• CR étape 23

    Nous avons quitté l’Allemagne ce matin et profité une dernière fois de la tranquillité de ses pistes cyclables. Partis dans l’obscurité qui a obligé la plupart des coureurs « sérieux » à porter une veste de sécurité nous avons vu le soleil se lever (en nous retournant tout de même car nous filions plein ouest) et au loin nous pouvions apercevoir le Massif Vosgien dont on reconnaissait le Ballon de Guebwiller. Mais les Vosges, ce n’était pas au programme pour le moment, elles devaient être abordées aux 2/3 de l’étape.

    Le premier à passer en France fut JB suivi d’Eilolf, le 3ème c’était moi. Ce départ qui semblait tranquille s’était avéré être assez rapide toutefois. Nous étions à 10km/h et plus parfois, alors quand nous avons franchi le Rhin, puis le canal latéral nous avons pu mesurer l’écart entre les 5 premiers et les autres.

    La suite du parcours allait s’avérer délicate car dangereuse avec la circulation automobile sur de longues lignes droites sans bas côté pour se réfugier en cas d’attaque de poids lourds ou de voitures. Une fois ces interminables tronçons routiers digérés, j’ai pu enfin trouver un rythme plus détendu et néanmoins tout aussi rapide. Le revêtement grossier de la route s’adoucit aussi et j’engrangeais les bornes. Ma moyenne cumulée depuis le matin était proche de 10, environ 9,7km/h, et une des raisons à cela était que je passais moins de temps à me ravitailler. Jusqu’au N°6, je ne restais pas plus d’1’ à 1’30 et rien que ça ça conforte une moyenne. Au ravito de la soupe, je ne m’attardais pas non plus car elle n’était pas prête : on allait trop vite avec JB et Eilolf.

    Je décidais d’accélérer encore un peu au sortir du ravito tenu par Gégé et Nicole où j’appris qu’un de nos futurs lieux d’hébergement avait décidé de ne plus nous recevoir (La Châtre). Ça m’a bien pris la tête et pour me calmer, je passais à la vitesse supérieure. J’ai tenu bon jusqu’à une dizaine de km du but, même si j’avais chaud et que je recherchais de l’ombre et de quoi tremper ma tenue.

    Je finis un peu moins vite, m’octroyant 5’ de marche pour récupérer et penser déjà à l’étape de demain qui fera 79km et nous mènera à Noisdans le Ferroux où nous allons dormir dans des gîtes et manger de la cancoillotte, plat régional.

    Un peu de stress ce soir au moment du dîner : le traiteur n’avait encore rien livré à 18h30 et avec Nicole nous sommes allés voir ce qui se passait. Comme on était lundi, le traiteur avait eu du mal à trouver du pain, et comme c’est son jour de fermeture, il n’a pas pu aller le prendre avant. Mais tout est rentré dans l’ordre et tout le monde a été ravi d’avoir des salades à volonté avec viande froide, pain, fromage et dessert. On est en France, c’est moi qui m’étais occupé de trouver le traiteur, j’en étais tout ému.

    Je vous quitte car demain sera un autre long et difficile jour de course. Espérons simplement que nous ne soyons pas en danger au moment des heures de pointe sur les départementales franc-comptoises. Aujourd’hui un coureur s’est un peu blessé en chutant après avoir évité une voiture qui ne s’était pas écartée. Un petit tour chez le médecin et le voilà réparé.

    A+Fab

    CR 24ème étape

    Dernière longue étape de la triplette à plus de 75 bornes (240km en trois jours) on va avoir deux jours de semi repos : 48km demain et 55km après demain. Je vais avoir le temps de me reposer ce que je n’ai encore pas pu faire aujourd’hui après mon arrivée étant sollicité à gauche et à droite pour régler des problèmes d’organisation (paiement des hébergements et repas).

    Ce matin, au départ, la nuit était noire malgré un timide croissant de Lune un peu flou dans un ciel semi couvert. J’avais consulté la météo et on annonçait l’arrivée d’orages pour l’après-midi et dans la soirée. J’avais ajouté à ma tenue un poncho que j’ai placé dans mon petit holster à côté de ma seconde bouteille remplie d’eau celle-là, l’autre, tenue à la main contenant une boisson glucosée pétillante et citronnée. J’avais aussi emporté ma frontale parce que je me doutais que le parcours ne nous ferait pas prendre le centre de Belfort et j’ai eu le nez car quelques hectomètres après la sortie de la ville, nous nous sommes retrouvés sur une piste cyclable dans le noir. Je menais donc un petit groupe de 4 ou 5 qui n’avaient pas prévu de lumière. La lampe était indispensable et je me demande comment ils auraient fait si je n’avais pas ouvert la route.

    Plusieurs kilomètres ont passé et nous avons rejoint la route, calme où le jour commençait à se lever et donc ma lampe n’était plus indispensable. Le premier ravitaillement devait se trouver au km 10, mais une erreur de pointage GPS l’a déplacé sur une autre route à 150m du lieu où il aurait dû se trouver. Je n’ai pas hésité à continuer ma route sachant que j’avais ma seconde bouteille, mais ceux qui étaient partis sans rien ont dû faire le détour avant que le ravitailleur ne revienne se placer au bon endroit.

    Après cette petite péripétie, nous n’étions plus que deux devant, Christian Fatton qui avait des jambes toutes neuves par rapport à la veille et moi. Nous avons continué notre échappée et le parcours devint un peu vallonné ce qui n’était pas pour me déplaire. De longues portions de route au revêtement abrasif m’obligeaient à lever un peu les jambes et à ne plus adopter ma foulée rasante. Jean-Claude Le Gargasson, touché aux releveurs depuis plus de 10 jours, me rattrapa et me lâcha progressivement. Il pouvait enfin reprendre sa vraie place, celle du groupe des rapides et je ne le revis plus de la journée sauf quand de longues lignes droites dégageaient la vue à plus de 2 ou 3km.

    Christian revenu en forme, Jean Claude reparti comme au début de la TEFR, je pouvais retourner « jouer dans ma cour » sorte de Ligue 2 de la TransEurope. Je n’ai ni l’étoffe ni le niveau pour jouer dans la cour des grands et si j’ai pu faire parti de cette sorte de Ligue 1 de la TransEurope ce ne fut qu’occasionnellement en fonction des aléas de la course.

    La journée fut de plus en plus laborieuse surtout une fois que le premier orage éclata : une bonne pluie qui cessa une fois que j’avais fini d’enfiler le poncho. Mais comme j’avais mis 5’ à me décider de le sortir, j’étais bien trempé. Le vent qui soufflait en rafale et souvent face à nous me sécha assez rapidement et je pus remettre le poncho à sa place. Bien sûr, on ne peut pas gagner à tous les coups, un nouvel orage arriva et je réussis à anticiper et à mettre – tout en continuant de courir – le joli poncho rouge qui devait étonner sinon faire rire les automobilistes croisés à ce moment. Là, la pluie redoublait et j’arrivais juste au ravitaillement de Gérard et Nicole quand j’aperçus un jogger en contre sens : c’était Martial Lanoue qui avait participé à la Transe Gaule 2007 mais qui avait été contraint à l’abandon au bout de quelques étapes, suite à une inflammation des releveurs. Il pleuvait fort, mais je ne voulais pas m’éterniser pour ne pas me refroidir et je repris ma route pataugeant

    dans les flaques. La pluie cessa peu avant l’entrée dans Vesoul et je rangeais alors pour la dernière fois j’espérais mon imper de fortune. C’est à ce moment que revint sur mes pas l’autrichien Ambros et que le premier du peloton des rapides partis à 7h me dépassa (Trond, le norvégien). Je ne fus pas étonné sachant que Stéphane devait encore avoir mal à cause de sa sciatique ce qui devait l’empêcher de courir à son rythme habituel.

    La traversée de Vesoul fut laborieuse et je dus laisser Ambros s’en aller, ne cherchant pas à le rattraper ce qui m’aurait coûté plus que cela m’aurait rapporté.

    La fin fut interminable et mon GPS indiquait déjà 79km que le village d’arrivée n’était pas encore vraiment proche. Je finis en 8ème position, avec 8h36’ de course dans les pattes.

    Après, l’installation dans les gîtes, la douche, le lavage du linge, l’étendage, la collation et l’hydratation, tout ça me prit du temps et au moment où j’allais enfin pouvoir me reposer en m’allongeant sur mon lit, on est venu me chercher pour régler des problèmes d’intendance, ce qui m’a pris 1h30 ! Il fallait aller voir les propriétaires des gîtes pour payer, mais comme les organisateurs n’étaient pas d’accord sur le nombre de personnes à compter ni sur le nombre de places occupées, il a fallu discuter (et moi je suis l’interprète qui parfois n’arrive pas à tout comprendre ou à tout traduire dans cette discussion de chiffonniers). On a réussi à trouver un arrangement et les propriétaires des gîtes ont été très sympathiques en ne comptant pas tout.

    Après il fallait transmettre des nouvelles, positives, concernant une ville étape où l’hébergement avait été annulé par le propriétaire de la salle. Nicole a réussi à convaincre la Mairie de cette ville de nous prêter une auberge de jeunesse qu’elle a mise en vente. Donc de ce côté-là aussi, ça m’a bouffé de l’énergie et j’espère que ça sera tout pour les petits soucis extra sportifs.

    Sur ce je vais poster mon CR puis éteindre et dormir.

    A+Fab

     

    CR étape 25

    Faisant partie du groupe des « lève-tard » en raison de mon bon classement sur l’étape d’hier, j’ai pu me préparer tranquillement pour cette courte étape.

    La nuit dans le gîte s’est bien passée, même si à 4 nous étions un peu à l’étroit dans une chambre faite pour 6. Mais les sacs et valises occupent plus de place que des personnes.

    Ce matin, le petit déjeuner fut pris au Matchiko, le restaurant qui nous avait servi à dîner la veille au soir (cancoillote, plat régional que m’avait fait découvrir Claude Gilard lors de la Transe Gaule 2011. A ce propos, je répare un gros oubli : il est venu nous voir à Valdoie il y a deux jours et sa visite nous a bien fait plaisir.)

    Le rangement de affaires et la préparation pour l’étape me prit plus de temps, mais j’en avais gagné un peu plus si bien que j’ai aussi pu faire du tri et du rangement dans mes affaires.

    Le départ fut donné à 7h précises, juste une heure après le groupe précédent, et je me retrouvais rapidement … bon dernier, ce qui est peu habituel pour moi. Je ne m’en faisais pas plus que ça, sachant que j’allais pouvoir courir à mon rythme, sans personne à me coller aux basques.

    Les premiers kilomètres, d’échauffement, passés, je pris une allure de croisière confortable et remarquais que j’étais à plus de 10km/h. mais même comme ça, je ne revenais sur personne.

    Au premier ravitaillement, je reprenais quand même Christian et Markus que je passais et je me rapprochais ensuite d’Ambros, parti encore plus vite que moi. La jonction se produisit vers la mi-course où nous avions déjà commencé à doubler des coureurs du groupe parti à 6h. Un petit signe ou mot d’encouragement pour chacun d’eux, un peu de compassion pour ces forçats de la route dont beaucoup souffrent pendant que je les laisse quasiment sur place. J’ai déjà été à leur place, naguère, et je sais ce que ça fait.

    Le parcours devint un peu accidenté et j’accélérais la cadence, j’adore attaquer dans les côtes. Je dépassais Ambros et le laissais courir derrière. Je devais être 5ème virtuellement, mais je ne le savais pas. Je poursuivis mon effort jusqu’au dernier ravitaillement où je ne m’arrêtais que pour remettre du cola dans ma bouteille, sans prendre le temps de boire une soupe. L’arrivée était trop proche pour que je reste flâner.

    Christian me rattrapa peu après et me laissa sur place, ainsi je me sentais un peu soulagé de n’avoir pas à essayer de le reprendre. J’ai fini avec Markus, jamais très loin derrière, et les derniers kilomètres ont paru oins longs.

    Moins de 5h pour 48,3km en 4h46’, une belle 6ème place ex-æquo, ni blessure ni courbatures, le bilan du jour est très positif. Moralement, après un coup de fatigue sans rapport avec la course mais plutôt en lien avec les à-côtés de la course (intendance par exemple), ça va mieux. J’avais trop de pression quant aux contacts que j’avais moi-même pris pour la course au niveau hébergement et restauration, que dès qu’il y avait un petit hic, je me prenais tout de plein fouet.

    Bon, il est tôt, 15h45, je poste ce CR et me repose.

    A+Fab

     

    CR 26ème étape

    Après la soirée d’hier où vers 17h une réunion dans la cour de la mairie, ancienne cour de l’école publique sans doute, fut programmée par les élus locaux qui nous ont offert le kir originaire de la région, nous avons pris notre repas sous barnum car il n’y avait pas assez de place dans les deux petites pièces de la salle polyvalente. La réactivité et les bonnes initiatives de la Mairie sont à noter, et le repas apporté par le traiteur que j’avais contacté dès décembre dernier semble avoir contenté tout le monde tant au niveau qualité que quantité. (NB : Traiteur « Le Colvert » à Gray)

    La nuit s’est bien passée malgré le très peu de place pour installer toutes nos affaires et tout notre matériel de couchage. Certains japonais ont même préféré aller dormir dans les vestiaires du stade où se trouvaient les douches.

    Comme je faisais partie du groupe des plus rapides, je devais partir à 7h15, les moins rapides de la veille partant à 6h15. Ces horaires légèrement décalés sont la conséquence de la nuit qui se prolonge de plus en plus du fait de notre avancée à la fois vers l’automne et vers l’ouest. Bientôt on partira à 6h30 puis sans doute à 7h quand nous serons dans le Massif Central.

    Je suis parti dernier du groupe et je le suis resté un bon moment. Mais j’étais un peu fatigué et n’avais pas envie de lutter à chercher à rattraper Christian et Markus. La pluie s’était invitée dès le départ et je mis quelques km à me rendre compte qu’elle était partie pour durer, ainsi j’enfilais mon poncho que je garderai jusqu’à 15km du but.

    La première partie de l’étape était plate, avec parfois un faux plat, mais pas de quoi fouetter un chat. Il n’y avait pas beaucoup de circulation et cela permettait de courir tranquillement sur les longues portions de route droite. Peu après le second ravitaillement je commençais à dépasser des coureurs de « 6h15 » et petit à petit je remontais le peloton éparpillé sur le parcours. Les grandes parties dégagées permettaient d’apercevoir au loin les prochaines « victimes » sur qui je mettais de plus en plus de temps à fondre. Je dépassais aussi Stéphane qui recommençait à souffrir de son bassin et de douleurs aux jambes.

    Après la mi-parcours, les côtes arrivèrent et il fallait les franchir. Après chacune d’elle j’espérais que ce soit fini, mais arrivé au sommet je m’apercevais qu’il y en avait une autre, puis encore une autre. Cela a duré une grosse dizaine de km et ce n’était pas fini.

    La fin approchait et je commençais à fatiguer et à avoir mal aux pieds qui étaient trempés. Le revêtement des routes de cette étape n’ont pas facilité ma foulée rasante.

    Je finis en moins de 6h, objectif atteint, à la 9ème place car des coureurs partis à 6h15ont terminé en moins de temps que moi.

    Demain, il y aura 83km, soit 28 de plus qu’aujourd’hui. Ce sera un autre morceau à bien gérer avant les étapes de samedi (83km elle aussi) et de dimanche (73km « seulement »). On aura franchi la barre des 2000km et il faudra continuer à être vigilants pour les 35 étapes restantes.

    A+Fab

     

    CR 27ème étape

    Le départ du groupe dans lequel j’ai été placé fut donné à 6h15 pour cette longue étape vers Avallon, où 83km nous attendaient. Il faisait nuit et il y avait du brouillard. J’avais donc come quelques coureurs prévu de prendre ma frontale et de mettre une tenue de sécurité pour être visible des éventuels véhicules roulant sur notre itinéraire si tôt le matin.

    La route pour quitter le village était pendant quelques centaines de mètres en descente et rapidement une longue montée se présenta devant nous, dans le noir. Je suis à l’aise les petits matins brumeux et frais au réveil dans les montées et j’ai donc attaqué tout de suite la côte. J’ai fait attention à n’allumer ma frontale que lorsqu’il y avait des carrefours ou des véhicules arrivant en sens inverse. Le reste du temps, je l’éteignais afin que derrière on ne puisse pas m’avoir en point de mire. Je n’avais pas envie d’emmener du monde sur mon porte bagages et j’en connais quelques uns qui pourtant aiment bien se faire piloter, surtout s’ils n’ont pas voulu s’encombrer d’une lampe. Mon avance s’est rapidement accrue au point que je ne voyais personne dans la pénombre qui me suivait. Une fois j’ai eu une hésitation à un embranchement de deux routes n’étant pas certain d’avoir suivi le bon chemin, mais en revenant 10m en arrière, j’ai vérifié que le fléchage m’orientait sur la route que j’avais choisie. Ça me fait souvent douter de ne pas voir le fléchage et je me dis que je vais continuer quand même et que si je me trompe, alors j’aurais fait un mauvais choix. Mais la vie est ainsi faite qu’il faut toujours faire des choix au risque que certains soient mauvais. Bon, sur le coup j’ai eu tout bon et j’ai pu poursuivre en en remettant un petit coup puisque les flèches aperçues plus loin m’avaient conforté dans mon option.

    Au premier ravitaillement, j’avais une grosse avance, idem aux deux suivants. Nous avons eu à escalader successivement plusieurs côtes comme celles que j’avais étudiées quand j’étais à la fac de Géographie. Et du coup, comme hier, je me suis dit que ce seraient d’excellents travaux pratiques pour faire comprendre aux étudiants ce qu’est un profil convexo-concave, pour leur faire sentir la différence de végétation entre un versant exposé plein est d’un autre plein ouest. Après le 30ème km, le relief se calma et nous avons atteint Semur en Auxois qui a un long mail ombragé sur plusieurs centaines de mètres. En me retournant, je ne vis personne derrière malgré une visibilité à perte de vue.

    Il restait quelques petites côtes, mais jamais très longues et souvent nous avons couru sur de très longues portions de routes droites et interminables. Les lignes de TGV étaient parfois le long de notre itinéraire ou alors nous devions emprunter des passages souterrains ou des ponts pour les franchir.

    Stéphane, parti dans le même groupe que moi car un peu blessé et en convalescence, me rattrapa après le 50ème km et me dépassa. Derrière, j’apercevais très loin un coureur habillé en route. Qui ? Je le saurai plus tard quand il m’aura rattrapé, s’il y parvient. La route prévue sur le road book fut modifiée en raison de travaux sur un pont d’autoroute et nous avons dû suivre une déviation. Quand je me rendis compte que cette déviation allait nous ajouter environ 3 km au final, je commençais à baisser un peu le pied. 3km, ça fait environ 20’ quand on lâche un peu le rythme et je sentais que la fatigue arrivait. J’ai pris mon mal en patience et je poursuivis mon étape en espérant seulement n’être dépassé que par des coureurs partis à 7h15 et pas par ceux de mon groupe. C’est ce qui se passa, Robert puis Henry furent les seuls à me dépasser. La fin de course vers Avallon fut très belle, les habitations, moulins, châteaux, bâtisses d’un autre temps rénovées ou laissées en état donnèrent une petite note touristique à cette étape.

    Avallon ! (les kilomètres) Le panneau d’entrée était situé à 4km de l’arrivée ce qui laissait penser que la fin allait être en côte car on apercevait sur les hauteurs de nombreuses habitations. En effet il a fallu remonter sur la côte pour trouver la ligne d’arrivée près du gymnase d’une cité populaire.

    Je finis 6ème, fatigué mais content de ma journée. Demain, rebelote, encore 83km, mais pas du 83 qui en faisait presque 86 comme aujourd’hui.

    Il fait tout noir maintenant dans le gymnase je vais poster puis éteindre.

    A+Fab

     

    CR étape 28 :

    Une étape en France un week-end, ça a du charme parce que beaucoup de personnes peuvent venir nous voir, et pour moi, ça a été l’occasion de voir Pascale, ma femme, Hélène (ma sœur) et Eric son ami. Nous avons aussi eu de la visite d’un trio nantais (Thierry Viaux, Philou Favreau et Dominique Chaillou), d’un breton transegaulois (Bruno Rouiller) et d’autres transegaulois (Didier Arpaillange et Xavier Servel).

    Au niveau intendance, j’ai pu échanger ma valise défoncée contre une autre moins volumineuse, je me suis aussi débarrassé d’affaires que je n’avais pas encore portées et j’ai récupéré deux ou trois bricoles en contre partie.

    Le soir je suis allé au restaurant, cela m’a bien changé les idées surtout après la longue étape que je venais de courir.

    Parti à 7h15 grâce à mon étape de la veille, j’ai été accompagné toute la journée par Thierry Viaux qui s’était inscrit pour faire cette étape. Nous sommes partis en dernier du groupe des 7h15 et le parcours du début a montré que cela n’allait pas être une simple formalité : il y aurait du dénivelé et pas beaucoup de descentes pour rattraper le temps passé à grimper. De plus, après les plus de 85km de la veille, on repartait pour du 83,3km ! Le rythme était pourtant bon mais la moyenne demeurait moins élevée que ces derniers jours et mon objectif de mettre moins de 9h avait du plomb dans l’aile.

    Il y a eu des moments où j’arrivais à relancer et à courir à plus de 10, d’autres où j’étais contraint d’alterner course et marche. Heureusement que Thierry m’encourageait à repartir, à m’accrocher, même s’il a couru presque toute l’étape derrière moi. Parfois il prenait quelques dizaines de mètres d’avance afin que j’aie un point de mire.

    Nous avons eu droit à quelques encouragements particuliers : « Allez le troupeau de Viaudx ! » surtout quand nous courions le long de pâtures où paissaient incrédules de jeunes vaches charolaises. La présence sur la course de copains ainsi que la perspective de voir Pascale, Hélène et Eric en fin d’étape m’ont boosté sur la fin pour terminer cette journée, mais j’étais bien fatigué. La surprise aussi fut grande de voir que le problème de salle avait été résolu et que j’allais pouvoir prendre rapidement une bonne douche. Il était presque 16h30 quand je franchis la ligne d’arrivée dans le site des Forges Royales de Guérigny, au demeurant fort joli.

    La soirée fut reposante et quand je me couchais sur mon nouveau matelas apporté par Pascale en échange des deux que j’avais crevés depuis Skagen, je m’endormis rapidement, n’étant réveillé que par un feu d’artifice tiré vers 23h. je devais prendre le départ avec le groupe des 6h15, une heure de sommeil en moins ça coûte cher.

     

    CR étape 29 :

    Au réveil, j’avais la forme ; l’entrecôte frites de la veille après les œufs meurette suivis d’un bon dessert, le tout accompagné d’un bon panaché et d’un petit verre de vin m’avaient redonné du peps. Je me préparais tranquillement essayant de me familiariser avec mon nouveau matériel (valise, sac…) et quand vint le moment du départ, j’étais prêt à ingurgiter les 73km proposés. Dès le début j’étais bien, dans la tête et dans les jambes, et je me calais derrière Ambros et JB qui progressivement ont adopté un rythme soutenu. Je ne cherchais pas à combler le retard sur l’autrichien qui s’envolait petit à petit. J’avais JB en point de mire et ça me permettait de ne pas me prendre trop l’esprit à chercher ma route.

    Nous avons franchi la Loire à Fourchambault et pour une fois, on prenait la direction de l’ouest au lieu du sud quand je traverse ce fleuve dans ma région. D’un côté, vers l’aval, le paysage était dégagé et en amont, un épais brouillard semblait bouillonner au-dessus de l’eau. Au loin, nous étions sur une longue ligne droite, j’apercevais les deux échappés et je m’accrochais pour ne pas les perdre de vue. Mieux vaut être derrière et observer que de servir de point de mire. Le temps resta frais et donc agréable jusqu’à midi et j’avais alors déjà rattrapé et dépassé JB qui passait plus de temps que moi aux ravitaillements, mais Ambros n’était plus visible devant depuis de longues minutes. Au village de Neuilly en Dun, midi sonnait à l’église et j’eus droit à une ola faite par le trio nantais auxquels se sont rajoutés Marie et Marcel, les bénévoles de la Transe Gaule qui m’avaient bien encouragés quand en 2005 j’avais connu les affres de la blessure aux releveurs. Ça m’a redonné un second élan et comme par magie, Ambros réapparaissait au gré des lignes droites et je voyais que je gagnais du terrain sur lui. Je fis la jonction à 15km du but et lui dit que je n’avais pas envie de continuer à combattre et que si on terminait ensemble ça serait sympa. Il acquiesça et nous avons donc cheminé côte à côte ou l’un derrière l’autre selon la configuration de la route et l’importance de la circulation. Deux bolides nous dépassèrent, Robert et Henry, et nous les gardâmes en point de mire le temps de passer au dernier ravitaillement. La suite fut un peu laborieuse car la route n’était plus ombragée et une dernière grande ligne droite de 5km devait nous faire atteindre Charenton du Cher où l’arrivée était programmée devant le dojo. Sur la ligne droite, Ambros s’était peu à peu détaché et je parvenais difficilement à conserver une distance me permettant de terminer avec lui. Alors quand j’arrivais près de la banderole d’arrivée, j’eus la surprise de le voir arrêté qui m’attendait. Ce geste a été très sympa de sa part sans doute parce que je lui avais déjà fait la même surprise en Allemagne et aussi certainement en raison du grand respect qui existe entre nous.

    Nous étions allés vite pendant cette étape bouclée en 7h31’ et nous avons terminé à la 5ème place ex-aequo.

    Cette journée fut marquée par la mauvaise nouvelle de l’abandon de Markus, coureur suisse, en proie à des douleurs dues à une hernie inguinale. Nous avons été très affectés car c’est un coureur très sympathique qui depuis quelques jours luttait sans doute déjà touché par son problème de hernie. D’autres coureurs ont eu aussi de grosses difficultés, sans doute à cause de l’accumulation des km depuis 3 jours : plus de 240 ! D’autres commencent à se sentir mieux mais conservent la conduite de prudence guidée par le souvenir de leur mauvaise passe.

    Pour moi tout baigne, mais je sais trop que tout peut arriver et ce à n’importe que moment de la course ou du hors course pour m’enflammer. Je prends ce qui vient au jour le jour tout en pensant aux suivants. Demain ce sera une étape courte, je partirai avec le groupe des 7h15, j’espère que la chaleur de la mi-journée ne me pénalisera pas trop.

    Pascale, Hélène et Eric sont repartis cet après midi après m’avoir installé mon barda et lavé mon linge. J’ai pris une bonne collation avant leur départ et ensuite j’ai pu aller dormir une heure et demie simplement agacé par les mouches qui squattent le dojo dans lequel nous sommes hébergés.

    A+Fab

     

    CR 30ème étape

    Comme nous avions franchi le 2000ème km de notre Grande Traversée de l’Europe hier, la tradition déjà instituée en 2009 s’est perpétuée et nous avons donc fait une photo de groupe entre français. Bien sûr qu’en 2000km certains nous ont quittés et nos pensées allaient vers eux.

    Markus, le coureur suisse qui a abandonné hier et un coureur japonais incapable de marcher ce matin au réveil – sinon à la manière de Robocop – nous ont laissés à 31. Déjà 18 abandons ! Souhaitons que la liste ne s’allonge plus. Au moment de la photo j’étais très ému par ces deux arrêts et j’en avais les larmes aux yeux.

    Je faisais mon retour en L1, en fait je « payais » ma belle étape d’hier terminée avec Ambros à une 5ème place dont je n’aurais même pas pensé un jour que cela fusse possible (hum, excusez pour l’éventuelle faute de conjugaison, mais je ne parle pas souvent français en ce moment, plutôt allemand et anglais).

    Le départ un peu plus tardif procure des avantages non négligeables : on a le temps de se préparer et on ne se bouscule pas aux sanitaires ou ailleurs ; on part et le jour est déjà levé ; en revanche, la circulation automobile est plus dense et je me retrouve souvent tout seul – ce que j’aime bien – mais en queue de peloton. Et ce matin, au bout de 30’ je ne voyais déjà plus personne devant. Les 8km de route en quasi ligne droite, avec le soleil levant dans le dos, donc en pleine face des automobilistes, m’ont fait passer une heure pas très agréable. Arrivé à St Amand Montrond, qu’il fallait traverser, ce n’était pas mieux, passant d’un trottoir à l’autre, devant suivre le fléchage et regarder tout autour les éventuels dangers, alors je fus très content quand je me retrouvai à l’autre bout de l’agglomération. Un dernier giratoire à franchir puis le Berry s’offrait à moi. D’abord une petite montée pour me régaler et mettre mes sens en éveil d’une autre manière que lors des 90 premières minutes. Ensuite je vis au loin un petit groupe de coureurs facilement reconnaissables à leurs tenues orange ou jaune fluo ou rouge. C’étaient mes copains Jean Pierre, Christophe, Patrick et Fred G qui étaient solidaires les uns des autres et s’encourageaient mutuellement afin que ce petit grupetto rallie l’arrivée dans les délais. Ils avaient de l’avance sur le cut off d’après mes calculs. Je les encourageais en les dépassant puis continuais ma remontée du peloton par l’arrière en doublant les japonais, qui ne sont plus que 10 en course mais dont certains qui ont abandonné refont des étapes entières ou partiellement. J’ai toujours l’impression qu’ils sont plus nombreux que ça encore et à chaque fois que j’en dépasse un il m’encourage tout comme je le fais moi-même depuis le début. Ils m’aiment bien car je fais des efforts de communication avec eux et je leur ai offert 6 bouteilles de vin de la région nantaise et angevine qu’ils ont appréciées.

    La remontée se poursuivit et j’arrivai derrière un duo dont un des éléments n’était pas à sa place habituelle : le pauvre Christian Fatton vidé de toute énergie n’avançait plus et était encouragé par Gérard Bertin resté quelques temps à ses côtés. Ensuite les coureurs à rattraper étaient de plus en plus rares mais je repris Christian Marti, Gilbert, Wolfgang et un dernier japonais. Il était prsde midi et le soleil commençait à devenir chaud. La campagne légèrement vallonnée alternait de longues portions de route sans ombre et quelques passages en zones boisées qui rafraîchissaient un peu. Au ravitaillement N° 3 je crois, j’eus le bonheur de revoir Jaquemine, Charles et Jeanine ainsi que les M&M’s (Marcel et Marie) tous bénévoles sur la Transe Gaule. Un petit arrêt pour les embrasser et c’était reparti pour boucler les plus de 20 bornes qui restaient à faire.

    Je revins à 3km de la fin sur Fred Borel avec qui je finis l’étape. On a passé ces km à bavarder et à rigoler ce qui fait du bien et fait passer le temps.

    L’arrivée à La Châtre était au bout d’une série de ruelles qui suivent le chemin de St Jacques de Compostelle et nous avons franchi l’arche de fin d’étape main dans la main. Contents et un peu fatigués aussi.

    L’hébergement se fait en auberge de jeunesse et je rédige ce Cr depuis mon lit, celui du haut, dans une chambre où se sont regroupés deux allemands et mon copain autrichien.

    C’est l’heure de vous quitter et de dormir, même si je ne pars qu’à 7h15.

    A demain. Fab

     

    CR étape 31

    Triste journée que ce mardi 18 septembre. Presque qu’un mois jour pour jour que nous avons quitté Skagen et aujourd’hui nous ne nous retrouvons plus qu’à 30, Stéphane Pélissier ayant été contraint à l’abandon, n’arrivant plus à avancer. Le corps ne pouvant plus l’emmener sur des bases lui permettant de rester dans les délais, la tête a aussi lâché et sa décision témoigne d’un extrême courage. Nous avons tous été très affectés par cette succession d’abandons à ce stade de la course où l’on pensait que tout le monde arriverait à gérer sa mauvaise passe, en étant patient et en serrant les dents. Mais parfois la douleur est trop intense et fait lâcher prise.

    Je l’avais rattrapé après moins de deux heures de course, étant parti à 7h15 soit une heure après lui, et déjà je voyais qu’il était en difficulté mais je pensais qu’après un plus long moment de réadaptation à la course avec douleur il allait reprendre au moins une allure lui permettant de rallier l’arrivée dans les délais. Mais à l’avant dernier ravitaillement, la nouvelle de son arrêt prématuré tomba et j’en fus très bouleversé.

    Pour le reste, l’étape fut anecdotique la pluie fine tombant à partir de 15km avant l’arrivée tout comme le temps gris qu’il a fait toute la journée me confortèrent dans mon choix de partir à 7h15 au lieu de 6h15.

    Les paysages agricoles, les vallons, la traversée de la Creuse, les villages, les fermes… je les ai regardés, c’était beau et calme à la fois. Quelques véhicules, utilitaires, camions, tracteurs, me rappelant fréquemment qu’il fallait rester vigilant, j’appréciais les longues montées et descentes en lacets. Aujourd’hui les postes de ravitaillement étaient espacés en moyenne de 8 à 9km ce qui permet d’y arriver assez vite et de ne pas s’encombrer de trop de poids. Ça donne un petit objectif de moins d’une heure et ça permet de garder le rythme sans s’endormir dans un train-train qui s’avère souvent laborieux. J’aime relancer quand je me sens mou et c’est ce que j’ai essayé de faire aujourd’hui.

    Ce soir, le restaurant de St Sulpice les Feuilles nous a proposé un bon repas, chaud avec un dessert – une île flottante – sans aucune commune mesure avec ceux des repas allemands ou traiteurs.

    Je vais me préparer à dormir, même si mes pensées vont certainement aller vers Stéphane. J’espère qu’il va rebondir, d’abord guérir puis revenir sur la course, même si ce ne sera plus la même chose. Le challenge de voir Gibraltar persiste.

    A demain

    Fab

     

    CR étape 32

    Encore bouleversé par l’abandon de Stéphane a qui j’ai dit au revoir au moment du départ (à 7h15 pour moi ainsi que les 4 premiers du classement général) j’ai mis du temps à rentrer dans la course. D’une part il faisait frais et malgré ma tenue adaptée je ressentais un peu le froid, d’autre part le parcours s’est vite montré vallonné et je n’étais pas encore bien réveillé musculairement. Bien sûr qu’aussi me trottait dans la tête ce que devait ressentir Stéphane au moment où il nous a vus quitter St Sulpice les Feuilles. Pour essayer de ne plus y penser, j’ai commencé à calquer mon allure sur celle de Jean Claude qui était parti prudemment mais qui court un peu plus vite que moi. Tantôt j’étais devant à la faveur d’une descente, tantôt il reprenait les devants quand les côtes arrivaient. Il faisait jour et donc il n’y avait aucune difficulté à retrouver sa route, mais de toute façon je la connais presque par cœur, l’ayant déjà suivie 6 fois lors de mes Transe Gaule. J’avais mis le pilote automatique et laissais défiler les kilomètres, faisant attention à ne pas rater le début d’un petit chemin de 1500m en plein virage et en pleine côte. Je me rappelais les noms des lieux-dits et des villages, en revanche le positionnement des postes de ravitaillement était différent car avec la TEFR on les trouve tous les 8 à 12km alors que sur la TG les deux premiers sont situés aux km15 et 30 environ.

    Au second ravitaillement, après La Souterraine, je commençais mon opération « rattrapage » des attardés du groupe de 6h15. Aujourd’hui, ce furent une demi-douzaine de japonais qui « passèrent à la casserole » en premier suivis – si l’on peut dire, car ils étaient derrière – par les Dalton (j’ai nommé Fred G, JP, Patrick et Christophe) et ensuite j’ai pu déguster un peu de rab de japonais avant de ne plus avoir personne à croquer. Je tourne un peu ce récit à la dérision, ce n’est pas dans le but d’être malveillant envers tous ces coureurs extrêmement courageux mais malheureusement dans l’impossibilité actuellement de pouvoir donner leur véritable potentiel. J’ai beaucoup de respect pour eux et c’est un peu ma famille avec qui on partage autant les mauvais moments que les bons (mais après l’étape, le partage).

    La température s’était adoucie mais restait agréablement fraîche, surtout au sortir des longues montées où j’avais bien transpiré pour garder ma vitesse. Les descentes, d’abord abordées lentement pour ne pas provoquer de blessure, se sont peu à peu faites de plus en plus rapidement, sans dépasser certaines limites où ça m’aurait mis en danger. Je me sentais à l’aise, parfois un petit doute sur une légère douleur ou un petit tiraillement me faisaient ralentir pour vérifier si c’était durable ou pas et deux minutes après c’était oublié.

    L’arrivée à Bourganeuf était un peu différente que sur la TG : on est arrivé directement au gymnase sans passer par la Tour Zizim où d’habitude nous nous arrêtions de courir. Le parcours dans la ville en fut donc aussi modifié et un dernier raidillon m’obligeant à marcher freina mon enthousiasme avant une dernière relance à 500m de l’arrivée. Je finis 5ème à une vingtaine de secondes de Jean Claude. Mon étape s’était bien passée, ça me remontait un peu le moral suite à ces dernières 24h et tous ces mauvais moments.

    Demain, 72,6km vers Meymac via le Lac de Vassivière et Millevaches. Ça va être beau mais long et vallonné.

    A+Fab

     

    CR étape 33

    Il y a des jours comme ça où on ne sait pour quelle raison on a un gros coup de blues alors que pourtant tout s’est très bien passé dans la journée. C’est peut-être la tension nerveuse qui provoque cet état et sans doute qu’après avoir écrit ce petit Cr je n’aurai plus aucun nuage noir dans la tête.

    On peut graviter dans le haut du classement, n’avoir aucun soucis physique, réussir ce qu’on avait prévu, mais on n’est pas à l’abri d’états d’âme après la course.

    L’étape fut belle, longue comme prévu, vallonnée à souhait pour ceux qui aiment les longues montées et les descentes et le départ fut donné par un temps clair mais très frais.

    Les premiers hectomètres pour rejoindre la route de Royère de Vassivière s’effectuèrent en sens interdit, dans une rue piétonne puis tout en restant sur du plat nous avons rejoint la sortie de la ville et c’est à ce moment-là qu’une forte montée se présenta. Obligé de marcher de peur de me blesser car pas encore échauffé je perdis rapidement de vue le groupe avec lequel je suis parti. Seul Peter et sa trottinette restèrent scotchés à la route et Peter fut obligé de marcher car il ne pouvait plus pousser avec ses jambes. Une fois ce raidillon franchi, le parcours redevint humain et je pus donc recourir. Il y avait une grosse vingtaine de kilomètres avant de redescendre sur le Lac de Vassivière et je savais que ça allait me prendre plus de 2 heures. Deux ravitaillements étaient prévus dans la montée ce qui me donnait de petits objectifs intermédiaires. Parfois la montée s’adoucissait et même certaines portions de descente permettaient de redonner un peu de vigueur à ma moyenne qu’ainsi j’arrivais à maintenir aux alentours de 9,3km/h. Je voulais arriver à la faire remonter au-dessus de 9,5 avant Faux la Montagne, en bénéficiant de l’élan que la descente vers le lac devait me redonner.

    Je commençais à rattraper les mêmes coureurs qu’hier, à peu près dans le même ordre et mon passage le long du lac m’apporta un peu de nostalgie car je repensais évidemment au séjour effectué ici en juillet avec Pascale et aux promenades et randonnées que nous y avions faites. A Faux la Montagne, comme sur la Transe Gaule, un comité d’accueil nous guettait et j’eus droit aux encouragements de rigueur.

    La suite de l’étape alternait forêts, lacs et champs, le soleil était présent mais ses rayons n’étaient pas forts et j’appréciais. Je m’étais débarrassé de mon coupe-vent au ravitaillement n° 3 mais j’avais conservé les manchons, buffs et gants tant que je n’avais pas trop chaud. Je décidais de tout retirer mais de les placer dans mes poches afin de les avoir sous la main dès l’arrivée pour les laver sans attendre que la bannette du poste de ravitaillement soit arrivée à la salle d’hébergement.

    Peyrelevade, habituellement terme de l’étape correspondante sur la Transe Gaule, se présenta (km 49) et je me dis qu’il y avait encore près de 24km à faire, dont une partie en descente, certes, mais avec aussi de beaux faux plats montants, à commencer par les 7km qui suivaient. Au bout de ces 7km, j’arrivai au croisement d’une route un peu plus fréquentée et j’apercevais de trois-quarts arrière la chaîne des Puys et Monts d’Auvergne. C’était magnifique.

    La route menait à Millevaches, nous étions sur le plateau et de loin j’apercevais plusieurs coureurs que j’allais peut-être rattraper avant Meymac. Mon rythme était meilleur puisque la route était en descente légère, mais j’avais apprécié d’accélérer dans la montée depuis Peyrelevade. Mon compte à rebours kilométrique était en marche, j’émettais des suppositions quant à mon heure d’arrivée et cela me redonna encore plus d’énergie.

    L’arrivée à Meymac après une succession de longues montées et descentes me permit de me souvenir qu’après Avallon, c’était la seconde ville où tout gamin j’avais été en colo. D’habitude, à Meymac, on y passe simplement pour continuer vers Mauriac, mais aujourd’hui c’était le lieu d’arrivée de cette 33ème étape de la TEFR.

    Je termine de nouveau 5ème, gagnant le droit de partir demain avec le groupe de 7h30 (et oui, on décale encore d’un quart d’heure, l’autre groupe partant à 6h30). Ça me plaît bien car je cours seul derrière les autres et je ne suis pas à essayer de remonter sur mes 4 compagnons de grasse matinée qui sont trop rapides pour moi. Aujourd’hui, nouveau changement de leader : c’est Henry Wehder qui a pris le maillot jaune en distançant l’ancien premier de près de 30 minutes. Moi, je reste calé à la 5ème place et quand j’y pense … ça me fait tout drôle. Mais je ne m’enflamme pas, je ne combattrai pas coûte que coûte pour la conserver si des coureurs devaient essayer de remonter au classement. Mon objectif reste quand même de toucher le rocher de Gibraltar.

    Je vous laisse et vous dis à demain, après une courte étape de 52km à peine où nous devrions aller sans doute un peu plus vite mais de toute façon arriver en début d’après midi voire avant pour les bolides.

    Fab

     

    CR étape 34

    Courte étape, mais beaucoup de dénivelé aujourd’hui, avec un temps « comme il faut » au départ de Meymac, pas trop frais voire même un peu chaud eu égard à la tenue que j’avais passée (la même que la veille où des gelées étaient venues blanchir les herbes). Mon départ prudent me permit de commencer à ressentir de bonnes sensations quand soudain je fus pris d’une abondante hémorragie nasale. Le temps de m’en apercevoir et le coupe-vent et mon mouchoir étaient souillés. Je dus m’arrêter mettre du papier dans ma narine et je repris mon chemin vers Combressol puis Palisse. Je changeais deux fois de papier avant de voir que l’hémorragie avait cessé. Je n’avais pas perdu de temps pour autant et ma moyenne était correcte compte tenu du fait que la portion plate des premiers hectomètres avait été suivie de montées et de descentes pas encore trop prononcées.

    La sensation de chaleur du départ avait disparu dès le premier changement de vallée et je me demandais si j’allais devoir courir avec le coupe-vent sali ou non. Au premier ravitaillement je décidai néanmoins de m’en débarrasser et la suite me donna raison car la température redevenait progressivement idéale même si les passages en sous bois étaient plus frais. Les kilomètres défilaient et le temps semblait aussi passer plus vite. Le dépassement des premiers attardés fut un peu plus tardif que ces derniers jours, sans doute à cause de la longueur modérée de cette étape. J’étais toujours avec Jean Claude ce qui en quelque sorte me donnait l’assurance d’aller à un bon rythme. J’étais tellement pris dans ma course que je ne l’avais pas vu s’arrêter dans les bois et je pensais au bout d’un moment qu’il avait pris une grande avance, profitant du fait qu’il est très bon en côte. Ce n’est qu’au 3ème ravitaillement, à Neuvic, que je m’aperçus qu’il était derrière moi. Cela ne changeait rien à ma course et j’abordais la descente vers la Dordogne avec envie même si je me souvenais que la véritable pente commençait au bout de plusieurs kilomètres de faux plats. Quand on l’atteignit, on était à l’ombre, et la foulée se déroulait toute seule, sans nécessité de relancer ou de freiner.

    Arrivés au pont qui franchissait le fleuve, j’avais repris une centaine de mètres d’avance sur JC et au dernier poste de ravitaillement il me rattrapa et me distança régulièrement pour finir avec 4’ d’avance sur moi. Sur cette dernière partie de l’étape, au lieu-dit La Besse, je me souvins avec nostalgie du ravitaillent placé ici en 2005 et tenue par Jacques Sirat qui s’était allongé dans son hamac en nous attendant. (Si tu me lis, Jacques, je te salue l’ami). La fin de l’étape n’était pas encore plate, quelques faux-plats montants puis une petite descente et enfin la remontée vers le centre de Mauriac précédèrent l’arrivée que je fis en compagnie de Neil, avec qui j’avais couru au début de la TransEurope mais à qui je venais de reprendre l’heure d’avance de son départ plus matinal.

    5ème encore, pas trop fatigué, un peu certes et c’est normal après les 2350km déjà effectués en 34 jours (2 Transe Gaule en kilomètres). Il en reste encore beaucoup (plus de 1800) et il faut continuer de faire attention, sinon plus qu’avant car la route est longue et usante.

    Demain, une belle étape de montagne se présente à nous avec des passages de cols (le Col du Legal à plus de 1200m), de jolis villages (Salers, Fontanges…) et une arrivée à Jussac au bout d’une longue descente dont la première partie propose une pente à 15% au moins. Attention aux releveurs !

    A demain.

    Fab

     

    CR étape 35

    L’étape de la Transe Gaule dite des 4 cols nous était proposée aujourd’hui dans le cadre de la 35ème étape de la TransEurope, avec une petite modification – et même plusieurs – dont notamment le lieu d’arrivée : Jussac au lieu d’Aurillac. La différence n’était pas très importante au niveau du kilométrage (quelques km de moins à faire qu’on aura demain en plus), elle ne le fut pas non plus au niveau du dénivelé total car nous avons franchi comme d’habitude les 4 cols habituels. En ce qui concerne l’hébergement, le gymnase est aussi vaste qu’à Aurillac, aussi « propre » mais les sanitaires sont de plain pied et les douches chaudes. Le repas du soir aussi était meilleur car pris dans un restaurant au lieu d’être pris sur place livré par un traiteur.

    Revenons à la course.

    Le matin était doux contrairement à ce que j’avais craint et une certaine humidité régnait. Le départ à 7h30 fut donné alors que le jour finissait de se lever, la circulation était très peu dense, je n’eus pas trop de difficultés à me mettre en route. Certes je me fis rapidement distancer par le groupe des 4 habituels auquel se sont ajoutés Jean Benoît et Ambros, auteurs d’une belle étape hier.

    Je ne cherchais pas à les rattraper, mais je tenais aussi à ne pas trop me faire distancer sur ce début d’étape que je savais plat. Je savais aussi que des belles côtes allaient se présenter et qu’à ce moment j’aviserais sur ma conduite à tenir. Respectant mon code de conduite – 15’ de course 30 secondes de marche pour boire – j’avançais quand même à près de 10km/h et quand vint le premier relief, je revins sur mes deux acolytes et les laissai sur place quand la pente se fit plus tendue. Je poursuivis mon effort, à la limite de me mettre dans le rouge, mais j’avais besoin de faire monter un peu les pulsations cardiaques et de ressentir le début de brûlure aux quadriceps. C’est une sensation agréable que j’arrive à contrôler et quand je veux récupérer, je n’ai qu’à baisser légèrement la vitesse et tout rentre dans l’ordre. Au ravitaillement peu avant Salers, je ne voyais plus ni JB ni Ambros et quand je repris la route – on partait directement vers Fontanges sans passer dans les ruelles piétonnières comme sur la Transe Gaule – je pus me préparer à la longue et forte descente qui suivait. J’avais déjà commencé l’opération « rattrapage des derniers » en l’occurrence les japonais, puis ce fut au tour des copains français dans les portions moins pentues de cette vertigineuse descente. La bifurcation vers Fontanges me calma un peu et je gérais en pensant que d’ici 5km allait commencer l’ascension du premier col. Un ravitaillement se trouvait juste au pied de la longue montée et j’y rejoins Jean Claude et Trond. Ils repartirent avant que j’aie fini de me ravitailler et je ne revis plus Jean Claude, très à l’aise quand ça « côte » (synonyme personnel des verbes grimper ou monter), par contre je dépassais Trond avec qui je discutais en anglais et qui me racontait avoir vu traverser devant lui une vingtaine de cochons sauvages (sans doute des sangliers). En effet, j’avais aperçu quelques véhicules de chasseurs ou gardes forestiers dont les passagers étaient en tenue.

    La longue montée vers le col m’obligea par moment à alterner marche et course afin de me ménager des plages de récupération car je continuais quand même « d’envoyer ». Le premier col franchi, je me concentrais sur le second à venir, le col de Legal (1231m) et son poste de ravitaillement. Trond me rattrapa juste avant et y arriva avant moi. Je me ravitaillais tranquillement et aperçut au loin Ambros qui n’avait pas tant décroché que ça. J’étais de nouveau remotivé pour faire une belle descente sachant qu’il y est très performant lui aussi. Le troisième col (Bruel) en descente suivie d’une partie remontant un peu vers le dernier col fut avalé goulûment mais je n’avais plus très faim pour la partie que je trouvais longue avant le carrefour où nous devions descendre vers Jussac. Quand j’y parvins, je fus soulagé de voir qu’il ne restait que 9km à peine à parcourir et que j’avais de la marge sur l’arrière. J’aperçus Ambros quand je quittais le dernier ravitaillement à 7km du but et pendant tous ces kilomètres je me disais que ça serait bien de l’attendre s’il n’était pas trop loin derrière moi une fois arrivé à l’entrée de Jussac. C’est ce que je fis quand j’aperçus qu’il n’était qu’à 2 ou 300m. Je me mis à marcher et l’attendis afin que nous puissions franchir ensemble la ligne d’arrivée. Il était content, et moi aussi, de notre 5ème place ex-æquo. J’avais été un peu gourmand à un moment pour imaginer l’éventualité de pouvoir revenir sur Jean Claude (3ème) et Trond (4ème), mais je suis trop juste encore pour jouer dans la cour des grands. Henry Wehder gagne une nouvelle fois creusant encore un écart sur Robert Wimmer, second.

    Tout va bien, ça va être l’heure d’éteindre, donc je poste et me couche (en fait je suis déjà couché pour taper ce CR).

    A+Fab

     

    CR étape 36

    Et de deux Transe Gaule ! Et oui, 36 jours de course, soit en équivalent TG deux fois la traversée de la France, mais en ce qui concerne le kilométrage, on a fait encore plus que ça : 2482,9km pour 2300km pour 2 TG.

    La forme est toujours là même si aujourd’hui j’ai été un peu moins véloce que prévu. La faute à l’étape d’hier et à son dénivelé qui m’est un peu resté dans les jambes, la faute aussi à un départ où le vallonnement était assez important m’empêchant de bien m’échauffer avant d’entamer les brusques montées et les descentes qui suivaient, la faute encore à un fort vent contraire qui nous a gênés à la sortie d’Arpajon sur Cère au moment où nous devions attaquer une longue montée. Arrivé au second ravitaillement, car j’avais volontairement ignoré le premier trop proche du départ, j’étais déjà bien entamé et quand j’en suis reparti, je me suis dit que l’étape ne serait pas aussi simple que je l’avais espéré.

    Ambros et les 4 autres membres du groupe des lève-tard m’avaient déjà bien distancé et quand je réussis à revenir sur l’autrichien, ce ne fut que l’espace d’une petite heure. Ensuite, il me distança progressivement et mit à profit ses facultés de descendeur pour irrémédiablement me laisser derrière lui. A Cassaniouze, village faisant partie d’une association de communes aux noms burlesques, il n’avait que 2’30 d’avance et au final, après 12km de descente et 14 de faux plat il en avait 10’ environ. Mais mon étape globalement s’est bien passée, j’ai réussi à limiter la casse et j’en ai doublé plusieurs, des coureurs, qui étaient plus en difficulté que moi. Certains vont mieux, certes, mais d’autres s’enfoncent de jour en jour dans la souffrance et sont contraints de courir dans la douleur et sans plaisir pour atteindre le but de chaque étape.

    Aujourd’hui il y avait un pot offert par la mairie de St Cyprien sur Dourdou et j’ai reçu un t-shirt en cadeau de la part des membres du club organisateur d’une course locale (Course des Découvertes et des Thermes) qui a lieu le 1er dimanche de juillet. C’est une course nature dans les environs de Decazeville. Le repas du soir aussi fut apprécié sous forme de plateaux repas avec l’aligot régional.

    Je vais terminer ce CR en vous disant à demain, après l’étape courte de 57,8km avec quelques portions de route dangereuse –on sera lundi matin et les gens iront travailler- et pas mal de dénivelé avant et après Rodez. De plus, la météo ne s’annonce pas très réjouissante avec de la pluie au programme. Mais en attendant, passons une bonne nuit et on verra bien demain ce qu’il en est.

    A+Fab

     

    CR étape 37

    Etape idéale pour tester ses réflexes et l’art de l’esquive dans les fossés. Un lundi matin, croiser des Aveyronnais partant au travail en voiture s’annonçait comme un beau challenge en plus de celui de mener l’étape à son terme. Le parcours – qui est la copie conforme de celui de la Transe Gaule – avait prévu de nous soulager quelque peu de la dangerosité de l’itinéraire le plus court. A partir du km 11, nous allions pouvoir souffler un peu et nous retrouver sur une longue montée de 10% sur 4km.

    Quand le départ fut donné, j’avais déjà intégré tous ces paramètres. Restait celui, plus aléatoire, concernant la météo : des orages et donc des pluies étaient annoncées et un vent parfois fort était aussi prévu. Nous sommes partis à 7h30, il faisait gris mais pas de pluie. Notre groupe de 7 s’élança rapidement et comme d’habitude je me retrouvais bon dernier mais en essayant cette fois de ne pas lâcher trop d’espace afin de revenir plus facilement une fois échauffé. C’est ce que je fis après une demi-heure de course où, le profil en faux plat montant m’aidant bien, je commençais à revenir puis à laisser derrière mes copains Ambros et JB. J’accélérais encore quand la machine montrait qu’elle pouvait donner plus et je dépassais même Jean Claude, me retrouvant à quelques dizaines de mètres derrière Trond. La circulation jusqu’alors avait été agréablement peu dense et les quelques véhicules roulant encore trop vite nous avaient bien respectés en se déportant quand ils nous croisaient.

    Marcillac, 10,5 km, premier ravitaillement passé en moins d’une heure, puis la traversée du village que je connais par cœur et enfin le début du raidillon de 4km. Je continuais sur ma lancée et grimpais comme un cabri la première partie menant jusqu’à un lacet en épingle à cheveu où je pris quelques mètres pour marcher, boire et me relancer. Jean Claude m’avait rattrapé et distancé peu à peu, c’est un excellent grimpeur qui semble ne jamais piocher contrairement à moi qui fais du bruit quand je commence à être dans le dur. Trond restait à portée de vue, en revanche derrière je n’apercevais plus mes compères Ambros et JB. En pleine montée, il commença à pleuvoir, d’abord modérément puis ensuite un peu plus fort, mais les haies et les arbres protégeaient bien du vent latéral et de la pluie. Arrivé en haut de la côte, on bifurqua sur notre droite et la pluie se fit plus gênante ; je me retrouvais trempé mais sans envie de mettre le poncho, il ne faisait pas froid. Je doublais 10 japonais en l’espace de 2 ou 3 km puis ce fut au tour de mes copains français, Fred G, Christophe et Patrick. Au ravitaillement N°2, nous étions ensemble sous une pluie battante, les tables où se trouvaient boissons et nourriture avaient du mal à rester en place, les ravitailleuses étaient trempées et frigorifiées. Je ne m’y attardais pas et redémarrais en espérant que ça se calme un peu. La déviation prit fin et je me retrouvais sur la route à grande circulation vers Rodez, croisant des camions qui m’obligeaient à tenir ma casquette à la main. Le danger venait de l’arrière, non pas que je craignais un retour de mes poursuivants, mais j’avais peur à chaque fois qu’un véhicule qui arrivait de l’arrière se faisait doubler par un autre véhicule qui me frôlait. Ce n’était pas de tout repos. Vivement la piste cyclable que je savais proche, et encore un peu de concentration jusque là.

    La piste cyclable marqua la fin de la première partie de l’étape et je rattrapais Trond qui lui aussi s’était épuisé à lutter contre la pluie, le froid, le vent, les voitures… arrivé à Rodez, je connaissais encore une fois l’itinéraire le plus direct pour rejoindre la route vers Le Monastère, ainsi je pouvais anticiper les changements de direction. Je dépassais encore d’autres coureurs, notamment Jean Pierre qui allait mieux depuis deux étapes.

    Au ravitaillement N° 3 (Le Monastère) je pris une soupe et repartis vers la suite de mon étape. Ça remontait, ce n’était pas pour me déplaire, et j’accélérais encore un peu pour rejoindre les routes plus tranquilles qui suivaient. Prochain objectif, le km 42 où une route tout en descente douce allait me mener jusqu’à Pont de Granfuel, à moins de 8km de l’arrivée. En bas de cette longue descente, Ambros me rattrapa – décidément le copain autrichien est un coriace – et nous avons couru ensemble quelques hectomètres avant que le profil de la course ne redevienne pentu et me permette de reprendre une bonne avance. A 2km du but, j’avais creusé un gros écart et je me dis qu’Ambros étant un meilleur descendeur que moi il n’aurait aucun mal à me rattraper d’autant plus que j’avais ralenti la cadence dans le but de finir avec lui. Mais personne en vue derrière, alors quand j’entrai dans le village, je trouvai une murette sur laquelle je m’assis pour l’attendre. Au bout de deux minutes, toujours personne en vue, alors je me relevais et marchais tranquillement vers l’arrivée, le guettant afin de finir avec lui. Mais au bout de 4 minutes, comme il ne venait pas je franchis la ligne et … 30 secondes après il déboucha enfin de la ruelle. J’étais un peu désolé de l’avoir attendu soit de trop soit pas assez. Il ne m’en a pas voulu.

    L’hébergement de ce soir est sous un hangar, au sol bétonné mais poussiéreux. Les douches étaient au stade à 800m de là et nous y sommes allés en véhicule – celui des japonais. Le syndicat d’initiative nous a offert un pot d’accueil et j’ai eu le temps de faire quelques course à la supérette d’à côté. Ce soir, on a dîné au restaurant et tout le monde est bien vite rentré pour se coucher. Il va faire frais cette nuit et j’espère que la météo de demain sera meilleure qu’aujourd’hui. Certes il n’y a que 54,8km à faire, mais sous le grand beau ce serait quand même mieux.

    A demain.

    Fab

     

    CR étape 38

    Quitter Cassagnes-Bégonhès au lever du jour quand la météo est douce et quand le corps attend sa dose de kilomètres, ça procure un sentiment jubilatoire et le plus difficile dans l’affaire ce fut pour moi de canaliser ce trop plein d’envie d’aller vite dès le départ. Pourtant je ne laissais pas ma part au chien et je démarrais l’étape en essayant de ne pas laisser mes compagnons de route de 7h30 me distancer et comme le profil du début d’étape était plutôt en montée qu’en descente, je pris rapidement la mesure de l’effort à accomplir pour me détacher petit à petit. Et comme hier j’avais fini un peu au ralenti après avoir fait la descente sans me lâcher, j’avais décidé de tenter de descendre un peu plus vite. Je passais à La Selve (km 8) en 44’ puis dans la remontée vers Requista je maintenais mon rythme et passais au km 19 en 1h48’. Ensuite la belle descente vers Lincou et le franchissement du Tarn confirmaient que mes jambes avaient du jus (km 25 en 2h21’) et le 3ème ravitaillement juste au pied d’une longue montée de près de 10km me permit de prendre un peu de temps pour déguster une soupe et prendre quelques gâteaux pour la suite. Ambros m’avait rattrapé et distancé le temps que je déguste mon breuvage chaud et salé, mais à peine un kilomètre plus loin je l’avais déjà rattrapé et je le laissais sur place en accélérant. Risqué ? Je ne sais pas, mais quand on a les jambes qui peuvent vous emmener sur un rythme un peu supérieur à celui des jours précédents, on ne refuse pas de se laisser aller et de se faire plaisir. J’arrivais en haut de la longue montée, m’étant fait doubler par Jean Claude que j’avais distancé quelques temps avant – au moment de la descente sur Lincou – et mon chrono indiquait 3h16’ soit une montée de 9km effectuée en 55’20’’ (dénivelé 300m). Toujours à plus de 10 de moyenne je fis la descente vers Plaisance, d’abord lentement le temps que les jambes et le reste du corps se rappellent la posture idéale à prendre, puis de plus en plus vite tout en gardant à l’esprit que le jeu pouvait s’avérer très dangereux. Je rattrapais à nouveau Jean Claude, moins à l’aise en descente qu’en montée, et je touchais Plaisance en 4h13’ (km44) non sans m’être ravitaillé 2km auparavant. La suite fut un peu moins facile car il fallait tout de suite embrayer sur une série de côtes et de faux-plats très souvent en plein soleil qui commençait un peu à devenir chaud. J’ai tenu jusqu’à 6km de l’arrivée où je connus un petit coup de mou qui m’obligea à m’arrêter et à marcher un peu (perte de temps 4’) ce qui permit à Jean Claude de repasser devant. Je repris la course en me méfiant, ayant un peu mal au ventre, mais je repris mon rythme progressivement une fois l’alerte passée. Derrière, j’avais entraperçu Ambros à quelques centaines de mètres de moi et comme le profil de la fin d’étape était en montée je me suis dit qu’il ne pourrait pas me revenir dessus avant le village d’arrivée et que s’il descendait bien, au pire on finirait ensemble. Il ne me rattrapa pas et cette fois, je ne cherchais pas non plus à l’attendre. Je franchis la ligne d’arrivée en un peu plus de 5h18’ l’étape n’étant pas exactement identique à celle de la Transe Gaule il y avait au moins 1200m de plus à faire afin d’arriver directement au gymnase nous hébergeant à la sortie de St Sernin sur Rance (total 54,8km).

    J’étais content d’avoir bien pris du plaisir à faire cette étape. Demain, au programme on aura une longue série de cols pour atteindre Saint Pons de Thomières sur une étape longue de près de 73km.

    Nous avons eu de la visite aujourd’hui : Paul Macombe et Marie Thérèse Salvat (Transe Gaulois 2011, qui seront encore là demain), Maurice Chénais (TG 2011) qui prépare les 100km de Millau. C’était sympa de les voir sur le parcours même si je n’ai pas eu le temps de m’arrêter les saluer. Mais on s’est vus après et c’était bien sympa.

    J’ai eu le temps de prendre une collation après la douche puis de me reposer pendant une heure et demie. Ce soir, nous avons dîné au Lycée et maintenant que j’ai fini d’écrire ce CR, je vais aller dormir. A demain. Fabrice

     

    CR étape 39

    Dernière longue étape en France : Saint Sernin sur Rance – Saint Pons de Thomières, plus de 72km au programme avec quelques cols à franchir et de belles descentes pour les digérer, d’autant plus qu’une des descentes nous menait à La Salvetat.

    Le départ depuis le site d’hébergement rallongeait – comme pour l’étape de la veille – notre étape de 1300m environ et nous n’avons pas pris le même itinéraire que celui proposé par JB sur la Transe Gaule pour quitter la ville. Pas de ruelles peu éclairées et pas d’escaliers glissants aux marches inégales et dangereuses, mais à la place un petit détour pour rejoindre la route qui descendait moins violemment. Une fois le pont franchi, la route s’est mise à monter et cette longue montée dura jusqu’à un col au km17. Je fus lâché par mes 6 compagnons de route et je me résignais à continuer l’escalade à mon rythme qui pourtant ne semblait pas si lent que ça. C’étaient les autres qui avaient accéléré et je ne m’en suis plus préoccupé préférant me concentrer sur les kilomètres restants. J’avais mis la musique un peu plus fort dans mes écouteurs – n’en déplaise à certains – pour m’isoler complètement du reste du monde. C’est ma façon de gérer quand je suis dans le dur. 1h47 quand même pour les 17 premiers kilomètres et presque 600m de dénivelé, j’étais loin d’être lent.

    Une descente de quelques kilomètres me permit de reprendre un peu de vitesse et j’entamais mon second col que je passais en 2h49 (km 27). Il pleuvait un peu depuis quelques minutes et je me couvris pour éviter d’attraper froid surtout dans les portions exposées au vent. Suivit une descente infernale de 3km entre 15 et 20% par endroits pour atteindre la ville de Lacaune où se trouvait le poste de ravitaillement N°3. J’avais rattrapé JB qui en avait fini avec sa chevauchée mais Ambros était très loin devant, trop pour que je puisse le rattraper. C’est qu’aujourd’hui j’ai découvert qu’il est aussi très fort en montée alors que jusqu’à présent il n’était bon qu’en descente. Nous avons eu la surprise de rencontrer Emmanuel Fontaine qui fait partie de l’équipe de France des 24 heures récemment médaillée par équipe tant au championnat d’Europe que du Monde. Il avait couru 251km lors de son championnat. Là, il est venu spécialement pour nous encourager ce qui nous a fait très plaisir.

    La côte qui suivait Lacaune (5km dénivelé 250m) démarrait fort et j’eus du mal à courir tout le temps. Je relançais néanmoins dès que le profil s’adoucissait et quand j’eus atteint le sommet de cette montée je ne me souvenais plus qu’une longue descente de plus de 13km allait me permettre de reprendre des forces. Cette descente débouchait sur la ville de La Salvetat. Une fois la rivière l’Agout franchie, un raccourci de 2km sur un chemin d’abord bitumé puis caillouteux de 2km de long nous a fait monter de 200m en évitant une série de lacets sur une route où la circulation pouvait être dangereuse. Au sortir de ce chemin, reprendre la route normale, toujours en côte, fut un vrai soulagement surtout pour les cuisses qui brûlaient de l’effort précédent. Un petit effort de 8km plus ou moins vallonné, avec alternance de hauts et de bas, puis ce serait la descente vers St Pons, descente de 10km environ à 6% de moyenne.

    Je me lâchais peu à peu dans la descente pour maintenir voire réduire si cela était encore possible l’écart avec Ambros que je ne voyais pas. J’eus une nouvelle surprise en rencontrant mon ami Jérôme rencontré en 2006 sur la Transe Gaule et qui depuis cette date vient tous les ans me rendre visite. Comme il était pâtissier, il a gardé l’habitude de nous apporter des gâteaux et demain à Lézignan-Corbières, il doit venir nous offrir des flans : c’est un gars très gentil, avec le cœur sur la main. Avec sa moto il m’accompagna quelques centaines de mètres puis il fila jusqu’à l’arrivée pour me laisser finir mon étape sans ralentir. Je suis content d’avoir réussi à limiter la perte de temps sur Ambros (8’) et aussi d’avoir chipé la 5ème place de l’étape à Jean Claude qui d’habitude me dépasse et me laisse sur place quand ça monte. Mais là, ça descendait et j’étais plus à l’aise.

    Ce soir, il s’est remis à pleuvoir, mon linge ne va pas sécher dans les vestiaires, on verra demain s’il fait beau après l’arrivée car j’aurai du temps, l’étape ne faisant que 50,8km.

    A+Fab

     

    CR étape 40

    La montée vers le Col de Sainte Colombe maintes fois effectuée lors de mes Transe Gaule m’a laissé des souvenirs impérissables, tels que lors de l’édition 2005 où j’étais parti avec Gérard Denis et Sigrid Eichner à 4h30 car blessé – j’avais vu ce matin-là des étoiles filantes – ou encore quelques années plus tard quand je courais pour essayer de terminer l’étape sur le podium ou cette autre année où je bataillais ferme pour garder à distance Sebastiaõ le Brésilien qui voulait me reprendre ma place au classement. Cette ascension marquait le début de la dernière étape, celle où l’on conquiert une étoile.

    Ce matin il ne s’agissait que de la 40ème étape de notre longue transhumance vers le sud de l’Europe. L’étape, de surcroît, était plus courte et nous avons quitté l’itinéraire de la Transe Gaule en pleine descente du col, avant Rieussec, pour découvrir une magnifique petite route sans circulation pour prendre la direction de Minerve. Cette route tranquille montait, d’abord de manière assez abrupte, puis redescendait nous faisant admirer au fil des kilomètres et des nombreux méandres une vallée au fond de laquelle se trouvait un non moins magnifique petit hameau, Boisset. Ce paysage de toute beauté me fit oublier un peu que mon ami Ambros était devant. « L’adversaire est l’ami qui vous fait progresser » est, me semble-t-il, la devise de la FSGT (Fédération Sportive et Gymnique du Travail) et j’ajouterai que cet adversaire me permet de me surpasser et donne un peu de piquant ou de saveur – selon la difficulté de l’effort à fournir – à la course sans quoi je m’ennuierais certainement.

    « Oh le fou ! » entends-je d’ici. Oui, peut-être, mais la dose de plaisir est telle que tous les petits tracas éventuels – fatigue physique et mentale, risque de début de blessure, défaillance, etc – sont mis de côté. Je cours mon rêve, je sais raison garder, mais aussi j’ai besoin de cette débauche d’énergie.

    Après cet épisode de course dans cette région où la végétation était encore majoritairement composée de pins, nous sommes arrivés au sommet d’une longue et forte montée d’où un tout autre paysage tout aussi magique nous apparut : la vallée, si l’on peut la nommer ainsi tellement elle est vaste, était recouverte de nuages qui donnaient l’impression d’être une mer blanche. Seuls les sommets de collines du Minervois dépassaient et ressemblaient à des îles (avec quelques éoliennes en guise de cocotiers). La longue descente pouvait faire gonfler la moyenne pourtant déjà assez conséquente, mais je n’arrivais toujours pas à faire la jonction avec l’autrichien, très fort, trop fort en ce moment pour moi. Au ravitaillement N°3, celui de la soupe, j’arrivais quand il en repartait et je consultais mon chrono pour constater qu’il avait 1’30 d’avance, le temps que je boive ma soupe. Je repartis et au bout d’un certain temps, une fois le joli village de Minerve contourné, je me dis qu’il avait accéléré car je ne le voyais plus. Comme ça remontait assez fort, je remis un peu de bois dans le fourneau et attaquait la côte avec gourmandise et … inquiétude aussi. En haut, personne à l’horizon sinon des attardés du groupe de 6h30 et je me dis qu’il avait lui aussi mis le turbo. Deux heures durant j’allais mener la chasse ne revenant jamais sur lui, ne l’apercevant même pas. Au village d’Azillanet puis plus loin à Olonzac je pensais toujours être à sa poursuite, puis soudain à un ravitaillement, je jetai un coup d’œil derrière et vit … mon bon Ambros ! Que s’était-il passé ? Je le saurai plus tard, il s’était trompé de route peu avant Minerve et dut faire deux kilomètres de plus.

    Donc j’avais couru après un coureur qui était non pas devant moi, mais derrière moi. Rassuré de ne pas prendre un autre éclat après celui d’hier (-8’) je finissais mon étape en roue libre en pensant que s’il me rattrapait et même passait devant il ne me prendrait pas grand-chose.

    Arrivé à Lézignan-Corbières, à un carrefour avec des feux tricolores, je regardais derrière et ne l’aperçus pas. Je traversais le carrefour (au piéton vert bien sûr) et confondis le sens de la flèche et pris la direction de droite au lieu de gauche… je me retrouvais au bout de quelques centaines de mètres perdu dans la ville. Je fis demi-tour et vis que la flèche indiquait l’autre direction. J’avais été troublé par la présence d’un véhicule à l’arrêt juste devant d’où ma confusion. En colère contre moi-même et un peu contre le flècheur je repris la course en essayant de combler les minutes perdues et j’aperçus devant à 100m Ambros sur lequel j’essayais en vain de revenir. Il franchit la ligne quelques secondes avant moi, tout étonné de me voir derrière lui comme je le fus quelques kilomètres plus tôt. Il m’expliqua la raison de son retard et je me dis maintenant que la morale a été respectée, car sans son erreur il aurait néanmoins terminé devant moi.

    A l’arrivée, Jérôme mon copain de Narbonne avait apporté une quarantaine de flans pour les coureurs et je me régalais. Il m’avait aussi fait quelques courses pour les jours à venir. Très sympa. J’ai pris ma douche, lavé mon linge et nous sommes allés ensuite tous les deux dans une brasserie déguster une entrecôte frites avec un grand panaché. Le temps avait été beau toute la journée, le soleil et la chaleur de l’après-midi donnait des airs de vacances à cette journée où l’étape courte a favorisé la récupération.

    Demain, direction Estagel. Nous abordons le pied des Pyrénées, je crois, ou tout au moins nous nous en approchons. 66km de course avec un dénivelé correct (500m). Ça devrait bien se passer, espérons que la météo reste aussi belle qu’aujourd’hui.

    A demain

    Fabrice

     

    CR étape N°41

    L’étape du jour nous faisait passer des contre forts du Massif Central à ceux des Pyrénées en traversant une partie du pays Cathare ainsi que le terroir des vins de l’Aude (Corbières). La route que nous avons prise était globalement tranquille et le peu de circulation n’a pas été gênant. Le dénivelé était globalement digeste, les montées ou descentes ni très fortes ni très longues. La météo fut douce à souhait si bien que j’avais allégé ma tenue dès le départ, ne mettant qu’un t-shirt et un cuissard, et des chaussures bien évidemment.

    Je suis parti avec le groupe des 7h30, nous étions 6, et je me retrouvais comme d’habitude rapidement avec mon ami Ambros, soit devant soit derrière, mais jamais côte à côte, et toujours à une distance raisonnable (entre 20 et 50m) pour ne pas se gêner, car c’est très pénible d’avoir un « colle-bottes » toute la journée dans son sillage.

    Le tempo adopté fut rapide dès le départ et les 10 km/h étaient l’allure minimale. Qui aurait pensé que j’aurais été encore capable de courir à cette allure après plus de 40 jours de course et plus de 2700km ? Mais je suis monté en puissance et je me suis habitué peu à peu à cette allure. Bientôt les premières pentes des Pyrénées vont sans doute faire baisser la vitesse car on ne grimpe pas un col à 1500m comme une petite côte de 5km.

    Avec l’autrichien, nous avons toujours été en vue l’un de l’autre, une sorte de marquage « à la culotte » comme on dit au foot, et j’étais bien content qu’il n’aille pas plus vite.

    La végétation que j’avais le temps de regarder était composée d’arbustes à feuilles persistantes, ce qui marque un profond changement avec celle –hormis quand il y avait des forêts de résineux – que nous avions eue jusqu’alors. Finis les chênes, hêtres et autres arbres à feuilles caduques, sauf peut-être aux abords des villages avec leurs alignement de platanes. J’ai vu beaucoup d’oliviers mais ce qui dominait quand même dans la région, c’était la vigne. Beaucoup d’endroits ont déjà été vendangés, d’autres étaient en train de l’être lors de notre passage et au détour d’une ruelle dans un village ou au passage devant un viticulteur des aromes de marc de raisin titillaient nos narines. Parfois, une débroussailleuse en plein travail exhalait des odeurs de plantes fraîchement coupées telles que le fenouil sauvage ou de thym.

    J’avais l’esprit occupé par tout ce beau paysage, mes pensées passaient d’un petit endroit pittoresque à un autre, me donnant envie d’y revenir en vacances pour avoir le temps de s’y arrêter et d’en profiter. Là, avec la course, certes on ne va pas aussi vite qu’à vélo ou en voiture, mais ça défile quand même et comme je n’ai pas d’appareil photo, j’emmagasine des souvenirs et des images. Me paraîtront-elles aussi magiques quand je reviendrai ?

    L’arrivée suite à une descente de quelques kilomètres permit à mon compagnon de route de creuser un petit écart qu’il avait déjà fait en ne s’arrêtant pas au dernier ravitaillement contrairement à moi qui y « perdais » 30 secondes. Après, plus moyen de revenir et il a conservé moins d’une minute à l’arrivée. J’ai encore plus de 6h40 d’avance au général sur lui, mais je me méfie d’une éventuelle défaillance qui me ferait perdre une heure par jour ou même plus. Donc la vigilance est toujours de mise afin de ne pas me blesser.

    A demain, dernier jour de connexion certaine, après, ce sera une autre histoire. On verra bien.

    A+Fab

     

    CR étape 42

    Cette étape courte nous a fait quitter Estagel et les Corbières par une petite route tranquille, mais en montée, de 5km débouchant sur un Col à 200m d’altitude qui nous a offert un magnifique panorama sur la vaste plaine où se situe Perpignan et les villages alentours. Lignes à haute tension, autoroute et encore de grands espaces viticoles meublaient peu à peu le paysage. En arrière plan, la chaîne des Pyrénées avec comme point de repère le Pic du Canigou (2784m). Les 5km de descente qui suivirent le col me permirent de digérer l’entame en côte et sur la partie plane qui continuait la descente je pus apercevoir les éclairs qui zébraient le piémont pyrénéen et les nuées de pluie qui tombaient. Ça, c’était promis on allait se le prendre sur la tête, et l’option poncho choisie ce matin lors de la préparation de ma tenue était la bonne. J’étais à une allure assez correcte (environ 10,5km/h) les jambes étaient bonnes, le bombé de la route pas trop méchant malgré quelques bosses et creux. Pezilla la rivière, Le Soler, Ponteilla, autant de villages typiques de cet arrière pays perpignanais cassaient la monotonie de l’étape. La montée commença vraiment à partir du 27 ou 28ème kilomètre, après le village de Fourques, mais la pluie n’avait pas attendu pour nous tremper, néanmoins j’étais bien abrité du vent sous mon poncho. La côte jusqu’à Llauro fut pénible à gravir sous l’orage et je sentais que je n’avançais plus aussi bien que lors des étapes du Massif Central. Après le village, il y a eu du rab de côte : 2km avant enfin de basculer dans la descente. Mais celle-ci fut tout aussi difficile à faire, le froid, l’humidité, les rafales de vent, les voitures qu’on n’entendait qu’au dernier moment ne permettant pas d’être très serein. J’avais fait déjà un choix : celui de ne pas partir à la poursuite de mon camarade de compétition autrichien. Il semblait très à son aise et je ne voulais courir aucun risque qui eût pu compromettre la suite de ma TransEurope, même si le cœur m’en disait.

    La vallée du Vallespir était apparue un peu dégagée et laissait espérer du temps meilleur pour la suite. J’ai vite perdu espoir de trouver du soleil quand un second orage rendit la pluie encore plus forte. Les 7km de descente assez forte débouchèrent sur la ville de Céret qui une fois traversée nous laissait 10km de montée via les villes de La Forge, Amélie les Bains (rebaptisée Amélie les Bains Douche pour l’occasion). La circulation automobile, les trottoirs inondés, les routes elles aussi gorgées d’eau et de flaques, le fléchage peu visible, tout se liguait contre moi. C’était l’impression donnée par cette étape qui restera sûrement comme une des moins agréables que j’ai faites.

    L’arrivée à Arles sur Tech, au complexe sportif de la Baillie, fut un grand soulagement. Trempé, fatigué, je n’avais qu’une hâte, de me doucher pour me réchauffer, mais avant il fallait s’installer et devant l’ampleur de la tâche je commençais à déprimer. Je me repris vite et préparai tout mon matériel que j’installai dans la salle. Une fois douché et après une petite collation, ça allait beaucoup mieux et j’eus le temps de me reposer.

    Demain, la longueur de l’étape (65km) masque sa véritable difficulté : départ de l’altitude 275m, passage du Col d’Ares (1513m) 35 kilomètres plus loin, bascule en Espagne pour une trentaine de bornes en descente pour atteindre notre première ville-étape espagnole. San Joan de les Abadesses. Je n’ai qu’un souhait, que la météo soit plus clémente que celle d’aujourd’hui, car passer un col à plus de 1500m par temps pluvieux ça doit presque donner des températures proches de 0°.

    On verra bien demain.

    Ce soir, je suis un peu triste de ne pouvoir être avec ma famille pour fêter les 20 ans de ma fille, Lucile. Restaurant, cinéma, elle va m’envoyer un MMS avec la photo de groupe au restaurant. On se rattrapera fin octobre quand je serai de retour, on se fera un deuxième repas d’anniversaire.

    A+Fab

    CR étape 43

    Dernier jour de septembre, dernière fois que nous courions en France. Le départ d’Arles sur Tech au moment où le jour se levait fut meilleur que ce que j’espérais. Le temps était doux, relativement, et surtout sec. La route principale que nous avons rejointe au bout de 400m était calme et elle nous fit traverser la ville que nous n’avions atteinte la veille puisque le centre d’hébergement était situé à l’entrée de l’agglomération. Quand nous avons quitté Arles, la route s’est mise à monter, mais doucement si bien que j’ai réussi à trouver une bonne cadence de course. Il y avait 34 kilomètres de montée avant d’atteindre le Col d’Ares et de passer en Espagne. Ça me paraissait long avant d’y parvenir et mentalement il me fallait trouver quelque chose qui me fasse passer le temps et les kilomètres plus vite. J’essayais de penser à plein de trucs sans rapport avec la course et quand je passais une borne kilométrique je me disais qu’il ne restait plus que tant à faire.

    Après Prats de Mollo, la pente devint plus raide et je commençais à ralentir le rythme, trouvant que l’alternance course marche pouvait me faire passer ce cap difficile. Un peu plus haut encore, après le troisième ravitaillement situé à 4km du col, la côte se fit encore plus rude et je n’avançais plus très vite. Quand je parvins au sommet, en 3h41’ pour 34km, je savais qu’il ne resterait que 31km à courir, dont la plus grande partie en descente. Cette dernière commença de la plus belle des manières car autant le revêtement routier en France jusqu’au col avait été très inégal en qualité, autant celui de la route espagnole était lisse : un vrai billard ! Je trouvais rapidement mon allure de croisière, entre 11 et 12km/h et les bornes défilèrent. Bien sûr, le pourcentage de la descente avait été trop important pour que je continue de croire que ça allait durer jusqu’à l’arrivée. Une montée nous attendait pour rejoindre Camprodon et la suite ne fut plus aussi pentue, même si elle comportait beaucoup plus de descentes que de côtes. La circulation automobile était peu intense, mais il fallait quand même se méfier dans les virages serrés ou lors du croisement de deux véhicules.

    Le paysage côté espagnol ressemblait beaucoup à celui rencontré côté français lors de l’ascension du col, mais peu à peu j’ai remarqué que la végétation était plus verdoyante du côté ibérique. Les villages et les habitations que j’ai à peine eus le temps de regarder sont différents de ce qu’on a vu dans le Haut Vallespir, côté français, beaucoup de maisons étant construites en briques jaunes. Beaucoup de drapeaux catalans aux bandes rouges et jaunes, avec une étoile blanche sur un triangle bleu, étaient accrochés aux balcons des immeubles.

    Nous sommes encore à près de 800m d’altitude et l’étape de demain devrait continuer de nous faire descendre, sur 15km, en douceur, puis une remontée de 8km à fort pourcentage nous fera ralentir et ensuite ce sera de la tôle ondulée. Mais je me méfierai car je ne connais pas les contreforts pyrénéens du côté espagnol et le dénivelé total prévu sera proche de 900m pour seulement 55,6km. La prochaine ville d’accueil sera Berga, c’est une ville assez importante de plus de 15000 habitants. Espérons que l’hébergement et les sanitaires seront meilleurs que ceux d’aujourd’hui car deux petites salles froides et des douches tout aussi froides n’ont pas réussi à nous réchauffer après l’étape où la température n’a pas excédé 14°. Heureusement que le repas servi dans une grande salle de sport nous a bien réchauffés.

    A+Fab

    PS : j’ai fini l’étape en 6h33’22 pour 65,1km (à peine 10 de moyenne) mais sur la seconde moitié, j’ai tourné en 2h52 pour 31km. Je suis encore 6ème et ne perds que 7’ sur « mon autrichien préféré ».

     


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  • CR étape N°1

    Je suis arrivé, en 15ème position avec mon copain Jean Pierre, en 6h43' environ pour 56,7km et tout ça suffit à mon bonheur.

    J'étais tellement inquiet avant le départ, pour mon dos qui me gênait, pour mes éventuels problèmes d'arythmie cardiaque (due sans doute au cumul de stress d'avant grand événement comme celui-là) que ce soir je suis hyper heureux d'avoir bouclé cette étape sans véritables soucis.

    J'avais tellement rêvé d'être là, j'avais récemment tellement cauchemardé de ne pas pouvoir passer le premier virage que plus les km passaient plus je me sentais rassuré.

    Certes, demain sera un autre jour et je peux rapidement déchanter (et déjanter aussi) mais tout ce qui est pris est pris.

    J'ai promené mon petit Clément, petit personnage en rapport avec le projet pédagogique de ma femme et de sa classe de l'école de La Chevrolière. Il a vu du paysage et ne tardera pas à raconter ça aux enfants. Je vous en livre quand même quelques éléments : on a quitté Skagen à 9h après une petite allocution du maire (qui a indiqué qu'il y a un marathon à Skagen le 6 octobre, à bon entendeur salut) et tout de suite nous avons couru sur une piste cyclable d'abord au bord de la route puis au milieu des dunes. Le paysage, un peu lunaire, avec de temps à autres des forêts de résineux, nous a apporté un peu de quiétude et nous a bien préparés à appréhender cette première étape de manière positive. Vers le km 35, le parcours est devenu un peu accidenté et les quelques bosses que nous avons franchies nous ont prouvé que le Danemark n'était pas un plat pays (mais ça je le savais déjà).

    Avec Jean Pierre, nous avons vite trouvé que de courir ensemble nous rassurait l'un comme l'autre et nous avons bavardé, c'est peu de le dire.

    Et le temps et les km ont passé et nous ont rendu la tâche moins difficile. C'est un véritable ami ce gars du sud ouest et je ne sais pas comment aurait été l'étape si j'avais dû la courir tout seul.

    Bien, il est déjà 18h et c'est l'heure de dîner, alors je vous quitte non sans regret car j'aurais eu tant de choses à ajouter mais le temps est compté sur les étapes.

    A demain si vous le voulez bien, en tout cas j'espère avoir une connexion.

     Amitiés à tous ou bisous pour ceux que je connais bien.

     Fab

    CR étape N°2

     

    "Fab il a envoyé du lourd", voilà ce que j'ai entendu aujourd'hui une fois que j'avais pris ma douche et étendu mon linge sans avoir oublié de prendre une petite bière (ou plutôt 2, et comme les allemands ne fournissent que des formats 50cl, et je sais que pour la population des "djeuns" ce n'est pas un bon exemple, mais il faisait soif...).

    Je suis parti dans le groupe des "lents", de ceux qui hier ont terminé après la 8ème place, et rapidement je me suis retrouvé dans les premiers non sans avoir commencé l'étape tranquillement avec mon copain Jean-Pierre. Mais il s'est arrêté pour un "pit stop avec vidange incluse" et j'ai continué pensant qu'il allait me rattraper rapidement. Mais que nenni ! Et moi je me sentais de mieux en mieux et tournais entre 9,5 et 10,5km/h sans forcer et selon le profil de la route. Le Danemark est considéré comme un pays plat, mais hier on a eu plus de 200m de dénivelé positif et aujourd'hui un peu plus de 300m. 

    J'ai vite rattrapé le coureur qui s'était détaché et que j'avais en point de mire (Milan) et donc je me suis retrouvé devant. Les sensations étaient au top, seule ombre dans ma progression : j'étais un peu ennuyé d'avoir fait faux bond à mon camarade de course et je me faisais tout un cinéma comme quoi il allait me reprocher mon ingratitude ou autre chose. Mais j'étais bien dans mon rythme, pas de douleurs, les kilomètres défilaient tout seuls, le temps passait vite jusqu'à Aalborg. La traversée de cette grande ville fut longue et les traversées de rues n'étaient pas faciles avec le respect de la signalisation routière : attendre pour traverser que le petit piéton soit vert, utiliser les passages protégés... habitudes que nous n'avons pas forcément installées en France. Mais, j'ai été chanceux car beaucoup de passages étaient au vert à mon arrivée. 

    Stéphane Pélissier me reprit l'heure de décalage (il est parti à 7h et nous à 6) au ravitaillement au début de la ville (km40) et fila en conservant son rythme de 12km/h. A ce ravitaillement, on nous a proposé de la soupe chaude (ou froide) et je me suis arrêté en pensant que du salé ça allait faire du bien pour le reste de l'étape car le temps commençait à devenir chaud : le soleil avait percé la couverture nuageuse et les dernières heures de course s'annonçaient assez difficiles. Une bonne hydratation était nécessaire et je m'attardais quelques minutes pour boire. Au ravitaillement suivant, en sortie de ville, au km 49, Robert Wimmer (vainqueur de la TransEurope 2003 et 4ème de l'édition 2009, actuellement second au général) me dépassa et je le gardais en point de mire pendant un long moment : bonne idée car j'aurais pu ne pas voir l'entrée du chemin qui nous faisait éviter une route plus longue et en plein soleil. Cette petite portion de chemin, bien rafraîchissante m'a rappelé les footings ou sorties à vélo faits dans le marais poitevin avec Isa ma belle sœur et Pascale ma femme. Un peu de nostalgie des bons  moments d'avant TransEurope ne fait pas de mal et permet de se reconcentrer et de serrer les dents au moment où la fatigue mentale et musculaire se fait sentir. Il restait environ 12km et je me projetais sur un "moins de 7h" pour cette étape de 63,5km. La fin n'était pas très agréable : longue piste cyclable, certes en site propre et donc sans risque de se faire ennuyer par les voitures ou autres véhicules. Quelques cyclistes m'ont quand même dépassés (et eux, ils avertissent en sonnant quand ils nous doublent, pas comme dans certains autres pays dont le mien). La ligne droite précédent l'arrivée dans la ville étape était d'une longueur telle (4,5km) que j'apercevais avec ma vue de lynx le coureur allemand qui m'avait dépassé au ravito d'avant. 

    Après quelques longues minutes sous la chaleur et surtout sous le soleil, j'arrivais enfin aux portes de la ville et après quelques changements de direction je franchissais l'arche d'arrivée en Xème position (3ème mais les 6 autres partis après moi allaient s'intercaler devant, alors j'ai terminé 9ème). Et j'ai gagné le droit de faire la grasse matinée car l'organisateur m'a mis dans le groupe de ceux qui partiront à 7h au lieu de 6h. J'ai l'ai malin maintenant car j'arriverai demain bien après la moitié du peloton je pense.

    Ce n'est pas grave, j'essaierai de ne pas trop flâner en route. Je risque quand même de passer une seconde journée en solitaire.

    Il y aura 65,7km, ce n'est pas la mer à boire.


    Allez, il est 18h on vient de sonner le rappel pour aller dîner. Je vous quitte.

    A demain j'espère.

    Fab 

     

    CR étape N° 3

     

    3ème étape longue de 65,7km, temps gris et frais à souhait. Routes à circulation parfois sans pistes cyclables et donc assez dangereuses quand deux camions se croisaient. 480m de dénivelé, donc il y avait de la côte et en plus j’ai eu la malchance de tomber sur le chien (et sa maîtresse) les plus c… du Danemark : il a failli me mordre et pour l’éviter j’ai failli aller sur la route au moment où des véhicules arrivaient. Voilà le tableau.

    Je suis parti dans le groupe N°1, celui des « moins rapides » suite à ma requête de la veille auprès de l’organisateur, sachant que je ne me sentais pas assez fort pour intégrer le groupe N°2 qui partait une heure après. Vu la météo du jour, j’aurais pu dormir une heure de plus, mais cette heure, je ne l’aurais pas eue après mon arrivée et je n’aurais pas pu faire tout ce que j’avais à faire c'est-à-dire m’installer, laver mon linge, l’étendre, prendre une collation (omelette, pommes de terre et bacon) comme hier et bavarder avec les copains autour d’une bonne mousse.

    Rapidement je me portais en tête de ce groupe avec 5 ou 6 autres coureurs et peu à peu nous avons fait le trou. Je me suis progressivement détaché pour courir à mon rythme et pas à celui des autres. Ma vitesse était quand même moins élevée que celle d’hier et les sensations du matin étaient assez bonnes malgré le ressenti des 120km effectués depuis Skagen.

    Plus le temps et les km passaient, plus je me disais que ça ne servait à rien d’appuyer sur le champignon et qu’une série de 7 ou 8 étapes à plus de 70km nous attendait dès le lendemain. Je me fis d’ailleurs rattraper et dépasser par un coureur norvégien que j’essayais de ne pas perdre de vue pendant la traversée de la ville d’Hobro ce qui est assez réconfortant et évite les hésitations. Nous sommes restés à vue quelques kilomètres puis il s’est détaché progressivement. Les paysages traversés étaient composés de champs cultivés (blé et autres plantes) et, comme depuis le départ de l’extrême nord, les moissonneuses batteuses étaient de sortie. J’ai pu admirer de nombreuses fermes, différentes de celles qu’on rencontre en France, traverser des villages ou des hameaux typiques avec leurs maisons de briques rouges jointoyées de blanc ou d’autres coloris faisant ressortir chaque brique. La route était parfois toute droite et au loin on apercevait des véhicules qui allaient mettre plusieurs minutes à venir nous croiser.

    Je me suis fait reprendre par Stéphane et Robert, partis une heure après, aux alentours du 40ème km, comme hier (pour Stéphane), mais hier j’avais – comme lui – 10 minutes d’avance par rapport à aujourd’hui. Beaucoup sont allés moins vite qu’hier : est-ce le contre coup de la course sous la chaleur qui a déshydraté les organismes ? Est-ce l’accumulation des kilomètres qui a fatigué la majorité des transeuropéens ? Est-ce la route parfois sans espace protégé qui a fait ralentir ? On peut émettre toutes les hypothèses, ça ne changera rien.

    J’ai eu quelques soucis avec mes chaussettes et mes chaussures, croyant qu’il y avait un petit caillou ou un mauvais pli, je me suis arrêté à de nombreuses reprises. Cette perte de temps et la baisse de rythme conséquente ont profité à d’autres coureurs qui m’ont rattrapé. Mais seul un autre norvégien réussira à me distancer. A la fin de l’étape, j’étais encore dans le top 10, content d’en avoir fini.

    Pour demain, de la pluie est annoncée sous forme d’averses entre deux éclaircies. Espérons que ça ne soit pas trop humide et que je ne doive pas mettre le poncho.

    Plus que 61 étapes et « jusqu’ici tout va bien » comme dirait l’autre.

    A demain j’espère pour la suite de mes aventures nordiques. Pour le moment on a de la chance, les hébergements proposent une connexion internet gratuite. Mais un jour on n’aura peut-être pas l’occasion d’envoyer des CR. Alors j’en profite.

    A+Fab

     

    CR étape N°4

     

    Aujourd'hui première étape de plus de 70km d'une série de 8 consécutives si je me souviens bien. 

    Pour marquer le coup, et en plus comme c'était ma fête, on a arrosé ça, enfin on a été arrosés.

    Lever à 4h : il pleut dehors.

    Petit déjeuner à 5h : il pleut toujours dehors.

    Départ à 6h : il pleut encore, alors le poncho est de sortie.

    Pendant les premières heures, ça va tomber modérément, mais je suis bien couvert. Seules les chaussures en prennent un peu et deviennent lourdes.

    Quand ça s'arrête, j'ai bien avancé, je suis encore second de mon peloton, mais les jambes commencent à être lourdes : la pluie n'a jamais été bonne pour des jambes fatiguées.

    Une fois l'eau arrêtée donc, des nuages défilaient et laissaient parfois passer les rayons du soleil.

     

    Les paysages prenaient alors tout leur éclat : j'avais l'impression de traverser tour à tour les Deux Sèvres, la Creuse, l'Allemagne du nord, enfin ce sont les différentes facettes du Danemark dans cette région. Les fermes tous les 500m ou 1km étaient séparées de grands champs de blé, de pommes de terre et progressivement ces cultures ont laissé la place au maïs.

    Ce qui est drôle dans ce pays mais qui ne m'a pas étonné car j'y étais déjà allé, ce sont les petites guérites où les gens peuvent acheter des pommes de terre en laissant 10 KR (1,40€ environ) dans une petite boîte, sans personne pour vérifier. J'ai vu aussi que les livreurs de journaux ne se posent pas de questions existentielles : ils balancent les quotidiens devant les maisons et parfois, j'ai vu des journaux dans les fossés ou sur la route (ça, c'est peut-être le vent qui les y a poussés). Notons que les journaux sont emballés dans des poches plastiques, bien sûr.

     

    Alors, au niveau météo, pour revenir à la course, la pluie continue avait laissé la place à des averses et j'ai joué à un jeu rigolo : essayer d'enfiler le poncho en plein vent surtout quand je me faisais croiser par des camions. Je me suis retrouvé plusieurs fois dans un champ (non, là je blague, mais parfois j'aurais pu décoller tant le souffle des mastodontes me déséquilibrait). On est passé à côté d'une carrière et une vingtaine de camions ont transité pendant mon passage sur cette route.

    Un peu plus loin, là où le parcours était assez vallonné, c'était un tracteur de la DDE locale qui passait une sorte de brosse tournante pour aider l'eau de pluie à s'écouler plus vite et à ne pas raviner les bas côtés, déjà bien ravagés comme ça.

     

    Avec toutes ces péripéties, le temps a passé, les kilomètres aussi, mais avec l'impression qu'ils passaient moins vite que le temps. Plus loin, après m'être arrêté déguster la soupe chaude traditionnelle du poste de ravitaillement N°4 (des fois c'est le N°5) je me suis fait doubler par la tête de course et par un second coureur parti dans mon groupe.

    La fin était difficile, mais je me la suis rendue difficile, je ne vais pas passer mon temps à trouver des excuses sur la météo ou le dénivelé.

    J'ai terminé dans les 10 premiers encore une fois, quelques coureurs ont perdu leur chemin et ont perdu, par là même, du temps. Le fléchage n'était pas évident à suivre pour peu qu'on coure en bavardant (n'est-ce pas JB et JP ?).

     

    Il est 18h, le repas est prévu à 800m à pieds d'ici, et je dois rentrer mon linge avant. Alors je vous dis à demain en souhaitant avoir encore une fois une connexion.

     

    Demain étape de 73km et des brouettes, alors prudence car il reste des kilomètres.

     

    à+Fab

     

    CR étape N°5

    La plus longue pour le moment : 72,2km et de longues lignes droites, un fort vent latéral et pas de pluie sauf quelques gouttes en fin d'étape pas suffisantes pour mouiller le maillot. Deux grandes villes à traverser : Vejle (très connue des footballeurs nantais en raison du camouflet reçu contre cette petite équipe danoise en 72, venue l'emporter à Saupin alors que les nantais caracolaient en tête du championnat de France : imaginez, pour les fans du FCN, c'est comme la défaite du Brésil en 50 pour les supporters brésiliens, mais en pire !) et puis Kolding, grande ville portuaire. 

     

    Reprenons depuis le matin:

    Lever à 4h après une bonne nuit dans la petite salle mise à notre disposition à la place du gymnase occupé jusqu'à 21h par les handballeurs. On était les uns sur les autres (voir photos du 22/08)

    Départ à 6h après tout le rituel du lever, je me retrouve dans un petit groupe de 6 /8 coureurs qui peu à peu s'étire. Arrivé sur la route principale, je suis Neil, le coureur anglais et nous courrons ensemble pendant la première partie de l'étape, du départ à la sortie de Vejle (ravito du km 22). Là, je me suis progressivement détaché, laissant Neil et les deux coureurs nous ayant rattrapés au gré des arrêts aux feux tricolores (Ria Buiten et Eric Derivaz) et j'ai profité d'être en forme pour tailler la route. Cet état de bien-être dura jusqu'à Kolding où la ville et ses différents changements de directions et arrêts aux feux m'ont un peu perturbé. Stéphane m'avait dépassé depuis le km 39, et là, je me fis doubler par Trond et Robert (notons que ces coureurs étaient tous partis une heure après moi). Kolding étant un port, nous y sommes descendus puis il a fallu remonter ce qui fut assez dur. Donc j'ai par la suite accusé le coup et me suis contenté d'une petite allure surtout que les routes étaient faites de longues lignes droites. La piste cyclable était certes moins dangereuse que le bas côté des routes empruntées principalement jusqu'à présent, il n'empêche que le vent fort de côté fut très gênant. Pas de haies pour en atténuer les effets.

    J'ai fini par arriver au bout de 8h27', encore 9ème et 1er du peloton des seconds couteaux, si l'on peut dire.

     

    Les autres français dont je ne parle pas souvent vont relativement bien :

    Stéphane gagne encore une fois.

    Jean Claude a terminé 6ème malgré le temps perdu en fin d'étape en se perdant dans la ville étape.

    Jean Pierre et Jean Benoît finissent ensemble avec Frédéric Borel.

    Les autres après, mais ils semblent aller bien, même si Patrick a un peu souffert dans les lignes droites en plein vent.

     

    Ce soir nous sommes dans un grand complexe sportif, il y a des matches de hand et de basket, mais nous, nous occupons une grande salle de basket et hand très bien insonorisée. On n'est pas les uns sur les autres, c'est déjà ça.

    Demain, l'étape sera longue, 78,5km et nous fera quitter le Danemark pour entrer en Allemagne. L'hébergement se fera sous une grande tente et si besoin certains pourront installer leur tente de camping. Selon la météo, je verrai.

    Y aura-t-il, comme chaque jour au Danemark, une connexion ? Rien n'est moins sûr. Alors peut-être à demain pour le CR, sinon Pascale en rédigera un petit en fonction de mon appel téléphonique.

     

    PS : pour ceux à qui j'ai envoyé des SMS : Orange me fait payer le hors forfait alors je ne vous en envoie plus pour le moment, tout rentrera dans l'ordre en France, dans longtemps et beaucoup de kilomètres.

     

    à+Fab qui va ramasser son linge qu'il espère sec et se coucher.

     

    CR étape N°6 (rédigé au soir de la 7ème ).

    Parce que je n’ai pas de connexion depuis que nous avons quitté le Danemark, j’ai pris du retard dans la rédaction de mes comptes-rendus.

    Ces deux étapes ont aussi en commun d’avoir de gros kilométrages : plus de 78 pour la 6ème (plutôt plus de 79km en réalité à cause d’un changement de lieu d’hébergement) et plus de 74 pour celle d’aujourd’hui.

    Je les ai négociées toutes les deux comme celle d’avant, la 5ème, où je m’étais détaché quelques hectomètres après le départ. Et j’ai tenu un rythme de 9 à 10 km/h afin d’arriver à passer à la 5ème heure les 45km. Bon, à chaque fois j’étais légèrement au-dessous (plutôt 44km que 45) mais je compte dans cette vitesse les arrêts aux ravitaillements. Ma vitesse de course est au début plus proche des 10 à l’heure.

    La 6ème étape, où l’on quittait les locaux de l’école qui nous avait accueillis, démarra sous un temps frais et gris assez plaisant car le risque d’avoir trop chaud était écarté au moins pour les heures de la matinée. Sur les routes, souvent bordées de pistes cyclables au début, le trafic était assez important et quand on a couru sur une voie très fréquentée sans piste cyclable, nous n’avions qu’un petit bas-côté d’un mètre de large au maximum pour évoluer. Nous avons traversé une dernière ville importante au Danemark (Abenra), une ville portuaire, industrielle et balnéaire de fond de fjord, et vers le 57ème km nous avons franchi la frontière. Oh, peu de changements quant au trafic, mais peu à peu le style des habitations se faisait différent bien que souvent dans le même registre : pavillon à un étage dont les murs de briques sont recouverts d’un enduit masquant à peine les briques. Beaucoup de centres commerciaux, de brasseries, d’entrepôts…

    Avant l’arrivée, la dernière partie fut assez fastidieuse, même si le passage à la périphérie de Flensburg s’effectua sur des pistes cyclables et à travers des lotissements. La partie le long de la voie ferrée Hambourg-Danemark était fatigant, sans zones de protection quand se croisaient des véhicules roulant souvent vite.

    J’arrivais 9ème en 9h11’ et mon temps me convenait malgré un dernier tiers d’étape plus que poussif.

    La ligne d’arrivée tant attendue mit du temps à se présenter à nous parce que l’organisation a changé le lieu d’hébergement : couloirs d’une école primaire au lieu d’un barnum dans le camping.

    Une fois de plus on était serrés comme des sardines, mais au moins il n’y aurait pas à risquer de prendre une averse en pleine nuit et de plier la tente mouillée à l’aube.

     

    Le repas fut pris dans les couloirs mêmes où nous allions dormir, et le petit-déjeuner aussi. Un peu spartiates les conditions !

     

    CR de l’étape N° 7.

    Ce matin, le départ fut donné à 6h précises comme d’habitude et après avoir rejoint la route principale, après quelques centaines de mètres nous devions traverser une voie ferrée qui ferma ses barrières scindant alors le peloton en deux. J’avais déjà pris la tête du groupe et je ne fus pas stoppé. Cette étape dans son ensemble était tracée pour suivre les pistes cyclables à quelques exceptions près quand il a fallu prendre un chemin d’exploitation entre des cultures de maïs et dans une zone où éoliennes et lignes à haute tension cohabitaient.

    Ma course fut calquée sur l’étape de la veille, je caracolais en tête jusqu’à ce que Peter, l’homme à la trottinette me dépasse puis c’était au tour de Stéphane, enfin, d’habitude c’était comme ça, car aujourd’hui ce fut Trond le norvégien qui me passa le premier suivi à un demi-kilomètre de Stéphane qui s’était arrêté plus longuement au ravitaillement n°4 de Thomas, celui où l’on peut prendre une soupe chaude ce que je ne manque jamais de faire.

    Par la suite, le tracé de la TransEurope fut interrompu le temps de traverser un canal (Ostsee-Kanal) qui relie la Mer du Nord à la Baltique. Il y avait un bac à prendre et quand j’y suis arrivé, il venait de partir. Le temps de traverser, de revenir puis de repartir sur l’autre rive, il s’était passé 11 minutes. Mais j’étais le seul coureur à bord. Quand je repris la course j’aperçus plusieurs coureurs de l’autre côté qui attendaient que le bac revienne. Si comme pour moi le bac devait attendre que de gros navires passent afin de traverser, mes poursuivants n’allaient pas regagner du temps sur moi, mais s’ils étaient arrivés juste au bon moment, c’était tout bénéfice pour eux. En fait, certains ont gagné du temps, d’autres en ont perdu.

    La suite de l’étape fut difficile, comme prévu, et je terminais avec Henry, Markus et Jean-Claude, tous partis une heure après moi. Temps total : 8h47’ et une place de 7ème de l’étape car deux des coureurs me précédant au classement général se sont blessés et ont fini avec du retard. Du coup je ferai partie du groupe des « rapides » et partirai à 7h : ça me pendait au nez.

    Ce soir ce fut restaurant, à 800m de la salle et demain le petit déjeuner se prendra au même endroit.

     

    Il est 22h, je coupe l’ordinateur et souhaite poster rapidement ces deux CR. Je dois dormir aussi.

    A+Fab

     

    CR étape N°8

    On est dimanche soir, je suis allongé sur mon matelas en attendant qu’on nous appelle pour dîner (18h). J’en profite pour écrire rapidement mon petit CR.

    L’étape N°8 s’est bien passée, je suis parti avec le groupe des 7h et ça fait bizarre de se retrouver en si petit comité pendant une heure, une fois les coureurs de 6h partis. J’ai pu m’allonger sur un gros tapis avant le départ pour me relaxer et j’ai pu prendre mon temps pour me préparer.

    Le départ donné, je me suis retrouvé avec Neil Bryant, l’anglais de Bristol, et rapidement nous avons été distancés par les 6 autres coureurs plus rapides que nous. Nous sommes restés toute l’étape ensemble et avons bavardé en anglais. C’est là que je vois qu’il n’y a qu’en pratiquant sur le tas qu’on progresse. Mon rythme semblait un peu trop rapide à Neil et j’ai donc essayé de ralentir en faisant des pauses marchées afin de maintenir une bonne allure de 9,3km/h. A mi-parcours nous étions toujours sur les bases de 9km/h. Nous avons commencé à doubler la queue de peloton à partir du second ravitaillement et par la suite, nous sommes remontés sur plus de la moitié des coureurs. Il y a eu beaucoup de belles pistes cyclables aujourd’hui avec plusieurs passages en forêt. Nous étions au nord de Hambourg. La population locale était de sortie soit pour aller à une sorte de fête des enfants ou de la famille nombreuse, soit pour faire du sport (vélo, jogging…) soit encore pour effectuer une petite balade dans les nombreux espaces verts et forêts.

    Plus on s’approchait de l’arrivée, moins on rattrapait de coureurs et dans les 5 derniers km nous n’avions plus personne en vue quand soudain à 1500m de la fin de l’étape nous avons reconnu JB, JP et Fred B. Nous n’avons pas cherché à les rejoindre, mais on sentait bien que leur rythme était irrégulier alors que nous nous étions remis à courir sans nous arrêter marcher. J’avais appris à Neil une accommodation personnelle de la méthode dite de Cyrano consistant à courir 15’ puis à marcher 30’, ce que je fais depuis Skagen. Toutes les 45’, je marche un peu plus longtemps (1’) pour grignoter une barre de céréales. Le premier ravitaillement ne propose que des boissons et ce matin le petit déjeuner était loin. Donc sur la fin de l’étape, finie l’alternance et retour à une course régulière (8,5km/h environ). Nous avons terminé avec les trois compères qui ont eu l’idée de ralentir peu avant la ligne. Main dans la main, nous avons essayé de franchir l’arche d’arrivée pas assez large pour 5, mais nous avons été crédités du même temps (enfin, presque parce que Neil et moi avons mis 1h de moins que le trio français parti à 6h.

    Ce soir, j’ai eu un peu de mal à m’organiser et j’ai attendu la publication des résultats pour faire la demande auprès d’Ingo l’organisateur de partir à 6h et pas à 7 comme il avait l’intention de faire. Nous sommes 4 dans ce cas de figure, trop lents pour côtoyer les 6 premiers qui nous ont pris plus d’une heure sur cette étape comme à eu près chaque jour depuis la première étape. Un coureur du top 10 a été contraint à l’abandon souffrant d’une contracture à une cuisse ne lui permettant pas de tenir les délais. Des délais que notre ami Fred G. a frôlé étant retardé par une erreur de route et une forme un peu déclinante. Espérons pour lui que cela s’arrange car vu le menu qui nous attend dès demain, ça risque d’en faire coincer certains : 79km dont les 22 derniers le long du canal de l’Elbe puis 76,9km presque entièrement le long du dit canal puis encore une ou deux à plus de 70. Quand on en sera là, une grosse partie difficile sera passée, mais qu’est-ce qui nous attendra alors ? On verra et prenons d’abord les étapes comme elles se présentent.

     

    A bientôt.

    Fab

     

    CR Etape N°9 :

    Toujours pas de connexion, pourtant nous sommes en Allemagne. En France aussi, les soirs d’étapes on sera à la recherche de la Wifi et on n’en trouvera pas. Moi j’en aurai grâce à mon téléphone portable, mais mon forfait étant limité, je ne pourrai pas en faire profiter beaucoup les copains.

    L’étape la plus longue depuis le départ a donné lieu à 3 abandons : une coureuse (Marie Jeanne n’a pas pris le départ, n’ayant plus l’envie dans la tête et dans le corps de mener l’aventure plus loin), un coureur japonais et Eric Derivaz, parti blessé de Skagen et qui a souffert trop rapidement de blessures dites de compensation sur l’autre jambe. Dommage, le club « France » voit deux de ses membres laisser le reste de la troupe continuer sans eux : ils vont nous manquer.

    Mon étape dont j’ai pris le départ à 6h a commencé comme les précédentes où je suis parti dès l’entame. La traversée des faubourgs de Hambourg m’a permis de creuser un écart conséquent sur le reste du groupe et j’ai tenu le rythme de 9,5km/h jusque vers le km 20 où le temps passé au ravitaillement a fait baisser un peu la moyenne. Dans ma tête, je m’étais fixé d’atteindre le km 45 en 5h (9 de moyenne) et j’y suis presque parvenu, ayant perdu du temps sur le chemin assez technique dans la forêt ainsi qu’aux ravitos.

    Je me suis fat rattraper par Christian Fatton et Neil Bryant (mon camarade de la veille) au 5ème ravitaillement et avec le coureur britannique nous avons continué ensemble comme la veille. Christian, lui, s’était légèrement détaché et conservait 400m d’avance, marge suffisante pour nous devancer de 2 minutes au final. Avec Neil, on a géré la portion d’une vingtaine de km le long du canal de l’Elbe qu’on suivra demain pendant plus de 60km. Nous terminons encore dans les dix premiers, 8èmes ex-æquo.

    J’ai eu le temps de laver et de faire sécher mes affaires, d’aller acheter quelques boissons et petits pains au lait pour grignoter à l’arrivée.

    Demain, journée longue et sans doute usante car le chemin de halage le long du canal est certes bien entretenu, mais recouvert de gravillons très abrasifs pour qui ne lèverait pas assez les pieds sans compter les invités qu’on est obligés de chasser sous peine d’attraper des ampoules.

    Demain, donc, je mets les guêtres. Je pars avec le grand groupe, à 6h.

    Il se fait tard maintenant, je vais enregistrer mon CR. J’espère que je pourrai l’envoyer demain.

    A + Fab 

     

    CR Etape N°10

    Le canal ! J’avais mis tant de fois cette étape dans mes futurs plus mauvais souvenirs que plus on s’en approchait plus je la redoutais et la peur a finalement accouché d’une souris si je peux me permettre l’expression.

    Je suis parti dès le départ sans me poser de questions. J’avais mis les guêtres pour ne pas avoir à m’arrêter toutes les cinq minutes pour retirer les petits graviers de mes chaussures, j’avais rempli mes bouteilles de jus de raisin acheté la veille dans un petit supermarché discount comme il y en a à profusion en Allemagne, j’avais mis ma tenue en mode optimiste, c'est-à-dire sans le poncho, et j’avais placé quelques barres de céréales ou chocolatées dans mon holster et dans mon petit sac banane, avec un MP3 et d’autres bricoles. Mes gris-gris aussi font partie de la panoplie : un petit pistolet en plastique trouvé sur la route lors de ma première Transe Gaule, un petit porte-clés du guide du routard, deux petits mousquetons, mon petit drapeau breton offert par Christophe le responsable du site de Yanoo.net, le tout attaché par un lien à mon holster. Un peu de papier toilette, des lingettes bébé, un petit flacon de gel hydro alcoolique, deux épingles de nourrice…

    La course est partie sur la route et nous avons rejoint le canal de mes rêves au bout de 6km juste après le 1er ravitaillement où je ne remplis ma bouteille que pour compléter les quelques centilitres consommés jusque-là. Un petit passage dans une haie et voici le canal, aussi majestueux que la veille, peut-être encore plus dans la lumière du jour naissant donnant aux nuages une teinte rose rouge. Calme et silencieux je le longeais avec sérénité pensant quand même que d’ici quelques heures j’allais sans doute souffrir, certainement même, mais je voulais profiter au maximum de ce que j’étais venu chercher sur cette course. Le second ravitaillement placé 8,7km après le premier n’était pas encore prêt tellement j’étais allé vite (enfin, vite pour moi et … pour eux) et je pris simplement de quoi remplir ma bouteille. Au troisième ravitaillement, même chose, j’arrivais trop tôt, mais je pus quand même emporter de quoi grignoter (banane, gâteaux au chocolat) et remplir mes bouteilles tout en buvant de l’eau. J’avais creusé un tel écart avec mes poursuivants que je n’osais même pas me retourner pour voir toute l’avance prise. Le ravitaillement suivant, le 4ème, au km 34, me permit de me poser un peu et de déguster une soupe chaude. Je rencontrais des coureurs venus faire la fin de l’étape, à savoir un marathon environ. Je suis reparti prudemment parce qu’on passait une écluse et qu’il fallait monter de 20m environ sur une courte distance puis une fois retourné le long du canal j’envoyais une nouvelle fois la sauce. Cet état de forme allait durer hélas trop peu de temps et au ravitaillement suivant, j’avais déjà commencé à ralentir. Entre-temps, Stéphane m’avait dépassé suivi de peu par Peter, l’homme à la trottinette, et en me retournant, je ne vis que les trois coureurs invités. La suite du parcours le long du canal fut assez fastidieuse. Les graviers parfois assez gros me gênaient considérablement m’obligeant à lever les pieds un peu plus hauts ce qui est fatigant à la longue. Un peu de pluie vint trouver ma chevauchée, mais elle cessa avant de devenir trop handicapante.

    Le temps passé sur le canal me permit de constater que le trafic des péniches est assez soutenu et que de nombreux ponts permettent de le franchir. Les trois derniers ravitaillements étaient très espacés : 12,6km entre le 5ème et le 6ème, plus de 10km entre le 6ème et le dernier et une fois celui-ci passé, il restait quand même plus de 11km. On devait sortir du canal à 1km environ de l’arrivée, Mais j’eus la surprise de voir un panneau nous disant de prendre des escaliers pour prendre un pont et finir les 3,5 derniers km sur de la route, du vrai bitume. Je jetais un coup d’œil lors du passage sur le pont pour vérifier que personne ne me suivait de près ni de loin. Je finis donc mon étape tranquille, plus d’une heure après les 6 premiers, mais je terminais quand même 7ème, c’est dire le fossé qu’il y a entre eux et nous autres du peloton des seconds couteaux.

    Après l’arrivée je pus constater l’accueil chaleureux des gens de Stüde, mais aussi voir que le local d’hébergement était tout petit, déjà aux trois-quarts rempli (par les japonais et les 6 premiers) et je trouvais quand même une place pour m’installer. J’allais prendre ma douche froide sous une tente type militaire, je lavais mon linge et l’étendais, le rituel habituel.

    Mes copains JB et JP sont arrivés plus tard et je leur offrais une bière et une Bratwurst pour les requinquer. Quelques bières et saucisses plus tard, je leur ai montré le lieu d’hébergement et les douches.

    L’heure du dîner arriva vite et après deux assiettes de goulasch sans légumes ni féculents nous sommes retournés dans la salle afin de préparer les affaires pour demain.

    Maintenant que tout est prêt, je tombe de sommeil alors qu’il n’est que 20h30. Je vous laisse et espère pouvoir poster ce CR le plus tôt possible.

    A+Fab

     

    CR Etape 11

    A l’heure où vous lirez ces lignes, plusieurs étapes seront déroulées, je pense, car au vu de la première semaine en Allemagne, nous n’avons toujours pas la possibilité de nous connecter. Certes, le gymnase qui nous accueille ce soir est encore vaste, la nourriture suffisante et bonne, typique de la région, le temps, beau, nous permettant de rester se détendre sur la partie en herbe ayant servi d’arrivée.

    Ce matin, il faisait bon à 6h, après un petit déjeuner copieux, j’avais de bonnes sensations et décidé de mettre mon MP3 « spécial Tupac » pour me faire les 20 bornes sur le canal comme si ce n’était qu’un petit footing du dimanche matin.

    Ce canal, que nous ne reverrons plus, il fallait en profiter, et c’est ce que j’ai fait. Je suis encore parti devant mais je n’ai pas réussi à creuser un écart suffisant sur certains de mes poursuivants car il y avait plusieurs coureurs dits d’étape qui s’étaient inscrits, et ça, c’est assez déstabilisant car ils courent en bavardant, sont frais et vont un peu plus vite pour certains. Quand on sent quelqu’un derrière soi, c’est assez pénible surtout quand on ne veut pas se retourner pour voir qui c’est. Avec Neil, l’anglais, nous avons fait une partie du canal ensemble et avons laissé ces coureurs d’un jour nous devancer, car ils nous auraient emmenés sur un faux rythme.

    A la sortie du canal, j’étais toujours avec l’anglais, et nous sommes restés plus ou moins ensemble, avec Ambros l’autrichien.

    Cette étape comportait deux parties distinctes : la première avec donc le canal brumeux et ses péniches et oiseaux apparaissant au petit matin au détour d’une courbe ou au moment où la brume se levait, avec aussi ses petites routes de campagne menant d’un village à peine réveillé à un autre.

    La seconde partie, beaucoup moins plaisante, nous fit emprunter des routes à circulation, parfois, souvent même, sans piste cyclable et comme le soleil était devenu plus fort, ces routes ne présentaient pas toujours des portions ombragées. Ce maillage de routes devait nous faire passer au-dessus d’autoroutes, de lignes de chemin de fer, de canaux… A la sortie d’une ville, le passage à niveau s’est baissé au moment où nous nous en approchions : nous avons dû patienter 5 minutes pour que les deux trains express passent. Personne n’a osé risquer sa vie à transgresser bêtement le règlement et à passer sous les barrières.

    Certains coureurs avaient profité de l’occasion pour recoller au binôme que Neil et moi formions. A partir de ce moment, j’ai un peu coincé, ne parvenant plus à maintenir une cadence minimale pour rester dans le sillage de mon compagnon qui se détachait peu à peu, et ce ne sont pas les deux derniers ravitaillements qui ont pu me le permettre.

    J’ai fini l’étape un peu fatigué comme tous les autres jours, quelques minutes derrière Neil, autant de temps devant l’autrichien, mais avec encore une belle avance sur les suivants.

    Après la course, les rituels de l’installation, de la douche, de la lessive et de la collation m’ont pris un long moment, mais je pus trouver quand même un moment pour me reposer, tant physiquement que mentalement. Ce soir, je suis prêt à affronter l’étape de demain longue de 76km avec quelques reliefs : nous attaquons les monts du Hardt avec des passages au-dessus de 700m.

    Je vous laisse, je vais dormir.

    A+Fab

     

    CR Etape N° 12

    Jusqu’alors, nous n’avions pas eu de véritables côtes, quelques variations de relief au Danemark, quelques unes plus modeste en Allemagne, mais aujourd’hui nous avons rencontré de vraies bonnes montées, certes pas alpines, mais de quoi faire ralentir l’allure.

    Dès le départ, d’ailleurs, le parcours commençait à s’élever et je suis parti sur un rythme tranquille mais efficace de telle manière que plus personne n’était à vue après une bonne demi-heure de route. Au premier ravitaillement, au bout d’une longue ligne droite, je pus m’apercevoir que personne derrière moi n’était en vue. Ingo, présent à ce poste de ravitaillement pour superviser le travail des bénévoles me chambra un peu en me disant que j’allais trop vite. Du 9,5km/h de moyenne pourtant, c’est mon allure de départ habituelle. Je l’ai maintenue encore quelques kilomètres pour atteindre le second ravitaillement où je pris le temps de manger un peu et de refaire le plein de ma bouteille. Les kilomètres défilaient, le paysage était sympa, il n’y avait par contre pas trop de pistes cyclables mais les automobiles n’étaient pas encore très nombreuses. Plus on avançait, plus les collines se faisaient proches et le ciel s’assombrissait de plus en plus. Il a plu, au début quelques gouttes éparses qui au fil du temps se sont transformées en véritable pluie qui trempe. Donc je sortis mon poncho que j’enfilai pour poursuivre mon périple vers les reliefs du Hardt. Comme toujours après 4 ou 5 heures de course, je commençais à ressentir les prémices d’une baisse de régime. Je me trouvais en pleine campagne, slalomant le long d’une voie ferrée sur la quelle un mignon petit train rouge et blanc circulait de manière assez régulière. Ce doit être comme un omnibus qui dessert les villages des alentours. Stéphane me rattrapa et me dépassa ce qui me rassura quelque peu, j’avais cru un moment avoir raté un embranchement et m’être égaré. Une petite flèche rouge me redonna du courage car me confortant sur mon choix de route. Parfois il y a de ces grands moments de solitude où simplement un rappel de fléchage peut vous redonner du peps.

    Je finis l’étape un peu éreinté, ne m’étant fait dépasser que par 4 des 7 coureurs partis une heure après moi. Au final, je suis 7ème en 8h52’05.

    Quelqu’un vient de couper le courant dans la salle, il est 21h, alors je vous quitte.

    Demain je pars à 7h, c’est la rançon de la course en tête.

    A+Fab

     

    CR Etape N° 13

    Ça commence à bien faire les patelins en campagne sans zone pour se connecter ! J’écris ça, mais je n’ai rien contre ces petits villages. On a tellement vécu dans le luxe au Danemark et on s’est tellement rendus esclave de l’internet que là, après plus d’une semaine de dur labeur on aimerait bien pouvoir donner des nouvelles un peu plus détaillées que les SMS laconiques car très coûteux (merci mon opérateur, et les autres, d’être aussi ringards et de ne pas proposer des forfaits européens. On est en Europe ou quoi ? Mais il y a tellement de sous à brasser sur le dos des vaches à lait que nous sommes.)

    Bon, je reviens à la course.

    Aujourd’hui, j’ai eu l’honneur et l’avantage de partir à 7h, avec les 6 premiers du classement général et des étapes en général. J’ai bien aimé, je me suis retrouvé seul ou presque, comme si j’étais dans l’autre groupe, à cette différence près que les 6 avaient pris la poudre d’escampette. Enfin, plus exactement, 5 des 6 car Jean Claude est parti prudemment et je l’ai suivi lui demandant si ça le gênait que je reste derrière lui. Peter, avec sa trottinette, aussi est parti lentement, il souffre un peu en début d’étape et le profil des premiers kilomètres n’étaient pas pour lui donner possibilité de se lancer. En effet, dès que ça monte, il a du mal à patiner.

    Au premier ravitaillement, j’étais sur des bases identiques à celles que je suis d’habitude, idem au second. Cette étape fut très vallonnée et parfois certaines montées entre 10 et 15% m’obligeaient à marcher quand l’alternance course-marche m’était difficile. Dans les descentes, je pouvais me lâcher un peu et combler le différentiel de vitesse pour redonner à ma moyenne un niveau « normal ».

    J’ai commencé à rattraper des coureurs partis une heure avant moi après seulement à peine 18km, puis au fur et à mesure, j’en ai dépassé d’autres jusqu’au moment où il s’écoulait de plus en plus de temps pour rattraper ceux plus en avant. J’ai dépassé Jean Pierre mon camarade de la première étape qui avait un jour sans trop d’énergie. Les paysages étaient beaux et variés : campagne vallonnée, grands champs cultivés et moissonnés, forêts de résineux ou d’autres essences. Peu de véhicules, mais en raison de l’étroitesse des routes et de l’absence de pistes cyclables sur notre étape, il fallait quand même se méfier. Parfois, c’était comme si les voitures ou les camions avaient décidé de se croiser juste au moment où je passais. Donc direction la bande herbeuse et un petit signe gentil (oui, j’ai bien dit gentil) de la main. Systématiquement quand je croise quelqu’un, je fais un signe de la main et souvent le conducteur me répond de la même façon.

    Plus l’étape avançait, plus je ressentais un peu de fatigue et j’avais hâte que cela se finisse. Mais je dois reconnaître que j’en suis encore au stade où d’être là est un véritable plaisir. Je sais pourquoi je cours : pour tous ces moments magiques de la course et de l’après course.

    J’ai fini à la 6ème place, Jean Claude n’ayant pu revenir sur moi en fin d’étape et ceux qui étaient partis à 6h n’ont pas pu cette fois bénéficier de « l’aspiration » provoquée par mes départs rapides. Je plaisante, mais je sais qu’il est plus facile de courir avec quelqu’un en vue devant que poursuivi par un groupe qui donne l’impression d’attendre que vous soyez dans le dur pour vous dévorer tout cru et vous laisser sur place.

    Mes copains sont bien arrivés, en tout cas en assez bon état, plus moral que physique pour certains et inversement pour d’autres, mais leur force réside dans le fait de ne rien laisser transparaître, de ne jamais chouiner. Bravo les gars.

     

    Bon, je dois me coucher car les lumières vont s’éteindre bientôt.

    A+ Fab

     

    CR 14ème étape.

    La plus courte depuis plus d’une semaine devait permettre de bénéficier d’un peu plus de temps de repos. Ça a été le cas, et l’étape s’est à peu près bien passée sauf que j’ai souffert d’ennuis gastriques à deux reprises pendant la course. Mon organisme ne doit plus supporter de boire des quantités importantes de jus de pomme et sans doute qu’une certaine fatigue s’est installée au niveau intestinal.

    Le fait que l’étape ait été plate n’a pas contribué à me permettre de conserver une bonne moyenne. Certes, celle de ce jour, si l’on décompte les deux longs arrêts techniques, aurait été ma meilleure depuis le départ, mais je n’ai pas eu la sensation de facilité que j’avais espérée. Peut-être suis-je un peu trop optimiste, voire inconscient de vouloir jouer le chrono, mais au bout d’un moment, et c’est habituel chez moi, il me faut ma dose de piment, de risque mais pas inconsidéré.

    Je n’ai pas de bobos, pas de douleurs hormis celles dues à l’accumulation des km, mais ce ne sont pas des tendinites ni des inflammations. Je n’ai aucune ampoule et les seuls véritables dommages concernent les frottements des vêtements que je traite avec de la pommade spéciale.

    Je finis cette étape avec un autre coureur français.

    La soirée au restaurant fut sympa, la salle d’hébergement très petite et envahie par les mouches.

    A+Fab

     

    CR 15ème étape.

    Et bien à l’heure où je rédige ce CR je peux dire que j’ai vécu une journée extra et surtout très inattendue.

    D’abord, la nuit dernière je n’ai pratiquement pas dormi d’abord en raison de ma gastro (3 levers en pleine nuit), parce qu’aussi mon matelas est percé et que je me suis rapidement retrouvé à même le sol et enfin, comble de l’horreur, des centaines de mouches avaient envahi notre hébergement. Elles venaient se poser sur mes jambes ou sur mon visage, alors je me suis emmitouflé dans mon duvet et j’ai enfilé mon bonnet en plus de mon masque de relaxation pour faire le noir. Au réveil, si l’on peut dire, je suis retourné plusieurs fois aux toilettes et au moment du départ, je n’en menais pas large, craignant la baisse de régime au bout de quelques km.

    Je faisais partie du groupe des 6h, le plus nombreux, et au moment du départ un épais brouillard envahissait la nuit. Je démarrai tout de suite devant accompagné d’Ambros, l’autrichien, et nous nous sommes vite détachés. Mes impressions étaient positives, pas de mal au ventre, les jambes semblaient avoir assez de force pour me mener sur du 9,5km/h et le début du parcours sur une piste cyclable fut assez facile à suivre malgré l’obscurité. Les deux premiers ravitaillements passés, toujours en compagnie de l’autrichien, le jour était bien levé et le brouillard se dissipait peu à peu nous permettant de constater que ceux qui nous suivaient étaient hors de vue.

    Nous sommes arrivés vers le 20ème km sur le parcours du semi-marathon de Fulda, organisé ce jour, et de voir les panneaux kilométriques à partir du km10 défiler lentement avait de quoi casser l’ambiance. Or il n’en fut point ainsi et au fur et à mesure que nous approchions de Fulda plus nous commencions à voir de l’animation.

    Il se produisit alors quelque chose d’exceptionnel vers la borne 17 du semi : un peloton énorme composé d’une majorité d’enfants souvent accompagnés par des adultes emprunta notre itinéraire et pendant une dizaine de minutes je courus avec, et dans, ce peloton, devant zigzaguer à de nombreuses reprises pour éviter les enfants qui marchaient ou qui changeaient brusquement de trajectoire. Je me demandais alors si j’allais réussir à suivre notre fléchage spécial et après quelques hésitations je le retrouvais : il nous menait directement sur le stade où avait lieu l’arrivée des courses d’enfants. Je me demandais si j’étais bien là où il fallait, j’hésitais, j’aperçu Ambros bloqué derrière des ganivelles qui ne savait pas où il fallait continuer. Un membre de la TransEurope m’aperçut et me dit qu’il fallait que je fasse un tour de piste avant de ressortir et de continuer ma route. J’ai fait un 400m ! Avec les petits ! Mais quand j’en eus fini, je ne savais pas par où ressortir. Une personne m’attrapa par le bras pour me guider et je pus enfin sortir de cet événement sportif (2300 coureurs) et poursuivre mon aventure vers Gibraltar.

    Je rattrapais l’autrichien et nous avons refait route commune pendant que le parcours était plat. Par la suite, nous avons retrouvé la route et c’est à ce moment que je décidai de prendre les devants et de ne plus les lâcher. Rapidement mon compagnon de route ne put suivre et je me retrouvai enfin en solo, ce que je préfère quand j’ai les jambes. Quelques moments de doute concernant mon estomac dérangé, mais vite passés, sans doute parce que je ne buvais que du cola dilué dans de l’eau. Je pris aussi plusieurs petits toasts et gâteaux pour m’alimenter et éviter un éventuel coup de pompe.

    Stéphane me rattrapa plus tard que d’habitude (km 43) et j’étais au-dessus des 9km/h de moyenne depuis le départ. Une longue montée suivie d’une aussi longue descente ont fait remonter ma moyenne qui à chaque ravitaillement descend un peu (1’30 à 4’ d’arrêt en moyenne selon de type de poste). Je me fis dépasser par trois autres coureurs du top 6 et sur la fin, Christian Fatton, l’international suisse, me dépassa au gré d’un ravitaillement moins long. Il prit 50m d’avance et le connaissant, je savais qu’il ne lâcherait pas l’affaire. Donc par prudence et économie pour les jours à venir, j’optais pour un suivi de loin, d’autant plus qu’il ne restait que 7km à faire.

    Je finis content d’avoir « survécu » à ce que je croyais être une étape galère et je me contente de ma 7ème place à plus de 9km/h de moyenne, soit ma meilleure depuis Skagen.

    Nous sommes installés dans une belle salle et le seul bémol est que les douches sont froides.

    18h, c’est l’heure de dîner.

    A+

     

    CR 16ème étape

    Départ à 6h dans la nuit sous un pâle éclairage lunaire, j’avais pris une lampe de poche pour ne pas rater les changements de direction et prendre rapidement mon rythme de course.

    Après seulement 500m, je m’aperçus qu’il faisait moins frais que prévu et que ma tenue avec mes manchons aux bras, mes gants et mon buff allait s’avérer très vite inutile. De plus, c’est à ce moment que j’ai vu ce qui nous attendait : 2km de montée indiquée à 16% ! Je me résolus rapidement à stopper la course et à adopter une marche rapide ce qui me permit de creuser l’écart sur mes poursuivants sauf sur mon copain de voyage, Fred Gallais, qui est un véritable chamois. Une fois arrivé au sommet de la côte je repris la tête et profitai de la descente pour redonner à ma moyenne une valeur « digne » de mes dernières sorties. Une longue et très sérieuse descente m’attendait par la suite et c’est l’instant que je choisis pour m’arrêter faire une pause technique. Jean Benoît en profita pour prendre la tête du peloton des « 6h ». Je le rattrapai en quelques hectomètres et nous avons fini la descente infernale en marchant pour ne pas nous abîmer les releveurs. L’autrichien, le même qu’hier, ne se posa pas de questions et prit les devants. Une fois le profil du parcours redevenu correct, ni trop plat, ni trop pentu, je le rejoignis et le passai. De nouveau en tête, j’accélérai encore et passai tous les postes de ravitaillement en premier. Ce n’est qu’après le 4ème ravitaillement que Stéphane me dépassa puis Henry peu après le 5ème.

    Il commençait à faire chaud et l’ombre se faisait plus rare, alors que jusqu’à présent nous avions eu des lisières de forêts et de belles haies pour nous protéger du soleil. Il y avait du vent, relativement doux, pas trop chaud qui me rafraîchissait car ma tenue était trempée de sueur. Mais plus on avançait, moins la sensation de fraîcheur était réelle et j’espérais trouver aux ravitaillements des seaux d’eau pour y tremper ma casquette.

    La fin d’étape fut difficile et je ne pus conserver mon allure de « table de 9 » : 45ème km en 5h, 54ème km en 6h… je suis légèrement redescendu sous le « neufaleur » mon vieux pote de la dernière TEFR et de certaines Transe Gaule.

    Je finis l’étape fatigué, mais avec une bonne fatigue, de celle qui s’estompe vite. C’était plus mental que physique même si j’ai mal aux jambes. C’est normal, en un quart de la TransEurope on a couru autant que sur les 18 étapes de la Transe Gaule.

    Ce matin avant le départ, le groupe des français s’est réuni pour faire la photo des 1000km franchis hier vers le km 13 de l’étape, un peu avant Fulda.

    C’est tout pour aujourd’hui, je vais dormir car demain il y a encore une longue étape (73km) qu’il faudra négocier sans trop de peine puis viendra ensuite une petite série d’étapes au kilométrage décroissant.

    A+Fab

     

    CR 17ème étape

    73km de prévus pour cette dernière longue étape avant une petite série régénératrice de 4 étapes inférieures à 70km.

    La météo fut très agréable, il faisait bon quand on est partis, je n’avais pas pris de gants ni de manchons et seule ma lampe de poche était de sortie, vite devenue inutile dans l’aube naissante sous un beau ciel clair.

    Je démarrai une fois de plus avec Ambros en tête et nous avons ouvert la voie pour les autres coureurs qui n’avaient pas à se demander par où il fallait passer dans la ville encore endormie. Nous avons emprunté quelques rues piétonnes et pavées, le long de l’église et d’échoppes encore fermées tout en nous posant la question de savoir si nous étions sur le bon itinéraire. Heureusement le fléchage nous conforta dans notre cheminement et bien vite nous sortîmes de la ville pour progresser sur une belle piste cyclable qui serpentait à travers les champs.

    Christian Fatton et Jean Benoît se portèrent à notre hauteur et bientôt nous ne fûmes plus que tous les quatre à tailler la route loin devant les autres. Avec JB, nous avons discuté et laissé le Suisse prendre les devants tout en le gardant à vue. Au 1er ravitaillement, il accentua son avance, ne s’attardant que quelques secondes tandis que JB et moi prenions tout notre temps pour refaire le plein en eau et coca.

    L’autrichien en profitait aussi pour recoller. Les premières heures se déroulèrent comme cela et il fallut un passage à niveau pour que le Suisse prenne vraiment de l’avance : il est passé une minute avant JB et moi qui nous retrouvâmes bloqués par un train. Ambros, l’autrichien revint sur nous par la même occasion.

    Nous avons couru ensemble avec JB jusqu’au ravitaillement N° 4 (km 42) et là, comme il restait plus longtemps que moi, je repartis quelques minutes avant lui et je me retrouvai seul au pied d’une belle bosse. Une fois au sommet, je continuai mon effort et accélérai pour essayer de remonter sur Christian, mais il avait trop d’avance et je me contentai alors de gérer ma course. Je suis arrivé dans une ville où une longue descente indiquée à 20% allait me contraindre à marcher afin de ne pas mettre en péril mes releveurs. La traversée de cette ville importante ne fut pas aisée en raison de travaux qui masquaient le fléchage, mais je réussis à m’en extirper et à rejoindre la campagne plus calme et rassurante.

    Le soleil était là, la chaleur modérée à cause d’un petit vent agréable faisait que je prenais du plaisir à accélérer un peu sur les parties plates et à gérer les côtes et les descentes comme je le souhaitais. Pas de douleurs, la seule interrogation concernait la distance entre les postes de ravitaillement habituellement comprise entre 8 et 10 km mais qui aujourd’hui faisait de 10 à presque 12 km. J’avais soif, mais possédais de l’eau et du coca dilué en quantité suffisante pour atteindre le poste suivant.

    Je trouvais des fontaines pour mouiller ma casquette et en repartais à chaque fois ravigoté.

    La fin d’étape proposait une belle montée d’1 km et demi avant une redescente de 3 km ce qui me rendit la fin moins pénible que dans d’autres cas. Je finis 7ème, à plus de 10 min du Suisse et devant JB et l’Autrichien de 2 ou 3 minutes.

    Ce soir nous sommes hébergés dans une chapelle rénovée et maintenant, les lumières venant de s’éteindre, je suis contraint d’abréger mon CR.

    A+Fab

     

    CR 18ème étape

    En nombre de jours de course, aujourd’hui nous avons fait l’équivalent d’une Transe Gaule, mais en réalité nous avons effectué près de 130km de plus.

    Aujourd’hui, l’étape avait une longueur de 65,2km, soit juste au-dessus du kilométrage moyen, mais ce fut une des plus difficiles sinon la plus difficile depuis Skagen. Il y a eu beaucoup de dénivelé avec de grosses bosses à passer proposant des pourcentages allant de 12 à 20%.

    La première se présenta quelques hectomètres après le départ et une fois que j’avais jaugé mes camarades de course et leur forme, je décidais d’accélérer brusquement dans cette forte montée. Je lâchais tout le monde et m’envolais vers le sommet dans l’obscurité car nous étions rentrés dans une forêt. Je ne me suis pas trop posé de questions quant à l’itinéraire à suivre : je ne voyais pas les flèches et elles devaient être rares de toute façon. Dans la descente qui suivit, je remis les gaz et arrivai dans une vallée sur une piste cyclable et au détour d’un franchissement de pont ou lors d’une bifurcation, je me rendis compte que seul un coureur me suivait, de loin.

    Au 1er ravitaillement, j’avais de l’avance telle que lors que j’en repartis 50 secondes après, personne ne pointait ses runnings.

    Je dus faire une pause dans les bois, 5 bonnes minutes au total, et j’aperçus Christian Fatton, le coureur suisse accompagné d’un coureur d’étapes qui n’avait commencé à courir qu’à partir du 10ème km, passer. Ils ne m’avaient pas vu et j’ai appris plus tard qu’ils se sont mis à accélérer pour essayer de me rattraper sans savoir que j’étais derrière eux. Jean Benoît et Eilolf le coureur norvégien me cueillirent au moment où je sortais des bois et nous fîmes route commune jusqu’au 4ème ravitaillement, en restant plus ou moins au contact selon les côtes et les descentes qu’il fallait négocier.

    Le norvégien plus à l’aise depuis que ses blessures se résorbent avançait trop vite pour moi et je ne cherchais pas à revenir sur lui une fois qu’il s’était détaché.

    Avec JB, nous nous sommes quittés au ravitaillement n°4 où il prit plus de temps de pause que moi. Là, le profil du parcours redevint humain et je pouvais envoyer la sauce.

    J’ai poursuivi sur une allure de 9,5 à 10km/h jusqu’au dernier ravitaillement en pleine agglomération d’une ville importante (Heilbronn). Après, je devais chercher les flèches et faire attention aux sorties d’usines et autres entreprises. Je finis par arriver avec la joie de constater que l’étape s’était bien passée.

    Christian me prend 20’ et le norvégien 10’, mais je ne cours pas pour les battre, je cours pour me faire plaisir même si mon mental veut ou fait que j’aime bien faire une bonne place au classement quotidien.

     

    A+Fab

     

    CR 19ème étape : petite étape nerveuse.

    Déjà 2 semaines sans connexion internet et j’ai survécu ! Par les temps qui courent, eux aussi ils ont le droit de courir (les temps), c’est rare de pouvoir s’affranchir de l’outil in-dis-pen-sa-ble à la survie de toute l’espèce humaine.

    Bon, je démarre ce CR comme j’ai démarré l’étape ce matin : avec plein de malice et je peux dire que le résultat final a été positif.

    Parti à 6h, dans l’obscurité dans laquelle on devinait quand même le parcours, je suis resté un peu plus longtemps que d’habitude avec mon groupe. Mais au bout d’un kilomètre, l’appel du large se fit sentir et j’accélérai, d’abord en douceur pour ne surprendre personne sur cette petite piste cyclable au calme loin des bruits de circulation. Ensuite, je passai la seconde et me détachai vraiment, laissant les copains à quelques encablures. La fin de la voie tranquille fut brusque et je me retrouvai sur une route avec de la circulation. Les gens partaient bosser, les pôvres, et certains étaient un peu nerveux au volant d’où le titre de ce CR. Pendant un trop long moment je suis resté très attentif afin de ne pas me faire toucher par un rétroviseur d’un véhicule arrivant en face de moi lorsque le bas-côté ne me permettait pas de plonger dans le maïs ou autre champ. J’ai survécu, comme le reste des coureurs je précise, mais j’étais content d’avoir pris la tête de la course (et celle des automobilistes un peu fadas) car je n’avais personne devant moi qui m’aurait masqué l’arrivée trop rapide d’une BMW ou autre Audi.

    Aux ravitaillements, je me suis aperçu que je n’avais creusé qu’un petit trou sur la concurrence, à peine assez grand pour quitter chaque ravitaillement sans que mes poursuivants ne me voient. Mais je me faisais plaisir à courir à 10 km/h voire plus et ma moyenne était proche de 10 si l’on compte le temps passé à remplir ma bouteille et à grignoter. J’ai aussi conservé mon alternance course-marche de 15’ courues pour 30 secondes marchées, ça me permettait de récupérer et de penser à boire mon mélange 2/3 coca 1/3 eau. Fini le jus de pommes qui donne des maux de ventre !

    L’étape, mine de rien n’était pas si plate que ça : 700m environ de dénivelé positif, mais délayés sur l’ensemble de l’itinéraire contrairement à hier. C’est passé même si les bosses de la dernière partie furent moins faciles à appréhender. Christian Fatton qui était resté derrière toute la journée me rattrapa à la faveur de ravitaillements plus brefs que les miens et maintenait son avance dans les côtes qui lui font moins mal que les descentes où je lui reprends un peu de temps d’habitude.

    Sur la fin, je déroulais et le laissais prendre un peu d’avance sans chercher à revenir. Nous avons eu une belle dernière montée, à 15% au moins pour finir et s’il n’y avait eu Daniel qui prenait des photos, je crois que j’aurais marché.

    Je finis 7ème de l’étape en 6h45’. Mission accomplie avant les deux courtes étapes (58km chacune) qui viennent et le gros morceau kilométrique qui s’annonce (74,5/82,6/79,5) tout comme notre entrée en France, dès lundi. Là, j’aurai de la connexion !

    Ce soir, Philippe Grizard nous quitte, il a abandonné ce matin après une douzaine de km. Il reviendra sur la course vers le 17 septembre.

    A+Fab

     

    CR étape 20 : les tontons flingueurs.

    Courte étape. Beau temps très frais au départ (8°). Silence bucolique des premiers kilomètres effectués sur une piste cyclable puis dans un chemin forestier. Allure prudente dès le départ, pas encore bien réveillé…

    Rien ne présageait une étape rapide, sinon qu’en tête du groupe des « 6h » nous nous retrouvions encore tous les quatre ensemble, Ambros, Christian, Jean Benoît et moi-même, suivis de très près par Eilolf puis les autres coureurs qui s’égrainaient sur le parcours.

    Mais JB avait décidé de se faire plaisir et accéléra peu à peu nous laissant nous faire distancer avec un pic de 2’30 à un moment donné. Au gré des ravitaillements et des arrêts « techniques », notre groupe de quatre changeait de leader, mais JB reprenait à chaque fois les devants. Les traversées de villes ou de grands carrefours peuvent aussi créer quelques écarts selon qu’on se repère facilement ou non, selon que l’on a du trafic ou de la chance avec un passage entre deux flots de véhicules. A ce petit jeu, je ne suis pas trop mauvais et je me retrouvais avec JB, comptant une avance substantielle sur les copains. Nous avons alors évoqué l’état d’euphorie que procure le fait de mener et nous avons pris quelques relais pour accélérer le tempo. Risqué ? Inconscience ? Non, tout simplement le plaisir de courir et de survoler le bitume ou le gravier des chemins. Cette ivresse non pas des cimes mais de la tête de course dura quelques minutes jusqu’à ce que quelques petites bosses viennent nous rappeler qu’il y avait encore plus de 40 étapes à faire.

    Retour à la normale donc, et rythme un peu moins soutenu, avec le bonheur d’avoir vécu ce petit quart d’heure de folie. Christian nous rattrapa et nous dépassa encore à la faveur d’un ravitaillement où il ne perd quasiment pas de temps contrairement à nous qui prenons le temps de boire et de manger. Eilolf aussi nous rejoignit et nous laissa finir notre soupe ou nos gâteaux en nous laissant sur place. Bon, nous revoilà tous les deux à battre la campagne et en se disant qu’on avait été fous de prendre des risques. Sur la fin, à 5 ou 6 km du but, nous avons passé la rivière Neckar et une longue montée se présenta. Je la commençai en ayant encore de bonnes jambes, mais quand la pente se durcit, je me mis à ralentir et à alterner course et marche tout en ahanant (style Fab pour ceux qui m’ont déjà supporté) JB restait derrière en embuscade tout en se marrant de m’entendre parfois parler tout seul (j’avais le MP3 sur les oreilles et essayais sans doute de chanter ou de répéter les paroles des chansons que j’écoutais). Soudain, Stéphane apparut et aussi soudainement nous laissa sur place. Peu de temps après, ce fut Trond, le Norvégien, qui arriva moins vite et JB en profita pour prendre l’aspiration et le suivre. Je mis quelques secondes avant de réagir et 50m avant de me rendre compte que le duo allait trop vite pour moi. Tant pis, je les laissai filer. Arrivé chez Ingo, la ville de Horb Am Neckar, une dernière furieuse montée m’attendait et ce fut un soulagement quand je franchis l’arche d’arrivée en un peu plus de 6h (moyenne proche de 9,5).

    Nous fûmes bien accueillis juste en face de l’Hôtel de ville et j’en profitai pour me désaltérer d’un grand panaché à la limonade non sucrée et pour me sustenter de deux Bratwurst avec petit pain et moutarde. Je me fis aussi un petit dessert en achetant un gâteau. 1h et demie après je rejoins le gymnase où j’avais le temps devant moi pour me reposer et préparer la suite de la course.

    Demain, 58km encore qui nous rapprocheront encore un peu plus de la France mais aussi des trois longues étapes de dimanche, lundi et mardi. Mais ça, ça sera une autre histoire, savourons chacune des journées les unes après les autres.

    A+Fab

    CR étape 21 : « Il voyage en solitaire » ou « Il est libre Max »

    Ce matin, au départ, une longue descente abrupte est venue réveiller les releveurs et pour ne pas prendre de risque de faire pleurer les miens, je restais en retrait des kamikazes ou des habitués des routes descendantes. Une fois ce petit quart d’heure passé et le temps que je me réhabitue à de la route plate et que je fasse le point sur mon ressenti matinal, je pouvais commencer vraiment à courir plus relax (Max). Je rattrapais Gilbert, Ambros et un coureur d’étape puis un japonais, Makoto, partis devant et je pris le leadership de ce groupe des « 6h ». La piste cyclable sur laquelle nous avons couru serpentait dans la vallée du Neckar et était coincée entre la voie ferrée d’un côté et la rivière de l’autre. La route principale passait plus haut ou en contrebas selon la largeur de la vallée qui était bien boisée sur les flancs des deux versants montagnards. Le soleil se levait et donnait un aspect rougeâtre aux hauteurs puis il illumina les habitations installées sur les hauteurs. Ce paysage me rappela celui de la partie nord de l’Italie, quand nous arrivons dans le Tyrol vers l’Autriche. Certes, les montagnes étaient moins hautes ce matin. J’étais en tête, mais je dus faire un arrêt en urgence dans les bois. Ainsi Ambros me passa et se détacha. JB qui était en embuscade passait au moment où je sortis de mon pit stop et nous fîmes route commune (ça donne l’impression de déjà vu tout ça). Quelques parties à fort dénivelé me firent ralentir voire marcher mais après plusieurs kilomètres je finis par rattraper Ambros et le laissai sur place. Les kilomètres suivants, alternant des passages dans des villages à peine réveillés et des chemins de graviers en forêt, me permirent de prendre mon rythme et de me détacher vraiment. Aux ravitaillements suivants, personne n’arrivait quand j’en repartais et l’esprit libre je continuais à tracer ma route. Ainsi je profitais du paysage et j’alternait des périodes rapides avec d’autres plus lentes, c’était selon le profil de la route, l’ombrage, la circulation, la forme, l’envie…

    Je m’attendais à devoir escalader une longue côte, un peu comme celle d’hier, pour arriver à St Georgen, mais ce ne fut qu’une succession de faux-plats, montants ou descendants, des côtes qui semblaient descendre et des descentes qui semblaient monter. C’est dire que je devais être impatient d’arriver et de profiter de tout le temps libre libéré par une arrivée juste après midi.

    D’ailleurs, c’est ce que j’ai fait après l’étape. Une fois la douche brûlante prise, le linge lavé et étendu, la valise un peu rangée et les affaires pour le lendemain préparées, j’ai pu aller faire quelques courses d’appoint pour les jours suivants et je me suis aussi acheté de quoi manger pour changer des omelettes patate bacon de Thomas. J’ai pique-niqué devant le gymnase, dans un espace de jeux pour les enfants, à l’ombre et je me suis changé les idées ce qu’on n’arrive pas à faire quand on se repose dans les salles d’hébergement.

    Hier soir nous avons dîné dans un restaurant chinois, à Horb, avec buffet à volonté. Le piège était de trop manger. Ce soir, on remet ça paraît-il, encore dans un restaurant asiatique avec le même système de buffet à volonté. Il faudra bien se nourrir car demain 74,5km nous attendent, les 35 premiers sans doute sur une route qui montera vers un col à partir duquel nous aurons 40km de descente vers Bad Kreuzingen, dernière ville-étape d’Allemagne. Les 82,6km du surlendemain nous feront traverser la frontière et se terminera à Valdoie dans la banlieue de Belfort.

    A+Fab

     

    CR étape N°22 : 22 comme mon numéro de dossard.

    J’ai passé une bonne nuit, un peu bruyante jusqu’à minuit parce que des jeunes s’amusaient dans le quartier, on était samedi soir. Mais au réveil, je n’avais plus trop envie de dormir, même si une petite grasse matinée me ferait beaucoup de bien. C’est la carotte pour la fin octobre.

    On est parti à 6h, dans le frais-mais-pas-trop, la journée s’annonçait chaude, même si nous allions courir à une altitude dépassant par moment 1000m. Je restais prudent dans la première longue descente, comme celle de la veille et je laissais partir les coureurs plus agiles dans la pénombre. Au pont qui marquait la fin de la descente et le début d’une longue et paisible montée aux pourcentages encore digestes, je commençais ma remontée progressive et pris la tête du groupe habituel. Je me détachais progressivement quand la côte devint un peu plus raide et je me faisais plaisir car le corps et la tête étaient en osmose. Le paysage du jour naissant était magnifique, je ne dirai pas féerique, mais je me régalais. « La montagne ça vous gagne » comme le dit une publicité et c’est vrai que ces paysages inhabituels pour moi, résidant dans l’agglomération nantaise qui possède aussi je le reconnais de superbes paysages pour qui sait les regarder, me donnaient envie d’y revenir un jour en promenade afin d’e faire partager ces moments de plénitude.

    Bon j’arrête de m’égarer dans des paroles qui doivent en avoir endormi certains.

    A propos d’égarement, je me retrouvais peu après le ravitaillement N°1, après une longue descente sur un chemin barré par de la rubalise. Je demande à un homme de faction au carrefour si je pouvais passer, en suivant le fléchage de la TEFR, il me répondit par l’affirmative et donc tout content de passer du bitume au chemin caillouteux, je reprenais ma foulée certes un peu moins aérienne qu’avant. Quelques kilomètres plus loin, une flèche m’indiquait de poursuivre tout droit puis une autre (double celle-là) me disait de tourner à gauche et de prendre un chemin qui monte dans la forêt. Après quelques secondes d’hésitation, Ambros qui m’avait rattrapé et moi, nous décidâmes de suivre la direction de la forêt. Au bout d’un moment, comme nous ne voyions plus de marques, nous nous sommes arrêtés et sommes redescendus d’où nous venions, trouvant face au même dilemme Jean Benoît, Eilolf, Neil et Jean Claude. Que faisons-nous ? Nous nous risquâmes à reprendre le chemin qui allait tout droit et nous nous rassurâmes de trouver enfin une autre flèche. Plus loin, le même problème survint et nous avons suivi le fléchage le plus logique, celui qui nous ramenait vers la route. Mais après un demi-kilomètre, il n’y avait plus de marquage. Encore embarrassés, Ambros et moi décidions de continuer malgré tout sur la route qui devait bien mener à la ville indiquée sur le road-book. Les autres ont préféré faire demi-tour et suivre le chemin. Au bout du compte, nous retrouvâmes notre itinéraire et nous rassurâmes. Les autres, on espérait qu’ils ne se soient pas perdus.

    Il y avait une compétition de VTT dans la ville que nous devions traverser et je pense que le débalisage n’était pas dans le but imbécile de nous faire nous perdre comme il arrive sur certains trails mais d’indiquer aux cyclistes le chemin à suivre.

    Au ravitaillement N°2, Ambros et moi pointions avec plus de 2 minutes d’avance sur Jean Claude qui était bien revenu suite à son choix de prendre l’autre itinéraire. Là, on arrivait sur la course de VTT et dans le même sens. La voiture ouvreuse suivie de la moto officielle nous passèrent puis un groupe de 4 ou 5 cyclistes déboula dans la descente à 60km/h en me frôlant. Un second peloton suivit quelques minutes après et passa aussi très près de moi. La descente sinueuse nous emmena sur une route où nous quittâmes le parcours de ce marathon cycliste et la tranquillité revint. J’en profitais pour me détendre en me relâchant dans la longue descente qui suivait et afin de me préparer à entamer une longue montée. Au gré des lacets, je voyais où étaient les poursuivants, et Ambros qui est meilleur descendeur que moi fut à nouveau lâché dans la montée. Je continuais en me faisant plaisir mais aux limites de la souffrance, les cuisses brûlaient mais le cœur suivait sans monter en pulsations. De temps à autres, je marchais quelques mètres afin de mieux relancer par la suite.

    Arrivé en fin de longue montée, une non moins longue descente prit place et je la descendais en déroulant et en faisant bien attention à ne pas me blesser. Une nouvelle grosse montée devait nous faire quitter la Forêt Noire et prendre une longue route vers Freiburg (Fribourg). En cette belle matinée de dimanche, nous n’avons pas pu courir tout le temps de manière sereine car nombreux étaient les automobilistes qui partaient passer la journée dans la forêt ou ailleurs et nous n’avons pas arrêté de croiser du monde ce qui parfois était très dangereux. J’ai dû à plusieurs reprises faire un saut sur le bas-côté voire dans le fossé pour éviter une voiture dont le conducteur, assassin en puissance, n’avait pas voulu faire un petit écart. Il y en a un qui s’est ramassé mes gâteaux dont j’avais fait provision au ravitaillement précédent sur le pare-brise. Je me suis promis de prendre une pierre pour le prochain abruti qui ne me respecterait pas, mais la raison prit le pas sur l’énervement et je ne mis pas à jouer au Petit-Poucet-Vengeur avec mes petits cailloux.

    Arrivé à Freiburg, la traversée de la ville ne se fit pas trop laborieuse, étant attentif au fléchage, respectant les feux tricolores et les passages piétons, je me retrouvais de l’autre côté et il ne me restait plus alors qu’une bonne douzaine de km à parcourir. Le soleil était déjà haut dans le ciel et la dernière partie n’offrait pas beaucoup d’ombre. Nous étions sur une piste cyclable bordée d’une part par la route principale et de l’autre par de la vigne. Parfois quelques arbres me permettaient de marcher un peu à l’ombre avant de reprendre la course. Derrière à quelques centaines de mètres, il y avait Ambros et je me dis que je me devais de l’attendre afin de finir avec lui. Nous avions été compagnons de galère le matin quand nous nous étions égarés, il m’avait toujours eu en point de mire pendant l’étape, alors je me décidais à ralentir et à 300m de l’arrivée je l’attendis et lui demandai s’il voulait bien qu’on termine ensemble. Je crois que ce geste l’a un peu ému et de concert nous avons fini l’étape dans un chrono assez inattendu de 8h01’, pour 1km de plus que prévu.

    Ce soir, on a un grand gymnase pour dormir, j’ai déjà commencé à me reposer et maintenant je profite du frais dehors pour taper ces quelques lignes. Demain, après à peine 15km nous sortons d’Allemagne et entrons en France. L’étape sera longue, 82,6km, plate au début avec la traversée de la plaine d’Alsace et donc du Rhin, de son canal, de ses autoroutes et voies de chemin de fer ? Ça sera moins bucolique qu’aujourd’hui, mais peut-être la fin d’étape nous fera-t-elle retrouver un semblant de tranquillité.

    A partir de demain, je devrais avoir une connexion internet, et à l’heure où vous lirez ces lignes, j’aurai posté ce CR.

    A+Fab


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  • Pour les habitués, voici, je l'espère, la version définitive de mon blog depuis sa migration.

    En souhaitant que vous n'ayez pas trop perdu le fil.

    à+Fab******€**& 


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  • Semaine 0 : au lendemain de la dernière étape de la Loire Intégrale.

    Samedi 22/08/2015 : (matin) 52'50" pour 8,1km.

    Dimanche 23/08/2015 : (matin) 1h32'25" pour 14,6km.

    Semaine 1

    Lundi 24/08/2015 : (matin) 1h36'35" pour 15,4km.

    Mardi 25/08/2015 : (matin) 1h36'25" pour 14,7km.

    Mercredi 26/08/2015 : (matin) 1h39'55" pour 15,8km.

    Jeudi 27/08/2015 : (soir) 1h20'35" pour 12,7km (dont Fartleck "léger" 10').

    Vendredi 28/08/2015 : (soir) 1h38'35" pour 16,1km.

    Samedi 29/08/2015 : (matin) 1h41'40" pour 16,0km (dont Fartleck "léger" 10').

    Dimanche 30/08/2015 : (matin) 1h51'00" pour 18,2km.

    Total semaine N°1 : 11h24'45" pour 108,9km en 7 séances. Cumul 2015 : 4405,6km en 250 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 2

    Lundi 31/08/2015 : (soir) 1h26'50" dont 12x30"/30" pour 14,0km.

    Mardi 01/09/2015 : (soir) 47'10" pour 7,4km.

    Mercredi 02/09/2015 : (soir) 1h32'00" pour 15,0km.

    Jeudi 03/09/2015 : (midi) 47'20" pour 7,7km.

    Vendredi 04/09/2015 : (soir) 1h24'05" pour 13,7km.

    Samedi 05/09/2015 : (matin) 1h06'40" pour 11,0km.

    Dimanche 06/09/2015 : (matin) Breizh Caribou Marathon --> 4h24'15" pour 42,3km. (D+ 340m)

    Total semaine N°2 : 11h28'20" pour 111,1km en 7 séances. Cumul 2015 : 4516,7km en 257 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 3

    Lundi 07/09/2015 : (soir) 1h33'30" pour 15,1km.

    Mardi 08/09/2015 : (midi) 47'00" pour 7,7km. (soir) 41'30" pour 6,8km.

    Mercredi 09/09/2015 : (soir) 1h20' end + VMA courte 12 x1' vite / 45" lent + 20' end. Total 2h01'35" pour 20,1km.

    Jeudi 10/09/2015 : (midi) 46'00" pour 7,5km. (soir) 47'20" pour 7,5km.

    Vendredi 11/09/2015 : (soir) 1h37'00" pour 15,7km.

    Samedi 12/09/2015 : (matin) 55' end + VMA Courte 20 x 30"/30" + 20' end. Total 1h34'50" pour 15,1km.

    Dimanche 13/09/2015 : (matin) 1h00'50" pour 10,4km.

    Total semaine N°3 : 10h49'35" pour 105,9km en 9 séances. Cumul 2015 : 4622,6km en 266 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 4

    Lundi 14/09/2015 : (soir) 1h32'30" pour 15,6km.

    Mardi 15/09/2015 : (midi) 46'10" pour 7,5km. (soir) 46'20" pour 7,2km.

    Mercredi 16/09/2015 : (soir) 1h12'10" pour 11,4km.

    Jeudi 17/09/2015 : (midi) 42'15" pour 7,1km. (soir) 44'40" pour 7,5km.

    Vendredi 18/09/2015 : (soir) 25'end + EMA 75% : 15' + 15' + 12'40" (à 11,5/11,7km/h) r=3' + 16'end. Total 1h31'40" pour 15,9km.

    Samedi 19/09/2015 : (matin) 1h24'40" pour 12,7km.

    Dimanche 20/09/2015 : (soir) 1h31'35" pour 15,5km.

    Total semaine N°4 : 10h12'00" pour 100,4km en 9 séances. Cumul 2015 : 4723,0km en 275 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 5

    Lundi 21/09/2015 : (soir) 49' end (8,1km) + VMA Courte sur pelouse 2x(10X105m/75m) R=2'30" + 14'end. Total 1h27'50" pour 14,6km.

    Mardi 22/09/2015 : (soir) 48'10" pour 7,8km.

    Mercredi 23/09/2015 : (soir) 1h59'50" pour 19,6km.

    Jeudi 24/09/2015 : (midi) 44'50" pour 7,2km. (soir) 44'40" pour 7,1km.

    Vendredi 25/09/2015 : (soir) 1h01'45" pour 9,5km.

    Samedi 26/09/2015 : (matin) 34'end + EMA 85% 10x500m (2'26" à 2'19") R=250 (1'24"/1'40") + 35'end. Total 1h48'15" pour 18,6km.

    Dimanche 27/09/2015 : (matin) 1h49'05" pour 17,2km.

    Total semaine N°5 : 10h24'25" pour 101,6km en 9 séances. Cumul 2015 : 4824,6km en 283 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 6

    Lundi 28/09/2015 : (soir) 1h10'end + VMA Courte 15x30"/30" + 15'end. Total 1h40'15" pour 16,9km.

    Mardi 29/09/2015 : (midi) 44'20" pour 7,2km. (soir) 50'15" pour 8,0km.

    Mercredi 30/09/2015 : (soir) 1h41'25" pour 16,7km.

    Jeudi 01/102015 : (midi) 45'55" pour 7,4km. (soir) 49'45" pour 8,2km.

    Vendredi 02/10/2015 : (soir) 30'end + EMA 80/85% 6x5'/1' + 23'end. Total 1h29'35" pour 15,6km.

    Samedi 03/10/2015 : (matin) 2h11'30" pour 20,9km.

    Dimanche 04/10/2015 : (matin) 2h06'40" pour 20,2km.

    Total semaine N°6 : 12h19'40" pour 121,1km en 9 séances. Cumul 2015 : 4945,7km en 292 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 7

    Lundi 05/10/2015 : (soir) 30' end + VMA Courte 15x36"/24" + 41'end. Total 1h25'40" pour 14,1km.

    Mardi 06/10/2015 : (soir) 46'30" pour 7,4km.

    Mercredi 07/10/2015 : (soir) 1h21'20" pour 13,6km.

    Jeudi 08/10/2015 : (midi) 49'15" pour 7,8km. (soir) 48'45" pour 7,7km.

    Vendredi 09/10/2015 : (soir) 25' end + EMA 70/75% 3x30' (à 11/11,2km/h) R=5' + 21'end. Total 2h26'00" pour 25,3km.

    Samedi 10/10/2015 : (matin) 1h44'30" pour 17,1km.

    Dimanche 11/10/2015 : (matin) 1h58'40" pour 19,1km.

    Total semaine N°7 : 11h20'40" pour 112,1km en 8 séances. Cumul 2015 : 5057,8km en 300 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 8

    Lundi 12/10/2015 : (soir) 33' end + Test N°1 d'allures + VMA Longue 4x1000m (4'46"/4'40"/4'37"/4'35") R=200m (1'30"/1'40") + test N°2 d'allures + 15'end. Total 1h35'15" pour 16,2km.

    Mardi 13/10/2015 : (soir) 47'50" pour 7,5km.

    Mercredi 14/10/2015 : (soir) 2h17'35" pour 21,8km.

    Jeudi 15/10/2015 : (midi) 46'55" pour 7,8km. (soir) 47'15" pour 7,6km.

    Vendredi 16/10/2015 : (soir) 3h05'20" pour 30,0km.

    Samedi 17/10/2015 : (matin) 2h11'20" pour 21,0km.

    Dimanche 18/10/2015 : (matin) 45' end + EMA 70/75% 4x15' (de 11,4 à 11,5km/h) r=3' + 17'end. Total 2h11'50" pour 22,4km.

    Total semaine N°8 : 13h43'20" pour 134,3km en 8 séances. Cumul 2015 : 5192,1km en 308 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 9

    Lundi 19/10/2015 : (matin) 2h02'55" pour 20,1km.

    Mardi 20/10/2015 : (matin) 2h17'05" pour 21,5km.

    Mercredi 21/10/2015 : (matin) 57' end + EMA 75% 6x6' (11,2 à 12,1km/h) R=1' + 27'end. Total 2h05'10" pour 20,9km.

    Jeudi 22/10/2015 : (matin) 2h13'05" pour 21,2km.

    Vendredi 23/10/2015 : (matin) 2h14'00" pour 21,5km.

    Samedi 24/10/2015 : (matin) 1h25'25" pour 14,0km.

    Dimanche 25/10/2015 : (matin) 2h27'10" pour 24,5km.

    Total semaine N°9 : 14h44'50" pour 143,7km en 7 séances. Cumul 2015 : 5335,8km en 315 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 10

    Lundi 26/10/2015 : (matin) 2h08'05" pour 20,1km.

    Mardi 27/10/2015 : (matin) 2h11'00" pour 21,1km.

    Mercredi 28/10/2015 : (matin) 28' end + EMA 70/75% 1h04'/11,650km (de 10,5 à 11,2km/h) + 28'end. Total 2h00'20" pour 20,7km.

    Jeudi 29/10/2015 : (matin) 1h17'35" pour 13,2km.

    Vendredi 30/10/2015 : (matin) 1h20'20" dont VMA Courte 20x30"/30" pour 13,1km.

    Samedi 31/10/2015 : (matin) 1h47'00" pour 17,7km.

    Dimanche 01/11/2015 : (matin) 2h15'10" pour 22,4km.

    Total semaine N°10 : 12h59'30" pour 128,3km en 7 séances. Cumul 2015 : 5464,1km en 322 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 11

    Lundi 02/11/2015 : (soir) 1h57'00" pour 18,8km.

    Mardi 03/11/2015 : (midi) 52'55" pour 8,6km. (soir) 48'00" pour 7,6km.

    Mercredi 04/11/2015 : (soir) 40'end + VMA 15x250m (de 1'12" à 1'04" = de 12,5 à 14km/h) r=250m (en 1'40" à 1'30") + 38'end. Total 1h59'40" pour 20,2km.

    Jeudi 05/11/2015 : (soir) 42'40" pour 6,7km.

    Vendredi 06/11/2015 : (soir) 2h02'50" pour 19,5km.

    Samedi 07/11/2015 : (matin) 2h05'30" pour 20,7km.

    Dimanche 08/11/2015 : (matin) 25'end + EMA 75% 4x3km (entre 10,7 et 11,2km/h) R= 2' à 5' + 26'end. Total 2h04'50" pour 21,0km.

    Total semaine N°11 : 12h33'25" pour 123,1km en 8 séances. Cumul 2015 : 5587,2km en 330 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 12

    Lundi 09/11/2015 : (soir) 1h44'40" pour 16,9km.

    Mardi 10/11/2015 : (soir) 45'05" pour 7,4km.

    Mercredi 11/11/2015 : (matin) 2h07'30" pour 21,3km.

    Jeudi 12/11/2015 : (midi) 42'55" pour 7,3km.

    Vendredi 13/11/2015 : (soir)  24'end + EMA 80/85% 7 x 1000 à 1200m (de 10,7 à  12,4km/h) r=1' + 50'end. Total 1h59'10" pour 19,7km.

    Samedi 14/11/2015 : (matin) 2h10'15" pour 20,6km.

    Dimanche 15/11/2015 : (matin) 2h08'05" pour 18,2km.

    Total semaine N°12 : 11h37'40" pour 111,4km en 7 séances. Cumul 2015 : 5698,6km en 337 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 13

    Lundi 16/11/2015 : (soir) 1h39'30" pour 15,9km.

    Mardi 17/11/2015 : (soir) 46'30" pour 7,3km.

    Mercredi 18/11/2015 : (soir) 1h48'20" pour 17,0km.

    Jeudi 19/11/2015 : (midi) 45'05" pour 7,6km. (soir) 44'40" pour 7,2km.

    Vendredi 20/11/2015 : (soir) 1h42'25" pour 15,8km.

    Samedi 21/11/2015 : (matin) 2h00'50" dont EMA 80% 12x3' (de 11,4 à 12,2km/h)  R=1' pour 20,6km.

    Dimanche 22/11/2015 : (soir) 1h01'35" pour 10,0km.

    Total semaine N°13 : 10h28'55" pour 101,4km en 8 séances. Cumul 2015 : 5800,0km en 345 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 14

    Lundi 23/11/2015 : (soir) 1h39'40" pour 15,7km.

    Mardi 24/11/2015 : (soir) 46'00" pour 7,4km.

    Mercredi 25/11/2015 : (soir) 1h33'50" pour 15,5km.

    Jeudi 26/11/2015 : (midi) 46'00" pour 7,5km.

    Vendredi 27/11/2015 : (soir) 1h34'10" pour 14,6km.

    Samedi 28/11/2015 : (matin) 1h33'10" pour 15,3km.

    Dimanche 29/11/2015 : (matin) 1h14'50" pour 12,0km.

    Total semaine N°14 : 9h07'40" pour 88,0km en 7 séances. Cumul 2015 : 5888,0km en 352 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 15

    Lundi 30/11/2015 : (soir) 1h05'30" pour 10,3km.

    Mardi 01/12/2015 : (soir) 46'20" pour 7,3km.

    Mercredi 02/12/2015 : (soir) 50'00" pour 7,9km.

    Jeudi 03/12/2015 : (soir) 42'05" pour 6,7km.

    Vendredi 04/12/2015 : (midi) 32'45" pour 5,1km.

    Samedi 05/12/2015 : (midi) 1h15'00" pour 9,5km (dans le cadre des 24h de Ploeren : abandon).

    Dimanche 06/12/2015 : (soir) 44'50" pour 7,5km.

    Total semaine N°15 : 5h56'30" pour 54,3km en 7 séances. Cumul 2015 : 5942,3km en 359 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 16

    Lundi 07/12/2015 : (soir) 1h32'30" pour 15,0km.

    Mardi 08/12/2015 : (midi) 38'15" pour 6,4km.

    Mercredi 09/12/2015 : (soir) 1h44'40" pour 16,7km.

    Jeudi 10/12/2015 : (soir) 40'30" pour 6,7km.

    Vendredi 11/12/2015 : (soir) 1h37'00" pour 15,5km.

    Samedi 12/12/2015 : 1h38'35" pour 15,0km.

    Dimanche 13/12/2015 : (matin)  58'25" pour 8,4km. (Soir) 40'10" pour 5,3km.

    Total semaine N°16 : 9h30'05" pour 89,0km  en 8 séances. Cumul 2015 : 6031,3km en 367 séances (dont 22 compétitions).

    Semaine 17

    Lundi 14/12/2015 : (soir) 1h26'55" pour 13,0km.

    Mardi 15/12/2015 : (soir) 46'15" pour 7,2km.

    Mercredi 16/12/2015 : (soir) 54'20" pour 8,8km.

    Jeudi 17/12/2015 : (nuit) 59'45" pour 8,2km.

    Vendredi 18/12/2015 : (soir) 1h26'50" pour 12,9km.

    Samedi 19/12/2015 : (matin) 1h18'40" pour 10,5km.

    Dimanche 20/12/2015 : (matin) 1h04'35" pour 10,1km.

    Total semaine N°17 : 7h57'20" pour 70,7km en 7 séances. Cumul 2015 : 6102,0km en 374 séances (dont 22 compétitions).

    (à suivre ...)


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  • Etape 1 Mer 5 Août

    Mt Gerbier de Jonc - Goudet (43) 50 km 51 km

    camping « Au bord de l’eau » Goudet

     

    Sur ADDM:

    Ambiance brouhahaesque au bar du camping de Goudet où le Maire nous a offert un pot d'accueil et d'amitié.
    La 1ère étape s'est bien passée sous une grosse chaleur avec du dénivelé "en veux-tu en voilà".
    Victoire de Patrick Poivet devant Laurent Saint-Martin puis viennent Carmen et Stefano. Ensuite Crocman, JB, René et moi.
    Pour la suite, consultez mon compte FB (y a le droit de copier-coller) ou jetez un coup d'oeil sur yanoo.
    Là on part manger puis dodo car demain le départ sera donné pour tous à 6h30.
    Pendant le repas ou après le repas Bernard va nous jouer quelques morceaux de musique.
    Loire intégrale = plaisir intégral
    A+Fab******€**

    Sur FB:

    1ere étape faite. 5h31 pour 50km++ 7eme exaequo. Bon début mais la montagne et la chaleur m'ont bien achevé. Super paysages et super ambiance.
    1er Patrick p 4:31
    2em Laurent SM 4:56
    3EM Carmen 5:02
    4em Stefano 5:05
    5EM Jean Louis crocman 5:25
    6E JBJ 5:28
    7EXAEQUO René L et moi-même 5:31
    9em Dom Caillé 6:03
    10em Fred Borel 6:29
    On attend les suivants
    A+

    https://connect.garmin.com/modern/activity/855863991

     

    Etape 2 Jeu 6 Août

    Goudet - Retournac (43) 59 km 109 km

    camping « les Ribbes » Retournac

     

    Sur ADDM:

    La piscine est ouverte ce soir jusqu'à 22h et certains coureurs sont en train d'en profiter après cette journée de forte chaleur.
    Demain le départ est avancé à 6h car il va encore faire chaud pour aller à l'arrivée près de St Etienne.
    Aujourd'hui beaucoup ont souffert et plusieurs sont arrivés "cramés".
    Patrick Poivet a assuré après être parti prudemment. Ses proches suivants ont connu des fortunes diverses mais Laurent et Carmen ont complété le podium.
    Chez les seconds couteaux, le petit match amical à 3 s'est poursuivi et c'est JB qui m'a devancé et Crocman arrive juste après alors qu'il était devant nous toute la journée, mais la chaleur et la petite accélération "jibéesque" à quelques encablures de Retournac a eu raison de sa ténacité.
    Après vient René qui n'a pas voulu reprendre de risques et ensuite il y a un trou d'1 h comme hier. Stefano a payé cher son étape d'hier.
    Je vous laisse car les yeux se ferment tout seuls.
    A+Fab******€**

    Sur FB:

    2ème étape avec du dénivelé au début (parcours "dromadaire" puis succession de plat-faux-plats avec progressivement la montée en température (entre 30 et 36°). Meilleure gestion de ma part même si à la fin je n'ai pu revenir sur JB;

    https://connect.garmin.com/modern/activity/856875819/share/0?lang=fr

     

    Etape 3 Ven 7 Août

    Retournac - Saint Rambert (42) 57 km 166 km

    camping « Frécon Vieux » Saint Just-Saint Rambert

     

    Sur ADDM:

    Petite journée "galère" aujourd'hui alors que j'avais les jambes pour avaler les longues montées et descentes : mon coeur m'a fait le coup de la chamade à 5 reprises. La première, alors que j'avais laissé filer les bolides, est survenue après 2 km et j'ai dû m'allonger 5' pour faire passer la tachycardie. Je me suis alors retrouvé avec Fred Borel et j'ai commencé à rattraper d'autres coureurs jusqu'à Marie-Jeanne. La seconde arythmie se produisit alors et comme par enchantement un banc me tendait les bras. Je m'y allongeais à peine 2' et je repris la route. J'étais à 7 de moyenne depuis le départ ! La descente qui suivit me permit d'atteindre le ravitaillement 1 10' après les hommes de tête (Jean Louis "crocman et Laurent) et 8' après Patrick et Jb suivis de René.
    Je n'ai plus été ennuyé avant le marathon.
    Entre temps j'avais assisté à l'arrêt de Carmen, épuisée, en larmes. Elle avait souffert de la chaleur la veille déjà et n'avait plus de forces. A ce ravitaillement 2, ça m'a bouleversé, et il a fallu repartir. J'avais refait mon retard sur René et Jb avec lesquels j'ai passé sans encombre le R3.
    La montée qui suivait me permit de rester au contact des deux compères et après une belle partie de yoyo ou d'accordéon, je ressentis les nouveaux symptômes d'une arythmie cardiaque que je gérais comme la précédente.
    Après une laborieuse montée j'étais avec Jb et René nous suivait à distance quand nous atteignîmes le haut de cette dernière longue ascension. Or le coeur remit ça au moment où je retrouvai avec plaisir Robert et Martine Bertin venus nous faire une petite visite bien sympathique.
    Le temps de faire baisser le rythme cardiaque et de me ravitailler, ce qui prit 8' environ, je suis reparti avec 12km à faire dont 7 ou 8 de descente. Avec la chaleur et les rares portions ombragées, je ne parvenais pas à me relâcher.
    Avant de suivre un chemin pour atteindre l'arrivée, une 5ème et dernière fois le palpitant s'est emballé. Je l'ai vite géré, j'étais un peu désabusé et avec Jb on a fini l'étape ensemble, pas trop fatigués à 7' derrière René mais à plus d'une heure des 2 premiers.
    Bien sûr, au classement ça fait "joli" de devenir 4ème, mais j'aurais préféré faire une autre moyenne que les 8,3 du jour.
    J'ai bien récupéré et je n'ai aucune douleur et aucun bobo digne de ce nom.
    Je vous laisse car demain le départ est à 6h comme aujourd'hui.
    A+Fab******€**

    Sur FB :

    Etape hécatombe avec 3 DNF à cette heure. Je finis avec JB juste derrière René 3ème. Patrick encore vainqueur devant Laurent. Carmen n'a pas eu assez de forces pour aller au terme de cette étape. Crocman a trouvé l'étape trop courte et est allé faire un peu de tourisme (il n'a pas regardé les flèches et s'est quelque peu rallongé. Hans vient d'arriver en 6eme position. A+

    https://connect.garmin.com/modern/activity/857754624

     

    Etape 4 Sam 8 Août

    Saint Rambert - Saint Jodard (42) 60 km 226 km

    complexe sportif

     

    Sur ADDM :

    Crocman a des ailes et le match à 4 ou 5 pour la 3ème place a sans doute tourné court aujourd'hui.
    JB, René et moi avons fini ensemble à une belle 5ème place certes mais à 1h10 de Crocman, à 1h22 de Laurent et Stefano (qui ont marché les 5 derniers km !!! ) et 1h41 derrière Patrick.
    Pas de blessure, juste un gros manque de jus et de faire du 8 à l'heure fait plus mal que de voir les gros écarts avec la tête de course.
    Hier, même genre d'étape sauf que JB n'a pas pu suivre quand avec René on faisait des relais pour se motiver.
    Et encore on a de la chance que Stefano se soit égaré hier imitant Crocman la veille.
    Hier toujours : gros orage ayant inondé la tente où nous devions dormir et les affaires dans ma valise ont été trempées. Cet aprèm il fait beau, ça sèche.
    Bon, tout va bien quand même (j'allais écrire "Tout baigne")
    L'ambiance est comme toujours au top.
    A+Fab******€**

    Sur FB :

    https://connect.garmin.com/modern/activity/860209233

     

    Etape 5 Dim 9 Août

    Saint Jodard - Chambilly (71) 62 km 288 km

    complexe sportif de Chambilly

     

    Sur ADDM:

    Crocman a des ailes et le match à 4 ou 5 pour la 3ème place a sans doute tourné court aujourd'hui.
    JB, René et moi avons fini ensemble à une belle 5ème place certes mais à 1h10 de Crocman, à 1h22 de Laurent et Stefano (qui ont marché les 5 derniers km !!! ) et 1h41 derrière Patrick.
    Pas de blessure, juste un gros manque de jus et de faire du 8 à l'heure fait plus mal que de voir les gros écarts avec la tête de course.
    Hier, même genre d'étape sauf que JB n'a pas pu suivre quand avec René on faisait des relais pour se motiver.
    Et encore on a de la chance que Stefano se soit égaré hier imitant Crocman la veille.
    Hier toujours : gros orage ayant inondé la tente où nous devions dormir et les affaires dans ma valise ont été trempée. Cet aprèm il fait beau, ça sèche.
    Bon, tout va bien quand même (j'allais écrire "Tout baigne")
    L'ambiance est comme toujours au top.
    A+Fab******€**

    Sur FB :

    5ème étape avec un passage devant le château de la Belle au bois dormant. La sorcière du coin a dû me jeter un sort car j'ai perdu mes jambes : pourtant après l'orage d'hier et ma valise inondée je pensais avoir eu mon compte...
    Donc hier pas de FB ni de remplissage des blogs qui sont restés tels que je les avais laissés avant la LI.
    Mes compagnons de galère sur le chemin le long du canal de Roanne à Digoin. Du 8 de moyenne ! Et même pas blessé, il doit y avoir un truc qui fait masse.
    Hier, ce fut à peine mieux et la fîn fut assez poussive (tout comme le reste de l'étape d'ailleurs).
    Souhaitons que les jours prochains je puisse accélérer un peu pour retrouver une moyenne "décente" à moins que je n'aie pas le niveau de mes ambitions.
    On est à l'apéro-musical puis on va dîner et allet se coucher.

    https://connect.garmin.com/modern/activity/860209125

     

    Etape 6 Lun 10 Août

    Chambilly - Gannay sur Loire (03) 72 km 360 km

    complexe sportif de Gannay sur Loire

     

    Sur ADDM:

    Désolé de n'avoir pu poster qu'un petit CR hier, une cascade de péripéties est venue s'ajouter à la très mauvaise journée passée à escargoter sur les routes de la LI : d'abord j'ai dû relaver et mettre à sécher les affaires trempées par l'orage de vendredi puis il a fallu attendre que l'intérieur de la valise sèche aussi; ensuite le grand rangement , la préparation de la tenue pour le lendemain, les autres rituels, et quand il a fallu aller se coucher (et oui le temps passe vite sur la LI) je me suis méchamment entaillé un doigt avec mon rasoir en voulant prendre ma brosse à dents. Donc gros saignement que je n'ai réussi à endiguer qu'au bout de 30' avec l'aide de Nicole et de son vernis magique.
    Pas le courage après de réécrire quelque chose.

    L'étape d'aujourd'hui fut aussi assez difficile pour moi, je n'arrivais pas à suivre le rythme de JB et René et les 4 premiers d'hier ont rapidement pris de l'avance même si Patrick reste un peu en retrait. Un peu vallonné au début, le parcours nous a fait passer par le reste du canal de Digoin puis on a suivi une voie verte.
    J'avais rattrapé JB et René avec qui je suis resté pendant plusieurs km. René s'est détaché et j'ai continué avec JB qui n'avait pas beaucoup d'énergie. J'ai connu quelques petits soucis de moteur récurrents que j'ai gérés en marchant et après le ravitaillement 4 je me mettais à accélérer et lâchais Jb. J'ai couru à 9 de moyenne jusqu'au R5 malgré mes quelques arrêts La suite fut un peu moins rapide mais je voulais limiter la casse et la perte de temps par rapport à Stefano et René. Ils étaient largement meilleurs que et ont fini loin devant. Les derniers km furent laborieux et un tendon (du côté de ma bursite) a commencé à siffler.
    Je finis plus d'1h40 derrière Patrick environ 1h derrière Laurent, Stefano et Crocman, 25' aprés René mais 15' devant Frédéric, suivi de Hans puis JB (40' environ derrière moi).

    La commune qui nous accueille est toute petite (400 âmes) mais elle nous met à disposition sa salle des fêtes pour dormir et comme presque à chaque étape on eu un verre de l'amitié offert lui aussi.
    Mes yeux se ferment, je coupe.
    A+Fab******€**

    Sur FB:

    Très longue étape où les jambes étaient encore lourdes. Par contre au niveau météo on a eu de la chance, il y avait des nuages et la température n'était pas trop élevée.

    https://connect.garmin.com/modern/activity/861257047

     

    Etape 7 Mar 11 Août

    Gannay sur Loire - Fourchambault (58) 69 km 429 km

    camping «Camping de la Loire» Fourchambault

     

    Sur ADDM:

    Bonsoir
    L'ordi est de sortie alors j'en profite rapidement pour donner des news de la septième étape.
    1er Patrick, 2ème Stéfano, 3ème Laurent, 4ème Jean Louis, 5ème moi, 6ème René (à 4' seulement : il est costaud en ce moment et difficile à décrocher), 7ème JB...
    J'ai eu de meilleures sensations et j'ai réussi à courir des portions de 10km entre 9,3 et 9,8 km/h, mais avec les ravitos ça plombe dur la moyenne qui reste inférieure à 9 sur l'ensemble de l'étape.
    Celle-ci fut assez jolie dans l'ensemble, mais une longue ligne droite pour démarrer à froid le matin alors que vous avez gagné des points pour le concours de Mister catastrophe (j'ai renversé mon bol de café manquant de peu Patrick assis en face de moi : ça, ça vous met une grosse pression pour la journée, et JB pas en reste a fait la même chose ! A mon avis on a dû croiser une mauvaise fée ou respirer un nuage toxique on a été élus boulets d'or de la journée.)
    Mal au tendon d'Achille pendant les 30 premières minutes puis beau lever de soleil et le canal avec de l'ombre, des cyclistes, des bateaux, des écluses...
    Les sensations sont revenues et j'espère surfer sur cette nouvelle dynamique demain et les jours suivants.
    Les autres copains et copines vont plus ou moins bien, certains ayant des douleurs (releveurs, ampoules, tendinites dues au dévers...)
    Je vais me coucher maintenant car demain il n'y a que 58km mais 34° sont annoncés, alors départ à 6h.

    à+Fab******€**

    Sur FB :

    Meilleures sensations aujourd'hui à partir du 20ème km. La première demie heure fut laborieuse (tendon d'achille) puis une fois chaud, j'ai pu courir à une allure progressivement de plus en plus rapide. S'il n'y avait pas les trop longs temps passés aux ravitaillements qui lissent la moyenne, ma cadence aurait été plus élevée (6'10 à 6'30 au km). Mais je suis encore loin des 4 premiers. Beau parcours le long du canal latéral à la Loire puis sur la piste cyclable "La Loire à Vélo", avec de l'ombre sauf à la fin hélas.

    https://connect.garmin.com/modern/activity/862366615

     

    Etape 8 Mer 12 Août

    Fourchambault Cosne-Cours sur Loire (58) 58 km 487 km

    camping «Camping de l’île» Cosnes sur Loire

     

    Sur ADDM :

    Des news de l'étape 8.
    Très belle et assez sympa au niveau de la tranquillité : voie cyclable (LAV) et levée. J'aurais pu ajouter ombragée, mais seulement les plus rapides ont bénéficié de longues portions bordées d'arbres, les "moyennement" rapides ont eu un peu de soleil en plus et à partir de la moitié du peloton, ça a été plutôt chaud chaud chaud !
    Un abandon sur blessure (suite à une autre blessure d'avant LI) : Dcelui de Dominique Caillé qui s'est résolu à stopper ses souffrances au ravitaillement No 2 (22/23km).
    De mon côté, j'ai pris un départ prudent mais toutefois plus rapide que lors des étapes récentes. Les bolides étaient partis devant et vite, René et moi nous ne les voyions plus, sauf JB à plusieurs centaines de mètres. J'étais donc accompagné de René avec qui nous avions décidé de faire route commune, signant un pacte moral de non "agression" ce qui, compte tenu des conditions météo, nous convenait.
    Nous tournions à 6'20/1000 et à 9 de moyenne "lissée" par les ravitaillements. Il faisait bon, nous avons vu notre petit trio de campeuses qui suivent la même route que nous depuis la source de la Loire.
    Au ravito No3 nous avons dépassé JB et nous comptions alors plus de 30' de retard sur le 4ème (JeanLouis ou Stefano ou Laurent).
    L'allure devenait moins rapide mais > à 8,5 et on s'arrangeait pour faire des pauses marchées dès qu'il y avait un pont à franchir.
    La fin fut difficile en raison d'un gros manque de portions ombragées et la hâte d'en finir se faisait de plus en plus pressante.
    Il y avait 1 km de moins que prévu (mon GPS me donna même une distance globale de 56,5km au lieu des 58 annoncés).
    Nous avons fini 5èmes ex-aequo en 6h33, pas très loin derrière Jean-Louis qui s'est encore un peu égaré (c'est quand qu'ils fabriqueront des crocs avec GPS intégré ou détecteur de fausse route ?)
    Le 1er : Patrick, suivi de Laurent et Stefano (ou l'inverse)
    7ème : Fred Borel, 8ème : JB, 9ème : Hans Lachman, 10ème Marie-Jeanne...
    Demain, longue étape 71,5km. Franchissement du pont canal de Briare.
    Vivianne courra avec nous ( pour faire les 2 étapes qu'elle n'avait pas faites en 2013.
    Fort risque de pluie voire d'orage ce qui fera peut-être chuter la température car 36 degrés ça plombe bien les organismes mais par contre le linge sèche plus vite
    Allez, c'est l'heure du dodo alors je vous dis à demain.
    A+Fab******€**

    Sur FB :

    Très belle étape en partie à l'ombre pour ceux qui ont eu la chance de courir plus vite mais pour les autres ce fut le grand soleil et la chaleur (34° voire plus) qui va avec. Sancerre au détour de la piste Loire à Vélo nous est apparue dominant la vallée de ce long fleuve tranquille qu'on n'a pas beaucoup vu. On a suivi une bonne partie de son canal latéral. Un arrêt sur blessure de Dominique Caillé nous a tous chamboulé quand on l'a appris au dernier ravitaillement. J'ai fait pratiquement toute l'étape avec René Larcher, on finit ensemble mais que les 10 derniers km furent pénibles car sans ombre sur l

     

    Etape 9 Jeu 13 Août

    Cosne-Cours sur Loire - Saint Père sur Loire (45) 71,5 km 558,5 km

    camping «Le Jardin de Sully» Saint Père sur Loire

     

    Sur ADDM :

    Salut à tous
    Vite fait un petit cr de la journée.
    Etape longue et difficile pour moi surtout dans les 20/25 derniers km. Pourtant il n'a pas fait trop chaud et j'ai eu la chance de finir longtemps avant l'orage qui a trempé les 5/6 derniers coureurs.
    Un abandon précoce ce matin : Christian qui souffrait trop des jambes pour se lancer dans une épopée épique sur les routes et chemins de cette étape.
    Patrick gagne à nouveau devant le duo Laurent-Stefano puis vient JL Crocman, Vivianne, René et moi ensemble (merci à eux de m'avoir attendu et même traîné comme un boulet sut la fin ). Suivent Fred Borel à 5', JB à 10', Hans, Marie-Jeanne et ensuite c'est le trou de plus d'une heure pour voir finir sous la pluie Jos, Ewald et enfin les deux inséparables Kiki et Marie-Cécile, juste limites cut-off (qui ne sera pas éliminatoire). Elles souffrent, une a de sérieuses ampoules aux pieds. Leur courage est immense et elles finissent avec néanmoins un beau sourire.
    Demain, petite étape nous menant à StJean de la Ruelle à côté d'Orléans).
    A+Fab******€**

    Sur FB :

    Etape No 9 que j'ai trouvée longue et difficile sur la fin. Pourtant la météo a été clémente sauf pour les 5 derniers qui ont eu un bel orage.
    J'ai couru entre JB et René pendant un moment puis ça s'est inversé, René est passé devant et JB derrière. Vivianne a couru tour à tour avec nous, nous apportant un peu de sa fraîcheur et de sa bonne humeur.
    Quelques photos des paysages rencontrés au fil des km : château de Gien, Pont canal de Briare, château de Sully.
    A+

    https://connect.garmin.com/modern/activity/864526260

     

    Etape 10 Ven 14 Août

    Saint Père sur Loire - Orléans (45) 53,5 km 612 km

    camping « Gaston Marchand » Saint Jean de la Ruelle

     

    Sur ADDM :

    10ème étape courue sous une météo favorable : couvert, venteux à souhait, tempéré...
    Beaucoup de temps à longer la Loire sur la levée (monotone au bout d'un certain moment), sur des pistes cyclables style billard ou style trail, très peu de route ouverte aux autos... On était tranquille.
    J'ai de nouveau fait route commune avec René avec qui chacun à son tour on fait le meneur d'allure. 5km avant Orléans nous avons pris un itinéraire traversant un parc où les coureurs locaux doivent souvent s'entraîner puis une fois la Loire franchie pour passer au nord, il restait 4500m de quais à se coltiner. Heureusement qu'il y avait quelques petits lièvres pour nous booster ainsi nous avons réussi à rester au contact de JB qui nous avait largement distancés dès le départ.
    1 : Patrick et Stefano
    3 : Laurent
    4 : Crocman
    5 : JB
    6 : René et moi
    8 : Fred Borel
    9 : Hans...
    A noter l'abandon de Marie Cécile qui souffrait de grosses ampoules.
    Nous ne sommes plus que 13 encore en lice, mais Jean revient demain tenter de finir la partie Orléans-océan.
    Demain : 59km toujours le long de ce fleuve sinueux qu'on traversera 3 fois pour finir sur la rive gauche (sud).
    A+Fab******€**

    Sur FB :

    Belle petite étape qui m'a fait prendre des portions de levée que je connaissais déjà. Beaucoup de longues courbes à négocier pour suivre les méandres de la Loire : les runnings ont crissé dans les virages !

    https://connect.garmin.com/modern/activity/865340297

     

    Etape 11 Sam 15 Août

    Orléans - Vineuil (41) 59 km 671 km

    camping « le Val de Blois » Vineuil

     

    Samedi 15 Août

    Sur ADDM :

    11ème étape où nous avons craint jusqu'au moment du départ de devoir courir sous la pluie. Ça n'avait pas arrêté de la nuit ! Heureusement pas de dégâts dans les paquetages comme la semaine dernière.
    Nous avons donc quitté Orléans en deux vagues, les moins rapides dès 6h et les autres (dont je faisais partie) 30' plus tard.
    Comme tous les jours, la "bande des cinq" nous distança très rapidement, et comme tous les jours je me retrouvais avec René. On part lentement et on garde l'allure le plus longtemps possible. Ça semble nous convenir à tous les deux et comme cela crée de l'entraide je me vois mal aller lui "piquer" la courte avance qu'il possède sur moi au général (8'). D'ailleurs, en serais-je capable et à quel prix ?
    Donc presque parfait copier-coller des dernières étapes : on revient sur JB au ravitaillement N.3 ou 4 et on finit ensemble.
    L'allure moyenne (6'45/km) tient compte du temps passé aux ravitaillements : entre 3 et 5' soit environ 15 à 20' sur une étape. C'est quand même beaucoup à mon avis mais je n'arrive pas à faire moins.
    Beaux paysages très proches du fleuve aujourd'hui où les chants ou cris des nombreuses variétés d'oiseaux m'ont fait penser qu'on se rapproche de l'océan (encore plus de 300km à faire néanmoins).
    Au général, le podium a changé, Stefano chipant la 3ème marche à Crocman qui m'a fait essayer des crocs qu'il a en réserve : va-t-il me convertir ? Je vais en acheter une paire qui au pire remplacera mes sandalettes qui font rire tous ceux qui me voient marcher avec ou ça servira pour le jardinage si je commence à en faire
    Allez, demain il y a des châteaux à visiter alors je coupe et je dors.
    A+fab******€**

    Sur FB :

    Après avoir quitté le point le plus septentrional de la Loire, nous redescendons vers le sud-ouest. Là, on la côtoie vraiment, la Loire, et ses myriades d'oiseaux : cygnes, sternes, oies sauvages, canards etc. Le temps maussade de fin de nuit s'est soudain calmé pour nous permettre de courir au sec, malgré un vent de face soutenu. Quelques beaux panoramas et beaucoup de cyclistes en de jour férié.

    https://connect.garmin.com/modern/activity/866608805

     

    Etape 12 Dim 16 Août

    Vineuil - Montlouis sur Loire (37) 61 km 732 km

    camping « les peupliers» Montlouis sur Loire

     

    Sur ADDM :

    Et oui, JB avait mangé du lion et a failli nous dévorer tout cru.
    Quand on est partis pourtant rien ne laissait penser qu'on allait faire une étape digne de celles que j'ai connues sur les TG et TEFR.
    JB est parti tranquillement au train avec Stefano. La distance nous séparant de la tête de la course ne me semblait pas aussi importante que lors des dernières étapes mais après un moment je n'apercevais plus personne devant si ce n'est Patrick qui démarre rarement à toute blinde.
    J'étais encore avec René mais je piaffais d'impatience d'augmenter le rythme car je ne voulais pas laisser trop de champ libre à JB.
    Or au premier ravitaillement situé au km 14, je constatais qu'il avait pris la tête de la course avec Stefano et qu'ils étaient déjà passés depuis 10' !
    J'avais laissé René qui n'avait pas pu me suivre - je courais alors à 5'35/5'45 au km- et je me disais qu'en fin de journée ça pouvait faire un éclat de près de 3/4 d'heure de la part de JB. Mon objectif : rester à moins de 15' au 2ème ravito et à moins de 20' au suivant.
    Je n'oubliais pas non plus que nous passions à côté de châteaux illustres (Blois, Chaumont, Amboise) et de sites remarquables, alors je profitais pour coupler récupération et tourisme en prenant quelques photos. La traversée d'Amboise un dimanche d'été ne fut pas simple tellement il y avait de monde en voiture ou à pied. Et il ne fallait pas rater l'endroit où il fallait monter sur les hauteurs.
    Nous avons longé la Loire de loin en passant sur les coteaux sud et là c'était donc vallonné. La météo fraîche au départ s'adoucissait et il y avait beaucoup de portions ombragées. Vignes, champs de maïs et autres cultures, ça changeait des roseaux et autres bouleaux des bords de Loire.
    Mon débours s'amplifiait et était de 20' à l'entame du dernier tronçon. Avec un peu de persévérance je pouvais espérer moins de 30' au final et je me doutais que j'allais prendre aussi cette 5ème place au général tant convoitée.
    Mon frère me fit la surprise de venir me voir avec son fils et j'ai poursuivi mon effort, mais l'allure était moins vive (6'20/1000).
    J'arrivais au camping avec 26' de retard sur JB, 5' sur Crocman que j'avais presque rattrapé au gré d'une de ses nouvelles portions hors circuit.
    René est arrivé une vingtaine de minutes après moi en ayant toutefois couru à une moyenne record.
    Patrick et Stefano finissent ensemble suivis de JB, Laurent, Crocman, moi, René, Fred...
    Belle journée en définitive malgré le fait que mon avance sur JB s'est réduite à 1h45 et qu'il reste 5 étapes. Il m'a mis la pression, mais j'aime bien car ça me permet de forcer un peu et donc de courir à des allures de la TG (9,6 de moyenne).
    Et comme on est des guerriers tous les deux, le match va être passionnant.
    A+fab******€**

    Sur FB :

    Ce n'était pas prévu d'augmenter mon allure aujourd'hui, mais les circonstances de course m'y ont poussé tant et si bien que j'ai couru à des vitesses aux alentours de 10km/h. Les arrêts aux ravitaillements furent dans l'ensemble moins longs que lors des jours précédents, et il y avait un objectif de ne pas perdre trop de temps sur un concurrent sérieux au général. Conséquence, mon compère des jours passés s'est retrouvé lâché et n'a pas pu suivre ma cadence. La traversée d'Amboise et la fin ne furent pas aisées : beaucoup de gens en week-end ou vacances; les jambes devenaient de plus en plus lourdes. Belle étape avec traversée du vignoble et chrono convenable.

    https://connect.garmin.com/modern/activity/867440843

     

    Etape 13 Lun 17 Août

    Montlouis sur Loire - Savigny en Véron (37) 67 km 799 km

    camping « la Fritillaire» Savigny en Véron

     

    Sur ADDM :

    Au soir de la 13ème étape, je constate qu'il ne reste plus que 225km à faire en 4 jours : 70,5 + 69,5 + 62 + 23.
    Donc deux étapes un peu plus longues, une "moyenne" et une courte.
    J'espère que les deux prochaines journées vont aussi bien se passer que celle d'aujourd'hui.
    Pourtant ça avait mal commencé pour moi, mon tendon d'Achille droit me faisant souffrir à chaque foulée et une fois passé, c'est le coeur qui s'emballe (j'ai l'habitude et je sais gérer) et j'ai dû m'arrêter quelques minutes sur un banc qui passait par-là. Une fois revenu à un rythme normal, je repris la course et entamais une remontée progressive du peloton avec lequel j'étais parti.
    La traversée de Tours ne me fit pas perdre de temps et j'arrivais au ravitaillement N.1 (km14) en constatant que comme la veille JB m'avait repris déjà 10'. Je me disais que j'allais prendre cher et je repartis en essayant de limiter les dégâts. Je rattrapais les coureurs du 1er groupe partis 30' avant nous et au loin j'aperçus une silhouette qui m'était familière : JB ! Il a manqué un fléchage et a fait 1km de rab au moins. Alors, je me dis que j'avais eu de la chance et me mis en quête de rester au moins en contact visuel.
    A un moment, nous passions sur une route bordée de champs de maïs dont certains étaient en plein arrosage, je vis Jb faire demi tour et revenir vers moi en sprintant. Il voulait simplement éviter le retour du jet d'eau tournant dont il n'avait pas bien évalué la trajectoire.
    Sur ce, la jonction était faite et nous allions donc rester ensemble, ou à vue, jusqu'à l'arrivée que nous avons franchie côte à côte.
    Entre temps, nous avions eu le droit de nous faire filmer par France 3 Centre.
    C'est encore Patrick qui gagne devant Stefano et Laurent puis JL Crocman, JB et moi, Frédéric, René, Marie-Jeanne...
    Ce soir comme pratiquement tous les soirs un pot fut offert par la Mairie.
    Demain 70,5km au programme avec passage sur les quais de Saumur...
    à+Fab******€**

    Sur FB :

    Etape où nous avons longé la Loire puis le Cher et encore la Loire. Quelques beaux châteaux hélas trop excentrés pour qu'on puisse les admirer, quelques beaux villages comme Savonnières avec son reflet dans le Cher et ses gabares mouillées au bord de la rivière. La route de la levée avec un peu de circulation (autos et vélos) fut longue mais heureusement il y avait de belles parties ombragées. Nous sommes dans le pays des vins de Chinon, non loin aussi de Bourgueil et demain on attaque le saumurois. La Loire, c'est aussi réputé pour ses châteaux que ses vignobles.

    https://connect.garmin.com/modern/activity/868670452

     

    Etape 14 Mar 18 Août

    Savigny en Véron - Ste Gemmes/Loire (49) 70 km 869 km

    camping « Le grand Jard » Sainte Gemmes/Loire

     

    Sur ADDM :

    Pour cette 14ème étape, je n'avais pas prévu ce scénario, j'étais même plutôt à me demander dans quelle galère j'allais me retrouver.
    Or, après quelques hectomètres, suite au départ à allure modérée mais néanmoins rapide du G5 (Stefano, Laurent, Crocman, JB et Patrick), je me suis accroché à eux en visuel et j'ai vite constaté que je ne me faisais pas distancer, en tout cas moins que lors des précédents départs.
    Donc ça m'a permis de parfaire à la fois mon échauffement et ma confiance.
    Les km défilant à plus de 10km/h, le 1er ravitaillement arriva vite puis ce fut le passage de la Vienne et la levée vers Saumur où je me plaçais en 4ème position, place que je n'allais plus quitter de la partie. J'utilise le mot partie car ce fut comme lors de certaines étapes des TG ou TEFR passées où je me suis bien amusé. Bon ça a duré le temps que je fasse un gros écart sur les poursuivants car les 22 derniers km ont été plutôt laborieux.
    J'ai pris le temps de faire quelques photos (château de Saumur, villages de caractère, embarcations sur la Loire avec un beau soleil levant...)
    La météo a été à la hauteur avec de la fraîcheur jusque tard dans la matinée, beaucoup de zones ombragées et du grand soleil parfois caché par des nuages bienvenus.
    Nous avons couru sur la route de la levée où il y a eu un peu de circulation et nous avons encore vu beaucoup de cyclistes.

    Demain la longueur de l'étape avoisine celle d'aujourd'hui (70 km environ) et nous arrivons dans notre département à Patrick et moi. Des visites sont attendues.
    A+Fab******€**

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    1/ D'abord 2 anniversaires, le premier hier qui correspond à mes 10ans de courses à étapes. En effet le 17 août 2005 je prenais le départ de ma 1ère Transe Gaule avec 23 autres coureurs. Nous serons tous finishers de cette édition.
    Le second anniversaire est celui de mon petit frère, aujourd'hui, et cela a décuplé ma motivation pour tenter un petit truc sympa. Je me suis démené pour aller chercher une belle 4ème place.
    Tout a bien commencé quand j'ai constaté que j'arrivais à suivre le groupe de tête et quand j'ai essayé de maintenir cette allure (5'40/5'50 au km) j'y suis parvenu sans me mettre dans le rouge.
    J'ai vu les 3 premiers, de loin, jusqu'au 3 ème ravitaillement puis ils ont continué à me distancer progressivement. Derrière, seul Jean-Louis (Crocman) restait à distance "convenable".
    J'ai même eu le temps de prendre quelques photos.
    Au final je me constitue un petit matelas confortable sur mes poursuivants ce qui va me permettre de faire les prochaines étapes sans pression.

    2/ Longue étape où il m'a pris de démarrer aussi vite que les garçons qui font la course en tête depuis quelques étapes. J'ai été surpris de voir que je parvenais à suivre leur rythme sans taper dans mes réserves (en tout cas c'était mon impression et la fin de l'étape allait me rappeler que j'avais quand même un peu entamé ces dites réserves). Boosté par le fait aussi de constater que peu à peu certains de ce groupe se laissaient décrocher, je poursuivais mon effort et restais calé à la 4ème place que j'ai défendue jusqu'à l'arrivée. De beaux écarts avec les poursuivants me permettant d'avoir un petit matelas de minutes assez confortable pour voir venir les deux prochaines étapes.
    Aujourd'hui j'ai aussi fait cet effort pour l'anniversaire de mon frère.

    https://connect.garmin.com/modern/activity/869979682

     

    Etape 15 Mer 19 Août

    Ste Gemmes sur Loire - Oudon (44) 70 km 939 km

    camping « La Tour » Oudon

     

    Sur ADDM :

    J'ai fait le malin hier avec crocman et aujourd'hui il m'a réduit en bouillie
    Je n'ai pourtant pas musardé en route mais il avait chaussé ses crocs de 7 lieues

    Aujourd'hui, Patrick Poivet arrivait chez lui ou presque et il tenait vraiment à marquer son territoire en gagnant l'étape sans partager. 6h24 pour 69,7km.
    Derrière, l'entente Crocman/Stefano suivie de Laurent...
    Puis un grand vide... et soudain débouche René qui m'a rattrapé à 10km du but avec qui j'ai fini l'étape ex-aequo comme il y a peu de temps encore.
    Vient ensuite Fred Borel.
    On a ensuite attendu un peu, toujours personne en vue. Après la douche et le linge, est arrivé un JB assez marqué à qui les jambes ont rapidement fait défaut pendant cette longue étape.
    Les autres concurrents sont arrivés au compte-goutte jusqu'après 19h pour la dernière.
    Cette étape a alterné les parties agréables de part les paysages proposés et la configuration de la route avec de longues parties interminables de route sur la levée de Loire surtout qu'on ne la voyait plus beaucoup alors la Loire.
    Demain on passe "chez moi" et j'espère faire bonne figure entre les km 27 et 34.
    Il y aura 62km puis 23 le lendemain pour conclure ce périple ligérien.
    à+fab******€**

    Sur FB :

    Longue étape (encore) avec de longues lignes droites sur la levées de Loire (j'ai l'impression d'avoir déjà fait ce commentaire plusieurs fois ces derniers temps). Heureusement les jolis points de vue et la richesse de la Loire au niveau paysage m'ont diverti. Fin très poussive de ma part, mais je n'avais plus rien à gagner ni à perdre.

    https://connect.garmin.com/modern/activity/870867135

     

    Etape 16 Jeu 20 Août

    Oudon - Frossay (44) 62 km 1001 km

    camping «Le Migron » Frossay

     

    Sur ADDM :

    Avant dernière étape aujourd'hui, d'Oudon à Frossay en passant par chez moi.
    Une partie du parcours ne m'était pas inconnue (le marathon de Nantes, mes circuits d'entraînement et des balades à vélo m'y avaient amené) et je savais que ma famille allait venir me voir passer.
    Le démarrage fut poussif car je n'avais pas envie de partir vite d'une part et que mon tendon met toujours un certain temps avant de ne plus me faire mal. Du 9/9,4 de moyenne me convenait et seuls 4 coureurs s'étaient détachés (Patrick, Laurent, JL Crocman et JB). Stefano a été malade toute la nuit et vite il s'est rendu compte qu'il ne pouvait pas aller aussi vite que lors des dernières étapes. Je suivais de très loin le groupe de tête et pas loin derrière il y avait René.
    Au R1 je ne vis personne des 4 de devant puis au R2 je rattrapais JB avec qui je poursuivais ma route.
    Au R3 ma famille m'attendait et ça m'a fait du bien, mais mentalement peu à peu j'ai lâché.
    Au R4 nous avons vu René nous reprendre et nous avons poursuivi à 3 + François Fouques venu courir l'étape. Il a déjà fait la Loire intégrale.
    La presse était là sur le canal de la Martinière et on nous a filmés. Au R5, elle était là aussi et nous a interwievés JB et moi. Le reportage passait à 19h ce soir.
    René est reparti pensant que nous allions le rattraper mais 5' de questions ajoutées aux 5' pour se ravitailler, ça fait beaucoup.
    La dernière partie fut longue le long du canal, mais aussi très jolie.
    Laborieusement nous avons terminé en 7h05 à 10' de René et très longtemps après les 3 premiers.
    Crocman reprend la 3ème place à Stefano, bien malade et sans forces.
    Demain, 23,5km à faire pour boucler ma 1ère Loire Intégrale.
    A+fab******€**

    Sur FB :

    16ème étape où je suis passé sur mes chemins et routes d'entraînement. Ma famille est aussi venue me voir passer au ravitaillement N°3 (Bouguenais). Fin un peu difficile le long du canal inteminable de la Martinière.

    https://connect.garmin.com/modern/activity/872788994

     

    Etape 17 Ven 21 Août

    Frossay - Saint Brévin (44) 24 km 1025 km

     

    sur ADDM :

    L'arrivée au pied du Pont de Saint-Nazaire (un peu après quand même) fut comme pour toutes les arrivées des dernières étapes de ce genre de courses un grand moment de délivrance. Je n'ai pas fait éclater ma joie de manière éxubérante, ce n'est pas mon style et il me faut toujours quelques minutes pour débrancher le mode "cours-ne-te-pose-pas-de-questions-oublie-tes-douleurs-tu-te-reposeras-quand-tu-seras-arrivé". J'étais un peu désabusé d'avoir tant peiné pour une simple petite histoire de 23km, comme si j'envais fait 40 avant.
    C'est la fatigue peut-être.
    Mais je me suis rattrapé depuis l'arrivée et entre tous les coureurs, finishers et non finishers, bénévoles, organisateurs et accompagnateurs nous avons fêté ça.
    Je viens de rentrer à la maison et je vais tout faire pour éviter que le spleen vienne me gâcher ce moment de retrouvailles avec ma famille.
    Et puis je pourrai retourner courir dès demain car le corps va encore m'en redemander.
    Cette année, j'ai manqué de gaz et ma moyenne est inférieure à celle des dernières TG ou TEFR. Donc l'entraînement va s'orienter vers l'objectif de regagner les 0,5 à 1 km/h manquants au final.
    Mais je suis néanmoins content de ce que j'ai fait.

    Il n'y a pas de recette pour réussir, il y en a pour échouer. A chacun de trouver celle qui lui convient le mieux. Mais ne faisons pas croire que tout le monde peut se permettre de ne jamais s'entraîner (ou de ne pas faire beaucoup de km en course à pied) et de réussir des courses à étapes de plusieurs semaines. Ceux qui réussissent ne sont pas nombreux et quand on prend le départ de ce genre d'épreuves on doit savoir que rien n'est écrit à l'avance, que des outsiders sont tout à fait capables de bien y figurer.

    à+Fab******€**

    Sur FB :

    Dernière étape de la Loire Intégrale 2015. Fin du canal dans la brume du petit matin au rythme des coups de fusils des chasseurs de gibier d'eau (heureusement que le road runner n'est pas un gibier d'eau, mais de route ! ). Arrivée à Paimboeuf, comme il n'y avait pas de ravitaillement de prévu, j'ai fait une halte dans une boulangerie pour acheter un flan et un coca. Une fois reparti, j'étais tout seul avec ma petite accompagnatrice à vélo qui ne devait me suivre que la première moitié de l'étape, les potes de devant m'ont pris plus de 500m et je ne les ais plus revus. La suite de l'étape se fit le long d'une route avec des véhicules roulant assez vite malgré le brouillard. Les 5 derniers km ont été moins pénibles mais toutefois difficles car sur des chemins sablo-caillouteux. L'arrivée comme toutes les arrivées de courses à étapes fut un moment de joie que je n'ai pas montrée tout de suite car j'avais cravaché dur pour me remettre dans le rythme. Mais après, je me suis lâché comme tous mes compagnons finishers de cette 3ème Loire Intégrale, organisée de main de maître par Annie et Dominique Chaillou, épaulés par un groupe de bénévoles aux petits soins.

    https://connect.garmin.com/modern/activity/872786191

     

    Classements publiés ultérieurement.


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