• Imaginez ... 54 jours....

    19 avril 2009 - 11 juin 2009

    Imaginez 54 jours pendant lesquels quotidiennement vous avez à parcourir en moyenne 70km en courant sur des routes sur lesquelles au fil du temps vous vous êtes usés tant physiquement - on le serait à moins - que mentalement, sur des routes qui se sont peu à peu désertifiées depuis les voies à (trop) grande circulation italiennes jusqu'aux longues et interminables routes traversant des régions "vides d'hommes" en Suède, en passant par la montagneuse Autriche et la buccolique Allemagne rurale, sur des routes où la cible à atteindre n'était pas systématiquement un lieu de repos optimal pour se préparer aux efforts du jour suivant, sur des routes qui ont progressivement raboté vos chaussures et élimé vos tenues, sur des routes où le soleil a alterné avec la pluie et le vent, où le printemps qui avait entrepris de faire la course avec vous s'est peu à peu essoufflé pour laisser la place à ce qui ressemble à l'hiver - au mois de juin, c'est peu banal dans notre hémisphère nord - que vous avez rattrapé un peu trop rapidement malgré vos moyennes qui chutaient de jour en jour...
    Au 55ème jour, le vendredi 12 juin 2009, vous vous retrouvez à l'hôpital opéré en urgence. Votre course s'arrête après 3764,8km et 448h11'12.

    12 juin 2009 - 4 août 2009

    Imaginez 54 jours dont le premier s'est passé dans un hôpital suédois, 54 jours pendant lesquels vous n'avez pas pu déguster un seul instant de ce festin inachevé, 54 jours à passer de cabinets médicaux en cabinets de soins infirmiers, de laboratoires d'analyses en centre de radiologie ou autres cabinets de kiné ou ostéo, 54 jours au bout desquels vous avez espéré reprendre la course comme "avant", c'est à dire sans douleurs et à l'allure à laquelle vous couriez avant la TransEurope...

    Au 55ème jour, aujourd'hui mercredi 5 août 2009, vous allez passer une visite à la Clinique de la Main en ayant très peur de ce qu'on va peut-être vous annoncer... Votre reprise va peut-être s'arrêter après 284,6km et 34h09' .

    à+Fab****

    De retour de la Clinique de la Main.

    ALGODYSTROPHIE ! Voilà l'évolution de ma blessure. Plus de renseignements ici . Mais en quelques lignes ça donne ça (j'ai copié-collé) :

     

    L’algodystrophie (ou syndrome douloureux régional complexe de type 1, SDRC 1) est une complication imprévisible qui peut survenir après n’importe quel traumatisme de la main ou du poignet, même mineur, et après n'importe quelle intervention chirurgicale sur la main, même mineure. 

    Sa fréquence de survenue après une intervention chirurgicale, mal connue, est très variable ; ainsi, après une intervention pour maladie de Dupuytren, elle est estimée à 10% des cas chez l’homme, et 30% des cas chez la femme.

    On sait que l’algodystrophie fait intervenir le système nerveux sympathique, mais en fait, on ignore sa cause, ce qui explique que son traitement n’est pas encore strictement codifié.

    LES SIGNES de l’algodystrophie de la main sont appréciés par rapport à la main saine. Ils évoluent dans le temps. Ils associent d’une façon inconstante et variable :

    1. Une douleur, qui débute souvent de façon brutale après un intervalle libre de quelques jours à quelques semaines après l’intervention. Cette douleur est diffuse, dans un territoire qui n’est pas celui des nerfs sensitifs. Elle est profonde, et touche les articulations des doigts. Elle est souvent à type de brûlures ou de décharges électriques, et elle augmente à la moindre stimulation, au chaud ou au froid, aux émotions, aux mouvements. Certains cas d’algodystrophie sont cependant indolores.

    2. Une impotence fonctionnelle de la main, avec une réduction de la mobilité articulaire, qui est due à la douleur au début, mais qui comporte secondairement un risque d’enraidissement articulaire.

    3. Des modifications de la peau et des tissus mous, avec

     

    Un œdème de la main, qui gonfle

     

    Des troubles de la coloration de la peau, qui peut être rouge, ou pâle ou légèrement bleutée

     

    Des troubles de la température de la peau, avec une main chaude ou froide

     

    Des troubles de la sudation, à type d’excès de transpiration (hyperidrose) puis de sécheresse de la peau (anidrose)

     

    Des troubles trophiques de la peau (atrophie cutanée ou graisseuse), des ongles, des poils (hypertrichose au début, puis disparition des poils).

    La radiographie de la main peut montrer des signes d’ostéoporose et de déminéralisation des os de la main. En fait, elle est inutile au diagnostic précoce, car ces signes sont inconstants et, lorsqu’ils existent, ils n’apparaissent que de façon tardive.

    La scintigraphie osseuse de la main  est l’examen complémentaire le plus utile pour confirmer précocement le diagnostic d’algodystrophie. Cet examen consiste à injecter dans une veine du pli du coude un produit radioactif (contenant du technétium) qui se fixe sur les os. Les mains sont alors photographiées par une gamma-caméra spéciale, en 3 temps : d’abord au moment de l’injection (pour étudier la vascularisation), puis dans les minutes qui suivent (pour étudier les tissus mous), puis quelques heures après (pour étudier les os). En cas d’algodystrophie, la main atteinte fixe plus de produit radioactif que la main saine.

    LE TRAITEMENT de l’algodystrophie semble d’autant plus efficace qu’il est entrepris précocement. Il n’est pas strictement codifié, et peut faire appel aux médicaments et aux techniques de la rééducation.

    1. Parmi les médicaments habituellement utilisables, il faut citer :

     

    Antalgiques

     

    Anxiolytiques

     

    Antidépresseurs

     

    Corticoïdes

     

    Alpha-bloquants (guanéthidine, utilisée selon la technique du bloc régional intraveineux)

     

    Vasodilatateurs (buflomedil, utilisé selon la technique du bloc régional intraveineux)

     

    Béta-bloquants

     

    Biphosphonates

     

    NB. la Calcitonine injectable n'a plus d'AMM dans cette indication

    2. La rééducation a pour but d’éviter les enraidissements articulaires. Le principe de base est d’entretenir la mobilité des articulations sans entraîner de douleurs ni augmenter celle qui existe. De nombreux moyens sont utilisables pour cela :

     

    Bains alternés ou « écossais » (chaud et froid)

     

    Thermothérapie par le chaud (infrarouges, paraffine) et le froid (eau glacée)

     

    Électrothérapie (basses fréquences, ionisations)

     

    Pressothérapie

     

    Massages et mobilisations articulaires douces

     

    Ergothérapie

     

    Orthèses de repos et orthèses dynamiques

     

    Mise en charge active progressive du membre supérieur (brossage, port de charges)

    L‘ÉVOLUTION  de la maladie dure plusieurs mois. 

    Dans 60 à 75% des cas elle peut disparaître sans séquelles en 6 à 12 mois. 

     Dans 25 à 40% des cas, elle peut durer plus longtemps (jusqu’à 2 ans), et laisser des séquelles définitives à type de raideurs articulaires, de perte de force, et/ou de douleurs.

     

    En fait, 54 jours, ce n'est pas grand chose quand on voit le long chemin qu'il me reste à parcourir pour une totale (mais hypothétique) guérison. Du moment que ça ne m'empêche pas de courir et de participer aux compétitions d'ultra que je préfère ! Mon planning "médical" se remplit :

    Scintigraphie (18/08)

    Séances de rééducation par un kiné (août + septembre)

    Consultation chez l'algologue (08/09)

    Nouvelle consultation à la Clinique de la main (08/09)

     

    Il va falloir réussir à caser des entraînements là dedans ! Mais j'y arriverai ...

    à+Fab****

     

     

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