• CR des 100km du Loire Béconnais 2006

    Certes…

    Certes je n’ai pas eu une préparation optimale pour ce 100km (deuil familial, bases de préparation axées sur le 24 heures, retour de blessure…) ;

    Certes je restais sur un échec (mon abandon sur blessure à Belvès, mes 3h40’ au marathon de Nantes…) ;

    Certes mon objectif était prudent, considérant à la fois ma préparation bouleversée, le profil de la course, le temps chaud des jours précédents, mon objectif futur et principal (<?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName ProductID="la Transe Gaule"><st1:PersonName ProductID="la Transe">la Transe</st1:PersonName> Gaule</st1:PersonName>) ;

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>

    Mais, je m’étais préparé mentalement à passer un peu plus de temps que d’habitude, sachant que mes anciennes douleurs pouvaient aussi revenir assez rapidement lors de la course.

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    Alors, que s’est-il passé pour que je mette 2 heures de plus que mon ancienne moins bonne performance sur 100km (10h42’) et près de 4 heures de plus que mon temps record (8h47’) ? (Record qui date du siècle dernier, mais tout de même !).

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    Chapitre 1 : la veille de la course.

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    Arrivé vers 18 heures le samedi, je suis allé retirer mon dossard et les « cadeaux » offerts par l’organisation à tous les participants : une bouteille de vin d’un producteur local, un t-shirt, un porte-document de bonne qualité contenant plusieurs bricoles et prospectus. En tout cas, ça fait toujours plaisir de recevoir quelque chose avant la course. L’accueil a été très chaleureux, et ce sans jeu de mots, même si ça pouvait constituer un signe prémonitoire sur le lendemain qu’on se préparait à subir.

    Déjà 19 heures. Il faut que je file à la pasta-partie qui était organisée dans un village voisin, à Saint-Georges sur Loire, qui se trouve être aussi une des villes étapes de <st1:PersonName ProductID="la Transe Gaule."><st1:PersonName ProductID="la Transe">la Transe</st1:PersonName> Gaule.</st1:PersonName> J’en ai donc profité pour aller « réviser » les dix derniers km de cette étape (Châteaubriant-StGeorges/Loire) prévue  le 20 août.

    A la pasta, je fis connaissance de plusieurs coureurs (néophytes pour beaucoup) et je revis avec grand plaisir les habitués de ces distances, qui ont un palmarès de participation rendant le mien tout petit.

    De retour au gymnase où j’allais dormir, j’installai tout mon petit barda, j’étrennai par la même occasion la valise à roulettes offerte par ma femme, et je préparai tous les petits détails afin de me rendre l’avant-course du lendemain plus « facile » et moins stressant.

    Je me couchai dans ce gymnase surchauffé par les rayons du soleil de la journée et l’air un peu plus frais qui parvenait à entrer dans la salle par les portes laissées grandes ouvertes me fit beaucoup de bien. Pour m’endormir, je pris le walk-man afin d’écouter le match Italie-USA. Je m’endormis sans doute assez rapidement une fois la fin du match sifflée…

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    Chapitre 2 : la nuit fut courte et le réveil…brusque.

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    Les lumières de la salle s’allumèrent vers trois heures du matin pour permettre aux coureurs retardataires de prendre leur dossard.

    Je me levai, me préparai suivant un rituel bien rôdé depuis le temps que je procède comme ça : pansements de protection, crèmes anti-frottements, tenue à ajuster correctement pour éviter les « faux plis » qui brûlent, boissons, sac de rechange… la routine, quoi !

    Je n’oubliai pas non plus d’aller prendre le petit déjeuner, vers 4 heures, qui se composa de trois morceaux de pain avec de la confiture, d’une tranche de brioche, et de deux cafés noirs légèrement sucrés. De retour au gymnase, je fis les derniers préparatifs, les derniers ajustements, et je mis toutes mes affaires dans la voiture garée à 20m de la ligne d’arrivée, par laquelle on allait passer trois fois ; je déposais sous un banc mon sac de rechange, afin de le retrouver dès la fin du premier tour.

    L’heure du départ approchait, tous les coureurs durent rallier la ligne de départ située à 800m de là, à pied.

    Sur le site du départ, je retrouvai des habitués, et je fis connaissance de Romain Valle*, Transe Gaulois 2004, qui remet « le couvert » lui aussi pour l’édition 2006. Nous décidâmes de partir ensemble, ayant confronté nos objectifs pour la journée. Le mien était de partir sur les bases de 32’30  aux 5km pour rester dans un tempo de 11 heures au final. Le sien en était très proche : faire moins de 12 heures sans « taper dedans » afin d’être prêt pour le Tour du Golfe du Morbihan au début du mois de juillet.

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    Chapitre 3 : le départ… là où je vis que cela n’allait pas être si facile que ça.

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    Le départ fut donné à 5h03. Le jour se levait, le ciel était clair, une demie Lune nous accompagnant dans la campagne aux alentours. Premiers hectomètres et premières côtes, gentilles à ce moment de la course, atténuées par la semi obscurité. Le temps passait vite à discuter avec Romain : 5ème km atteint en 32’27, quelle précision ! On est dans les temps ! Les portions planes, les côtes, les descentes se succèdent, les ravitaillements arrivent au bon moment, l’allure était maintenue un petit peu au-dessus des prévisions, mais si peu… 1h03’43 au km10, 2h07’09 au 20ème. La partie la plus vallonnée du parcours arrivait ; elle allait nous faire ralentir un peu, nous avions décidé d’alterner course et marche dans les longues montées : le 30ème km fut passé en 3h15’20, et la fin du premier tour en 3h40’environ. J’étais 44ème je crois. La cadence pour faire 11 heures était respectée, mais déjà l’ardeur des rayons du soleil commençait à entamer les réserves. Il faisait chaud et il fallait continuer de boire régulièrement (au moins 50cl tous les 5km, voire <st1:metricconverter ProductID="2 litres">2 litres</st1:metricconverter> tous les 15km, ou si vous préférez, <st1:metricconverter ProductID="1 litre">1 litre</st1:metricconverter> à l’heure, c’est selon le mode de calcul et la vitesse de déplacement !).

    Le passage au marathon eut lieu en 4h38’, petit à petit la fatigue commençait à se faire sentir, m’obligeant à laisser Romain partir devant : c’est ce qu’il fit au ravitaillement du 45ème km. Ma cadence allait baisser pour passer de <st1:metricconverter ProductID="33’">33’</st1:metricconverter> aux 5km environ à 38’/40’ aux 5km, et ce jusqu’au 60ème km passé en 6h54’ (C’est facile de calculer une vitesse à partir du temps mis au 60ème km : 6h54’=6’54 au km, soit un peu plus de 8,5km/h). Depuis un moment, les périodes de marche s’étaient allongées ainsi que les arrêts aux postes de ravitaillement : cela faisait tellement de bien de s’attarder avec toutes ces personnes bénévoles très sympathiques et qui étaient aux petits soins pour nous, les forçats du bitume. Je ne les remercierai jamais assez d’avoir su relancer ma motivation et ma détermination.

    Ce deuxième tour fut néanmoins une véritable galère physique si on le compare au premier, et quand je le finis, mon ami Romain m’annonça qu’il préférait stopper là pour ne pas risquer le coup de chaleur et compromettre sa participation au Tour du Golfe du Morbihan.

    J’ai hésité à en faire de même, d’autant que les abandons étaient nombreux à cette heure (il était 13 heures environ et la chaleur avait fait beaucoup de dégâts). Je changeai ma casquette pour en prendre une de type « Saharienne », changeai mes bandeaux et autres mouchoirs me servant d’éponge, renouvelai mon ravitaillement personnel, et je repartis, seul, vers ce que j’espérai être un dernier tour sans trop de souffrances.

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    Chapitre 4 : un dernier tour… d’enfer.

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    Je décidai au début de ce dernier tour d’accélérer un peu, pour rattraper le temps mis à hésiter entre arrêter ou continuer, et je passai au 70ème km en 8h24, au 75ème en 9h et au 80ème en 9h40’.

    Plus que 20 bornes ! Là, je me mis à calculer le temps qui me restait : plus possible de maintenir cette cadence pour faire moins de 12 heures, ou alors à quel prix ? Je me décidai donc à ne pas m’exposer à une fin trop douloureuse, et je continuai mon petit bonhomme de chemin en coupant les longues périodes marchées par des fractions courues (alors qu’avant c’était l’inverse). Du 6km/h pendant <st1:metricconverter ProductID="10 km">10 km</st1:metricconverter>, en comptant les longs arrêts aux postes de ravitaillement pour me faire masser et réconforter.

    Au 90ème km, passé en 11h20’ environ, je me dis qu’à ce rythme j’allais dépasser les 13 heures et que surtout j’allais inquiéter ma famille qui devait penser que j’étais déjà arrivé et même sur le chemin du retour. Alors, je repris un rythme de course plus constant pour atteindre le km95 en presque 12heures. Plus que 5km ! et une heure pour les faire ! Je continuai donc quand même à courir jusqu’au 98ème km où je rattrapai 2 coureurs qui … marchaient. Je décidai de terminer avec eux, à la marche moi aussi : nous franchirions ensemble la ligne d’arrivée.

    Ces <st1:metricconverter ProductID="20’">20’</st1:metricconverter> pour faire 2km ne me parurent pas très longues, chacun racontant ses petits états d’âme, son passé sportif… L’un d’eux est un marcheur belge qui a fait presque toute la course en … marchant (à près de 8km/h, il faut le faire, mais c’est un habitué de la chose). L’autre coureur est un « rescapé » de la vie : il y a 8 ans, le corps médical le déclarait perdu pour le sport ; il souffrait d’une maladie qui devait lui faire perdre ses deux jambes. Lui, il refusa avec une énorme volonté de se faire amputer, et décida de lutter pour prendre le dessus. Ses mots furent « Je veux montrer que je suis plus fort que la maladie », et le fait d’aller au bout de son premier 100km en est une preuve.

    Nous arrivâmes main dans la main en 12h43’55, classé 25, 26 et 27ème sur un nombre de partants d’environ 80.

    Quels encouragements nous reçûmes ! Vivas de la foule, applaudissements, nous eûmes droit aussi de livre nos premières impressions au micro.

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    Epilogue.

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    Alors, au bout du compte ?

    Et bien, aussi paradoxal que cela puisse paraître, je suis aussi heureux, sinon plus, d’être allé au bout de cette course, qu’au bout de toutes les autres faites auparavant.

    Pour moi, c’est comme si ça avait été mon premier 100km.

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    La lecture des résultats m’a aussi permis de relativiser ce que j’ai appelé une contre-performance :

    Le vainqueur met 8h33’, il y a 7 coureurs sous les 10 heures, 7 autres entre 10h et 11h, 6 entre 11h et 12h, 7 entre 12h et 13h…

    Tous les coureurs arrivés, et dont ce n’était pas le premier 100km, ont mis en moyenne 10 à 15% sinon plus encore, que d’habitude. Donc, en extrapolant, d’après cette formule (que j’ai « inventée » d’après ce que j’ai observé), un temps de 10 heures se transforme en 11h30, un 11h équivaut à 12h40, etc…

    La chaleur et le profil vallonné du parcours ont donc été déterminants dans ces temps situés bien au-delà des chronos habituels.

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    Maintenant, place à la récupération. Il y a <st1:PersonName ProductID="la Transe Gaule">la Transe Gaule</st1:PersonName> dans moins de deux mois, il faut que j’y arrive frais, non blessé, mais il faudra que je récupère un peu de vitesse, afin d’avoir un peu de marge.

    En tout cas, ça m’a fait une bonne révision, à la fois physique et mentale pour ce qui m’attend.

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    A+fab*

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