• Ma dernière participation à un 24 heures s'était soldée par un abandon après quelques kilomètres seulement suite à des soucis cardiaques; j'avais une grosse envie de me reprendre sur celui de Rennes. La préparation tronquée en raison des suites de l'abandon sur le précédent et de séquelles d'un problème à un genou, je me demandais bien ce que j'allais pouvoir réaliser ici. Certes, une course de 6h en mars, pour me redonner quelque idée sur mes capacités à tenir et gérer les efforts de longue durée, m'avait rassuré sur mon mental de combattant tout en m'indiquant que certaines limites physiques étaient proches : je n'ai plus de vitesse au sens de me constituer un petit matelas d'aisance quand la fatigue survenue je ne suis plus en mesure d'accélérer. Je plafonnais à 10/10,5km/h en vitesse de pointe et à 8/8,5 en vitesse de croisière.

    La différence avec les autres courses de 24h déjà faites, c'est que celle-là tombait en plein pendant mes vacances et donc les quelques jours et heures qui ont précédé m'ont donné l'occasion de me reposer et de ne pas avoir à me précipiter pour tout préparer, pour faire la route, trouver un gîte etc. Ma sœur et ma fille habitant sur place, j'avais deux possibilités d'hébergement. Donc après une bonne nuit, courte mais pas agitée, je me suis rendu sur le site de la course avec du temps pour tout installer. Il pleuvait par intermittence. Cela s'annonçait un peu délicat pour la course surtout qu'un vent modéré et frais renforçait cette impression de sale temps. Précaution due à l'expérience d'autres éditions, je ne me mettais pas au bord des tentes installées par l'organisation, mais vers le milieu pour ne pas être gêné par la pluie si le vent la pousse jusqu'à mes affaires. Je me retrouvais à la même table que Christian Scheffer et de mon ami Jean-Gabriel que j'avais lâchement abandonné en décembre à Ploeren lors de mon dernier 24h.

    Beaucoup de connaissances, plusieurs Transe Gaulois et de coureurs côtoyés sur les courses de 24h ou l'Armorbihan et l'Intégrale de Gérard Denis. Une fois salué tout ce petit monde, je me préparais. J'avais ma tour avec dans chaque tiroir de quoi me changer, me soigner, me nourrir et même me divertir si l'ennui me gagnait. J'avais aussi anticipé sur les changements de chaussures, de coupe-vent, de bonnets... Mes boissons étaient prêtes, mes gâteaux et autres confiseries aussi. J'en avais amené moins que les dernières fois car je rentre toujours chez moi avec des stocks de choses non entamées.

    68 coureurs au départ donné à 10h précises. C'est parti vite, ou je suis parti lentement, c'est selon, mais je me suis retrouvé rapidement dans la dernière partie du peloton. 1033m le tour, j'avais prévu de mettre entre 6'30 et 7' pour chaque boucle, voire plus si je sentais que mon allure était trop rapide. J'avais 2 chronos : un sur mon GPS et un sur mon polar de rechange quand la batterie du premier serait à plat. Je prenais tous les tours (erreur par rapport au polar qui n'enregistrait que 100 tours). Donc en attendant de récupérer les données de chacune des heures de l'organisation, j'ai noté mes temps de passage.

    1ère heure = 9 tours : 58'22 (9,164km) 36ème

    2ème heure = 18 tours : 1h57'55 (18,461km) 36ème

    3ème heure = 27 tours : 2h57'16" (27,757km) 31ème (tiens comme par hasard, c'est mon chrono record sur marathon)

    4ème heure = 35 tours : 3h53'53 (36,021km) 31ème

    Marathon : 4h37'36 (41 tours)

    5ème heure = 44 tours : 4h58'56 (45,317km) 28ème

    50km : 5h36'07 (49 tours soit 50,5km)

    6ème heure = 52 tours : 5h58'40 (53,581km) 28ème

    7ème heure = 58 tours : 6h52'12 (59,779km) 29ème 

    8ème heure = 66 tours : 7h56'40 (68,042km) 28ème

    Après, c'est un peu flou car j'ai oublié des "laps" mais je me souviens être passé au double marathon en 10h environ puis les 100km sont venus après 12h16' de course. Passage aux 12h avec environ 98km.

    La suite : je n'ai plus de données (GPS mort depuis la 8ème heure, Polar blindé depuis le 100ème tour) --> J'ai récupéré sur le site de la course les classements toutes les heures (Voir plus bas).

    Que s'est-il passé pendant ces 12 premières heures ? Plein de choses, comme toujours assez déconcertantes.

    Mes trois premières heures se sont bien passées puis je me suis senti un peu en dedans sur les quelques heures qui ont suivi. Mes arrêts aux ravitaillements devenaient plus longs : 3' passées par-ci par-là à boire, à grignoter, à retirer un petit caillou "fictif" ou non, à remettre une chaussette où on croyait qu'il y avait un mauvais pli... Plein de petits détails qui me disaient de faire attention car je "sortais" mentalement peu à peu de la course. Il faut dire aussi que ma tête n'était pas totalement sur la course, une petite partie était consacrée aux pensées concernant ma fille et les autres membres de ma famille. Le vent, les quelques averses, la sensation de fraîcheur puis de chaleur une fois le soleil revenu, tous ces détails auraient pu prendre le dessus. Mais non ! Tenir, il fallait tenir, coûte que coûte, jusqu'au retour des bonnes sensations. Les coureurs du 6h ont mis de l'animation par leurs déboulés rapides, avec un duel à trois entre Mickaël Jeanne, Stéphane Ruel et Valentin Costa (je crois). Passionnant jusqu'au coup de pétard final. 

    Quand on s'est à nouveau retrouvés "seuls" sur le circuit, sans les bolides, c'est là que j'ai commencé à me rendre compte que ça n'allait pas si mal. J'avais engrangé les bornes, je remontais peu à peu le classement et je me fixais des objectifs : je ne m’arrêterai pas avant tel ou tel kilomètre, je ne passerai pas trop de temps à manger, j'attends telle heure pour me changer... plein de mini objectifs que j'ai atteints les uns après les autres et au bout du compte, je rentrais dans la nuit regonflé à bloc. Je courais, donc je n'avais pas froid, mais je constatais que les autres coureurs avaient froid et commençaient à aller se changer. Je programmais ce moment le plus tard possible. 

    A 21h, les coureurs du 12h sont venus regonfler les effectifs.

    Les petites visites de ma fille, de son ami et de ma femme m'ont bien boosté et redonné l'envie de poursuivre sur le rythme que je retrouvais progressivement. Les 100km en moins de 12h ratés de peu (97km environ) je me projetais dans la nuit : 7km/h ça donnera 104 puis 111 puis 118 etc. Donc je me reprenais à espérer faire un truc du style 175km, mais ce n'était pas gagné d'autant que je n'avais pas encore procédé au changement de tenue. Mais pour l'instant ça allait encore, je verrai ça quand ça caillera vraiment.

    9ème heure = 72 tours : 8h57'24 (74,240km) 29ème

    10ème heure = 80 tours : 9h59'10 (82,504km) 25ème

    11ème heure = 87 tours : 10h56'53 (89,734km) 22ème

    12ème heure = 94 tours : 11h54'06 (96,965km) 21ème

    100km en 12h16'32" (100,1km)

    Peu à peu le circuit se désertifia. Façon de parler, mais beaucoup ont commencé à "hiberner", à prendre plus de temps aux ravitaillements, à aller au gymnase se réchauffer et je tentais de résister à cette tentation. Je n'avais pas de symptômes d'envie de dormir, c'était déjà ça de pris.

    13ème heure = 101 tours : 12h53'19  (104,196km) 19ème

    14ème heure = 108 tours : 13h55'45 (111,426km) 15ème 

    Entre la 14ème et la 15ème heure, je décidais néanmoins de me refaire beau. Fini le Schtroumpf, bonjour l'Orange ! Cet arrêt dura l'équivalent de 3 tours, mais quand je repris la course, après quelques hectomètres clopin-clopant, je me rendis compte que l'allure était bonne, le style pas trop "à ch..." , même les observateurs intérieurs et extérieurs à la course m'en firent la remarque: ça flatte l'ego, ça peut être piégeux, mais ça m'a fait l'effet "redbull" (la gerbe en moins, tellement c'est dégueux). J'accumulais les tours, ne me faisant dépasser que par ceux du 12h et par quelques doubles circadiens confirmés ou en devenir.

    15ème heure = 114 tours : 14h48'08 (117,624km) 14ème

    16ème heure = 121 tours : 15h47'49 (124,855km) 13ème

    Les arrêts aux stands pour manger une purée au jambon n'excédaient pas les 3 ou 4 minutes, j'en faisais une toutes les deux heures environ et entre temps je prenais une soupe ou un coca. Le reste ne passait pas.

    17ème heure = 126 tours : 16h52'21 (130,019km) 13ème

    18ème heure = 133 tours : 17h53'25 (137,250km) 12ème

    A ce compte, je remontais le classement général, j'étais déjà dans le top 15 puis au gré des arrêts des uns et des autres je me rapprochais du top 10.

    19ème heure = 140 tours : 18h56'08 (144,481km) 10ème

    20ème heure = 146 tours : 19h53'51 (150,678km) 9ème

    21ème heure = 152 tours : 20h55'53 (156,876km) 9ème

    22ème heure = 159 tours : 21h55'24 (164,107km) 9ème

    23ème heure = 167 tours : 22h59'25 (172,370km) 9ème

    A l'entame de la dernière heure, j'étais 9ème et le 8ème n'était qu'à deux tours maxi devant. Mais ce n'est pas lui que je me mettais à chasser : les 180km m'apparaissaient très réalisables depuis quelques heures, et quand je me mis à compter ce qu'il me restait à faire, j'ai vu que j'avais agrandi ma marge de "sécurité" et pouvais donc continuer d'accélérer doucement tout en sachant que des arrêts aux stands ne me feraient pas perdre sur mon objectif, sauf à m'y endormir ou à entamer des discussions sans fin avec d'autres personnes.

    En tout cas, nous n'étions plus beaucoup à courir lors de la dernière heure, une fois ceux du 12h arrivés (partis à 21h hier soir, arrivés à 9h ce matin). Il nous restait 1h et le circuit pour nous tous seuls. Alors, j'ai envoyé ! Motivé comme jamais ou comme trop rarement depuis quelques temps, je me faisais plaisir. Je réfléchissais aux conséquences :"Allais-je le payer une fois les 24h terminés ? Ou ce midi à la douche qui va me réserver un grand moment de souffrances vu les brûlures que je ressentais depuis de longues heures ? Ou demain matin quand il faudra me lever ?" M'en fous ! On verra !

    En tout cas, j'ai tellement bien fini que mes 181,288km me font réellement très plaisir. Même pas de regrets de penser que j'aurai peut-être pu faire plus car rien n'est moins sûr.

    24ème heure = 175 tours + 650m environ = 181,288km (8ème)

    à+Fab******€**&

     PS : récupération ce lundi après-midi : 42' / 6,2km (très mal au début puis de moins en moins mal et presque plus à la fin)


    votre commentaire
  • Première étoile  
    (par fabcentkm) ou Fab******€**&*δ~~δ~  
    EDITO

     

    Quand je me suis décidé à créer un blog, je l'ai fait en me disant que j'allais pouvoir faire profiter de mon expérience en course à pied à d'autres coureurs, expérimentés ou non.

    J'avais aussi envie de faire une synthèse de mon passé de coureur. Au bout de 30 ans de pratique régulière (à ce jour), où j'ai accumulé une expérience sur toutes les distances allant du 10 km (voire moins, par exemple les cross) à plus de 4000 km, avec une incursion dans le monde de la course horaire (et un premier 24h encourageant où j'ai parcouru 191km, rapidement confirmé par un second avec 190,7km et un record actuel de 193,9km), j'ai participé à plus de 600 courses (c'est peu diront certains) dont plus des 3/4 (484) étaient des courses d'au moins la longueur d'un marathon (c'est beaucoup diront d'autres). J'ai noté tous mes temps de passages sur à peu près toutes les courses auxquelles j'ai pris part, ainsi vous pourrez vous rendre compte que des erreurs, on en fait à tout âge et à tout niveau, mais que l'on peut aussi progresser si l'on suit un bon entraînement. A ce propos, j'ai commencé à "recopier" mes premiers carnets d'entraînement, de 1989 à 1995 : préparations à mes premiers marathons, à mon premier 100km...

    L'année 2005 a représenté pour moi le franchissement d'un palier dans l'ultra distance : j'ai participé et terminé la Transe Gaule qui est une course par étapes qui part de Roscoff (dans le Finistère) et qui se termine à Gruissan-plage (qui se situe à côté de Narbonne dans l'Aude). Au total, j'ai parcouru 1150 km en 18 étapes sans journée de repos. J'ai fait un large compte rendu de la course, de ses à-côtés, de ses moments de bonheur ou de souffrances. J'y ai gagné ma première étoile, d'où le nom de mon blog.

    Cet exploit, nous étions 24 à le réaliser en 2005 (sur 24 partants !).

    En 2006, j'ai remis ça et j'ai gagné ma seconde étoile (mais je n'allais pas changer le nom de mon blog pour autant). Quand je me suis inscrit, tout comme 37 autres coureurs, mon but était de faire Roscoff-Gruissan-plage sans bobos. J'y suis parvenu, en adoptant une démarche prudente. Ce n'est pas parce qu'on a déjà couru une course qu'on la connaît parfaitement. Donc, j'ai couru avec le frein à main pendant les 13 premières étapes, et une fois la troisième semaine de course entamée, j'ai pu enfin me faire plaisir et courir à un rythme un peu plus soutenu, correspondant mieux à mon niveau. Ceux qui n'ont pas adopté cette démarche prudente se sont "brûlé les ailes" et ont connu soit l'abandon soit les affres de la course-galère avec son lot de souffrances.

    En 2007, je suis de nouveau parti pour cette grande promenade à travers la France. J'ai gagné ma troisième étoile ! Et cette fois-ci, j'ai couru sans retenue sauf, bien sûr, lors des premières étapes où il me fallait quand même être prudent et ne pas tout gâcher sur un moment d'euphorie non contrôlée. J'ai réellement pu mettre en action mon esprit de compétiteur et cela m'a bien réussi car je finis cette édition à une allure et dans un état de fraîcheur que je n'avais pas imaginés.

    En 2008, pour préparer la TransEurope du printemps 2009, j'ai à nouveau  souhaité courir la Transe Gaule, ce que j'ai réussi à faire, améliorant par là même mon précédent record. J'ai donc conquis une quatrième étoile avant de m'attaquer au gros gâteau que fut la TransEurope 2009. Je n'ai pas réussi à atteindre mon objectif premier qui était d'arriver au Cap Nord après être parti de Bari (en Italie), une vilaine infection à un doigt de ma main droite ayant nécessité une opération en urgence me fit arrêter l'aventure à 10 étapes de la fin. J'ai néanmoins couru 3764,8km en 54 jours, mais il me manquera à jamais les 722,9km des 10 dernières étapes pour être un finisher de cette transcontinentale.

    J'ai néanmoins conservé l'envie et j'ai rebondi sur des projets qui m'ont m'occupé les trois années suivantes : ma cinquième étoile  conquise en août 2010, une sixième étoile en 2011 et surtout la TransEurope 2012, de Skagen (Danemark) à Gibraltar (sud de l'Espagne) du 19 août au 21 octobre 2012.

    Lors des années qui suivirent cette longue aventure européenne, je suis reparti sur la Transe Gaule où j'ai gagné mes septième et huitième étoiles, j'ai tenté et réussi une autre course à étapes française, en 2015, la Loire Intégrale, et je me suis fixé comme objectif suivant de refaire une Transe Gaule en 2016 : ça c'est fait et je suis rendu à neuf étoiles de finisher. J'ai terminé une autre course à étape de ce gabarit en 2017 , la DLL (DeutschlandLauf), récidivé en 2019, et dans le plus court, toujours par étapes, j'ai accroché à mon palmarès de finisher la Via Iberica, en 2017, 2018 et 2019.

    Dans les prochains mois ou années, je vais essayer de faire la TransEspaña 2020, la TransEurope 2021, celle de 2022 et je vais tenter aussi d'améliorer mon kilométrage sur les 24 heures, de participer à de nouvelles courses par étapes ou en ligne de plus de 100km et même de 200km et de refaire un 6 jours (après celui d'octobre 2016). Bref, j'ai de quoi "m'amuser" encore quelques années tant que la passion m'animera. 

    En vous souhaitant une bonne promenade sur ce blog qui va continuer d'évoluer au fil des jours et des entraînements ou compétitions.

    à+Fab******€**&*δ~~δ~

     

    (maj 09/12/2019)


    votre commentaire
  • Semaine N°1/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 21/12/2015 : (matin) 1h37'40" pour 14,8km.

    Mardi 22/12/2015 : (matin) 1h25'30" pour 13,0km.

    Mercredi 23/12/2015 : (matin) 1h26'30" pour 13,7km.

    Jeudi 24/12/2015 : (matin) 1h04'25" pour 9,4km.

    Vendredi 25/12/2015 : (matin) 51'10" pour 8,0km.

    Samedi 26/12/2015 : (soir) 1h21'05" pour 12,2km.

    Dimanche 27/12/2015 : (matin) 1h25'35" pour 12,7km.

    Total semaine N°1 : 9h11’55 pour 83,8km en 7 séances. Cumul 2015 : 6185,8km en 381 séances dont 22 compétitions.

    Semaine N°2/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 28/12/2015 : (matin) 1h28'00" pour 13,8km.

    Mardi 29/12/2015 : (matin) 1h06'55" pour 10,4km.

    Mercredi 30/12/2015 : (matin) 1h39'00" pour 15,2km.

    Jeudi 31/12/2015 : (matin) 1h45'55" pour 16,8km.

    Vendredi 01/01/2016 : (matin) 1h16'15" pour 12,0km.

    Samedi 02/01/2016 : (matin) 1h36'30" pour 15,4km.

    Dimanche 03/01/2016 : (matin) 41'10" pour 6,7km.

    Total semaine N°2 : 9h33’45" pour 90,3km en 7 séances. Cumul 2015 : 6242,0km en 385 séances dont 22 compétitions. Cumul 2016 : 34,1km en 3 séances.

    Semaine N°3/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 04/01 : (soir) 1h38'00" pour 15,4km.

    Mardi 05/01: (soir) 47'15" pour 7,3km.

    Mercredi 06/01 : (soir) 1h35'55" pour 15,8km.

    Jeudi 07/01 : (soir) 47'15" pour 7,6km.

    Vendredi 08/01 : (soir) 1h45'35" pour 17,0km.

    Samedi 09/01 : Pas le temps et pas réussi à trouver un petit créneau pour me dégourdir les cannes. C'est dur d'être entraîneur et coureur ! Donc fin du streak à 269 jours et 4792,3km.

    Dimanche 10/01 : (matin) 1h48'40" pour 16,2km.

    Total semaine N°3 : 8h22’40" pour 79,3km en 6 séances. Cumul 2016 : 113,4km en 9 séances dont 0 compétition.

    Semaine N°4/16 : Plan 24h de Rennes.

    Lundi 11/01 : (soir) 1h36'30" pour 15,0km.

    Mardi 12/01 : (soir) 47'00" pour 7,5km.

    Mercredi 13/01 : (soir) 1h42'20" pour 15,9km.

    Jeudi 14/01 : (soir) 46'40" pour 7,5km.

    Vendredi 15/01 : (midi) 46'35" pour 7,6km.

    Samedi 16/01 : (matin) 35' end + EMA 80% 13x250m (de 1'17" à 1'10") r=250m (1'30" à 1'45") + 36'end. Total 1h48'30" pour 17,9km.

    Dimanche 17/01 : (matin) 1h48'30" pour 17,9km dt EMA 80% 13x250m r=250m.

    Total semaine N°4 : 9h05’50 pour 87,4km en 7 séances. Cumul 200,8km en 16 séances dont 0 compétition.

    Semaine N°5/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 18/01 : (soir) 1h41'40" pour 15,4km.

    Mardi 19/01 : (soir) 45'35" pour 7,4km.

    Mercredi 20/01 : (soir) 1h43'15" pour 16,5km.

    Jeudi 21/01 : (soir) 46'35" pour 7,6km.

    Vendredi 22/01 : (soir) 1h36'40" pour 15,7km.

    Samedi 23/01 : (matin) 36'00" pour 5,0km.

    Dimanche 24/01 : (matin) 1h00'00" pour 9,2km. (soir) 1h03'00" pour 10,0km.

    Total semaine N°5 : 9h12’45 pour 86,8km en 8 séances. Cumul 2016 : 287,6km en 24 séances dont 0 compétition.

    Semaine N°6/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 25/01 : (soir) 1h37'25" pour 15,5km.

    Mardi 26/01 : (midi) 1h39'20" pour 15,9km.

    Mercredi 27/01 : (soir) 51'10" pour 7,5km.

    Jeudi 28/01 : (soir) 46'35" pour 7,6km.

    Vendredi 29/01 : (soir) 1h18'40" pour 10,9km.

    Samedi 30/01 : (matin) 1h21'25" pour 10,4km.

    Dimanche 31/01 : (matin) 1h51'35 pour 15,0km.

    Total semaine N°6 : 9h26’10 pour 82,8km en 7 séances. Cumul 2016 : 370,4km en 31 séances dont 0 compétition.

    Semaine N°7/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 01/02 : (soir) 1h38'50" pour 15,1km.

    Mardi 02/02 : (soir) 46'10" pour 7,5km.

    Mercredi 03/02 : (soir) 1h47'55" pour 15,1km.

    Jeudi 04/02 : (soir) 48'00" pour 7,5km.

    Vendredi 05/02 : (soir) 1h42'05" pour 15,4km.

    Samedi 06/02 : (matin) 1h45'10" pour 15,1km.

    Dimanche 07/02 : (matin) 1h14'30" pour 11,1km.

    Total semaine N°7 : 9h42'40" pour 86,8km en 7 séances. Cumul 2016 : 457,2km en 38 séances dont 0 compétition.

    Semaine N°8/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 08/02 : (soir) 1h00'00" pour 9,3km.

    Mardi 09/02 : (midi) 49'55" pour 8,0km. (soir) 30'35" pour 5,2km.

    Mercredi 10/02 : (matin) 1h37'20" pour 15,3km.

    Jeudi 11/02 : (matin) 1h28'45" pour 14,1km.

    Vendredi 12/02 : (matin) 1h29'45" pour 14,2km.

    Samedi 13/02 : (matin) 1h35'15" pour 15,4km.

    Dimanche 14/02 : (matin) 1h29'35" pour 14,6km.

    Total semaine N°8 : 10h01’10 pour 96,1km en 8 séances. Cumul 553,3km en 46 séances dont 0 compétition.

    Semaine N°9/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 15/02 : (soir) 1h38'00" pour 16,0km.

    Mardi 16/02 : (matin) 1h34'50"pour 15,3km. (soir) 34'40" pour 6,0km.

    Mercredi 17/02 : repos (pas prévu mais pas réussi à trouver un créneau pour courir).

    Jeudi 18/02 : (matin) 1h42'25" pour 15,9km. (soir) 34'45" pour 6,0km.

    Vendredi 19/02 : (matin) 2h04'00" pour 19,5km.

    Samedi 20/02 : (matin) 1h45'50" pour 16,3km.

    Dimanche 21/02 : (soir) 1h39'35" pour 15,5km.

    Total semaine N°9 : 11h34’05 pour 110,5km en 8 séances. Cumul 663,8km en 54 séances dont 0 compétition.

    Semaine N°10/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 22/02 : (soir) 1h38'50" pour 15,3km.

    Mardi 23/02 : (soir) 45'40" pour 7,6km.

    Mercredi 24/02 : (soir) 1h41'30" pour 16,0km.

    Jeudi 25/02 : (midi) 44'10" pour 7,1km. (soir) 45'25" pour 7,4km.

    Vendredi 26/02 : (soir) 1h32'25" pour 14,9km.

    Samedi 27/02 : (matin) 2h04'35" pour 20,5km.

    Dimanche 28/02 : (matin) 1h49'15" pour 17,9km.

    Total semaine N°10 : 11h01’50 pour 106,7km en 8 séances. Cumul 2016 : 770,5km en 62 séances dont 0 compétition.

    Semaine N°11/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 29/02 : (soir) 1h32'20" pour 15,0km.

    Mardi 01/03 : (soir) 48'25" pour 7,6km.

    Mercredi 02/03 : (soir) 1h44'15" pour 16,8km.

    Jeudi 03/03 : (soir) 43'30" pour 7,6km.

    Vendredi 04/03 : (soir) 1h33'35" pour 15,3km.

    Samedi 05/03 : (matin) 1h41'45" pour 16,3km.

    Dimanche 06/03 : (matin) 1h46'00" pour 15,4km.

    Total semaine N°11 : 9h49’50" pour 94,0km en 7 séances. Cumul 2016 : 864,5km en 69 séances dont 0 compétition.

    Semaine N°12/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 07/03 : (soir) 1h31'40" pour 14,9km.

    Mardi 08/03 : (soir) 46'00" pour 7,6km.

    Mercredi 09/03 : (soir) 1h37'30" pour 16,5km.

    Jeudi 10/03 : (soir) 45'30" pour 8,0km.

    Vendredi 11/03 : (soir) 1h33'05" pour 15,6km.

    Samedi 12/03 : (matin) 2h14'55" pour 21,8km.

    Dimanche 13/03 : (matin) 2h11'50" pour 21,8km.

    Total semaine N°12 : 10h40’30" pour 106,2km en 7 séances. Cumul 2016 : 970,7km en 76 séances dont 0 compétition.

    Semaine N°13/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 14/03 : (soir) 1h30'20" pour 15,0km.

    Mardi 15/03 : (soir) 45'50" pour 7,5km.

    Mercredi 16/03 : (soir) 1h33'55" pour 15,6km.

    Jeudi 17/03 : (soir) 45'00" pour 8,0km.

    Vendredi 18/03 : (soir) 1h02'00" pour 10,3km.

    Samedi 19/03 : (départ à midi) 6h de Vallet : 55,841km.

    Dimanche 20/03 : (matin) 1h31'50" pour 15,1km.

    Total semaine N°13 : 13h08’55" pour 127,3km en 7 séances dont 1 compétition. Cumul 2016: 1098,0km en 83 séances dont 1 compétition.

    Semaine N°14/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 21/03 : (soir) 1h35'00" pour 15,4km.

    Mardi 22/03 : (soir) 0h46'00" pour 7,5km.

    Mercredi 23/03 : (soir) 2h00'00" pour 19,7km.

    Jeudi 24/03 : (soir) 43'00" pour 7,2km.

    Vendredi 25/03 : (soir) 1h44'00" pour 17,3km.

    Samedi 26/03 : (matin) 2h50'00" pour 26,0km.

    Dimanche 27/03 : ((matin) 57'45" pour 9,4km.

    Total semaine N°14 : 10h35’45" pour 102,5km en 7 séances. Cumul 2016 : 1200,5km en 90 séances dont 1 compétition.

    Semaine N°15/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 28/03 : (matin) 57'40" pour 9,0km.

    Mardi 29/03 : (soir) 44'50" pour 7,6km.

    Mercredi 30/03 : (soir) 1h50'15" pour 18,2km.

    Jeudi 31/03 : (soir) 44'20" pour 7,3km.

    Vendredi 01/04 : (soir) 1h57'50" pour 19,5km.

    Samedi 02/04 : (matin) 2h10'20" pour 20,1km.

    Dimanche 03/04 : (matin) 2h09'05" pour 20,3km.

    Total semaine N°15 : 10h34’20" pour 102,0km en 7 séances. Cumul 2016 : 1302,5km en 97 séances dont 1 compétition.

    Semaine N°16/16 : Plan 24h de Rennes

    Lundi 04/04 : (matin) 1h09'50" pour 11,0km.

    Mardi 05/04 : (matin) 1h04'55" pour 10,4km.

    Mercredi 06/04 : (matin) 55'20" pour 9.0km.

    Jeudi 07/04 : (matin) 1h03'15" pour 10,2km.

    Vendredi 08/04 : (matin) 45'15" pour 7,1km.

    Samedi 09/04  et Dimanche 10/04 : (matin, midi, après-midi, soir, nuit, petit matin, matin) 24h de RENNES : 181,288km (8ème au scratch; 3ème Master 2).

    Total semaine N°16 : 28h58’35" pour 229,0km en 6 séances dont 1 compétition de 24h. Cumul 2016 : 1531,5km en 103 séances dont 2 compétitions.

    Semaine N°1/2 : Plan Récup 24h de Rennes

    Lundi 11/04 : (soir) 42'20" pour 6,2km. 

    Mardi 12/04 : (matin) 1h03'15" pour 9,3km.

    Mercredi 13/04 : (matin) 1h31'25" pour 13,5km.

    Jeudi 14/04 : (matin) 1h34'55" pour 14,8km.

    Vendredi 15/04 : (matin) 1h37'50" pour 15,3km.

    Samedi 16/04 : (matin) 1h27'50" pour 14,0km.

    Dimanche 17/04 : (matin) 1h26'35" pour 14,6km.

    Total semaine N°1 : 9h24’10" pour 87,7km en 7 séances. Cumul 2016 : 1619,2km en 110 séances dont 2 compétitions.

    Semaine N°2/2 : Plan Récup 24h de Rennes

    Lundi 18/04 : (soir) 1h30'15" pour 14,9km.

    Mardi 19/04 : (soir) 39'30" pour 6,6km.

    Mercredi 20/04 : (soir) 2h00'05" pour 19,4km.

    Jeudi 21/04 : (soir) 44'30" pour 7,3km.

    Vendredi 22/04 : (soir) 1h48'35" pour 18,2km.

    Samedi 23/04 : (matin) 1h58'00" dont 13x250m (en 1'12" à 1'08") r=1'30" pour 20,0km.

    Dimanche 24/04 : (matin) 2h03'55" pour 21,3km.

    Total semaine N°2 : 10h44’50" pour 107,7km en 7 séances. Cumul 2016 :  1726,9km en 117 séances dont 2 compétitions.

    (suite sur Plan Transe Gaule 2016)


    votre commentaire
  • Mardi 16 juin, 10H45.

    5ème jour à Gällivare, dans cet hôpital où j'ai été admis vendredi matin à l'heure où les autres coureurs s'apprêtaient à démarrer leur 55ème étape vers le Cap Nord.

    Je dois sortir aujourd'hui, les soins prodigués par le docteur lors de mon changement de pansement et son avis sur mon état de santé l'ont conforté dans son opinion. Je suis en bonne voie de guérison et je peux donc sortir de l'hôpital, mais il faut qu'avant 48 heures j'aie vu une infirmière pour changer à nouveau mon pansement. Il va aussi me donner des antidouleurs et antibiotiques à prendre régulièrement.

    Je ne sais pas encore où et comment je vais voyager, j'attends l'avis du médecin de l'assurance-assistance qui aura au préalable discuté avec le chirurgien. J'espère être rapatrié en France, je n'ai plus le cœur à rester et je veux vite oublier, faire le vide et rebondir de manière positive sur mon expérience.

    J'ai recherché des moyens « autonomes » pour quitter cette région, mais je n'ai rien trouvé. La quantité de bagages, leur poids et l'impossibilité d'utiliser ma main droite vont me rendre la tâche ardue, sauf si je suis assisté.

    Mes collègues coureurs ont entamé depuis près de 5 heures leur 59ème étape les faisant quitter la Finlande où ils étaient arrivés hier et ils vont donc entrer dans le dernier pays hôte de la TransEurope : la Norvège.

    Ce soir, ils n'auront plus que 370km à faire, en 5 jours. Ils tiennent le bon bout et je leur souhaite tous de tenir et d'atteindre leur objectif.

     

    J'ai presque terminé de boucler ma valise et mes sacs, il ne me restera plus qu'à m'habiller avec mes propres vêtements car pour l'instant je porte toujours ceux de l'hôpital.

    Short ? Pantalon de survêtement ? Je ne sais pas comment est le temps dehors sinon qu'il fait gris et qu'il y a du vent. La température ? On verra, j'ai prévu maillots et sweat en plus de ma veste.

     

    Mardi 16 juin, 15H45.

    Toujours à l'hôpital, mais avec des nouvelles fraîches : je reste encore 24 heures ici car mon rapatriement n'est possible qu'à partir de demain par avion (il n'y en a pas avant). Je prendrai un premier vol à 15H40 de Gällivare pour arriver à Stockholm à 18H05, puis après avoir récupéré et réenregistré mes bagages en moins d'1H20 (sera-ce possible ?) je prendrai un second vol vers Paris CGD2 à 19H25 pour un atterrissage prévu à 22H05 en France. Puis après la récupération de mes bagages, je serai reconduit chez moi par VSL. Mon arrivée à mon domicile est prévue dans la nuit de mercredi à jeudi.

     

    Je sens que ça va être « folklo » car je m'imagine à Stockholm devoir courir avec tout mon barda et ... une seule main valide ! On verra, peut-être en ferai-je suivre certains pour le lendemain.

     

    J'ai envoyé un message de soutien à tous les « rescapés » de la TEFR : en voici la copie.

     

    Bonjour à tous

    J'espère que vous réussirez à recevoir ce message qui s'adresse à tous les coureurs, accompagnateurs et organisateurs.

    Je suis encore à l'hôpital que je quitte demain pour être rapatrié en France. Mon doigt va mieux, mais tel qu'il est encore je ne pourrais pas envisager sérieusement et sans séquelles possibles ultérieures de devoir vous rejoindre et de courir une ou plusieurs étapes.

    De toute façon, dans ma tête j'ai tout "coupé" et je me suis reprojeté vers l'avenir plutôt que de repenser au passé.

    J'aurai l'occasion de me "rebrancher" sur la TEFR, mais pour l'instant, même si je vous suis tous les jours, c'est trop difficile de m'imaginer que je suis passé tout près d'un exploit que vous n'allez pas manquer de réaliser, je vous le souhaite de tout mon coeur. Même si ce que j'ai fait peut paraître exceptionnel aux yeux de certains, pour moi c'est, pour l'instant, comme si je n'avais rien fait : je ne suis pas allé au bout. Un point c'est tout.

    Ces 5 jours m'ont paru longs et je m'imagine que ce n'est rien à côté de vos 5 jours sous une météo pas favorable au plaisir de courir.

    Ce soir il ne vous restera "que" 5 jours, dont 3 assez longs, profitez-en au maximum : carpe diem !

    à bientôt 

    Fabrice



    A l'heure actuelle, on vient de me demander ce que je désire au petit déjeuner et au déjeuner de demain, je suis prêt à me recoucher et à dormir un petit peu avant le repas du soir qui va arriver dans ... moins d'une heure maintenant.

    Je vous laisse.

    Voilà pour ce CR un peu différent des précédents, sans rapport direct avec la course à pied, ce pour quoi j'ai fait ce voyage, mais le destin en a voulu autrement. C'est la vie !

     

    À +Fab****

     

    Vendredi 19 juin, à mon domicile de Rezé, 10H45.

    Deux jours et demi se sont passés depuis mon dernier CR.

    J'ai passé une dernière journée à l'hôpital (mercredi), j'ai effectué mon voyage retour (de mercredi après-midi à jeudi matin 3H), j'ai reçu des soins infirmiers à domicile (jeudi matin, 10H), je suis retourné consulter mon médecin généraliste (jeudi 17H) et surtout j'ai retrouvé ma petite famille.

     

    (Je suis interrompu dans la rédaction de ce CR par l'arrivée de l'infirmière, puis par un coup de téléphone de Nicole depuis la Norvège où elle assure le ravitaillement N°9. On a discuté quelques minutes pour que je lui donne des nouvelles que vous imaginez pas très optimistes tant au niveau physique qu'au niveau mental et inversement elle m'en a donné de bonnes sur les gars qui sont en train de courir l'antépénultième étape longue de 92,6km. Ils n'ont pas chaud, même si la météo est plus calme que celle, pluvieuse, des jours précédents. Ils sont tous emmitouflés dans des tenues d'hiver.)

     

    Chronologiquement, ces dernières 72h m'ont paru interminables, sans doute aussi longues que si j'avais été encore en course.

    La fin de la journée de mardi, après mon dernier CR fut consacrée au rangement de mes affaires dans ma valise et dans mes deux sacs en essayant d'en garder un qui sera considéré comme bagage à mains. Ce fut long, pas facile à faire avec une seule main, mais j'ai réussi à tout refermer pour pouvoir voyager en ayant la possibilité de tout transporter moi-même dans le cas où je n'aurais pas d'aide.

    Après, je me suis reposé en regardant la chaîne « découverte » et en somnolant quelque peu.

    C'était difficile de dormir car il y avait tout le temps du jour, même avec les stores et les rideaux fermés, il y avait aussi toujours quelqu'un qui venait me voir soit pour me remettre une poche d'antibiotiques en perfusion, soit pour m'apporter mes médicaments, soit encore pour m'apporter à manger.

    Les horaires des repas ou collations sont à peine décalés par rapport à ceux de notre pays:

    8H30 : petit déjeuner (fromage et tranches de saucisse de viande, café, fromage blanc, jus de fruits)

    12H30 : déjeuner

    17H00 : dîner

    20H00 : thé et sandwiches (fromage et tranches de saucisse de viande, jus de fruits)

    La soirée jusqu'au moment où j'éteignais la télé et décidais de m'endormir était très longue et dans ma tête ça cogitait un maximum. J'essayais pourtant de faire le vide dans ma tête mais n'y parvenais pas.

     

    Jeudi 18 juin.

    La nuit pendant laquelle il faisait toujours jour était entrecoupée par l'intervention d'une infirmière qui me faisait prendre des médicaments à 2H, me posait une perf à 4H, me prenait ma température à 6H, me redonnait d'autres médicaments à 8H, une autre perf à 10H, etc... Le soleil avait fait une apparition à travers les stores de la chambre vers 3H du matin, me réveillant ou me sortant de mon état entre somnolence et vrai sommeil.

    Le médecin est passé une dernière fois mercredi en fin de matinée pour me donner les papiers de sortie et ceux à transmettre à mon généraliste ainsi qu'une ordonnance pour retirer mon traitement médicamenteux à la pharmacie de l'hôpital. J'en profitais pour aller refaire quelques provisions à la boutique, barres chocolatées, pour mon voyage.

    Le dernier repas, je l'ai pris dans la salle à manger de l'hôpital, comme la veille à midi : le menu fut assez « surprenant ». Pudding au sang de renne accompagné de petits légumes bouillis et de sa confiture d'airelles ! De quoi dégoûter n'importe qu'elle personne qui aurait le choix, mais là, je n'avais même plus la force et le courage de lutter et j'engloutis le tout sans grande conviction mais en me disant que ce n'était rien par rapport à tout ce que j'avais vécu jusque-là et par rapport à ce qui allait m'attendre dans les prochains jours.

     

    Le chauffeur de taxi se pointa à l'heure, 13H30, me prit tous mes bagages sauf mes bagages à main que je souhaitais porter moi-même, et il me conduit jusqu'à l'aéroport (ou -drome, selon l'idée qu'on se fait de la chose). J'étais bien en avance et je dus attendre 1H30 dans le hall d'abord désertique puis se remplissant peu à peu de mes futurs compagnons de voyage.

    L'enregistrement des bagages terminé, et sans facturation supplémentaire, ce qui m'a étonné, je me rendis en salle d'attente et embarquai dans un petit bimoteur à hélices où une cinquantaine d'autres passagers allaient voyager avec moi. Départ à 15H40.

    Une petite escale dans l'est de la Suède vers 17H00, puis l'atterrissage à Stockholm à 18H10 après un voyage moyennement confortable et assez bruyant (je n'ai pas pu mettre mon MP3 car je n'entendais pas la musique à cause du bruit des moteurs), il me restait alors une épreuve courte et intensive à passer.

    Récupérer mes bagages fut assez aisé, je les déposai difficilement sur un chariot puis pilotai mon « véhicule » du terminal 2 jusqu'au terminal 5, où j'arrivai une bonne trentaine de minutes après avoir slalomé parmi les autres voyageurs, empruntant divers ascenseurs, escalators ou autres longs couloirs. On me balada ensuite d'un guichet d'enregistrement à l'autre et après avoir été taxé de 1350KR (120€ environ) pour excédents de bagages, je pus rejoindre la salle d'embarquement. Là, ce n'était plus le même monde ! Des hommes d'affaires en costume-cravate, des femmes en tailleur, enfin, ça tranchait par rapport au grand barbu décharné en survêtement à la main bandée qui allait les côtoyer dans ce vol d'Air-France vers Paris CDG2. Par contre, dans l'avion c'était « royal », avec un plateau repas des plus garnis : serviette en tissu avec porte serviette, petits plats gastronomiques, boissons...

    Le voyage fut long et éprouvant car j'étais placé entre deux personnes et ne pouvais trop me mouvoir pour me dégourdir les jambes qui étaient ankylosées par le voyage, par la dernière semaine d'immobilisation à l'hôpital et aussi par l'altitude. Mon doigt aussi me faisait souffrir car il avait quand même subi pas mal de chocs avec tous mes transferts.

    L'arrivée à Paris vers 22H me soulagea et me donna une sensation bizarre : il commençait à faire nuit ce à quoi je m'étais progressivement déshabitué depuis plus d'un mois. Le soleil qui m'avait rendu visite ce matin en Suède à 3H était parti derrière un horizon que j'avais abandonné bien malgré moi.

    Un chauffeur de taxi-ambulance m'attendait après la récupération des bagages avec une petite pancarte où était mentionné mon nom. Nous avons pris la route vers mon domicile auquel j'arrivais peu avant 3H du matin, en pleine nuit noire (quel changement !). Nous avions bien voyagé en discutant pendant un bon moment pendant le trajet, ce qui l'a rendu moins long.

     

    Arrivé à la maison, je me couchai sans faire de bruit. Pascale s'était réveillée en entendant un peu de bruit. J'essayai de dormir, mais il s'était passé tellement d'événements depuis une semaine que je ne pus vraiment réussir à sombrer dans un sommeil profond. D'ailleurs, un véritable sommeil profond, je ne sais plus ce que c'est depuis plus de deux mois.

    Le matin, vers 8h, quand je me suis levé, Pascale et mon fils étaient déjà partis travailler, ma fille dormait encore et je me suis fait mon petit déjeuner en tâtonnant car ayant perdu mes habitudes d' »avant ».

    La journée ne me laissa pas beaucoup de temps pour me reposer car entre ma douche, l'intervention de l'infirmière, mes deux trajets à pied vers le cabinet médical, mes temps d'attente, mon passage à la pharmacie, le premier rangement d'une partie de mon matériel, le lavage et l'étendage de mon linge... et c'était déjà le soir où je revis avec une grande joie toute ma petite famille au complet.

    Mais pour l'émotion, je n'ai toujours pas « réalisé », sans doute, ce que je vis depuis une semaine et ce à côté de quoi je vais passer.

    J'ai « comaté » sur le canapé devant la télé, je n'avais pas envie d'aller sur le net ni de me tenir au courant de quoi que ce soit concernant la course que j'avais abandonnée pour ne pas me faire encore plus de mal.

    La nuit fut meilleure que la précédente, même si le sommeil fut en pointillés, et ce matin au réveil, je repris les bonnes habitudes d' »avant », sauf celle d'aller courir car je ne le peux pas encore avec mon doigt infecté et les séquelles de ma blessure à mon ischio jambier gauche qui est encore assez douloureux.

     

    Vendredi 19 juin, donc aujourd'hui.

    L'infirmière a changé mon pansement, m'a dit qu'on n'était pas prêt de retirer le « Stéristrip » qui maintien les plaies pour qu'elles cicatrisent et m'a donné rendez-vous pour un nouveau nettoyage demain. De ce côté-là, je ne suis pas encore tiré d'affaires.

    L'infirmière partait quand Nicole m'a appelé (cf la parenthèse de début de CR).

    Ensuite, je me suis lancé dans le rangement de mes affaires de course dans le placard qui leur est réservé.

     

    Et c'est après, jusqu'à maintenant, que j'ai écrit ce CR.

     

    à+Fab****

     

    Dimanche 21 juin, chez moi... Etats d'âme.

     

    Les 10 jours les plus longs de ma vie, sans doute les 10 jours les plus longs de beaucoup des finishers de la TransEurope 2009.

     

    J'aurais pu y être, j'aurais dû y être. À un doigt près...

    Je n'y ai pas été, je suis rentré chez moi avant la fin du grand voyage.

    Regrets éternels.

     

    À l'heure de l'arrivée des concurrents de cette TE-FR09 au Cap Nord, j'étais en train de déjeuner, essayant de ne pas penser à ce que j'ai raté. Je me suis concentré au maximum pour être avec ma famille autour de la table sur ma terrasse et non pas là-bas où je n'irai sans doute jamais.

    « Never say never » , «Ne jamais dire jamais » est pourtant une de mes devises. Un jour peut-être exorciserai-je cet acte manqué et retournerai-je « terminer le travail », je ne sais pas.

    Pourtant, mon esprit sans cesse repartait auprès de mes compagnons Français, Stéphane, Roger, Alain, Gérard et Christophe et aussi auprès de tous les autres coureurs et coureuses que j'ai côtoyés pendant 8 semaines, auprès des accompagnateurs (Nicole et Ian entre autres), ravitailleurs (Uli par exemple), organisateurs avec qui il s'était noué des liens d'amitié.

    Je les admire tous, ces finishers qui vont entrer dans le gotha des courses transcontinentales, chacun à leur niveau, depuis le supersonique Rainer jusqu'aux deux petits bouts de femmes japonaises qui pratiquement tous les jours ont clôturé les étapes.

    Moi aussi j'aurais tant voulu aller au bout, laisser ma trace dans le Grand Livre de ces épopées transcontinentales.

     

    10 jours tels que je les ai vécus, c'est horrible, physiquement en raison de mon opération et de ses suites et psychologiquement car de laisser partir le train sans y être est très difficile à accepter, mais quand je vois les conditions dans lesquelles les rescapés de la TE-FR09 ont couru les 10 dernières étapes, cela a dû être tout aussi horrible pour certains, voire pour une grande majorité.

    Sur les 54 premières étapes je peux considérer avoir eu une certaine chance au niveau des conditions météo, malgré quelques mauvaises journées soit trop chaudes, soit trop froides, soit venteuses, soit pluvieuses ou combinant plusieurs de ces facteurs. Plus on se rapprochait à la fois du Nord et de l'été, plus on pensait que le beau temps allait être de la partie, mais en fait, à partir de la 55ème étape, celle dont je n'ai pas pu prendre le départ en raison de mon opération du doigt, les conditions atmosphériques se sont avérées plus hivernales que celles espérées.

     

    à+Fab****

     

    Article de synthèse écrit en plusieurs fois entre le jeudi 18 et le lundi 22 juin, à mon domicile.

     

    TransEurope 2009 : Mission inachevée, interrompue, avortée, non accomplie... ce ne sont pas les adjectifs qui manquent pour qualifier cet échec.

     

    Ce que j'ai accompli du 19 avril au 11 juin 2009 va en faire rêver plus d'un, même moi dans quelques temps je n'en reviendrai sans doute pas de ces 3763 kilomètres parcourus de Bari (Italie), point de départ de l'aventure, à Gällivare (Suède), lieu « maudit » où elle s'est prématurément arrêtée après 54 des 64 jours prévus.

     

    Je suis passé par tous les stades de ce qu'un humain peut rencontrer en termes de sentiments, d'émotions et de ressentis physiques. En voici une liste sans ordre précis : plaisir, joie, bonheur, euphorie, bien être, découverte, modestie, retenue, ambition, orgueil, optimisme, espoir, anticipation, doute, douleur, blessure, pessimisme, désespoir, fatigue, interrogations, mal être, envie de combattre, envie d'arrêter, honte, ennui, déplaisir, manque de lucidité, peine, déprime ... Et j'en oublie des dizaines d'autres plus ou moins synonymes des précédents.

     

    Dans le milieu médical, il existe une échelle de 1 à 10 pour quantifier la douleur et le patient indique à quelle hauteur il l'a ressent. C'est assez subjectif comme détermination, mais seul le patient est en mesure d'effectuer les comparaisons, le corps médical ne sachant pas la mesurer de manière précise et certaine.

    En procédant de la même manière pour évaluer mon ressenti en course et hors course, je pense que sur l'échelle de la douleur je suis monté à 7 ou 8 pendant certaines étapes en Suède et qu'avec mon expérience je suis parvenu à la faire baisser à 5 ou 6 au bout d'un moment d'acceptation de cette douleur. Lors de l'après course, le soir et la nuit, je pense qu'il m'est arrivé de monter à 5 ou plus, mais là, je pouvais prendre un antidouleur du type Doliprane (1000) pour m'aider à dormir et aussi pour faire baisser la fièvre qui s'emparait souvent de mon organisme dans la nuit.

    Comparativement, mon doigt infecté, le majeur de la main droite, m'a fait monter presque jusqu'à 10 sur cette échelle de douleur, ceci avant mon hospitalisation. Deux jours après l'opération, la douleur pouvait monter à nouveau à plus de 8 ce qui m'obligeait à demander des cachets d'antidouleur (morphine) afin de pouvoir la supporter.

     

    Les douleurs dont je souffrais pendant la course étaient de deux sortes : la première, liée à l'accumulation des kilomètres, concernait les tendons, la seconde, liée à ma morphologie et à ma posture en course, provenait d'un déplacement du bassin.

    Le premier type de douleur débuta par une légère inflammation d'un releveur accompagnée d'un gonflement de la cheville, mais, traités à temps et nécessitant quelques jours de réduction d'allure, ces deux points sensibles furent assez rapidement domptés malgré leur présence quasi permanente (légère douleur et gêne lors de la phase de propulsion). Cette première inflammation a son origine à deux niveaux : l'état de la route et l'état des chaussures.

    Les routes en Suède, mais aussi en Italie, en Allemagne et en Autriche, ne sont pas forcément de belles bandes de roulement lisses et sans dévers. Mais, lors des trois premiers pays traversés, le revêtement variait souvent, même si la fameuse et interminable SS16 italienne nous a fait avaler des centaines de kilomètres sur le même type de bitume et que quelques morceaux d'étapes se sont aussi courus sur des trottoirs de stations balnéaires.

    Au nord de l'Italie et jusqu'au nord de l'Allemagne, nous avons couru plus fréquemment sur des pistes cyclables et sur des chemins plus ou moins bien entretenus. Cela avait le mérite de faire varier les appuis, malgré l'inconfort certain de devoir emprunter des routes à gravillons pendant de très longues heures et d'être assez fréquemment obligés de s'arrêter pour vider les chaussures de ces intrus. Les bobos les plus fréquents étaient donc des échauffements et des ampoules aux pieds, mais rien de grave si c'était soigné comme il faut et à temps.

    Les routes suédoises n'ont pas présenté la même variété. Seule la première étape, qui nous a fait traverser Göteborg puis emprunter une piste cyclable bitumée avant de terminer sur un chemin de terre et de graviers, a évité la route. En revanche, comme il a plu toute la journée, beaucoup d'organismes avaient souffert. De quoi prédisposer les muscles et les tendons à de nouvelles atteintes sur le revêtement que nous allions devoir supporter plus de 1500 km. Des routes avec un dévers droit, tandis qu'on cheminait pourtant sur la gauche de la chaussée, ont provoqué chez un grand nombre de coureurs des tendinites à différents endroits. En ce qui me concerne, celle à l'ischio jambier gauche allait me pourrir la vie quelques jours, me contraignant à ralentir, ce que je mis du temps à accepter, et à terminer loin des temps que j'avais prévus. Seul point « positif », la réduction puis la disparition progressive de mes douleurs au releveur du pied droit.

    Il était très difficile de trouver une partie de route convenable pour courir et changer un peu le dévers. Il s'avérait dangereux de courir sur le côté droit de la route, il était tout aussi risqué de courir vers le milieu de la chaussée ou même là où l'usure du bitume lui donnait un dévers gauche.

    Nos routes françaises sont bombées et quand nous courons à gauche il n'y a pas de soucis car c'est le même dévers qu'à l'entraînement, pour peu que l'on s'entraîne sur la route. C'est ce qui pose problème à de nombreux coureurs de marathon ou de cent kilomètres qui s'entraînent sur la gauche de la chaussée face au danger en semaine (pour respecter le code de la route français) et qui doivent courir sur la droite lors des compétitions (pour respecter le code de la route « en course hors stade sur les routes non fermées à la circulation »).

    L'état des routes n'est pas seul à l'origine de mes tendinites, il faut que j'admette que je n'avais pas prévu de chaussures en assez grand nombre et en assez bon état. Pourtant, financièrement j'avais mis le paquet, partant avec 8 paires relativement peu utilisées, mais ce ne fut pas suffisant. Certaines paires n'étaient pas adaptées aux longues étapes et je les avais justement réservées pour les courtes chevauchées, mais arrivé en Suède, ces paires avaient déjà atteint un état d'usure de la semelle et de l'amorti tels qu'elles se sont avérées inaptes à assurer une étape même courte sans risquer de me donner des soucis tendineux. Mais dans mon stock, certaines autres étaient prévues pour les étapes longues (plus de 80km) et je ne souhaitais pas commencer à les sur-utiliser au risque de les user, elles aussi, prématurément. Deux paires devaient être utilisées mais je n'ai pu en mettre qu'une en Italie à trois reprises sur des étapes courtes : ces paires ne faisaient qu'une demie pointure de plus que ma taille habituelle (au lieu d'une pointure de plus pour les autres) et quand j'ai souhaité les remettre, mes pieds (surtout le droit) avaient un peu gonflé. Donc pour ne pas risquer quoique ce soit, je ne les ai pas mises par la suite. J'ai usé au fur et à mesure mes autres chaussures jusqu'à ne plus avoir que des runnings ayant fait plus de 1000km chacune, sauf deux paires à 875 km « seulement » (et il restait 700km à faire à ce moment). J'ai essayé d'en acheter d'autres, mais je n'ai pas trouvé de magasin en vendant et celui qui aurait pu me dépanner « s'arrêtait » à la taille 46 ½. Quand je voyais les autres coureurs « jeter gras », c'est à dire mettre à la poubelle leurs runnings paraissant presque neuves, je me disais qu'ils avaient les moyens. Si j'avais su, je serais parti avec 10 paires neuves, mais cela aurait fait un sacré trou dans mon budget. Mais c'est à retenir pour une prochaine aventure de ce genre s'il y en a une.

    D'un autre point de vue, la question des chaussures « manquant d'amorti » est un faux problème car il y a plusieurs années la technologie n'était pas aussi développée en terme de chaussures de course à pied et les coureurs se satisfaisaient quand même du matériel mis à leur disposition et faisaient des courses d'ultra sans plus de soucis physiques que de nos jours. Devient-on plus « douillets » ou sensibles au mal au fil des évolutions technologiques ?

     

    La seconde source de douleur pendant la course est venue de mon bassin. C'est un mal récurrent que je traîne depuis plusieurs années lié à un déplacement du bassin qui provoque un déséquilibre de tout l'ensemble locomoteur et irradie les douleurs dans les zones situées à proximité : adducteur, quadriceps, pubis, hanche... Ce sont les symptômes faisant penser à une pubalgie. Je ne suis pas médecin, mais je commence à les connaître ces douleurs.

    L'origine de ce nouveau déplacement du bassin est, à mon avis, à placer lors des deux jours où nous avons changé de pays, entre l'Allemagne et la Suède. Après l'arrivée à Kiel, j'ai dû transporter mon sac, que j'avais bien chargé avec entre-autres l'ordinateur, et je n'ai pas été très lucide en le portant et j'ai dû faire bouger mon bassin lors de l'une des nombreuses fois où j'ai dû replacer mon sac sur mon épaule d'un coup de hanche, comme on le fait tous quand on porte un sac en bandoulière.

    Je ne m'en suis pas aperçu tout de suite mais au bout de quelques jours quand la gêne est devenue de plus en plus présente et qu'elle a progressivement tourné à la douleur. En course, cette douleur je l'évalue à 5 environ, mais à chaque foulée, ce qui à la fin de la journée indique ce que j'ai enduré.

    Le plus difficile était de repartir suite à un arrêt, les premières minutes étaient très pénibles (douleur 8) et diminuaient jusqu'à quelque chose d'acceptable.

     

    Les douleurs font partie de la course. Savoir les apprivoiser, les contrôler, les diminuer, c'est tout un travail et jusqu'à présent, j'avais de manière générale bien réussi à le faire.

     

    Il est des maux qui par contre peuvent survenir sans rapport avec ces douleurs, ni même sans rapport direct avec la course.

    Il y a eu un mauvais concours de circonstances qui a fait se cumuler les douleurs musculaires et tendineuses avec un mal plus profond : le manque d'énergie. Il est très difficile de lutter contre la fatigue généralisée, quand le corps ne peut plus avancer comme avant, quand chaque pas se fait plus court, plus lent et tout aussi douloureux qu'avant.

    L'origine de ce coup de fatigue, qui s'est d'abord traduit concrètement par un nombre incalculable d'arrêts pendant la course pour aller à la selle puis par une impression d'être complètement dénué d'énergie, tiendrait dans le fait que le sang irait en priorité alimenter les muscles sollicités en permanence pendant la course au détriment de l'estomac qui donc n'effectuerait plus correctement ni totalement son travail et renverrait les aliments dans les intestins sans les avoir digérés intégralement. Là non plus je ne suis pas médecin et ne peux donc pas avoir de certitudes sur ce que j'avance.

    Mes défenses immunitaires ont sans doute été très affectées par la course, sa durée, sa difficulté, ses trop courtes heures de récupération et de régénération auxquelles on pourrait aussi ajouter les différentes formes d'alimentation proposées.

    Et c'est là, à mon avis, mais je ne suis pas le seul à le penser, que le bas blesse : après les arrivées d'étapes, il n'y avait pratiquement jamais rien à manger. Parfois une ville-étape nous offrait des gâteaux ou des sandwiches, mais c'était rare et la plupart du temps nous étions obligés d'aller faire des courses nous-mêmes ou de nous organiser comme nous avons essayé de le faire avec les autres Français.

    Donc, plus d'une étape sur deux m'a vu ne pas m'alimenter assez dans les deux heures suivant mon arrivée, sans parler de la difficulté à trouver de l'eau plate que j'étais obligé d'aller acheter moi-même si je ne voulais pas boire celle, risquée, des robinets où l'on ne sait pas qui est venu faire quoi juste avant. Parfois, le magasin le plus proche m'interdisait tout déplacement car situé à plusieurs kilomètres du lieu d'hébergement.

    Une sous-alimentation suivie de repas parfois à la limite aux niveaux quantité et qualité, il n'en faut sans doute pas plus pour entamer un organisme déjà un peu atteint par la fatigue, en considérant une incomplète hydratation.

    Les postes de ravitaillement étaient bien garnis, mais au bout d'un certain temps on aurait aimé un peu de variété. Manger de la « cochonaille » ça ne me plaît pas beaucoup en course, surtout si c'est des tranches de cervelas, mortadelle ou autres saucisses de viande dans le genre; manger du fromage, c'est bien, mais quand c'est sur du pain de seigle ou d'autres céréales que nos organismes ne sont pas habitués à digérer, c'est plus difficile à assimiler; manger des gâteaux, c'est agréable quand c'est varié : gaufrettes, chocos fourrés, génoise, bretzels, gâteaux à apéritif salés... mais au fil des heures on aspire à trouver autre chose; les barres de céréales ou du type Snickers, Mars ou Bounty étaient trop peu fréquentes alors que ce genre de produit passe mieux au bout de plusieurs heures de course. Du coup, dès que je le pouvais, j'allais m'en acheter afin d'être autonome à ce niveau, ce qui n'est plus « normal » si l'on considère le slogan du départ : « Le coureur n'aura qu'à courir, manger et dormir ».

     

    Quand le mental tient, à l'image de la charpente d'un bâtiment, l'édifice ne peut pas s'écrouler, mais quand il est petit à petit attaqué par une accumulation de détails insignifiants sur le moment, il suffit d'un jour de tempête pour le voir s'effondrer.

     

    J'ai réussi à éviter l'effondrement, je suis revenu de mon passage à vide, cela m'a pris une grosse semaine, et au moment où tout semblait revenir « à la normale », je n'ai pas résisté à une ultime attaque de mon organisme, sournoise car pénétrant par une toute petite coupure située à la base de l'ongle, là où il y a des petites peaux qui font mal quand on les écorche, et j'ai dû arrêter net mon rêve.

     

    C'est ce qui m'amène au sujet concernant l'hygiène. Les conditions de propreté n'ont pas toujours été optimales selon les différents endroits où nous étions hébergés.

    Les salles, halls ou gymnases nous abritant n'étaient pas systématiquement propres, les places les meilleures ayant déjà été prises d'office par les bénévoles et les coureurs ou groupes de coureurs accompagnés, pour les autres il ne restait que les coins et recoins parfois à peine dignes d'héberger des êtres humains. J'écris ça maintenant comme si j'avais des comptes à régler avec qui que ce soit, mais loin de moi l'idée de le faire, même si cela m'a rappelé étrangement la dernière Transe Gaule. Donc une fois l'étape terminée, non alimenté et mal hydraté pour les raisons invoquées précédemment, il fallait se trouver un petit endroit où s'installer. Stéphane m'a souvent placé à côté de lui et m'a donc évité de me retrouver « au placard » ou dans un bout de couloir. La course à la douche commençait; on a rarement eu des douches froides, c'est un point positif, mais le niveau de propreté général des sanitaires après le passage d'une centaine de personnes devenait très très limite. Le nombre de WC mis à notre disposition était totalement ridicule : parfois, un seul WC pour les hommes et autant pour les femmes ! Imaginez le matin de 4 heures à 6 heures, les files d'attente. Chacun voulant se soulager avant l'étape, mais aussi remplir ses bidons d'eau, se laver les dents ... C'est à se demander comment font les sportifs utilisant ces salles, que ce soit d'ailleurs en Italie, en Allemagne ou en Suède.

    Donc, les conditions sanitaires n'étant pas respectées, il fallait faire attention à tout ce que l'on touchait et bien se laver les mains. Facile à dire et à faire quand tout va bien, quand la forme est là accompagnée de toute sa lucidité, mais il dut y avoir des fois où l'on a pris quelques risques et peut-être d'une certaine manière ai-je contracté mon infection suite à une série de négligences de ma part concernant l'hygiène de mes mains. J'écris ça sans savoir si je serais passé à côté de cette inflammation si j'avais respecté les règles de base de propreté lors des dernières 72 heures précédant mon atteinte au doigt.

     

    Ce sont des pistes à travailler en vue d'une prochaine aventure de ce genre et je vais tenter d'en faire un récapitulatif :

    • Renforcer les défenses immunitaires avant, pendant et après l'épreuve : Comment ? Existe-t-il un traitement de fond ? Si oui, lequel ? La prise de Pénicilline (ou autre) pendant la course est-elle recommandée, souhaitable, inutile, dangereuse ?

    • Prévoir des savons antiseptiques, des affaires de toilette à renouveler fréquemment (jetables), insister sur le nettoyage systématique des parties du corps en contact avec les zones à fort risque de contamination (mains, pieds, bouche).

    • Envisager de changer de chaussures tous les 500 à 750 km, même si cela s'apparente à du gaspillage, car si l'on compte les kilomètres effectués à l'entraînement pour les faire à ses pieds (une centaine environ), ça fait une paire par semaine au moins.

    • Se prévoir des repas en autonomie puisqu'une partie (collation à l'arrivée des étapes, rationnement au petit déjeuner et au dîner) n'est semble-t-il pas assurée par l'organisation, ce qui en plus des 6000€ d'inscription commence à faire sérieusement augmenter le budget.

    • L'idéal serait d'être accompagné par un véhicule d'assistance, comme plusieurs coureurs sur la course, mais là, ce n'est plus de l'amateurisme pur. Mais comme le but ultime est d'arriver au bout de la course, pourquoi ne pas mettre toutes les chances de son côté de cette manière.

    • Au niveau des bagages, trouver un compromis entre volume et commodité : la valise à roulettes était parfaite, mais très lourde à transporter dès qu'il y avait des étages à monter ou à descendre, ou des trajets entre les camions et les hébergements sur des sentiers pleins de graviers. Mon sac à chaussures était bien assez grand et j'ai réussi à y mettre mes affaires assez facilement et surtout à les y retrouver. J'ai dû quand même faire un troisième sac, volumineux mais pas très lourd, contenant ma tente (utilisée une seule fois), mon matelas gonflable (un peu étroit et trop peu épais à la longue), mon sac de couchage (avec drap et oreiller gonflable), et parfois mes affaires de douche et de rechange pour l'après étape.

    • Utiliser les choses ingénieuses vues chez les autres coureurs : l'étendoir à linge de Markus, les arceaux des tentes de camping des japonais, le petit siège pliant de Russel ou de Gérard.

    • Emporter plus de crèmes protectrices style Nok pour les pieds ou vaseline pour le short et les aisselles et gels et tissus anti-inflammatoires (Voltarène) afin de ne pas être obligé d'en rechercher le jour où il n'y en a plus.

     

     

    Concernant les différentes tenues, j'en avais emporté de trop, comme toujours, mais j'avais pris l'essentiel au niveau textile. Seuls un nouveau bonnet et une paire de gants plus épais m'ont fait défaut ce que j'ai corrigé en en achetant à la fin d'une étape dans un magasin de sport.

    La météo de la première partie (Italie, Autriche, Allemagne) fut correcte pour ce genre de course. Peu de grosses variations thermiques, parfois du temps frais le matin et en montagne, parfois des fortes chaleurs l'après-midi avec un vent plus ou moins fort, peu de pluie.

    En Suède, on a connu une grande variété de conditions climatiques allant de la journée entièrement pluvieuse à la journée ensoleillée et chaude quand il n'y avait pas d'ombre. Des étapes plus au nord ont nécessité le port du coupe-vent et même du poncho. Des températures proches de 0° au départ avec une « montée » jusqu'à 12° dans l'après-midi n'encouragent pas à se découvrir.

    A revoir, le port du camel bag, celui d'un sac banane, celui d'un bidon à la main ou à la ceinture...

    A envisager l'achat d'un I-Pod « facile d'utilisation » et plus de 1000 heures de musique, d'un téléphone-appareil photos-ordinateur tout-en-un » avec le forfait et la connectique adaptés.

     

    à+Fab****

     

    Quelques chiffres :

     

    3764,8 km en 448h11'12''

     

    (54 étapes sur 64) (3764,8 km / 4487,7 km)

     

    Manquent :

    10 étapes, 722,9 km.

     

     


    votre commentaire