• CR Transe Gaule 2008 : généralités.

    Ce CR, quelque peu différent des trois précédents, ne détaille pas les étapes. C'est voulu et surtout parce qu'au niveau des impressions et des descriptions il ressemblerait beaucoup aux CR de 2006 et 2007.
    Dans un autre article, il y aura les données chiffrées que j'affectionne particulièrement et qui servent de support à mon analyse de la course.


    "It's a long way home" pour nous les SDF de 18 jours (et même 20 en comptant la veille du départ et le lendemain de l'arrivée).
    Cette traversée de notre beau pays, par les bucoliques et tranquilles petites routes de campagne et ce malgré quelques tronçons rappelant la "dure" réalité de la vie en société (entrée et traversée de quelques villes moyennes et de quelques gros bourgs), fut une nouvelle fois une réussite personnelle tout d'abord, mais aussi collective.

    D'abord, je suis allé au bout sans le moindre pépin, j'ai juste eu une étape "moralement" difficile - qui n'a pas eu un jour dans sa vie un passage délicat ?- et une petite ampoule rapidement soignée.
    J'ai ensuite amélioré mon temps de traversée de plus de 3h20' (le temps d'un marathon ! mais en réalité comme il y avait 2km de plus que l'an passé, soit environ une douzaine de minutes, et que mon allure est de beaucoup inférieure à celle sur 42,195km, en t.e.TG (Temps Equivalent Transe Gaule) ça doit donner quelques 34km d'avance sur 2007.
    Enfin, mon classement (12ème) me ravit, ce qui peut paraître paradoxal vu qu'il est moins "bon" que celui de l'an dernier (7ème), mais le niveau des participants était cette année le plus relevé jamais rencontré sur les 7 Transe Gaule qui ont été organisées (sans faire injure aux participants des éditions précédentes bien sûr).

    Plusieurs facteurs expliquent cette élévation du niveau :
    - le nombre plus important de coureurs expérimentés, ayant déjà une ou plusieurs traversées à leur palmarès, en France, en Allemagne ou ailleurs);
    - la présence de coureurs ayant des références sérieuses sur les courses d'ultra (internationaux, coureurs de 24h à plus de 200km, jeunes de grand talent, Spartathlètes et autres "Badwateristes" confirmés...), en résumé, des coureurs ayant des vitesses de base supérieures à 10km/h ainsi qu'une âme de guerriers, des combattants quoi ! Pour terminer dans les 20 premiers, il fallait ce supplément d'âme et surtout ne pas sombrer dans le cycle vicieux "douleurs-blessures-déplaisir", enfer qui en aura déstabilisé plus d'un.
    - Les très nombreuses informations circulant sur les forums et les blogs démystifiant grandement l'aventure et conduisant beaucoup de coureurs à une extrème prudence en début de TG.

    Cette 4ème étoile va m'apporter quelques certitudes pour le printemps 2009 quand arrivera l'heure de la TransEurope (TE-FR 09).
    Des certitudes au niveau physique d'abord. je termine en bon état et j'aurais (presque) été prêt à faire d'autres étapes, mais le travail devait reprendre dès le surlendemain de l'arrivée.
    Des certitudes au niveau du matériel utilisé : chaussures, tenues (shorts, T-shirts, chaussettes...) course avec mes bouteilles aux mains (d'où le surnom d'"écureuil" donné par certains observateurs), matelas, sac de couchage et tout le reste. Il faudra veiller néanmoins à ce que mes bagages soient moins lourds (<30kg) sous peine d'une surtaxe par l'organisation.

    Comment en suis-je arrivé à continuer de progresser ?
    D'abord, contrairement à certains, je ne me lasse pas d'effectuer tous les ans le même parcours, je pense que c'est même un avantage car le souvenir de très nombreux endroits traversés m'a plutôt servi. Je savais où je devais courir tranquillement, où je pouvais accélérer, je me rappelais qu'en 2ème semaine, l'organisme s'étant acclimaté, je ne risquais plus d'attraper des tendinites d'achille ou des lésions aux releveurs.
    J'ai donc rapidement décidé (au bout d'une douzaine de km dans la 1ère étape, à Penzé, après le premier ravitaillement) de hausser le rythme et de courir à 10km/h. Les 6 premières étapes m'ont vu gagner environ 30' par jour et je savais que jusqu'à l'étape 10, voire la 11, je pouvais soit conserver ces 3h d'avance soit même les augmenter. L'an dernier, j'avais accéléré dès la deuxième semaine et cette année, j'ai fait la même chose si bien qu'au terme de la 11ème étape je possédais 3h42' d'avance tout en étant 16ème au classement général.
    Je pensais qu'alors ce matelas de minutes allait diminuer lors des 7 étapes suivantes, d'ailleurs, dès le lendemain (12ème étape) j'avais "perdu" une dizaine de minutes. Mais je suis quelqu'un qui aime quand même prendre des risques et faire des tests, ainsi, à chaque étape qui suivit, je me fixais un "cut off" personnel : le temps mis l'an dernier. Et cette course contre moi-même me servait de moteur pour avancer.
    Si j'ai repris 4 places lors de cette dernière semaine, ce n'est pas parce que je voulais dépasser les coureurs de devant à tout prix, mais c'est parce que certains ont faibli (blessures, fatigue, prudence...) et que j'ai aussi accéléré un peu plus encore.

    Le fait de toujours courir près de son "maximum" (j'entends par maximum, une vitesse de croisière raisonnable sans retenue, sorte d'équilibre à la frontière entre l'endurance et la résistance) n'est pas éprouvant physiquement et permet d'effectuer un bon déroulé du pied lors de chaque foulée (même si la mienne est assez peu aérienne) ce qui à mon avis permet d'éviter les blessures (releveurs, achille...).
    En revanche, nerveusement on ressort un peu lessivé de chaque étape (un peu comme après un marathon ou un 100km), mais la décompression se fait rapidement et la joie d'avoir atteint son objectif prend le dessus.

    Sur une course comme la Transe gaule, il faut essayer de ritualiser certaines actions :
    - Boire dès l'arrivée, eau plate, gazeuse, bière avec ou sans alcool, coca ou autre boisson...
    - Ralier rapidement le gymnase (ou la salle d'hébergement);
    - Chercher et enfin trouver une place si on vous en a laissé une où s'installer, de préférence près d'un mur, avec un tapis de sol (tatamis), pas loin des commodités;
    - Se doucher;
    - Laver son linge;
    - Trouver un endroit où l'étendre, de préférence au soleil ou là où il y a de l'air;
    - Trouver des glaçons pour 15' de "rafraîchissement" des jambes : en position allongée, sur le dos, les jambes en l'air, je passe la glace (qui est dans de petits sacs à congélation étanches) du gros orteil vers le genou, le long des releveurs et du tibia, puis je la passe le long des tendons d'Achille et autour des genoux qui ont subi tant et tant d'impacts. Enfin, je termine par les adducteurs et la sangle abdominale afin de limiter les douleurs générées par un reste de pubalgie et qui apparaissent au bout de 3h de course environ;
    - Noter mes temps de passage sur mon carnet de bord et comparer avec ceux des années précédentes;
    - Envoyer un SMS à Pascale avec temps, place et impressions;
    - Aller acheter à manger (Yop ou Cacolac, eau gazeuse, jus de fruits, yaourts style Flamby et/ou flans ou autres pâtisseries selon l'arrivage) ou aller dans une brasserie se faire servir un steak, une pizza ou des galettes...
    - Manger;
    - Me reposer, allongé avec le MP3, dormir ou essayer de dormir, mais pas trop pour bien dormir la nuit suivante;
    - Préparer le matériel pour le lendemain;
    - Ranger un peu la valise afin de tout retrouver du premier coup;
    - etc...
     Et c'est là qu'on s'aperçoit qu'arriver tôt permet de ne pas se précipiter et de ne rien oublier.

    Autre rituel, celui du matin :
    - Réveil;
    - Boire;
    - Aller aux WC pour ne plus devoir y aller quand tous les autres coureurs voudront eux aussi y aller, au dernier moment;
    - Rouler le sac de couchage;
    - Dégonfler l'oreiller et le matelas;
    - Les rouler et les ranger dans le sac;
    - Prendre le petit déjeuner;
    - Faire un brin de toilette;
    - Se mettre en tenue;
    - Positionner les pansements de protection et se badigeonner des crèmes protectrices (pieds, aisselles, aines, tour de taille);
    - Enfiler les chaussures choisies selon les caractéristiques des étapes (courte, longue, avec ou sans chemins, avec ou sans dénivelé, selon la météo...);
    - Remplir les bouteilles de 50cl d'eau en y ajoutant 3 ou 4 sucres suivant les besoins;
    - Préparer la sacoche-banane avec PQ, gels, barres énergétiques, paracétamol, argent);
    - Prendre le road-book miniaturisé et plastifié;
    - Préparer le sac à déposer dans la caisse de ravitaillement R3 (km40) ou R4 (km50) suivant la longueur et la difficulté de l'étape;
    - Fermer la valise et le sac à dos;
    - Les charger dans le camion;
    - Ecouter le briefing du directeur de course;
    - Se rendre sur la ligne de départ à pied ou en navette;
    - Profiter des dernières minutes avant le départ pour boire et se concentrer
    Et puis ... c'est le départ, tranquille les premiers km puis une fois bien échauffé la vitesse de croisière est atteinte et contrôlée par les premiers temps de passage (bornes kilométriques).

    Pendant les étapes, un autre rituel se déroule : on double les mêmes coureurs à peu près dans le même ordre tous les jours, et on se fait dépasser par d'autres aussi de la même manière.
    Certains ne sont pas constants tous les jours et vont jouer les baroudeurs une étape pour le payer cash le lendemain et '"trainailler" dans le peloton.
    Quelques téméraires de début de Transe Gaule ou de début d'étape vont peu à peu ne plus faire partie de ce rituel : blessures, lassitude, relâchement physique et mental, relief ... vont progressivement venir les perturber.

    à+Fab****

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