• CR des 24 heures de Rennes 2010

     

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    CR des 24 heures de Rennes 2010.<o:p></o:p>

      C’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé l’ambiance des courses d’ultra quand je suis arrivé sur le site des 24 heures de Rennes. Mais c’est avec un entraînement pas vraiment adapté que j’en ai pris le départ.

      Mon hiver sportif ne fut pas réellement une réussite, j’ai mis plusieurs semaines voire plusieurs mois à essayer de redévelopper un semblant de VMA, ne faisant illusion qu’à travers quelques bonnes séances de piste où le chrono et les sensations m’encourageaient à persévérer.

      Je n’ai pas fait de sorties longues dans l’optique de faire ces 24 heures, préférant d’abord me préparer pour le 10km puis le semi du début du mois de mars, mais avec un kilométrage moyen de 80km par semaine, je pensais avoir un peu plus de caisse au niveau de l’endurance.

      Quelques événements familiaux sont venus bouleverser une partie de cette préparation ainsi qu’un début de douleur au talon que j’ai minimisée à tort sans doute quand elle est apparue courant janvier.

      Mes récentes performances (records de lenteur sur 10km en <st1:metricconverter productid="45’" w:st="on">45’</st1:metricconverter> et sur semi en 1h39’) me laissaient penser que j’avais perdu beaucoup de ma vitesse de base, et même mes sorties en endurance à 9/9,5km/h ne me donnaient une assez grande marge de manœuvre sur mes 24h.

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      Donc mon objectif numéro 1 était de prendre le départ en espérant que la douleur ne se réveillerait pas trop rapidement puis de voir au bout de quelques heures si ça allait au niveau du rythme et des sensations. Par la suite, selon mes sensations, je verrais, ayant placé des objectifs-étapes intermédiaires (150km/168km (= 4 marathons)/175km/177km (comme l’an dernier ici)/180/185/190/ jusqu’à mon record, 191km).

      Une incertitude importante pour tout coureur à pied concernait la météo qu’on allait avoir tout au long de ce double tour d’horloge : il était prévu de la pluie et du vent, surtout dans la nuit.

      Le vent on l’a eu dès le début et il a soufflé modérément tout au long des 24h, s’avérant usant à la longue surtout quand on le prenait de face au sortir d’un long faux plat quant à lui abrité. La pluie, il en est tombé deux ou trois fois dans la journée de samedi, mais rien de bien méchant, juste de quoi faire sortir les ponchos ou coupe-vent et de les ranger un quart d’heure après. La nuit fut plus arrosée et a douché beaucoup les ambitions de chacun des coureurs présents sur le circuit.

    J’avais prévu large, très large même, au niveau de l’équipement et j’avais comme à mon habitude emporté beaucoup d’affaires de rechange, mais je préfère ça au contraire. En ce qui concerne le ravitaillement, il en a été de même, et aujourd’hui, j’ai des stocks à écouler de barres de céréales, de boissons, de compotes, de gâteaux de riz, de bananes et autres friandises et paquets de chips ou de noix de cajou que je n’ai pas consommés. Il y a d’autres compétitions à venir et j’aurai déjà la base de mes futurs ravitaillements.

    Je m’étais quand même bien organisé, ayant préparé mes petites bouteilles de 25cl en assez grand nombre (une vingtaine) pour ne pas avoir à perdre de temps à les remplir pendant la course : je n’avais qu’à passer devant mon emplacement et faire l’échange encore plus rapidement que sur une table de ravitaillement classique. Et quand elles viendraient à toutes être vides, je prendrais alors le temps de me reposer et de les remplir à nouveau.

    Autre aspect à ne pas négliger sur ces courses de 24 heures : l’ambiance, les nombreux coureurs qu’on connaît pour les avoir côtoyés sur ce genre d’épreuves ou sur d’autres ultras. Un 24 heures permet de faire la connaissance de tout le monde (athlètes et accompagnateurs, officiels, bénévoles) et de tisser avec certains coureurs des liens d’amitiés ce qui n’est pas tout le temps possible sur une course en ligne où les premiers sont loin devant, les derniers loin derrière et une fois la course terminée, les premiers déjà douchés s’en vont sans forcément se préoccuper des concurrents qui arriveront plus tard. Sur un 24 heures, on double ou on se fait doubler, parfois on marche quelques minutes pour récupérer et on peut alors discuter même si cela ne dure pas longtemps. Il y a toujours un petit mot d’encouragement, tout le monde se respecte. Bien sûr, d’être connu ou reconnu peut par moment venir perturber la préparation juste avant la course : on se disperse et on peut oublier des détails importants.

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      J’ai omis deux choses pendant ce temps d’avant course sans mettre ça sur le compte des nombreux amis que j’ai revus avec grand plaisir. D’abord, je n’ai pas prévu de sac de rechange à mon stand de ravitaillement, ne pensant pas qu’en pleine nuit j’aurais besoin de me changer dans la salle chauffée ; je croyais que j’aurais pu le faire à l’arrière de ma voiture, mais comme il a plu je me suis retrouvé bien embarrassé. Ensuite, j’ai commis une erreur, celle de ne pas changer de place de stationnement et de laisser mon véhicule sur le parking où l’an dernier j’avais trouvé commode de le garer. Mais cette année, la zone de ravitaillement a été placée 400m avant celle de l’an dernier et pour rejoindre la salle, il fallait soit faire le reste du tour avec son sac de rechange (ce que j’ai fait) soit rebrousser chemin sur cette distance ou emprunter un raccourci avec le risque qu’on nous prenne pour un tricheur quand on en serait reparti. Si j’avais pensé à mettre ma voiture en aval, je n’aurais pas perdu autant de temps en tergiversations (J’y vais ? Je n’y vais pas ?). Lors de la précédente édition, il n’y avait que 50m à faire pour aller au gymnase.

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    Bon, et la course alors ?<o:p></o:p>

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      Je suis parti avec une tenue légère, short, t-shirt avec le débardeur du club par-dessus, mes gants pour protéger mon doigt toujours convalescent, mes Nike Air Equalon+2 aux pieds, mes deux cardio-fréquencemètres et même pas de petite bouteille à la main !

      J’avais prévu d’enregistrer tous mes temps de passages, à chaque tour avec mon premier Polar, tous les 5 tours avec le second. Et donc quand j’ai vu le temps mis pour effectuer chacun de mes premiers tours et que mes sensations étaient bonnes, j’étais rassuré, d’autant plus que mon talon me laissait tranquille.

    Passage au 5ème tour (9,073km) : 57’36’’ (50ème place) (Fc moyenne 122, en dépit d’une petite alerte d’une dizaine de secondes au-dessus de 190).

    Passage au 10ème tour (18,203km) : 1h57’43’’ (52ème place) (FC moy 128, maxi 145), ravitaillement rôdé, échange de bouteilles comme prévu.

    Passage au 15ème tour (27,333km) : 2h56’47’’ (45ème place) (Fc moy 135, maxi 152), peut-être un peu en surrégime, réveil de la douleur au talon. Mise en mode MP3 et écoute de musique avec mon holster sur le dos. Petit coup de fil à Pascale pour la tenir informée.

    Passage au 20ème tour (36,463km) : 4h02’10’’ (46ème place) (FC moy 136, maxi 153), ralentissement pour diminuer les risques d’aggravation de la tendinite.

    Passage au 25ème tour (45,593km) : 5h08’29’’ (41ème place) (FC moy 136, maxi 155), avec un arrêt de 4 minutes au ravitaillement pour manger tranquillement assis et pour me reposer.

    J’ai tourné à 5 tours à l’heure pendant 3h, j’ai décidé de maintenir une cadence de 4,5 tours à l’heure le plus longtemps possible jusqu’à la première grande pause prévue initialement entre la 6ème et la 8ème heure de course.

     

    6ème heure de course où je me dis que c’est râpé pour battre le record du Monde : 5h52’39’’ pour 51,071km (base de 204km). NB : l’an dernier 53,343km en 5h57’37’’.

    Arrêt pour recrémer les pieds et changer de chaussettes au début de la 7ème heure, passage d’un autre petit coup de téléphone pour faire le point.

    Passage au 30ème tour (54,724km) : 6h33’52’’ (42ème place) (Fc moy 128, maxi 157), la FC en baisse à cause de l’arrêt d’une douzaine de minutes au début du 30ème tour.

    Passage au 35ème tour (63,854km) : 7h44’47’’ (46ème place) (FC moy 129, maxi 140). Après 8 heures de course, j’ai fait 36 tours soit 65,680km, je suis sur les bases de 197km si je poursuis comme ça, ce qui m’étonnerait à ce moment de la course. NB : l’an dernier, 67,964km en 7h48’47’’.

    Passage au 40ème tour (72,984km) : 8h58’37’’ (39ème place) (FC moy 121, maxi 148), je baisse la cadence et tourne à 4 tours à l’heure, mais je ne m’inquiète pas car je suis dans d’assez bonnes conditions malgré la douleur lancinante au pied. Ma sœur est venue me voir sur le circuit et ça m’a bien fait plaisir, d’autant plus qu’elle m’a rapporté un régime de bananes. J’avais oublié d’en acheter avant la course et c’est le genre d’aliment qui passe bien en ultra.

    J’ai fait un tour dans le sous-sol du gymnase pour aller me ravitailler en soupe chaude et casser le goût des aliments qui ne veulent plus passer.

    Passage au 45ème tour (82,114km) : 10h23’37’’ (36ème ou 38ème place) (FC moy 115, maxi 135). NB : 9h53’40’’ pour 78,462km, soit environ 79km/10h (bases < 190km).

      Il est maintenant 21 heures passées, je décide de ne pas changer tout de suite entièrement de tenue et de conserver le short. Je change néanmoins de maillot, enfilant un t-shirt en coton par-dessus lequel je mets un sweat-shirt D4, orange fluo, je change de bonnet, de gants, conserve le coupe-vent blanc que j’avais mis déjà depuis un moment. Cet arrêt long de 15 à 20 minutes devrait me permettre de tenir jusqu’à la 14ème heure, c'est-à-dire jusqu’à minuit. Je me branche sur la FM et écoute le reste du match Bordeaux-Marseille. Il y a encore 0-0 et ça ne m’a pas l’air passionnant surtout que les commentateurs ont tendance à être pour Marseille ce qui m’agace à chaque fois. Je vais quand même jusqu’à la fin de la partie que les bordelais vont perdre 3-1 déclenchant une sorte d’hystérie frisant la débilité chez les commentateurs (de toute façon, avec le PSG c’est pareil, ils sont tout aussi barges).

    Passage au 50ème tour (91,244km) : 12h03’49’’ (39ème place) (FC moy 104, max 128). NB : l’an dernier, 95,377km en 11h51’11’’).

      La course devient de plus en plus pénible pour moi, la douleur me faisant alterner la course et la marche de plus en plus fréquemment si bien que je suis au-dessous des 4 tours à l’heure.

    Je décide de m’arrêter une nouvelle fois au ravitaillement dans le sous-sol et après avoir mangé une assiette de soupe je me dirige vers la salle des kinés. Hélas, il y a une petite file d’attente et je repars pour un tour en me disant qu’au prochain, j’allais avoir de la place. Du coup je perds une dizaine de minutes avant d’effectuer mon tour et de revenir voir les kinés.

    Là, je m’arrête environ 30 à 35 minutes, le temps de me faire masser les mollets et « triturer » les pieds et de reprendre une petite assiettée de soupe. Je tiens à franchir la barre symbolique des 100km dès fois que l’envie d’arrêter la course me prendrait. Je fais un tour à vitesse réduite (6,5km/h) pour tester si le travail de la kiné a été efficace, mais comme je souffre encore, au tour suivant je me décide à prendre des affaires sèches à la voiture et à revenir au gymnase me changer. Mais comme je ne veux pas aller à la voiture et revenir sur mes pas, ça ferait deux fois 500m pour du beurre, alors je prends mon sac et je finis le tour en le portant jusqu’à la fin de la boucle en marchant (28’30’’ le tour !!!).

    Passage au 55ème tour (100,374km) : 14h10’58’’ (39ème place) (FC moy 90, maxi 111). NB : l’an dernier : 100,859km en 12h44’12’’.

      Je pense à ce moment-là que de me reposer deux ou trois heures m’aideront à repartir et qu’au vu de la perspective kilométrique actuelle je n’ai plus rien à gagner, ni à perdre.

    Donc, après 14h39’26’’ et 102,200km de parcourus, je vais me reposer au gymnase où des tapis de gym et des couvertures nous attendent.

      Je me change d’abord pour enfiler des affaires sèches, un nouveau t-shirt, un nouveau sweat-shirt D4, et mon collant. Je m’allonge les pieds surélevés sur une couverture roulée en boule, enfile le bonnet pour faire le noir et je m’endors.

    Je me réveille plusieurs fois, mais je suis tellement bien que je décide de prolonger le temps de repos en calculant que si je repars faire les quatre dernières heures, je peux atteindre les 120 voire les 126km (soit 3 marathons, ce qui a plus de gueule vu comme ça, mais qui reste loin des au moins 4 marathons ou 168km que je m’étais fixés). De plus, j’ai l’impression que dehors il flotte à seaux et à regarder autour de moi, je vois plusieurs « bienheureux » qui ont opté comme moi pour le confort douillet d’une salle chauffée et sèche.

    Quand je regarde ma montre et que je vois que la course est commencée depuis plus de19h, je décide de me lever et de me préparer à nouveau à affronter le circuit. Cela prend du temps de se recrémer les pieds, de remettre les chaussettes et les chaussures dans lesquelles j’ai placé mes talonnettes de Sorbothane sur les conseils des kinés. Il faut aussi que je me couvre bien car dehors la pluie n’a pas cessé. Je vais tenter mon retour et je verrai bien au bout de quelques minutes l’état général du bonhomme.

    Il est 6h30 à la nouvelle heure, celle d’été, et il me reste 4h30 de course. La pluie n’est pas aussi forte que quelques minutes auparavant et les sensations sont excellentes par rapport à ce que je redoutais. Donc je repars plein pot, classé à la 57ème place à ce moment de la course quand je franchis le tapis de pointage : 104,026km en 19h54’29’’. NB : l’an dernier j’en étais à 146,547km. En tout cas, depuis la fin de la 13ème heure de course jusqu’à la fin de la 19ème, je n’ai pratiquement pas augmenté mon score, et une vingtaine de coureurs en ont profité pour me doubler.

    Passage au 60ème tour (109,504km) : 20h31’40’’ (57ème position) (FC moy 60, maxi 146) L’arrêt dodo a bien fait baisser la FC. Je suis descendu jusqu’à 38 bpm pendant mon repos. Maintenant, j’enfile les tours en dépassant les coureurs scotchés sur l’anneau, en les encourageant et mon allure est régulière, la douleur a disparu, sans doute provisoirement, je ne me fais pas d’illusion, mais tant que je n’ai pas mal, je fonce … rien à perdre.

    Passage au 65ème tour (118,634km) : 21h37’40’’ (53ème place) (FC moy 117, maxi 153), l’objectif se précise et je vise les plus de 130 maintenant. Je ne suis pas souvent dépassé, seuls les coureurs des 12h et certains de la tête de la course des 24h vont plus vite que moi.

    Tantôt le temps est sec, tantôt il se remet à bruiner avec des passages de grosse bruine qui ne durent pas, mais le coupe-vent est trempé. Tant pis, pas le temps de m’arrêter, je préfère tracer et grappiller des kilomètres.

    Passage au 70ème tour (127,764km) : 22h52’39’’ (51ème place) (FC moy 110, maxi 152), je tourne à 8,5/9km/h en moyenne, mais sachant que je marche de temps à autres, les portions courues le sont à plus de 10km/h.

    Je me fixe les 75 tours au final, donc il ne faut pas flâner en route, alors je zappe au maximum les ravitaillements.

    Je passe le 75ème tour (136,894km) en 23h56’19’’ (46ème place) (FC moy 121, maxi 130) et mon objectif est d’atteindre les 137,5 et donc de m’arrêter à côté de ma voiture pour poser mon caillou et mon dossard au moment du coup de feu marquant la fin des 24h.

    Mes calculs étaient faux, je n’ai fait que 137,458km.

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    Au final, un peu déçu d’avoir été perturbé par ma tendinite au talon (bursite ?) et surtout qu’elle n’est pas en voie de disparition sauf si je … me repose ce qui ne va pas être facile à faire si je veux faire les courses que j’ai prévues en mai.

    On verra bien. Mais j’ai été rassuré par ma fin de course. Il m’a aussi manqué une grosse partie de mon entraînement, la plus importante, celle qui concerne le travail à allure spécifique sur des sorties longues de plus de 3 heures.

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    A+Fab****

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