• Etape1

    L'étape était scindée en 2 parties car la portion de voie qui relie l'île au continent est interdite aux piétons. 
    On a rejoint le départ après avoir marché 2km puis pris le train (1h) puis le car (45') puis on a marché dans le sable des dunes pour aller au bord de la mer d'où était donné le départ.
    Vent de face et pluie au menu mais de somptueux paysages parfois "lunaires" et des voies cyclables une fois la portion de plage et de dunes passée " façon Cléder".
    Le groupe d'environ 65 coureurs s'est étiré tranquillement sur ce ruban rugueux et sinueux slalomant entre des dunes d'herbe parfois fleuries parfois sablonneuses. J'ai trouvé mon rythme (9km/h pauses comprises) mais je ne l'ai tenu que 3h car après on avait une longue partie en aller-retour pour atteindre le bout de l'île et en revenir. Là ça a commencé à être longuet et donc pénible. 
    L'arrêt pour prendre le train et se ravitailler était donc le bienvenu.
    Mais il fallait attendre près de 2h le train pour repasser sur le continent en se gelant car dans les aubettes de train on était certes à l'abri du vent et de la pluie mais comme on était trempés... J'ai essoré mes chaussettes et mes semelles tant elles étaient mouillées.
    Une fois le train pris et descendus sur le quai nous nous sommes regroupés pour un restant d'étape de 26km au lieu des 38 prévus (pour permettre aux plus lents de ne pas arriver trop tard).
    Pour ma part, j'ai été "bien" pendant 12 km mais la fin a été difficile : plus de jambes, plus e vitesse. Donc j'ai souvent alterné course et marche. Le cœur m'a laissé tranquille.
    Demain on a 86km à faire. Départs à 5h pour les 15 derniers environ et à 6h pour les autres (dont je fais partie). Arrivée prévue vers 17h si je suis comme aujourd'hui voire plus tard.
    Les 4 copains sont devant moi, pas loin mais devant quand même. Je n'ai pas le niveau pour m'accrocher à eux.
    A demain pour de nouvelles aventures.

    Etapes 2 et 3

    3 étapes de courues : 60 + 86 + 77. Ça pique ! Je n'avais plus l'habitude de me traîner sur les étapes en plus de 10h voire comme hier en presque 12h.
    Pas d'essence dans le moteur encore en rodage, pas de jambes après une quarantaine de km. C'est long et en plus ça fait mal (quadriceps douloureux, des ampoules sous les pieds...).
    J'étais loin de m'imaginer vivre ces moments-là même si je savais que les étapes seraient très longues. 
    Donc le soir très peu de temps pour faire autre chose que de préparer la journée suivante.
    Pas d'accès au classement mais ce n'est pas gênant.
    Il faut que je passe le cap des 5 prochaines journées entre 70 et 90km et ensuite 2 jours de semi repos (60km).
    Je vous laisse ma pizza vient d'arriver.

    Etape 4

    Bon, on est au resto avec le 2e groupe. J'ai couru moins vite en moyenne qu'hier mais mentalement ce fut mieux
    On a traversé Hambourg en près de 3h avec une grosse trentaine voire plus de feux à passer tout en respectant la bonne couleur du feu. Du coup ça s'est transformé en méga safari-photo. 
    Mes ampoules m'ont gêné mais comme en courant ça faisait moins mal qu'en marchant ... alors j'ai couru et en plus tout seul car les compères allemands prennent trop de temps aux ravitos.
    Ce soir l'orage gronde. On a eu du beau temps mais les pistes cyclables sont souvent ombragées. 
    Hambourg est très "variée" : on a tout vu tout couru. Et notamment le tunnel sous l'Elbe après celui d'hier (sous le canal de l'Ost-see).
    Déjà quelques dégâts dans le peloton : certains vont apprendre le mot "releveur"en allemand.
    J'ai mis 11h40 pour 81km++ avec 79 d'annoncés. C'est certain que le mesurage n'a pas dû être facile à Hambourg surtout avec les longs escaliers qui menaient au tunnel.
    Demain les "vrais" horaires de départ vont être mis en place : Bob et Jean-Louis Vidal partent à 7h et Lionel, Crocsman et moi à 6h.
    Pluie annoncée suite à l'orage de ce soir.
    A demain j'espère... avoir le temps de faire un petit CR.

    Etape 5

    Etape annoncée à 70.7km mais avec la "TVA" ce fut encore une fois plus long (72 presque).
    3 heures de course à 8km/h avec un peu de musique pour me changer les idées. Il s'est mis alors à pleuvoir donc j'ai enfilé le poncho. Les chaussures bien trempées, mes ampoules sous les pieds me faisaient mal à chaque foulée et je ne pouvais pas marcher car cela était encore plus douloureux. J'ai, ainsi, engrangé les km. Bon, ce n'est pas une grosse récolte mais à 7,5/8 km/h on avance - certes lentement.
    Les coureurs partis à 7h m'ont dépassé, Jean-Louis Vidal en 1er (il gagnera l'étape), certains ont fait des erreurs de parcours, le fléchage au sol à la bombe n'étant pas très visible une fois dilué. Parfois des passages douteux nous furent proposés (dans un village où ça ne servait à rien de nous faire monter dans une impasse puis de nous faire rejoindre la route principale d'où nous venions; et d'autres bizarreries d'itinéraire).
    Je finis avec Jean-Louis "Crocsman" en 9h38' environ soit une petite moyenne de 7,3 environ. La fin fut difficile mes pieds me faisant encore plus mal.
    Heureusement que Stéphanie m'a aidé à soigner ces petits bobos.
    Demain : 78 sans TVA j'espère.
    Le moral est solide.
    À bientôt.

    Etape 6

    Etape très très difficile pour moi : 79km en 11h58' environ. Mal à chaque foulée sous les pieds à cause des ampoules.
    Je viens de me les faire refaire soigner car l'une d'entre-elles s'est mise à saigner. Demain je vais encore jouer à l'apprenti fakir qui marche pendant 90km sur des braises ou des clous.
    Fab, t'as voulu (re)voir l'Allemagne, tu es servi. Ça commence à se dégarnir dans les troupes.
    Demain, je n'arriverai pas avant 19h ou même 20h. Ça va être long et chaud et vallonné.
    à+

    Etape 7

    L'ampoule sous le pied gauche a ressaigné. L'infirmier m'a soigné et donné des bandes pour demain.
    Etape longue avec de la pluie après quelques km pendant plusieurs heures. Une fois la pluie passée du beau temps qui est rapidement devenu chaud (27 degrés).
    Jusqu'au 50e j'ai géré, les ampoules étant supportables, mais au ravito j'ai été soigné pendant 20' par l'infirmier. Les plaies étaient belles sans épanchement sanguin, il me changea mes pansements qui avaient roulé dans les chaussettes. Mais par la suite ce fut plus douloureux car il faisait sec. La fin après un bel orage fut très dure comme les jours précédents.
    J'ai mis mes sacs dans la salle, j'ai mangé directement, puis j'ai pris ma douche, lavé mon linge qui ne va pas beaucoup sécher, préparé mes affaires pour demain puis suis allé voir l'infirmier. Et il est déjà plus de 22h et certains arrivent encore.
    C'est la fin de la trilogie 79+90+83=252km sans compter les rallonges 1 à 2% par jour.
    Demain on entame une deuxième semaine avec 83 km puis des petites étapes de 60 et moins.
    On aura le temps de se reposer.
    Pour moi ça fait drôle de passer plus de 10 et même plus de 14h sur des étapes.
    À+ Fab

    Etape 8

    Étape d'aujourd'hui = copier-coller de celle d'hier en ce qui concerne la météo. Pluie au début puis quand on pense qu'on va finir les pieds au sec il repleut et en plus dans le dernier tiers on a eu un parcours très vallonné avec de nombreuses montées et descentes avec des pourcentages parfois supérieurs à 15% sur des chemins caillouteux. Donc mes ampoules qui m'avaient laissé tranquille jusqu'alors ont de nouveau "explosé". La fin fut très dure à passer d'une voie piétonne à l'autre, d'un chemin caillouteux à un autre... La montée vers le château de Solingen (10%) fut longue et l'arrivée aussi.
    13h13 pour 83km.
    C'est l'heure de dîner. A+

    Etape 9

    9ème étape, courte, donc potentiellement faite pour se reposer. Mais il y avait quand même 60km à faire et comme si cela n'était pas assez difficile il y eu les 16/17 premiers km en version trail, pas course nature mais vrai trail avec ses montées et descentes, ses revêtements plus ou moins douteux souvent glissants sinon rocailleux, avec pour nous en faire une bonne course d'orientation un fléchage difficile à voir quand on avait la chance de le voir. La pluie par-dessus le marché qui oblige à porter le poncho.
    J'en ai vu de toutes les douleurs (sans faute de frappe) car chacun de mes appuis est déjà douloureux sur bitume normal alors dès qu'il y avait un caillou, une racine, une flaque à éviter... vous imaginez les deux heures de galère que j'ai connues. Et d'autres souffraient encore plus que moi. Et beaucoup se sont trompés de sentiers.
    Une fois cette première partie passée on se dit qu'un peu de piste cyclable va nous redonner du peps, et bien ce ne fut pas le cas. La quinzaine de km jusqu'à Cologne fut difficile en raison du passage dans des villes, du franchissement de plusieurs feux, de l'état moyen des trottoirs.
    L'arrivée le long du Rhin nous soulagea un peu et on apercevait Cologne et certains de ses grands bâtiments, ponts et autres constructions portuaires.
    La traversée de cette grande ville fut longue et il se mit à pleuvoir de nouveau quand nous étions dans le centre. Nous avons franchi le Rhin par un pont ferroviaire et j'ai été très étonné de voir des milliers voire plus de cadenas qui y étaient attaché.
    Après Cologne je me suis dit que ça irait mieux physiquement mais je n'avais pas plus de forces et pas moins de douleurs.
    Je suis en train de réaliser un "Kolossal" exploit, celui de voire ma vitesse moyenne baisser de jour en jour. A peine plus de 6km/h aujourd'hui et dire que je ne peux pas marcher ou à peine. Je suis obligé de courir, mais à cette allure-là est-ce vraiment de la course ?
    La dernière partie de l'étape longeait pour une bonne partie le Rhin malgré une petite escapade du côté de Rodenkirchen, banlieue bourgeoise de Köln.
    Des bateaux de croisière, des péniches et d'autres barges faisaient la course avec nous, les "barges" en poncho ou en autre tenue de coureur.
    J'ai une nouvelle fois couru avec mon partenaire de course depuis quelques jours. Franck le numéro 15.
    Quand je suis arrivé j'avais mis presque 10h.
    Demain, 2 bornes de moins et ??? j'espère inverser mes statistiques.
    Il est annoncé de la pluie, mes pieds vont encore trinquer et ce ne sera plus de l'eau de Cologne, mais peut-être de la "Bonn eau" (on passe à Bonn).
    Bon, quand j'en suis rendu aux jeux de mots douteux il faut que je me couche.
    Alors à demain.

    Etape 10

    Merci d'abord à tous les messages de réconfort et d 'encouragements que vous m'avez envoyé.
    Je suis loin d'être désespéré, juste un peu désabusé car même si j'ai des ampoules qui ne sèchent pas, je n'ai pas la cylindrée pour accélérer une fois les douleurs mises de côté.
    Aujourd'hui je suis parti lentement et c'est un euphémisme que de le dire mais beaucoup moins qu'hier car nous avons directement pris la voie mixte piétons-cyclistes le long du Rhin.
    Bien sûr, il pleuvait et avec mon bon poncho vert je me démenais à essayer de rester régulier.
    7,3 de moyenne après 3h avec le passage à Bonn, accompagné par mon compagnon de route depuis plusieurs jours, Franck, avec qui j'ai beaucoup bavardé ce qui fait passer le temps.
    Un bolide, au pays de Schumacher et tout près du Nurbrungring (circuit auto allemand) c'est normal, nous dépassa : c'était Monsieur Vidal qui à près de 12 nous laissa sur place non sans nous avoir encouragés. Suivi un long moment après par le second Jean-Louis qui tournait de manière régulière à 10km/h au bas mot. Les mecs qui se marraient en début de DLL doivent avoir un peu mal aux joues aujourd'hui en constatant que peu importe la monture (les croc's) pourvu qu'on ait la vitesse c'est un proverbe qui s'applique bien ici.
    J'ai eu à partir du 40e un bon coup de mou qui a correspondu avec une erreur de parcours d'1km. En rogne ! La fin, avec puis sans pluie fut encore interminable car je n'avais pas le moteur ni le châssis pour envoyer ne serait-ce qu'un petit 8km/h. Et en plus, l'étape faisait plus de 58km. 59.5km plus mon km de rab. Le tout en 8h47 (mon record sur ... 100km) certes au siècle dernier.
    j'ai eu néanmoins du temps pour moi après l'étape car je suis arrivé en début d'après-midi.
    Il est 18h45 on est au restau puis après je vais aller me coucher.
    à demain.

    Etape 11

    Ce matin en partant on s'est tous dit qu'on aurait plus de temps de récupération. Ce n'est pas faux mais l'étape qui aurait pu être magnifique fut un peu ternie par un départ sous la pluie qui est devenue de plus en plus soutenue par la suite. Les premiers km nous firent prendre une route à assez grande circulation et je pensais aux consignes de sécurité de la Transe Gaule en constatant que, mis à part les français et quelques autres coureurs, tous les autres étaient en tenues sombres. Je veux bien passer aux feux piétons après avoir attendu qu'ils passent au vert même quand il n'y a personne à l'horizon, mais là j'ai du mal à comprendre. D'autant qu'ensuite nous avons suivi une route sur un étroit trottoir où nous recevions les éclaboussures des véhicules nous frôlant.
    Une fois le long du Rhin, le calme puis l'arrivée à Coblence, très jolie ville à forte histoire et connue aussi pour son université. Toujours de la pluie, le poncho était mouillé dehors et dedans. Un arrêt technique après avoir longtemps cherché "the place to be" puis je suis reparti à la poursuite de mon binôme, Franck, à qui j'avais de continuer.
    Quelques endroits au revêtement ingrat, beaucoup de flaques, cela devenait difficile pour moi d'avoir des appuis solides et non douloureux. Enfin la vraie piste cyclable où je pus dérouler sans trop de douleurs.
    Les km s'empilaient, pas vite, en tout cas pas aussi vite que ceux de Gunther et de JL Vidal tel un vieux lion accroché à ses basques. Ensuite Crocsman passant en courant d'air au ravito 3 où je constatais que ma chaussure droite était pleine de sang. Mince ! Mon ampoule a dû exploser. Tant pis on verra plus tard.
    La beauté des paysages de cette partie de la vallée du Rhin m'ont un peu redonné envie, il y avait de belles villes à traverser, de beaux châteaux hauts perchés, sentinelles contrôlant à une certaine époque les invasions ou les trafics commerciaux.
    Le Rhin, sur la portion suivie aujourd'hui, faisait de longs et beaux virages.
    Comme il est de coutume sur la DLL, le kilométrage fut supérieur de plus de 1,5 km à ce qui avait été annoncé et j'en pris acte alors qu'il restait encore une quinzaine. Ça m'a une nouvelle fois coupé les jambes.

    On est passés par Loreley et Sant-Goar jolie ville à la sortie de laquelle il ne devait rester que 6km. Long, long, long quand on n'est pas bien. On avait beau faire la course avec les péniches ou les bateaux de croisière ça restait interminable. La ville étape approchait et on cherchait la marque du dernier km.
    Rien ! 
    Comme dans certaines villes on a dû faire du tourisme en empruntant de très jolies petites voies pavées, passant devant des bâtiments très typiques.
    La cerise sur le gâteau fut la fin d'étape, tout en haut près du château. On était en bas, fallait donc monter tout là-haut. Mes pieds hurlaient silencieusement, j'ahanais et suivais mon compère Franck dans les escaliers ou sur la roche, pour arriver enfin à la banderole "Ziel".
    8h16' pour 54,4 annoncés plus la taxe quotidienne de 1,5 à 2km ça nous fait plutôt un bon 56km.
    Ce soir on est en auberge de jeunesse et on a bien profité des douches et du repas sous forme de buffet à volonté.
    Demain les départs sont prévus à 7h pour moi et les autres moins rapides, les ténors partant à 8h. La raison de ce décalage horaire est que le petit déjeuner n'est pas ouvert avant 6h.
    Bien voilà tout pour aujourd'hui. Demain je pense arriver vers17h au bas mot et les deux étapes suivantes font 77 et 88km. On remonte en charge.
    À demain, en moins long (le CR).

    Etape 12

    Allez! Plus qu'une semaine. 
    Ah !!! Déjà presque fini, on a déjà fait 12 étapes. C'est l'histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein.
    Aujourd'hui nous sommes partis à 7 h ou à 8h, petit déjeuner dans l'auberge de jeunesse oblige.
    Le départ après une courte montée nous a fait plonger dans la vallée du Rhin. J'étais bien pendant ces 1700m un peu raides à descendre. Mais le passage à niveau s'est refermé juste avant moi, laissant les 4 ou 5 coureurs s'étant échappés poursuivre leur route. 4' d'arrêt ça calme. J'ai eu du mal à remettre les gaz.
    L'allure sur la piste cyclable sans dénivelé fut néanmoins correcte si bien que la moyenne est devenue meilleure que celle des jours précédents. Hélas c'était sans compter sur un nouveau pit-stop "technique" (je ne vous fais pas un dessin mais entre le Rhin et la voie de chemin de fer il n'y avait pas de place et j'ai dû galoper quelques km avant de trouver la nouvelle "place to be".
    Donc encore 5 grosses minutes de perdues.
    J'ai réenclenché le miniturbo pour arriver à passer au 20e puis au 25e dans des temps inférieurs à ceux des dernières étapes.
    On a quitté Bingen et aussi le Rhin pour courir sur des routes dans le vignoble. Avec Franck nous entreprîmes de trouver une pharmacie pour achetet une crème qui soulagerait mes ampoules. Après 3 visites infructueuses nous en avons trouvé une. Arrêt total 12' pour changer une partie de mon pansement (protection des orteils qui avaient saigné hier).
    Nous sommes repartis et mon objectif était de revenir sur ceux qui nous étaient passés devant pendant notre long arrêt. Peu à peu on a réussi à en reprendre certains mais les autres étaient trop devant. La route était assez dangereuse et il n'y avait pas de piste cyclable et les alternatives trouvées nous ont fait passer par des chemins viticoles souvent escarpés. J'ai eu de plus en plus de difficultés à cause de ces voies au sol caillouteux ou herbeux avec quelques trous.
    C'était peut-être joli mais je n'ai pas réussi à en profiter regardant plutôt le chemin que le paysage.
    Ah oui! J'oubliais, une étape sans pluie n'est pas une vraie étape, heureusement ça n'a pas duré mais ça a bien trempé le poncho et les chaussures.
    La fin d'étape fut comme d'habitude difficile. Plus de jambes, beaucoup de circulation, pas de bas-côtés, du soleil et donc du chaud... Quand on est fatigué on voit le verre à moitié vide. Mais bon, avec mon pote allemand Franck nous sommes arrivés à bon port, sans rab kilométrique cette fois. 9h38 pour 66,7km, ça fait encore une super moyenne ! :-) 
    Demain 77km et après-demain 88km. Soit 2h de plus demain et encore 2 de plus samedi où on passera les 1000km.
    à demain.

    Etape 13

    20h passées. Je prends le frais après avoir mangé.
    L'étape numéro 13 s'est bien passée. J'ai mis entre 1h et 1h30 de moins que ce que je redoutais avant le départ.
    Avec Franck on est partis plus vite que d'habitude et la route tout comme la météo s'y prêtaient bien. Les ampoules sous les plantes se sont peu à peu mises à ne plus me faire mal. Nous avons commencé à 8km/h et + cette allure au gré des arrêts aux ravitos nous a quand même fait atteindre le km20 en 2h30 puis le 40e en 5h10.
    Nous avons traversé quelques villes touristiques dont Heildelberg où nous ne nous sommes pas attardés car les rues pavées y en a marre ! Elles ne me servent à rien car trop occupé à regarder où je mets mes pieds je ne peux même pas regarder les beaux monuments. Et puis je ne suis pas venu faire du trail-tourisme mais de la course à pied où on court.
    On a eu quelques sentiers caillouteux ou herbeux qui m'ont rappelé à l'ordre.
    Du groupe des 6h certains étaient loin devant et nous étions en tête d'un second groupe.
    Les 4 français m'ont repris l'heure de décalage. Ils vont bien. Mieux que les deux hommes hollandais qui ont dû arrêter ce matin. Je suis triste pour Erwin Borrias et Christian.
    Je ne raconte pas la fin c'est toujours pareil.
    Là, j'attends l'infirmier pour qu'il soigne mes ampoules puis je vais aller me coucher : on part à 5h pour 88km demain.
    A+

    Etape 14

    On a franchi la barrière symbolique des 1000km aujourd'hui, mais bien malin serait celui qui donnerait avec certitude et précision l'endroit où ce passage a été fait.
    Beaucoup d'incertitude sur le kilométrage de chaque étape sachant qu'il nous est annoncé une certaine distance le matin et en réalité nous en faisons très souvent plus, jamais moins en tout cas : "kein Rabatt".
    Aujourd'hui, en plus des 88km prévus, il y a eu près de 3 bornes de rab. Va savoir, le mesurage à la louche ça donne des différences surtout si on change de louche.
    C'était valable pour tous les coureurs, donc pas de jaloux. Mais c'est pénible.
    L"étape fut très vallonnée. Nous avons pris quelques routes à forte circulation, il fallait faire très attention. Puis pour nous soulager il y a eu des chemins certains gravillonneux, d'autres herbeux et parfois on en prenait des dangereux avec des risques de chute.
    Toute la journée cela a été une succession de montées et de descentes.
    Je vais poster car je m'endors sur mon portable.
    à bientôt.

    Etape 15

    15ème étape terminée en un peu plus de 8h (8h03') pour 54,8 + la TVA de 1,5% (à la louche) =56,3km.
    Il faut préciser que ces environ 1500m supplémentaires ont remplacé une grosse partie de trail. Je préfère les routes de montagne où je peux courir que les chemins forestiers montagneux où chaque appui est souvent une grosse prise de risque. 
    Cela a été comme hier au niveau du dénivelé mais avec 35 bornes de moins.
    Du soleil, de la chaleur, de bonnes parties entre les champs de maïs ou de blé sans ombre, des passages en forêt bienvenus (quand ce n'est pas boueux ou caillouteux), avec mon binôme on a bien avancé.
    On a tenu une bonne petite moyenne de 8 pour la 1e heure puis 7,5 au bout de 3h, celle-ci a été fortement plombée quand nous avons eu un massif entier à traverser par des sentiers raides et rocailleux ou boueux ou herbeux. Et dire que Henry nous y a dépassés en courant.
    La fin fut comme d'hab (va falloir que dans mes entraînements je ne fasse que des fins d'étapes) interminable, chaud, la marque du dernier km qui n'arrive pas...
    à demain.

    Etape 16

    Longue étape à rallonge (+2km) on est habitués maintenant. Les 3/4 ou plus le long d'un canal sur un chemin de gravillons ou de pierres.
    Notre groupe est parti vite car je me suis fait distancer alors que j'étais à plus de 8km/h. Avec Franck on est restés à notre allure le temps d 'atteindre puis de traverser Ulm. La suite : du canal bien ombragé... sauf les 11 derniers km sur route et en plein soleil.
    Globalement ça a été, on a tourné à plus de 7,5 de moyenne (9h05 pour 66,4 +2=68,4km) arrivé à 15h, j'ai eu du temps pour me soigner les pieds et me reposer.
    Demain je ne sais pas ce qui nous attends : en théorie 76km et de la chaleur. Donc départ à 5h.
    A demain.

    Etape 17

    Hier nous avions aperçu les Alpes dans le lointain, un peu comme on avait pu apercevoir le rocher de Gibraltar deux jours avant l'arrivée de la TransEurope 2012.
    Aujourd'hui, on s'en est tellement rapproché que nous sommes à leurs pieds.
    L'étape fut longue comme prévu (76,4km sans rab cette fois-ci) et le départ à 5h pour les moins rapides nous a permis de moins souffrir de la chaleur mais celle-ci est quand même arrivée rapidement.
    Le tempo adopté dès le début était de 7'20 à 7'30/km ce qui m'a bien fait avancer et grappiller quelques centaines de mètres avant l'habituel arrêt technique.
    L'objectif était d'atteindre les km multiples de 10 entre 1h15 et 1h20 puis le semi en 2h45 et d'avoir fait près de 32km en 4h.
    Avec Franck B. on s'y est tenu à peu près et par la suite il fallait poursuivre au moins sur du 8'/km.
    Il commençait à faire chaud et le paysage était magnifique avec en arrière plan les Alpes et tout autour de nous des collines cultivées ou en herbe où paissaient des vaches laitières portant des cloches autour du cou. Des passages dans des chemins, fait incontournable de cette DLL, et quelques portions de trail aïe aïe aïe plus une traversée de rivière sur un pont de singe sont venus perturber voire plomber notre belle moyenne.
    La fin fut chaude, l'ombre rare, les points d'eau nombreux (sauvages ou organisés) mais nous n'avons pas trop molli pour finir en 10h35'. Jean-Louis "crocsman", Bob Miorin puis dans les 5 derniers km Lonel Rivoire nous ont repris l'heure de décalage alors que Jean-Louis Vidal n'a pas chercher à accélérer sur la fin pour terminer avec nous.
    Ce soir ce fut restaurant en ville parmi les nombreux touristes avec un arrêt chez un glacier en revenant pendant que le tonnerre se faisait entendre et avant qu'il n'éclate sur Füssen.
    Demain lever et départ repoussés de 30' soit une mise en route à 6h30 pour tous. 59km de prévus avec encore un peu de chemin mais surtout on va monter à Garmisch pour finir au centre des congrès R. Strauss.
    A demain avant l'apothéose.

    Etape 18

    Etape n. 18. Courte mais pas plus facile que les autres avec encore énormément de chemins et de très difficiles parties de trail. Aucun plaisir sinon de voir qu'il ne reste que demain puis je rentre vite oublier. Il a fait beau, chaud et humide, j'ai été trempé toute la journée.
    Demain : montée après 5/6km de vallée. Cela sera du pur trail, du vrai, du coriace pendant une quinzaine de bornes, chose à laquelle je n'étais pas préparé car pas au courant. La durée moyenne de la montée est estimée entre 6h et 9h. Donc je pars à 5h pour pouvoir vite redescendre, me laver, tout plier et me casser.
    Ce soir dans Garmisch c'est la fête, les gens dansent, il y a de la musique. En fin d'après-midi, à la terrasse des cafés on a pu en écluser quelques unes de ces WeissBier tout en avalant goulûment quelques pâtisseries. C'est la seule note positive de ma journée.
    A demain pour gagner le bretzel de finisher.

    Etape 19

    Ça y est ! Je suis aussi finisher de la DDL 2017. Mais que cette dernière étape fut épique. Le Zugspitze ça se mérite et je suis devenu aujourd'hui un trailer-alpiniste.
    7h32 pour faire à peine 25km mais on s'est perdus ce matin (durée 45').
    Plein les mollets, plein les pieds mais aussi plein les yeux.
    A+

    Bilan à chaud :

    Après plus de deux heures à somnoler sur un banc à la gare de Munich-Pasing, en compagnie de Lionel Rivoire qui a choisi la même option que moi de rentrer en France le plus vite possible, je fais passer le temps à écrire un petit CR de la dernière étape.

    Très difficile car le résultat de plusieurs facteurs. Le premier est d'avoir fait le mauvais choix d'heure de départ. 5h, c'était bien pour retarder l'arrivée de la chaleur mais l'inconvénient c'est qu'une fois sorti de Garmisch on a suivi un torrent qui provenait de gorges très étroites dans lesquelles nous devions passer. Les plus d'1,75m devaient porter un casque ou faire très attention. Je n'avais pas pris la frontale et lors de sections de tunnels j'étais obligé de laisser aller devant ceux qui avaient apporté la leur...
    Une fois sorti de ce passage délicat nous cheminions toujours le long du torrent mais sur un beau chemin, si beau qu'à un moment nous sommes arrivés à une intersection. Le coureur de devant qui a toujours son GPS choisit de prendre des escaliers et nous l'avons suivi. Ça grimpait dur et une fois tout en haut pas de trace d'une quelconque direction menant au Zugspitze. On s'est retrouvés une petite vingtaine à se demander quoi faire et on a décidé de faire demi tour. En bas, encore 5' d'attente pour revérifier car là aussi il n'y avait aucun panneau ni fléchage.
    C'est à ce moment qu'arriva la tête du groupe parti à 6h et qui choisit l'autre option. Nous avons suivi.
    Peu à peu la forêt s'éclaircit la pente n'était pas très forte. Des coureurs nous doublaient profitant de nos 45' d'errance pour nous laisser sur place.

    Le sol devint de plus en plus caillouteux, de nombreux passages par dessus ou au travers de petits affluents du torrent se succédèrent. Ça faisait mal aux pieds heureusement que j'avais mis mes chaussures de trail. 
    Le chalet où nous pouvions acheter de quoi boire et manger (l'organisateur nous remboursant) arriva enfin. Je me pris 50cl de coca et deux sandwiches au jambon et au fromage. Après ce gros quart d'heure d'arrêt je repartis avec une bonne énergie. Ça tombait bien car la pente se faisait encore plus forte et sur de grosses pierres il fallait faire attention aux appuis. Presque plus d'arbres, du soleil, il faisait chaud. Les panneaux annonçant 10h puis 8h pour le Zugspitze faisaient peur même si nous allions plus vite que les randonneurs et que nous finirions au Sonnalpin un peu moins haut.

    Je reprenais ceux qui ne s'étaient pas arrêtés aussi longtemps que moi. J'espérais en finir avant 14 ou 15h.
    L'arrivée au second chalet fut un nouveau soulagement. Je fis une pause régénératrice rechargeant mes bouteilles et mon organisme. La dernière partie jusqu'au Sonnalpin avait une durée, annoncée sur un panneau, de 2h. Celle-ci fut très difficile parfois dangereuse mais tellement belle, quand nous slalomions entre les rochers et les moutons à la laine non frisée gentils comme de gros toutous somnolant dans les quelques portions herbeuses et les petites plaques de neige "éternelle". 
    Et ce fut l'arrivée où les accompagnateurs nous hélaient de loin et progressivement la tension se transforma en émotion, moi qui pensais que ça n'allait rien me faire.

     

     

    Conclusion (désolé pour de CR décousu mais dans le train vers Paris ça coupe pas mal. J'ai donc été contraint de tronçonner ce petit CR que vous recollerez vous-mêmes)
    Je finis donc avec mon compagnon de route, Franck Buka, qui m'a aidé autant que j'aie pu le faire, je donnais le tempo la 1e partie de l'étape, il me "tirait" lors de la 2nde.
    Ce fut une aventure extraordinaire et extrêmement difficile, sentiment exacerbé par les ampoules dont j'ai souffert depuis la deuxième étape. J'ai maudit je-ne-sais-qui pendant des heures où les chemins martyrisaient mes pieds, où mes appuis me provoquaient des maux de dos, où le fléchage nous envoyait à Pétaouschnock...
    Une fois l'objectif atteint - et pour une fois la notion de chrono et de classement m'a totalement laissé indifférent - je ne vais sans doute retenir que les bons moments, les meilleurs, en effaçant peu à peu mes nombreuses heures de souffrance de ma mémoire.
    Je remercie Oliver d'avoir mis sur pied cette course même s'il ne s'est pas rendu compte des difficultés proposées à chacun de nous.
    Merci aussi à son équipe de bénévoles.

    à+Fab9*€&δ


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  • CR de la DeutschlandLauf 2017.

    10 jours après, je commence à réaliser, tout en n'ayant pas fini de récupérer des efforts physiques et psychologiques fournis, ce que j'ai réussi à accomplir du 16 juillet au 3 août.

    La traversée de l'Allemagne du nord au sud, pas par la voie la plus directe mais par un itinéraire ressemblant plus à un long serpent, ce qui a donné plus de 1300km à effectuer en 19 étapes, sans journée de repos.

    Depuis le 17 août 2005 jusqu'au 3 août 2017, j'aurai donc fait 13 courses à étapes de plus de 1000km : 9 TranseGaule, 2 TransEurope (dont une inachevée après 54 jours de course), 1 Loire Intégrale et donc 1 DeutschlandLauf. Une par année. 319 étapes. 20760Km environ (j'attends le kilométrage officiel réel de la DLL2017, mais moi j'y ai fait 1328,7km).

    Cette dernière course à étapes en date, de Sylt jusqu'au Zugspitze, ne fut pas la plus facile et de loin. Divers facteurs sont entrés en jeu pour en faire la plus lente course à étapes de mes 13.

    La santé / le physique:

    Souffrant de tachycardies et d'arythmies cardiaques à répétition depuis de nombreuses années, mais que j'avais jusqu'alors toujours réussi à gérer, sachant comment faire redescendre les pulsations cardiaques quand une crise intervenait en pleine étape, j'avais constaté depuis quelques mois une plus grande fréquence de leur apparition sans pouvoir en analyser la cause. Avec le cardiologue on avait envisagé un traitement médicamenteux qui s'est avéré relativement efficace au début (été 2016) mais qui me bridait (avec les bêtabloquants la fréquence cardiaque était plafonnée et m'interdisait toute accélération) et n'empêchait aucunement l'apparition de crises.

    Cet hiver puis au printemps, suite à quelques malaises puis surtout suite à mon hospitalisation pendant un 24 heures, je décidais donc de passer à la solution proposée par mon cardiologue, à savoir une intervention chirurgicale pour pratiquer une ablation par radiofréquence. J'étais prêt, le calendrier me laissant le temps de récupérer et de reprendre un bon entraînement après l'opération prévue alors fin mai. J'annulais mes participations à l'Ultrathlétic Ardèche puis au Trail du Golfe. Mais le chirurgien repoussa la date de l'intervention pour la programmer fin juin soit à peine trois semaines avant la DLL2017. Cette intervention devant être plus complexe nécessitait que je sois endormi. Mes plans semblaient tomber à l'eau, je ne me voyais pas prendre le départ de cette course de 1300km sauf si pendant les deux semaines à peine de reprise de l'entraînement je ressentais de bonnes choses.

    La convalescence se déroula assez bien malgré la perte de un à deux km/h lors de mes premières sorties pendant lesquelles j'apprivoisais mon nouveau moteur.

    Donc quand je me suis rendu en Allemagne, c'était dans un fort état d'inquiétude de savoir si j'allais réussir déjà à atteindre la fin de la première demie étape puis celle de la seconde, etc.

    Les impondérables : météo, matériel, blessures.

    L'erreur initiale, mais à ce moment de la course je ne savais pas qu'il s'agirait d'une erreur, fut dans le choix des chaussures devant me permettre de faire la première étape. J'avais regardé les longueurs des 8 premières journées (entre 70 et 90km) et selon la distance une paire de chaussures particulière était dédiée. Pour cette première mise en jambes, courte, car faisant moins de 80km, et qui de 72km en théorie fut ramenée à 60km par l'organisateur afin que tous les coureurs puissent être à la salle avant une certaine heure, j'avais prévu une paire plus légère.

    Fatale erreur parce qu'avec la pluie de la première partie de l'étape mes chaussures se sont trouvées gorgées d'eau et, lors de la transition, je n'avais pas prévu de rechange ni de chaussettes ni de chaussures, je dus essorer mes semelles et mes chaussettes. Deux heures à attendre dans le frais, les courants d'air, puis dans le train, bondé où je suis resté debout ; après ce fut la descente du train et le nouveau départ sous un temps plus clément toutefois. J'ai vite senti que les sensations n'étaient pas les meilleures, déjà que lors de la première demie étape je n'étais pas non plus au top, mais ça, c'est normal, ça me le fait à chaque course à étapes.

    Les pieds dans tout ça ont payé. Le soir, je n'avais pas de si mauvaises sensations que ça, mais je ressentais une certaine sensibilité sous les plantes de pieds. C'est ce qui va commencer à faire mal dès le lendemain où des ampoules au niveau des deux plantes vont se former sur une étape de plus de 86km courue en presque 12h.

    Ces satanés pieds m'auront pourri la course. Je ne pouvais pas avoir d'appui sans douleur et je souffrais moins en courant qu'en marchant. Mais vu le grand nombre d'étapes où nous avons dû cheminer sur des sentiers caillouteux, par temps pluvieux, les ampoules n'ont jamais pu guérir et j'ai même quelques ongles qui ont bien morflé. Le soir, je me faisais soigner d'abord par Stéphanie puis par Patrick, l'infirmier de la course, mais tous ces soins ne m'ont pas guéri. Le matin je passais 45' avant les étapes à préparer mes pieds, à mettre des pansements protecteurs, à faire que l'étape puisse se dérouler sans que je souffre. Quand je restais sur la route, la douleur s'estompait en courant, mais il y avait toujours un endroit, chemin, trottoir pavé, portion de trail... pour enclencher de nouveau le mode « douleurs ».

    Aux ravitaillements, quand je m'étais trop longtemps arrêté, j'avais toutes les peines du monde à en repartir. Les premiers pas étaient extrêmement difficiles à réaliser et la reprise de la course encore plus ardue. Après les arrivées, je restais bloqué, comme si mes pieds étaient collés au sol, et cela se reproduisait aussi quand je prenais ma douche, au moment de retirer les chaussures. Une sorte de double crampe sous les plantes m'immobilisait et j'étais dans l'incapacité de me mouvoir. Il fallait aller au-delà d'un certain seuil de douleur pour réussir à arracher les pieds du sol. L'enfer ! Tout ça après des étapes de plus de 10 heures voire de 14h30 pour la plus longue. Heureusement que certains bénévoles m'ont aidé à installer mon couchage surtout quand il fallait aller dans des gymnases où on devait descendre une volée de 20 marches pour y accéder puis remonter deux étages pour aller se doucher. Ah, ils sont beaux et modernes les gymnases allemands, mais quelle idée d'en faire des labyrinthes en 3D !

    Les difficultés supplémentaires :

    fléchage, parcours souvent sur des chemins recouverts de gravillons ou de cailloux, parfois d'herbe, portions de trail, rallongement de la longueur des étapes par rapport à ce qui était prévu, pas de road-book papier, briefing incompréhensible effectué toujours à l'oral (sans support papier) à des heures où l'on aspirait plus à dormir qu'à enregistrer des informations importantes pour le lendemain, traversée de grandes agglomérations ou de villages pittoresques...

    Quand on a été habitués au confort des TG et TEFR ou même de la LI en ce qui concerne le fléchage, on a vite été déstabilisés avec celui de la DLL. Flèches à la bombe rose au sol, quelques stickers orange fluo mais disposés souvent de telle façon qu'on ne découvrait qu'au dernier moment si l'on devait tourner à gauche ou à droite voire même aller tout droit. De plus, avec la pluie et les nombreux chemins de terre, de cailloux ou autres revêtements, ce fléchage à la bombe disparaissait et nous laissait souvent face à un choix d'itinéraire à faire : va-t-on à droite ou à gauche ? Beaucoup de coureurs allemands avaient téléchargé sur leurs montres ou GPS l'itinéraire mais nous, les français, ne l'avions pas fait, comptant sur le road-book en papier. Mais point de road-book en papier!

    Le fléchage n'était pas toujours pertinent et nous faisait faire des détours à gauche, à droite pour rejoindre la prochaine piste cyclable et parfois ça a donné lieu à de mauvaises interprétations et des coureurs se sont rallongés sur certaines étapes de plusieurs kilomètres. Il nous est arrivé aussi de faire des détours inutiles en nous faisant quitter la route principale pour la reprendre plus loin sans raison évidente après avoir fait parfois un kilomètre de plus. Et combien de centres historiques de villes touristiques avons nous empruntés rien que pour faire du tourisme ! Je n'en avais rien à faire de ces beaux sites surtout que comme mes pieds me faisaient souffrir, je passais tout mon temps à regarder où j'allais les poser sur les pavés. Donc allongement inutile des étapes.

    Avec un road-book et le nom des villes traversées, on n'aurait pas hésité. Nous n'avions aussi aucune idée du dénivelé qui nous attendait le lendemain sauf en retournant jeter un coup d’œil sur le site ce qui n'était pas toujours évident le soir par manque de temps ou de connexion.

    Les allemands sont très respectueux du code de la route, du moins en apparence : à chaque feu, il fallait traverser uniquement lorsque le piéton était vert. Je conçois bien qu'on applique cette loi dans les grandes agglomérations, mais parfois en pleine campagne sans personne en vue cela tournait au ridicule.

    Autre point qui m'a fortement agacé : le kilométrage à rallonge des étapes ! Au moins sur 12 étapes le kilométrage final était supérieur au kilométrage annoncé, parfois avec des différences d'environ 3km ! Au final, j'ai compté que nous avions fait 19km de plus que prévu (sans compter les erreurs de parcours) et si on retire les 12km dont a été amputée la première étape, ça fait quand même 7 bornes de plus.

    Le temps perdu aux postes de ravitaillements ou ailleurs :

    Les postes de ravitaillements étaient globalement espacés de 10km, ce qui fait un temps de course d'environ 1h à 1h10 si on court à vitesse « normale » mais pour moi qui fut rapidement gêné par mes ampoules tout comme par le manque d'énergie qui m'empêchait d'accélérer, ces espaces inter-ravitos duraient 1h30 voire plus. Donc je m'y arrêtais un peu plus longtemps afin de me restaurer et de refaire le plein de mes bouteilles. Je courais avec deux bouteilles de 25cl dans mes poches de sac à dos et une de 50cl tenue à la main, et parfois avec une autre de 33cl dans la ceinture.

    Lors des Transe Gaule et même des TransEurope, j'avais gagné beaucoup de temps en raccourcissant mes arrêts aux stands, cette année j'ai pris mon temps, n'ayant rien à gagner.

    Je m'y suis même fait soigner mes pieds quand ceux-ci étaient trop douloureux.

    J'ai aussi effectué plusieurs arrêts dans des magasins, pharmacies, vendeurs de boissons... afin de refaire quelques emplettes (pansements, boissons fraîches...)

    Et je ne parle pas de tous les arrêts techniques.

    Mon duo avec Franck Buka.

    Après avoir effectué seul les premières étapes, je fis connaissance avec Stephan puis avec Franck. Nous avons fait les deux tiers de la course ensemble, une fois que Stephan a abandonné sur blessure. A deux, on s'est entraidés, c'est moi souvent qui menait le rythme du début des étapes jusqu'au 30ème km environ puis on inversait et c'est souvent lui qui prenait à son compte les derniers kilomètres, jamais faciles car la fatigue jouait pleinement son rôle sans compter les orages ou la chaleur ou les sentiers techniques ou les kilomètres supplémentaires à faire.

    On s'est bien entendus, on a discuté, on a bien ri, on a souffert, on est souvent passé d'un état d'euphorie à un gros coup de bambou ou inversement.

    Il y a des jours où j'aurais aimé aller plus vite, j'en avais les moyens je crois, mais je ne pouvais laisser tomber mon pote comme ça du jour au lendemain alors je décidais de rester avec Franck. C'est alors moi qui augmentais la cadence et comme il suivait sans peine on a pu faire quelques étapes à une allure un peu moins lente que d'autres.

    Conclusion :

    Au final, je redis que ce fut une belle grosse expérience, une belle grosse galère aussi mais je ne regrette pas d'y être allé, certainement parce que j'en suis revenu finisher.

    Si j'avais su ce face à quoi j'allais me retrouver, aurais-je annulé ma participation ? Sur le coup j'aurais dit oui ; je ne serais pas venu, mais après coup, je crois que j'aurais appréhendé cette course de manière différente.

    Pour les ampoules, rien n'y aurait changé, c'est une mauvaise gestion personnelle de mon matériel qui en est la cause.

    Pour ma convalescence qui était toute proche (moins de 20 jours après l'intervention) c'était à tenter sachant que de toute façon je n'aurais pas tapé les 15km/h et que une FC aux alentours de 120/130 pouvait suffire. Il m'a manqué juste un peu de vitesse de « croisière » pour engranger les bornes sans taper dedans.

    En revanche, pour tout ce qui est road-book, reconnaissance des étapes, du profil, des positions des ravitaillements, là j'aurais anticipé en téléchargeant et photocopiant toutes les étapes, je me serais fabriqué des mini fiches comme je l'avais fait pour la Transe Gaule.

    Les chaussures aussi n'étaient pas totalement adaptées aux divers chemins que nous avons empruntés. J'aurais pris une seconde paire de chaussures spécifiques pour le trail ou au moins mixte route-trail et je me serais entraîné sur ce type de parcours, il y en a un peu par chez moi.

    Pour le reste, les pertes de temps dues aux arrêts aux ravitaillements, aux prises de photos, aux achats pendants les étapes... tout ça aurait peut-être été moins chronophage et j'aurais sans doute couru plus souvent seul.

    Mais avec des « si » …

    à+Fab9*&€@

     

     

     

     


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