi. C'était un petit objectif pour la fin de ma TG. On verrait bien ça le lendemain, quand la course serait lancée et quand les premières sensations m'auraient renseigné sur mon potentiel.

    FC moy 125 contre 119 en 2006.

    Vendredi 31 août.

    Fab est parti à l'attaque dès les 500 premiers mètres pour finir 4ème de cette avant-dernière étape. Il voulait voir un peu ce que cela faisait de se frotter aux 3 premiers du classement mais comme il l'avoue ce soir sans aucune amertume : c'est une pointure au-dessus ! Il termine en 6h52min43s gagnant ainsi une place au général et 20h52min par rapport à l'an passé ! La météo fut avec les coureurs (pas de pluie), ils ont pu assister à un superbe lever de soleil, par contre dans les cols ils se sont retrouvés dans le brouillard avec du vent et des températures frôlant les 7°. Fab me disait qu'il a alors évité de marcher car il sentait qu'il se refroidissait. Le mot de la fin pour ce soir fut : plus qu’une !

    CR 17ème étape.

    La traditionnelle photo réunissant tous les coureurs et les accompagnateurs fut prise devant la statue de l'enfant sauvage, juste devant la salle où nous avions dormi. La veille, nous avions eu droit à un excellent repas au restaurant qui nous accueillait. A 6h30 précises le départ pour cette avant-dernière étape fut donné par un petit temps frisquet, le ciel était dégagé, mais le vent s'était levé. Nous étions dans la vallée, et nous allions découvrir dès les premiers kilomètres de montée un brouillard s'épaississant de plus en plus. Auparavant, profitant de l’obscurité et de la descente d'un escalier pentu menant à la route des Cols, j'avais pris un départ rapide dans le groupe des leaders afin de ne pas me retrouver "marqué à la culotte" par certains de mes poursuivants au général. La côte qui arrivait, c'était mon domaine, j'avais juste à assurer mon train en contrôlant de temps à autres le cardio. Celui-ci oscillait entre 120 et 138 pendant les 90 premières minutes, et j'atteignis le premier col, le col de Peyronnec (km15,5) en 1h36', soit à presque 10km/h de moyenne (9,7 pour être plus précis). Là-haut, le brouillard et le vent empêchaient de garder un rythme régulier, j'étais tantôt poussé, tantôt freiné, et dès que mon allure se faisait moins vive, j'avais froid. Peu à peu, le brouillard se leva, et j'arrivais non loin du col de Sié. Quelques hectomètres avant ce col, il était possible d'emprunter un raccourci à travers un champ, une rude montée de 200m qui faisait économiser 500m de course. J'avais dû être le seul à le prendre, et ce raccourci me fit économiser environ 3', temps estimé par rapport au retard que j'avais sur Jochen peu de temps avant (3'30 à 4') et qui s'était réduit de façon "singulière" (30" au sortir du chemin). Mais le raccourci était indiqué dans le road-book, les autres concurrents n'avaient qu'à y jeter un œil. Pourtant, je mis Jean-Benoît dans l'embarras, lui qui attendait au carrefour de l'itinéraire le plus long, celui qui n'empruntait pas le raccourci, et comme il ne m'y vit pas passer, il alla vérifier s'il ne m'était pas arrivé un accident ou autre problème. Quand je lui dis que j'avais pris le raccourci, il fut rassuré et me répondis que je devais être le seul à avoir osé le faire, surtout que l'endroit n'était pas balisé. J'y étais déjà passé à deux reprises, en 2005 et 2006, et ma mémoire était encore excellente à ce moment de la course. Peu après, je franchissais le col de Sié (km26) en 2h35' puis une longue et rude descente menait à Lacaune où se trouvait le ravitaillement n°2. La traversée de ce village s'effectuait en montée, je décidais de marcher pendant un certain temps pour récupérer. J'étais en 4ème position, ça me convenait, surtout que je m'attendais à être repris par Stéphane dans peu de temps. Le Col du Picotalen (km32) en 3h19' précédait une longue descente où je repris une course plus rapide en déroulant. Peu avant La Salvetat, j'eus un trou de mémoire, hésitant longuement devant les panneaux d'une intersection : à droite ? à gauche ? Le fléchage placé à droite mais indiquait d'aller à gauche. Je pris l'option "à gauche" et on verrait bien. Une voiture de la TG me dépassa au bout d'un quart d'heure ce qui me rassura et je pus donc retrouver mon tempo. La Salvetat sur Agout (km47) passée en 4h46', son ravitaillement au pied d'une de ces montées à faire descendre de selle un vététiste même chevronné, et ce fut la route vers le Col de la Baraque (km55) en 5h34', j'avais encore accéléré, euphorique, dans cette partie moyennement pentue. Le Col du Cabaretou, (km59) en 5h59', précédait une longue et belle descente, empruntée par les coureurs du Tour en juillet, où persistaient les peintures à la gloire de certaines équipes ou coureurs. Du ravitaillement situé à ce Col jusqu'à l'arrivée, je mis à peine 54' pour 11km soit une moyenne supérieure à 12km/h. J'arrivais en 4ème position, Stéphane n'ayant pu faire la jonction, en 6h52'44". J'étais comblé. J'avais bien "donné" encore une fois, mettant moins de temps qu'au passage du 70ème km de mes derniers 100km, mais je savais que je n'avais pas de blessure et que demain l'étape commençait par 10km de montée où je pourrai encore une fois me lâcher. J'avais aussi gagné une place au général : j'étais 7ème. Le soir, Thierry, l'accompagnateur de Jacques et membre du staff des ravitailleurs, nous prépara un plat délicieux, une spécialité de sa région gersoise. Tous ceux qui restèrent dîner au gymnase furent conquis.

    Fc moy 125 contre 124 en 2006.

    Samedi 1er septembre. ÉTAPE 18 / St-Pons-de-T. -- Gruissan-Plage : 72 km D+ 520m / CUTOFF 13h30mn (total 1166 km)

    Tout petit message pour vous dire que Fab a sa troisième étoile. Il termine 4ème ex-æquo avec Jochen en 6h52min30s. Il rentre demain en camion avec Damien. La route va être longue et lundi le travail reprend ! Je vais donc laisser ma plume jusqu'à l'année prochaine car je pense qu'il va se réinscrire sur la TG. Et c'est promis Henri je mettrai dans mes messages les villes étapes de façon à ce que tout le monde puisse le suivre sur la carte.

    CR 18ème étape.

    Déjà la dernière étape ! Le départ fut avancé à 5h32' pour des raisons d'intendance : les ravitailleurs avaient bien mérité d'être présents sur la plage quand nous arriverions. De ce fait, certains postes de ravitaillements allaient se transformer en "dépôts de boissons, sucres, fruits et gâteaux secs" laissés sur le bas-côté de la route à des endroits bien précis. Il ne faudrait pas les rater sinon il faudrait se débrouiller pour trouver un commerce ouvert. Mon départ se fit comme prévu, avec les deux premiers du général en ligne de mire. L'air était doux et laissait présager que la journée allait être chaude en cas de soleil. Le ciel était magnifique, étoilé, la Lune nous permettant de courir sans avoir recours à une quelconque frontale ou autre lampe torche. J'avais revêtu une chasuble fluo et réfléchissante pour être vu par les automobilistes pendant toute la partie nocturne de notre périple vers Gruissan-Plage. La montée au train me fit atteindre le Col de Sainte-Colombe (km10) en 1h01', puis le premier ravitaillement où je fus acclamé car à ce moment de l'étape j'étais 3ème et loin devant les poursuivants. Mais comme les deux coureurs situés derrière moi étaient de meilleurs descendeurs que moi, je ne me faisais pas d'illusion, ils allaient bientôt me "croquer". Le vent qui avait été assez modéré sur le flan nord de la montagne se fit plus fort de l'autre côté. Heureusement, il nous était favorable et permettait de grandes envolées quand une bourrasque nous portait. Il fallait se méfier de ne pas se blesser à aller trop vite. Au niveau d'Aigues-Vives (km27), passé en 2h27', j'avais repris un peu d'avance après avoir été rattrapé par Jochen et Stéphane. J'accrus mon avance au moment où le road-book indiquait un raccourci (que je fus encore une fois le seul à emprunter), et je me permis même le luxe de me retrouver dans la foulée de Chen, alors second de l'étape. Je me mis à rêver que dans quelques kilomètres je rattraperais Martin, le leader et que je le dépasserais, mais je fis un rapide retour sur terre quand, peu après le 3ème ravitaillement, Chen me mit "une mine" et me prit quelques hectomètres en l'espace d'une dizaine de minutes. Il était quand même un niveau au-dessus de moi, mais j'avais voulu voir ce que ça faisait de côtoyer la tête de course : c'était "magique" ! A partir de ce moment de la course, nous rejoignîmes le Canal de la Robine que nous devions suivre jusqu'à Narbonne. Derrière, Jochen et Stéphane me suivaient à vue et sur les chemins caillouteux ils évoluaient plus aisément que moi, avec ma foulée plus lourde et plus rasante que la leur. Stéphane me reprit à quelques kilomètres de Narbonne et m'attendit au ravitaillement sauvage du km55, à l'entrée de Narbonne. Après 5h06' de course. Nous restâmes ensemble le temps que je lui serve de guide lors de la traversée de cette grande ville, et je lui dis de ne pas m'attendre dès qu'il serait sur la bonne route, de toute façon, je n'aurais pas réussi à tenir sa cadence. Prochain objectif, le Camping des Mimosas (km62) où se trouvait le dernier point de ravitaillement "sauvage" lui aussi. Jochen fit la jonction avec moi à ce moment et me demanda si je voulais terminer en sa compagnie. J'étais d'accord et nous finîmes les 10 derniers kilomètres de concert. C'est vrai que la fin parut moins difficile à deux que si j'avais dû courir seul. Une dernière longue ligne droite précédait le moment toujours aussi magique du franchissement de la ligne d'arrivée : main dans la main, nous avions terminé notre grande traversée. 4ème ex-æquo, en 6h52'29", encore à plus de 10km/h de moyenne, 7ème au général pour moi, seconde place pour Jochen. J'avais gagné ma troisième étoile ! Déjà arrivés depuis quelques minutes, Martin (1er), Stéphane (2ème) et Chen (3ème) vinrent nous féliciter ainsi que tous les membres de l'organisation. Je me débarrassai vite de ma ceinture porte-gourdes, de mes chaussures... et je courus jusqu'à la mer où j'allais me baigner : l'eau était froide et je mis plusieurs minutes à entrer totalement dans l'eau. Mais ça faisait du bien, malgré le vent.

    (à suivre... pour les impressions d'ensemble de la soirée de remise des trophées et du grand festin autour du feu avec sangliers et autres mets délicieux, et le barde attaché à la voiture de JB et bâillonné : "Non, tu ne chanteras pas !")

    FC Moy 124 contre 120 en 2006

    Mardi 4 septembre : retour sur Terre.

    Que le temps passe vite ! Déjà 3 jours que la TG est terminée et déjà elle me manque ! J'ai vécu cette édition comme dans un rêve, même si tout ne fut pas aussi simple que les divers commentaires fournis à chaud à Pascale peuvent le laisser entendre : c'est l'euphorie des quelques minutes qui suivent l'arrivée qui fait oublier les souffrances, même légères, ressenties pendant les étapes. J'ai géré la course en augmentant ma moyenne de manière progressive sans que cela ait été prémédité. Mais quand au bout de quelques étapes j'ai constaté qu'au niveau cardiaque je n'étais pas plus haut que l'année précédente pour une vitesse supérieure de l'ordre d'1 km/h, alors j'ai voulu pousser un peu l'organisme afin de tester si ça se passerait bien en allant encore plus vite ; le verdict est vite tombé : non seulement j'arrivais à gagner encore plus de temps sur l'an passé mais je finissais les étapes dans un état de fraîcheur relatif supérieur à 2006. Du coup, je pris encore plus de risques, contrôlés toutefois, et me lâchai vraiment lors des 7 dernières étapes.

    Au final, je gagne plus de 22 heures sur le chrono de l'an dernier ce qui, en terme de récupération, n'est pas négligeable : 22 heures de repos supplémentaires ! Ce n'est pas rien. Ce n'est pas pour cela que j'ai pu faire plus de choses à côté de la course. J'ai essayé de maîtriser ce temps supplémentaire de repos pour ne pas me disperser en allant papillonner à gauche et à droite. C'est ça aussi un des facteurs de récupération. J'ai quand même pu aller visiter quelques villages que jusqu'alors je n'avais que traversés, j'ai pu profiter de ce temps libre pour aller à la piscine, faire quelques courses mais le problème quand on court plus vite c'est qu'à l'heure à laquelle on arrive, en début d'après-midi entre 12h30 et 14h, tout est fermé ! Pas un magasin, pas une boulangerie ou autre commerce surtout dans les petits villages. Alors, une seule solution, après la douche, les soins et la petite lessive quotidienne, le repos allongé les jambes en l'air sur un mur avec une petite sieste en plus.

    J'ai beaucoup apprécié la mentalité des coureurs allemands qui, lorsqu'ils viennent sur la Transe Gaule, sont de véritables compétiteurs et je pense que sans leurs nombreuses attaques, à l'image de ce qu'on voit sur le Tour quand des échappées se font fréquentes en montagne, je n'aurais peut-être pas été chercher cette motivation à défendre ma place au classement et même à aller chercher un classement encore meilleur. Il n'y a pas de vérité sur ce genre de course, mais je peux quand même observer en 3 éditions courues et terminées que le pourcentage d'abandons est très nettement supérieur dans les rangs des Français si on le compare avec celui des autres pays (Allemagne, Pays-Bas notamment qui sont de grands pourvoyeurs de Transe Gaulois). Voilà le premier bilan que je tire de cette troisième étoile qui va bientôt venir rejoindre les deux que j'ai fait tatouer sur mon épaule.

    à+Fab***

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