• Gestion mentale de la TG

    Le paradoxe sur la TG, c'est que les premières étapes sont toujours plus difficiles que les suivantes, sauf en cas de blessure bien évidemment.
    Deux raisons à cela :
    1/ le temps à l'organisme de s'habituer à l'enchaînement des kilomètres, aux premières douleurs, le temps de trouver son propre rythme pour chaque journée, le temps de rôder ses rituels (réveil/préparation/course/douche/alimentation/lavage du linge/récupération/compte rendu à écrire/sommeil...), le temps de ne prendre que le matériel et le ravitaillement nécessaires ... le temps de trouver sa place dans la hiérarchie du peloton (il ne faut pas croire qu'on ne regarde pas le classement et qu'on n'en a rien à faire, même si l'objectif est d'aller à Gruissan, cela ajoute un peu de fatigue mentale à la fatigue physique);
    2/ la configuration des 5 premières étapes : 62km(+ les 6 du prologue)/64km/75km/67km/70km (dont la moyenne est supérieure à celle de l'ensemble de la course 338/5=67,6km) avec du dénivelé qui ne permet pas toujours d'être bien lucide et toujours bien à l'aise.

    Mentalement, je me suis découpé la course en trois parties. Les 5 premières étapes en constituent la 1ère.

    Une fois "admis" en deuxième semaine (la seconde partie), il faut gérer, mais ça se passe mieux car il y a de courtes étapes qui arrivent. 53, 58 et 63km pour un début de semaine, ça va, on peut avoir un jour sans, il n'aura pas de grosses conséquences. On est sur un parcours plus plat, malgré la monotonie de la D14 et le relatif manque d'ombre, puis c'est l'attaque du Limousin (69 et 62km) où l'esprit se libère car on se retrouve sur des routes moins fréquentées donc moins stressantes. Les paysages sont beaux, il y a de l'ombre, de la verdure ...
    Reste le week-end : l'attaque du Massif Central. Une courte étape suivie d'une longue (49 + 75km) C'est là où se joue la suite de la TG.
    Option galère ou option plaisir ? Cela va dépendre de la digestion de l'étape du dimanche longue de 75km.

    Parce que la suite (la 3ème partie) va en descendant (pour les 4 étapes suivantes, au niveau des km je précise) : 64, 61, 56 et 54km, ce qui permet, dans les meilleures conditions de gagner chaque jour quelques précieuses minutes de récupération et de profiter au maximum de l'ambiance de la course et de celle des villages étapes. Des amitiés se sont liées, tout le monde se connait et déjà une certaine euphorie commence à contaminer tout le peloton ainsi que les accompagnateurs : ça sent l'écurie  :-)

    L'avant-dernière, l'étape aux 4 cols est magnifique, mais ses 70km n'en font pas une partie de plaisir pour autant. Mais une fois au bout, on sait que le lendemain ça sera l'apothéose.

    La dernière étape est très difficile mentalement car on sait que la fête va se terminer ce soir et qu'il va falloir retourner au train-train quotidien. Pourtant, elle démarre de la plus belle des manières, de nuit avec un départ aux alentours de 5h du matin (selon les années et les différents groupes de niveaux constitués). Une longue montée nocturne vers le Col de Sainte Colombe où je jour se lèvera puis la longue descente vers la mer avec un panorama gigantesque feront apprécier les premières heures de ce qui deviendra peu à peu une étape difficile : le Canal du Midi, certes très joli, est pénible car le revêtement et les longues lignes droites ne permettent pas à l'esprit et au corps de se reposer et quand on sait qu'arrivé à Narbonne on va passer une demie heure de galère. Les ravitaillements ne sont plus assurés de la même manière qu'au cours des étapes précédentes, alors il faut anticiper sur le fait qu'il puisse ne plus rien y avoir et donc ne pas hésiter à s'arrêter dans des commerces pour refaire le plein. Déjà, ne pas se perdre est une gageure malgré le flèchage, mais l'environnement urbain de ce dernier week-end de vacances rend la tension des uns et des autres extrèmement forte, qu'il s'agisse des coureurs ou des habitants du coin. Les routes ne sont pas faciles car les accès aux plages empruntent leur itinéraire et il n'y a personne de plus pressé qu'un vacancier, alors, pensez si les coureurs à pieds seront respectés !

    Quand enfin on arrive aux abords de Gruissan, qu'on aperçoit longtemps à l'avance, la fatigue et le stress ont bien entamé les réserves d'énergie et on a hâte d'arriver. Sur la piste cyclable lors des deux derniers km on revit sa Transe Gaule, on revit sa vie, l'émotion atteint son paroxysme, et les 150 derniers mètres sur la plage resteront gravés à vie dans la mémoire de chaque arrivant. Cris de joie, pleurs, embrassades, congratulations diverses, courses effrénées vers la mer qu'on a tant et tant de fois rêvé d'atteindre, baignade ... chacun va extérioriser à sa façon ces heures et ces heures passées sur la route, sur les routes de la France, à essayer de conquérir son étoile.

    Malgré toutes les souffrances, oubliées dans cet état d'euphorie, certains se projettent déjà vers la future édition, en se faisant la promesse d'être à nouveau au départ. D'autres ont tellement donné à tous les niveaux (physique, psychologique...) qu'ils se jurent qu'ils ne reviendront plus jamais.

    à+Fab****

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