• Suite à mes visites successives (scintigraphie, Unité d'évaluation de la douleur, Clinique de la main) j'ai une idée plus précise sur l'origine et le devenir de mes douleurs.

    En fait, je souffre d'une algodystrophie, appelée maintenant SDRC (Syndrome Douloureux Régional Complexe) de la main droite, résultant soit de mon infection au doigt, soit de l'opération qui a suivi. Dans un cas comme dans l'autre, j'ai beaucoup souffert et cela a pu être l'élément déclancheur de ce SRDC.

    J'ai aussi des douleurs au niveau du bassin, et plus précisément en rapport avec toute la zone "pubienne" et les muscles qui y sont rattachés. Ces douleurs sont très génantes en position allongée (ce qui me réveille la nuit) et lors de certains footings où j'essaie d'accélérer. En revanche, je ne ressens aucune douleur à la marche et lors de mes sorties à vélo.

    L'entraînement est donc "réduit", surtout en ce qui concerne la course à pied.

    Actuellement, je cours 3 à 4 fois par semaine, entre 40' et 1h20', à 9/9,5km/h en moyenne. J'ai tenté de reprendre le fractionné sous forme de 30/30ais cela s'est vite avéré douloureux à très douloureux d'où l'arrêt de ce type d'entraînement. Lors de mes sorties courtes en endurance, je n'ai pas mal pendant la majorité du temps, mais souvent la fin du footing est difficile avec la réapparition progressive de la gêne et de la douleur, même si celle-ci n'est pas très intense.

    Donc, afin de ne pas perdre trop de mes capacités cardiovasculaires, j'effectue des sorties à vélo (un VTC) de 45' à plus de 2h. Selon mon emploi du temps, je fais entre 2 et 5 séances de vélo par semaine, dont certaines entre 40 et 50km.

     

    Dans les deux situations (SDRC et douleurs au bassin), c'est la douleur qui entretient la "maladie". Donc, il faut que je fasse travailler ma main, par exemple, sans créer la douleur, et c'est le même principe qui doit primer lors de mes activités physiques de course en particulier.

    Quand dois-je espérer guérir ?

    Pour le SDRC, l'échéance se compte en mois (de 18 à 36); la totale rémission n'est cependant pas assurée, je dois m'attendre à conserver des séquelles.

    Pour bassin, en semaines.

     

    à+Fab****


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    Je suis revenu de Sète mardi 25/08, tout seul en voiture comme un grand, sans besoin d'aide :D . J'ai dit au revoir à Damien (Gourdoda) et Manue qui restent en vacances dans le sud ainsi qu'à Gwen et sa petite famille avec qui je partageais l'emplacement dans le camping de Balaruc.

    Avant de revenir plus en détail sur la course, je précise déjà que le moral est bon, la santé aussi si l'on peut dire, en tout cas, je n'ai pas de courbatures (pas assez couru) et peu de bobos, seulement des débuts d'ampoules au bas des talons provoqués par la marche. Il faut dire que je ne m'étais pas entraîné à marcher de longues heures durant et ça, ça fait mal aux pied quand on porte des runnings. Je n'étais pas venu pour marcher ni faire de la randonnée, mais simplement pour courir. Ce qui m'a rendu la course difficile c'est le poids de mon sac à dos (environ 6 kg) dont la lourdeur tenait au fait que j'étais en autonomie totale. J'avais juste placé des bouteilles d'1,5 litre tous les 10km environ.

    Chronologiquement, mon périple a commencé jeudi 20/08 à 9h30 quand je suis parti de chez moi en voiture, direction Rodez.
    Après un long voyage où j'ai quitté l'autoroute assez tôt (Niort) pour prendre des nationales et des départementales ("Je hais les routes départementales ..." disait Jean Yanne, mais en voiture, je ne les apprécie pas non plus), je suis arrivé à Rodez vers 17h.
    Le travail de placement des bouteilles allait commencer. Je pris donc la direction de Sète en suivant scrupuleusement le road-book et trouvai un endroit au bout de 15km où je cachai une bouteille (derrière une barrière de sécurité) en prenant soin de placer des gommettes de couleur et un morceau de rubalise pour que je puisse facilement retrouver l'endroit quand je courrai.
    Par la suite, je plaçai des bouteilles environ tous les 10 à 12 km et repérai les villages où je pourrais éventuellement me ravitailler en aliments solides afin de changer des barres de céréales que j'avais prévu d'emporter.
    Les paysages traversés étaient magnifiques et me donnaient un aperçu de ce que j'allais vivre le dimanche et le lundi. Mais la chaleur ambiante (36°) m'inquiéta aussi car si on devait avoir cette chaleur lors de la course, ça serait terrible.
    La nuit était tombée après un joli coucher de soleil que j'admirai un temps, tout comme les centaines d'adeptes d'un centre de bouddhistes que j'aperçus à flanc de montagne.
    Par la suite, la route descendait mais je ne pus prendre celle de la course, déviée pour raison de travaux et dus faire un grand détour pour rejoindre Lodève (km131). Il faisait toujours chaud.
    Je passai à Lodève au moment de la finale du 200m de Berlin (21h30 environ) et après avoir dîné je décidai de remonter une partie de la route que je n'avais pu prendre dans l'autre sens, afin de placer un ravitaillement en eau sinon ça m'aurait fait trop long (15km) entre le précédent et la ville.
    J'ai continué mon "balisage-ravitaillement" jusqu'à 15km de l'arrivée en me disant qu'à ce moment là de la course, j'aurais des commerces à proximité.
    J'arrivai à Sète peu après minuit et allai me stationner sur le parking longue durée de la gare.
    J'ai dormi (enfin j'ai plutôt essayé de dormir) dans mon véhicule, mais en raison de la chaleur, de l'exigüité de mon véhicule et des annonces des passages des trains en gare par haut parleur, j'ai somnolé en pointillés.

    Le matin, vendredi 21/08, vers 6h30, je préparai mon barda pour rallier Rodez par le train d'abord puis par le car : Sète - Béziers, Béziers - Sévérac le Château, Sévérac le Château - Rodez. Départ 8h18, arrivée 12h47. Et une fois à Rodez, 35° à l'ombre, je devais attendre plus de 3h pour prendre un car pour St Cyprien/Dourdou, lieu de rendez-vous des Mini Mil Killers. Je préférai prendre un taxi afin d'aller prendre une douche au camping dans les meilleurs délais.

    Arrivée au camping : 15h. J'y retrouvai d'autres coureurs déjà installés.
    La tente montée, la douche prise, je fis une bonne sieste afin de ne pas manquer de sommeil dans deux jours.
    Il faisait chaud, mais il y avait de l'air et à l'ombre ça rafraîchissait.

    Jusqu'au samedi soir 22/08, le lendemain donc, je me suis bien reposé et j'ai profité d'avoir du temps pour discuter avec les copains (gourdoda, Gwen, et tant d'autres que j'avais plaisir à voir ou revoir).
    J'ai aussi vu et revu mon sac à dos afin d'y placer tout ce dont je risquais d'avoir besoin pendant la course que j'avais prévu de faire en autonomie totale. Au bout du compte, le sac semblait peser une tonne et je me doutais que ça n'allait pas être facile de courir avec ça sur le dos, mais je n'avais pas d'autre choix.
    JB, l'organisateur, fit le briefing dans le camping, à l'ombre, sous le regard étonné des autres vacanciers qui devaient bien se demander quelle était cette "secte" de personnes habillées en jaune fluo pour certaines (c'est la couleur du TS offert aux participants).

    Le jour du départ, le dimanche 23/08, on se donna rendez-vous à St Cyprien devant le Café des Sports pour rejoindre le site du départ (Place St Cyrice à Rodez, au km 800 de la Mil Kil) d'où le top chrono devait être donné à 8h précises, soit exactement 7 jours après le départ de la Mil Kil.
    Pendant le trajet (30km) nous avons eu la chance de voir et d'encourager Alex Forestieri qui menait la MilKil. Il lui restait une dizaine de km avant d'atteindre Rodez et il n'aurait pas le temps de nous rattraper avant notre départ. Mais après, qui sait ?

    Journalistes, photos, dernières discussions et le départ fut donc donné à 8h.

    Dimanche 23 août : 8h00.

    JB donne le départ de la Mini Mil'Kil à exactement J+7 de la Mil'Kil, pour synchroniser les temps.
    Une longue descente assez pentue de 1500m environ va nous servir d'échauffement et les premières sensations de course sont bonnes : pas de douleur ni au bassin, ni ailleurs, mais le poids de mon sac se fait sentir. Il m'aide à descendre, mais qu'en sera-t-il sur le plat et dans les montées qui s'annoncent nombreuses (3000m de D+ prévus jusqu'à Sète) ?
    La météo est au beau fixe, avec un grand soleil, et comme il faisait un peu frais dans la vallée du Dourdou j'espère vivement que la fraîcheur nous accompagne le plus longtemps possible.
    Le soleil étant à l'Est le matin, ce n'est pas une nouveauté :wink: , tout le monde va rester à l'ombre des haies en courant sur le côté gauche de la chaussée.
    Une première montée, assez raide, va me montrer que mon sac est très (trop) lourd et je suis obligé de piocher un peu pour conserver une allure de course supérieure à mon allure de marche. Nous sommes partis groupés en discutant dans la descente "neutralisée", mais maintenant tout le monde court à son rythme et je me retrouve bien vite parmi les derniers. Pas grave, je sais que la course va durer plus que de raison et que certains sont peut-être partis trop vite et risquent de le payer plus tard.
    Vers le km 6,6 nous avons quitté le parcours de la Transe Gaule et je me retrouve alors en pays "inconnu".
    J'atteins Flavin (km 8,7) en 1h06', ce qui me donne une idée de mon allure : 7,9km/h. Pas rapide tout ça et déjà je n'aperçois plus personne devant sauf Philippe et Charles avec qui je vais faire un bout de route.
    Je n'ai pas très soif et n'ai pas besoin de m'arrêter acheter de quoi manger, ayant pris un petit-déjeuner copieux au camping. Ma première bouteille m'attends au km 14,9 bien cachée et repérable avec des gommettes et de la rubalise. La route monte puis descend maintenant.

    La Capelle Viaur, km 13,4 passée en 1h41' (toujours à 8km/h environ de moyenne) , puis le pont sur le Viaur suivi d'une remontée de plus de 4,5km.
    Au km 14,9 je m'arrête pour retrouver ma bouteille afin de refaire le plein d'eau et surprise ! Pas de bouteille ! Je m'y prends à plusieurs reprises pour la retrouver, mais hélas elle a disparu. Une farce d'un concurrent ? Un promeneur qui l'a ramassée ? Peut-être a-t-elle glissé et est-elle tombée en contre-bas dans le ruisseau ? En tout cas, me voilà fortement ennuyé et heureusement que les accompagnateurs d'autres coureurs sont dans le coin me proposent de l'eau car j'aurais été bien embarrassé sans eau : ça commence bien ! En plus je perds 10 minutes dans l'histoire.
    Le parcours est vallonné, il ne fait pas encore trop chaud, mais je sens que la température monte dès qu'il n'y a plus de haies.
    J'espère que ma seconde bouteille sera là.
    Je franchis le village de Trémouilles en 2h32' au km 18,8. Ma moyenne est descendue à 7,4km/h. Le paysage est beau, des éoliennes tournent au loin et je sais que je vais bientôt aller les voir de plus près car la route passe à côté.
    Mon second ravitaillement se trouve au km 25,6 et avec mes trois compagnons de route (Philippe, Charles et Daniel) je suis tout content de le retrouver sans trop de difficulté. Cette fois la course est lancée !

    Le village suivant, Canet de Salars au km 29,3 (4h12'),  est animé. Il y a une brocante ou un vide grenier ou peut-être un vide hangar vu le nombreux matériel agricole entreposé. Il est midi et quart presque et la foule ne se pousse pas vraiment pour nous laisser passer je heurte même un jeune Guignol aviné qui change de direction à chaque pas en lui promettant de revenir lui coller un pain quand j'en aurais fini avec la course et qu'il aura désaoûlé. C'est dire qu'il m'a bien énervé et que je me rends compte que je commence à perdre de ma lucidité en me tracassant sur mes temps de passage à venir. C'est que j'ai prévu d'atteindre certains patelins avant la fermeture des commerces et là, je commence à accumuler du retard sur mes prévisions pourtant pas très rapides.
    Je retrouve ma bouteille N°3 à l'entrée de Salles-Curan après avoir admiré les bords du lac de Pareloup où se trouvent des campings.

    Salles-Curan, 5h23' de course pour 36,9km. Moyenne : 6,85km/h. J'ai beaucoup marché avec mes compagnons de route et je ne sais pas marcher vite donc du 5km/h ça plombe la moyenne !
    Si en plus je m'arrête dans un café-restaurant pour boire deux panachés bien frais, avec Philippe et sa soeur Christine qui l'accompagne en auto), la moyenne va encore chuter. La boulangerie que j'avais repérée l'avant-veille est fermée car j'ai 1h de retard sur mes prévisions. Mais je n'ai pas plus faim que ça et mange mes barres de céréales : j'en ai emporté 18 auxquelles il faut ajouter 6 pâtes de fruits et 6 barres de pâtes d'amandes. Christine me propose une banane que je mange avec plaisir. Après cette pause de 25 minutes, nous repartons et faisons la jonction avec Daniel qui s'était arrêté à l'ombre pour se reposer. Nous marchons plus que nous courons et je commence à ne pas aimer, mais je ne peux assurer un tempo trop rapide en courant au risque de réveiller mes douleurs au bassin qui jusqu'à présent me laissent tranquille.

    Maintenant, ça monte dur, nous allons vers le Col de Vernhette (alt 1029m). Un peu avant, il y a un village, Bouloc (7h24' / km 46,9 / moyenne 6,3km/h) où un bistrot est encore ouvert. Je prends un nouveau panaché, me recrème les pieds qui me chauffent un peu, demande de me faire remplir mes bouteilles d'eau fraîche et je repars à la recherche de ma bouteille N°4 que je retrouve facilement. Elle était à l'ombre, donc encore fraîche elle aussi.
    Ce nouvel arrêt de 20' va faire encore baisser la moyenne et je crains pour la nuit que je n'ai pas prévu de passer là où je risque d'être quand elle va tomber. Mais il y a le temps, il n'est que 16h quand je passe le Col de Vernhette au km 49,2 en 8h00'. Ma moyenne est de 6,15 km/h : ça baisse, ça baisse, ce n'est plus vraiment de la course et je ne prends pas mon pied pour résumer la situation.
    Heureusement qu'au col une surprise va m'attendre : un couple d'Aveyronnais nous klaxonne et s'arrête un peu plus loin. Perdu dans mes pensées je ne le reconnais pas encore et lui non plus d'ailleurs quand soudain j'ai l'étincelle : Jérôme et Marie ! Mes amis de St Cyprien sur Dourdou, ceux qui m'avaient rencontrés sur la Transe Gaule 2006 et que j'ai revus depuis lors de chaque édition. Jérôme est pâtissier et a pris l'excellente habitude de proposer aux coureurs de la TG des flans et des gâteaux énergétiques. Avec ma barbe, ils ne m'ont pas reconnu tout de suite, mais quand ils s'aperçoivent que c'est moi, ils sont tout aussi heureux que moi. Ils me proposent de l'eau pétillante bien fraîche ainsi que des flans et je leur dis que je préfèrerais les prendre plus tard car l'épisode du panaché au café de Bouloc est encore tout frais.
    Donc, rendez-vous au prochain village.
    Ce sera à Montjaux, au km 54,7 atteint en 8h50' (moyenne 6,20 km/h) après une belle partie de route en descente d'où j'aperçois et admire le viaduc de Millau. Nous sommes entrés dans le Parc Naturel Régional des Grands Causses : c'est très joli et vu mon allure "escargotesque" pour ne pas dire "escargrotesque" j'ai le temps de regarder la vallée.
    A Montjaux, nous nous arrêtons avec Philippe et Daniel, rejoints par Claudiane et Marie-Jeanne qui vont repartir assez vite car faisant la Mil Kil en plusieurs étapes (3 jours environ).
    Mes amis Jérôme et Marie sont là et nous payent un coup à boire (encore un panaché bien frais pour moi) et m'offrent des flans qui vont apaiser ma faim et compenser ma déception de n'avoir pu me ravitailler dans les précédents villages.
    25' plus tard, je dois repartir non sans avoir mis un pansement protecteur à un de mes talons abîmé par trop de marche : je ne suis pas fait pour marcher mais pour courir et donc mes chaussures elles non plus n'apprécient pas ces trop longs moments sans courir. Je commence quand même à boiter et je me demande si cela ne va pas avoir des conséquences fâcheuses dans quelques heures. Je dis au revoir à mes amis et reprends la route essayant de faire la jonction avec Philippe et Daniel ou l'une des filles. Mais tout le monde est trop loin, je ne les aperçois plus alors je file à mon rythme en plein cagnard et je me dis que bientôt je vais aller à la chasse de ma bouteille suivante, la N°5, située près de la borne 33 de la route et repérable par de la rubalise accrochée à un buisson.
    Au soleil, une bouteille d'eau chauffe : j'ai le droit à de l'eau chaude, alors je m'arrose avec pour me laver un peu la tête, les jambes et les bras. En courant ça va me rafraîchir peut-être.

    Prochaine étape : St Rome de tarn, km 63,5, au bout de cette longue descente depuis le Col de plus de 14km. L'altitude est passée de 1029 à 332m et la fin est plus sinueuse que le début ce qui offre des portions de route à l'ombre. Mais qu'est-ce qu'il fait chaud ! et dire que j'aurais dû passer ici il y a plus de 2 heures maintenant !
    St Rome : 10h36' de labeur pour 63,5km : moyenne = 6km/h à peine ! Mes plans nocturnes tombent à l'eau car je ne serai jamais là où j'avais prévu à temps et je redoute une certaine partie du parcours à effectuer en pleine nuit noire tout seul avec ma frontale. Enfin, on verra bien.
    A St Rome, je rejoins Philippe et Daniel avec qui je vais au café espérant trouver de quoi me restaurer avant d'attaquer la soirée et la longue remontée vers Roquefort où je sais qu'il n'y a pas de commerces.
    Marie-Jeanne, Claudiane et Charles ont arrêté la course provisoirement pour passer la nuit dans le camping du village et mes compagnons et moi décidons après une longue pause d'une heure de repartir sur la route. Jean Benoît est venu nous rejoindre au café et nous informe de l'état des troupes : Gourdoda est passé en 2ème position derrière l'intouchable Vincent qui prépare la Badwater 2010, et certains commencent à avoir des difficultés à se ravitailler à cause de la chaleur de la journée. Ils ne peuvent plus s'alimenter et sont malades, comme Gilles par exemple.

    Quand nous repartons, nous rattrapons Gilles qui a fait une pause de 3h pour essayer de reprendre des forces et quand il nous a vus, il était prêt à repartir.
    La soirée n'est même pas fraîche, le soleil se couche, il y a un peu d'air, mais pas de quoi se rafraîchir.
    Je retrouve ma bouteille N° 6 qui est tiède, mais j'ai encore assez d'eau donc j'en bois un peu et donne le reste à Christine, la soeur de Philippe pour qu'elle la garde pour éventuellement dépanner quelqu'un qui en aurait besoin.
    Pour moi, c'est de plus en plus difficile, la marche ayant fait son travail de sape sur mes deux talons, j'ai même mal quand je cours et peu à peu je ressens des douleurs au bassin qui se réveillent en raison de ma foulée inhabituelle.

    Dans ma tête, c'est un peu le chaos : vais-je avoir envie de poursuivre la route ? Vais-je profiter du passage à Roquefort (km 78,7)pour m'arrêter dormir sur un banc pour repartir plus tard moins fatigué ?

    Avant d'arriver à Roquefort, il y a le village de Lauras à franchir et son giratoire où paissent des moutons (des faux, en métal chromé) : km 75,6 atteint en 13h50' environ soit à la moyenne effarante de 5,46km/h ! Nous avons mis 2h13 pour faire 12,2km mais si l'on ajoute l'heure d'arrêt pendant laquelle le chrono tournait quand même, ça donne une moyenne de moins de 4km/h. A ce rythme là, Sète ne sera même pas atteinte demain soir !
    Il fait déjà nuit noire et la route recommence à monter.
    Ma bouteille N° 7 se trouve sur une petite aire qui ressemble à un petit parking caillouteux et nous mettons à trois avec nos frontales pour rechercher la rubalise puis la bouteille que je finis par retrouver, tiède encore malgré la nuit.
    Allez, encore deux bornes et nous arrivons à Roquefort dont nous apercevons l'éperon rocheux éclairé par des projecteurs.
    Roquefort, km 78,7 en 14h28' et moyenne de 5,44km/h. On n'avance pas et la marche m'est de plus en plus pénible, douloureuse même, et les courtes portions de courses ne sont même plus agréables car mon sac à dos pèse encore trop lourd.
    J'hésite longtemps avant de choisir entre repartir et affronter la nuit ou rester dormir sur un banc quelques heures, avec les lumières de la ville comme compagnes.

    C'est décidé, je repars avec Philippe, Daniel ayant continué à avancer. Nous le retrouvons à la sortie du village; il nous attend car il ne veut pas affronter cette partie du parcours tout seul dans la nuit sombre. A plusieurs, on discute, le temps semble passer plus vite. Mais moi je n'arrive plus à suivre et je me décide peu à peu à terminer l'histoire en arrêtant les frais dès que possible.
    Au km 84,7 là où la soeur de Philippe avait garé son véhicule pour l'attendre, je choisis l'option abandon sans trop de frais mais par sécurité. Combien de semaines mettrai-je pour récupérer si je persiste et aggrave mes blessures. Si encore les pieds n'avaient pas été blessés, j'aurais pu continuer en marchant, mais comme c'est la marche qui me les a abimés et que la course est devenue trop douloureuse, je n'ai pas d'autre issue.
    A presque minuit, donc, je demande à monter dans la voiture et à abandonner.

    Au total, j'aurai "couru" 15h48' pour une distance de 84,7km. Loin, très loin, trop loin de mes attentes. Je pensais pouvoir tenir le 7/7,5 km/h jusqu'à Lodève (km 131) que je voulais atteindre vers 2 h du matin.
    C'est raté !

    La suite de ma nuit (on est maintenant lundi 24/08) va consister à tenir compagnie à Christine qui va ravitailler son frère tous les 5km (donc toutes les heures) jusqu'à ce qu'on arrive à un endroit où je pourrai prendre un car ou un train pour retourner sur Sète récupérer ma voiture. J'en profite pour ramasser mes bouteilles au fur et à mesure que nous passons à côté d'elles jusqu'à un village où il y a une gare. Hélas, on est lundi et il n'y a pas de train les lundis des vacances. Donc je suis contraint de continuer jusqu'à Lodève. Cela ne me gène pas car j'encourage les gars, mais je suis crevé et j'aimerais tant prendre une bonne douche.
    Les deux compères, Philippe et Daniel, vont s'arrêter dormir 4 heures dans un hameau éclairé, sur un petit parking privé, sur l'herbe, emmitouflés dans un duvet ou une couverture de survie. J'ai froid dans la voiture et je sors la mienne pour dormir aussi. Vers 6h, les gars se réveillent et repartent : nous allons les suivre jusqu'à Lodève où je pourrai prendre un car vers Montpellier puis un train pour Sète. C'est Pascale qui me renseigna par téléphone de l'existence de ces lignes et des horaires. Dans la matinée je reçois un coup de fil de Manue, l'amie de gourdoda, qui m'informe qu'il est incapable de continuer, n'arrivant plus à s'alimenter. Il est au km 150 et compte arrêter si ça ne va pas mieux.

    Christine me dépose à Lodève à midi et j'ai le temps de manger quelque chose avant de prendre le car pour Montpellier puis le train pour Sète où j'arrive vers 15h. Je récupère ma voiture sur le parking longue durée de la gare, paie 24€ de frais de parking et pars vers le site d'arrivée de la Mil'Kil, sur le Panoramique des Pierres Blanches.
    J'y retrouve JB et son équipe ainsi que ... Manue et Gourdoda qui a définitivement abandonné. Il dort sous un arbre, à l'ombre. Chut ! Faut pas le réveiller :wink:

    Quelques petites bières après, gourdoda s'étant aussi réveillé, nous partons à la recherche d'un camping. J'en avais repéré deux sur Balaruc avant de partir de chez moi et après avoir tournicoté plusieurs minutes à la recherche du premier en vain, nous trouvons le second terrain, le Mas du Padre, où nous prenons un grand emplacement afin de placer nos deux tentes ainsi que les deux tentes de Gwen et sa petite famille. quand il sera arrivé. Là, il est encore à plus de 25km du but, ce qui fait 5 heures au moins pour s'installer et le voir arriver.

    De retour aux Pierres Blanches, le site de l'arrivée, j'ai le plaisir de voir que Philippe B* est arrivé (en 3ème position) et nous discutons. Nous nous installons pour manger. Pas encore servi et voilà Gwen qui est annoncé : nous nous levons pour le voir arriver et le féliciter pour sa 4ème place. Ensuite, nous dînons et je dévore des brochettes de boeuf et de magret de canard, le tout arrosé de bière(s).

    Bien fatigués, Gourdoda, Manue et moi décidons de rentrer au camping, mais un autre coureur est annoncé, alors nous l'attendons. Il s'agit de Yannick Dorlé dont j'avais fait la connaissance lors des 24 heures d'Aulnat en novembre 2008. Après l'avoir félicité lui aussi pour son exploit, nous allons enfin nous reposer car la fatigue commence vraiment à se faire sentir, surtout le manque de sommeil.

    Mardi 25/08 : il faut rentrer.

    Démontage de la tente puis retour sur le l'arrivée où je fais connaissance avec Alex forestieri, vainqueur de la Mil' Kil, arrivé vers 2h du matin et battant son propre record sur la distance en 8j 18h 03' 30". Je revois avec plaisir aussi Christian Efflam, second de la course en 8j 21h 16' 00". Gilbert Codet et Serge Girard sont annoncés dans trop longtemps pour que je puisse attendre leur arrivée, si bien que je reprends la route vers Rezé. Le temps de dire au revoir à tout le monde et je file vers Béziers...

    Il est 14h30, je vais arriver vers 20h30 à Rezé.

    Bilan du séjour:

    1800km en voiture + 400km en transports en commun (train + car + taxi)

    84,7km en "courant"

    Coût total (transports + bouffe + hébergement + inscription) = 600€

    C'est peut-être un peu cher, mais j'avais besoin de ce petit break où j'ai pu rencontrer des personnes avec qui je n'ai pas souvent le temps de discuter et de partager ces moments particuliers liés aux courses d'ultra.

    à+Fab****

     


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  • 19 avril 2009 - 11 juin 2009

    Imaginez 54 jours pendant lesquels quotidiennement vous avez à parcourir en moyenne 70km en courant sur des routes sur lesquelles au fil du temps vous vous êtes usés tant physiquement - on le serait à moins - que mentalement, sur des routes qui se sont peu à peu désertifiées depuis les voies à (trop) grande circulation italiennes jusqu'aux longues et interminables routes traversant des régions "vides d'hommes" en Suède, en passant par la montagneuse Autriche et la buccolique Allemagne rurale, sur des routes où la cible à atteindre n'était pas systématiquement un lieu de repos optimal pour se préparer aux efforts du jour suivant, sur des routes qui ont progressivement raboté vos chaussures et élimé vos tenues, sur des routes où le soleil a alterné avec la pluie et le vent, où le printemps qui avait entrepris de faire la course avec vous s'est peu à peu essoufflé pour laisser la place à ce qui ressemble à l'hiver - au mois de juin, c'est peu banal dans notre hémisphère nord - que vous avez rattrapé un peu trop rapidement malgré vos moyennes qui chutaient de jour en jour...
    Au 55ème jour, le vendredi 12 juin 2009, vous vous retrouvez à l'hôpital opéré en urgence. Votre course s'arrête après 3764,8km et 448h11'12.

    12 juin 2009 - 4 août 2009

    Imaginez 54 jours dont le premier s'est passé dans un hôpital suédois, 54 jours pendant lesquels vous n'avez pas pu déguster un seul instant de ce festin inachevé, 54 jours à passer de cabinets médicaux en cabinets de soins infirmiers, de laboratoires d'analyses en centre de radiologie ou autres cabinets de kiné ou ostéo, 54 jours au bout desquels vous avez espéré reprendre la course comme "avant", c'est à dire sans douleurs et à l'allure à laquelle vous couriez avant la TransEurope...

    Au 55ème jour, aujourd'hui mercredi 5 août 2009, vous allez passer une visite à la Clinique de la Main en ayant très peur de ce qu'on va peut-être vous annoncer... Votre reprise va peut-être s'arrêter après 284,6km et 34h09' .

    à+Fab****

    De retour de la Clinique de la Main.

    ALGODYSTROPHIE ! Voilà l'évolution de ma blessure. Plus de renseignements ici . Mais en quelques lignes ça donne ça (j'ai copié-collé) :

     

    L’algodystrophie (ou syndrome douloureux régional complexe de type 1, SDRC 1) est une complication imprévisible qui peut survenir après n’importe quel traumatisme de la main ou du poignet, même mineur, et après n'importe quelle intervention chirurgicale sur la main, même mineure. 

    Sa fréquence de survenue après une intervention chirurgicale, mal connue, est très variable ; ainsi, après une intervention pour maladie de Dupuytren, elle est estimée à 10% des cas chez l’homme, et 30% des cas chez la femme.

    On sait que l’algodystrophie fait intervenir le système nerveux sympathique, mais en fait, on ignore sa cause, ce qui explique que son traitement n’est pas encore strictement codifié.

    LES SIGNES de l’algodystrophie de la main sont appréciés par rapport à la main saine. Ils évoluent dans le temps. Ils associent d’une façon inconstante et variable :

    1. Une douleur, qui débute souvent de façon brutale après un intervalle libre de quelques jours à quelques semaines après l’intervention. Cette douleur est diffuse, dans un territoire qui n’est pas celui des nerfs sensitifs. Elle est profonde, et touche les articulations des doigts. Elle est souvent à type de brûlures ou de décharges électriques, et elle augmente à la moindre stimulation, au chaud ou au froid, aux émotions, aux mouvements. Certains cas d’algodystrophie sont cependant indolores.

    2. Une impotence fonctionnelle de la main, avec une réduction de la mobilité articulaire, qui est due à la douleur au début, mais qui comporte secondairement un risque d’enraidissement articulaire.

    3. Des modifications de la peau et des tissus mous, avec

     

    Un œdème de la main, qui gonfle

     

    Des troubles de la coloration de la peau, qui peut être rouge, ou pâle ou légèrement bleutée

     

    Des troubles de la température de la peau, avec une main chaude ou froide

     

    Des troubles de la sudation, à type d’excès de transpiration (hyperidrose) puis de sécheresse de la peau (anidrose)

     

    Des troubles trophiques de la peau (atrophie cutanée ou graisseuse), des ongles, des poils (hypertrichose au début, puis disparition des poils).

    La radiographie de la main peut montrer des signes d’ostéoporose et de déminéralisation des os de la main. En fait, elle est inutile au diagnostic précoce, car ces signes sont inconstants et, lorsqu’ils existent, ils n’apparaissent que de façon tardive.

    La scintigraphie osseuse de la main  est l’examen complémentaire le plus utile pour confirmer précocement le diagnostic d’algodystrophie. Cet examen consiste à injecter dans une veine du pli du coude un produit radioactif (contenant du technétium) qui se fixe sur les os. Les mains sont alors photographiées par une gamma-caméra spéciale, en 3 temps : d’abord au moment de l’injection (pour étudier la vascularisation), puis dans les minutes qui suivent (pour étudier les tissus mous), puis quelques heures après (pour étudier les os). En cas d’algodystrophie, la main atteinte fixe plus de produit radioactif que la main saine.

    LE TRAITEMENT de l’algodystrophie semble d’autant plus efficace qu’il est entrepris précocement. Il n’est pas strictement codifié, et peut faire appel aux médicaments et aux techniques de la rééducation.

    1. Parmi les médicaments habituellement utilisables, il faut citer :

     

    Antalgiques

     

    Anxiolytiques

     

    Antidépresseurs

     

    Corticoïdes

     

    Alpha-bloquants (guanéthidine, utilisée selon la technique du bloc régional intraveineux)

     

    Vasodilatateurs (buflomedil, utilisé selon la technique du bloc régional intraveineux)

     

    Béta-bloquants

     

    Biphosphonates

     

    NB. la Calcitonine injectable n'a plus d'AMM dans cette indication

    2. La rééducation a pour but d’éviter les enraidissements articulaires. Le principe de base est d’entretenir la mobilité des articulations sans entraîner de douleurs ni augmenter celle qui existe. De nombreux moyens sont utilisables pour cela :

     

    Bains alternés ou « écossais » (chaud et froid)

     

    Thermothérapie par le chaud (infrarouges, paraffine) et le froid (eau glacée)

     

    Électrothérapie (basses fréquences, ionisations)

     

    Pressothérapie

     

    Massages et mobilisations articulaires douces

     

    Ergothérapie

     

    Orthèses de repos et orthèses dynamiques

     

    Mise en charge active progressive du membre supérieur (brossage, port de charges)

    L‘ÉVOLUTION  de la maladie dure plusieurs mois. 

    Dans 60 à 75% des cas elle peut disparaître sans séquelles en 6 à 12 mois. 

     Dans 25 à 40% des cas, elle peut durer plus longtemps (jusqu’à 2 ans), et laisser des séquelles définitives à type de raideurs articulaires, de perte de force, et/ou de douleurs.

     

    En fait, 54 jours, ce n'est pas grand chose quand on voit le long chemin qu'il me reste à parcourir pour une totale (mais hypothétique) guérison. Du moment que ça ne m'empêche pas de courir et de participer aux compétitions d'ultra que je préfère ! Mon planning "médical" se remplit :

    Scintigraphie (18/08)

    Séances de rééducation par un kiné (août + septembre)

    Consultation chez l'algologue (08/09)

    Nouvelle consultation à la Clinique de la main (08/09)

     

    Il va falloir réussir à caser des entraînements là dedans ! Mais j'y arriverai ...

    à+Fab****

     

     


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  • Après 22 jours sans courir suite à mon hospitalisation et à mon opération du doigt, j'ai repris l'entraînement, laborieusement au début puis en ayant de meilleures sensations au fil des heures et des kilomètres.

    Voici mon planning des mois de juillet et août, mis à jour régulièrement :

    Mercredi 1/07 : repos

    Jeudi 2/07 : repos

    Vendredi 3/07 : soir, 45' pour 4,8km [première sortie très douloureuse, donc très difficile, alternance marche/course 8 x (3' courues / 2' marchées].

    Samedi 4/07 : soir, 44' pour 5,2km (alternance de périodes de 3 à 6' de course et 1 à 2' de marche; séance très douloureuse et donc encore très difficile).

    Dimanche 5/07 : après midi, 1h de marche (4,5km) puis soir, 34' pour 4,0km (alternance de course 2 à 3' avec marche 20 à 30"; trop difficile à cause des douleurs).

    Total semaine 27 : 2h03' pour 14,0km en 3 sorties + marche 1h pour 4,5km.

    Lundi 6/07 : repos

    Mardi 7/07 : repos

    Mercredi 8/07 : repos

    Jeudi 9/07 : repos et départ pour arradon (56)

    Vendredi 10/07 : soir, du côté d'Arradon, 45' pour 6,0km (du mieux, mais toujours très douloureux). En journée, nombreux kilomètres de randonnée pédestre.

    Samedi 11/07 : soir, 41' pour 6,0km (plus vite moins lent que la veille, tout aussi douloureux). En journée, nombreux kilomètres de randonnée pédestre.

    Dimanche 12/07 : soir, 1h01'30" pour 8,9km (pas de bonnes sensations malgré allongement du temps de course). En journée, nombreux kilomètres de randonnée pédestre.

    Total semaine 28 : 2h27'30" pour 20,9km en 3 sorties + 3 journées avec randonnées à la marche de plusieurs km.

    Lundi 13/07 : soir, 1h15'30" pour 10,9km. En journée, nombreux kilomètres de randonnée pédestre.

    Mardi 14/07 : soir, 54' pour 7,7km. En journée, nombreux kilomètres de randonnée pédestre.

    Mercredi 15/07 : soir, 1h14'30" pour 9,8km. En journée, nombreux kilomètres de randonnée pédestre.

    Jeudi 16/07 : repos et retour d'Arradon.

    Vendredi 17/07 : repos

    Samedi 18/07 : matin, 2h53' pour 22,2km (participation à la course "off" la "Gérard Denis", arrêt au 1er ravitaillement).

    Dimanche 19/07 : matin à après midi, 5h29' pour 42,2km (40,7km en 5h19' puis 1,5km en 10') (seconde étape de la "Gérard Denis", arrêt au second ravitaillement + fin collective)

    Total semaine 29 : 11h46' pour 92,8km en 5 séances.

    Lundi 20/07 : repos

    Mardi 21/07 : matin, 1h03'30" pour 9,0km. (douleurs hanche gauche : quadri/psoas)

    Mercredi 22/07 : matin, 1h09'30" pour 9,6km. (douleurs hanche gauche : quadri/psoas + symphyse pubienne)

    Jeudi 23/07 : matin, 50' our 7,0km. (douleurs hanche gauche : quadri/psoas)

    Vendredi 24/07 : matin, 1h28'30 pour 12,5km. (du mieux, mais encore le psoas qui me titille)

    Samedi 25/07 : matin, 2h00' pour 17,4km. (beaucoup mieux, de moins en moins de douleurs)

    Dimanche 26/07 : matin, 2h01' pour 16,9km. (moins bien, douleurs au dos (sacrum côté gauche) de retour)

    Total semaine 30 : 8h32'30" pour 72,4km 6 sorties.

    Lundi 27/07 : soir, 45' pour 6,9km. (du mieux).

    Mardi 28/07 : soir, du côté de Chenonceaux, 44' pour 6,8km (un peu mal) + marche pour visiter le château et les jardins.

    Mercredi 29/07 : soir, toujours le long du Cher, 52' pour 8,3km (du mieux) + marche pour visiter un autre château (Chaumont/Loire) et ses jardins.

    Jeudi 30/07 : retour à Retour après une dernière visite de château (Villandry) et de ses jardins. Soir, 1h02' pour 9,6km (du mieux mais mal aux adducteurs dans les virages et aux changements de direction).

    Vendredi 31/07 : soir, 1h53'30" pour 16,4km (avec sac à dos). (Douleurs croissantes)

    Samedi 1/08 : repos

    Dimanche 2/08 : matin, 2h03'30" pour 18,2km. (avec sac à dos "Mini Mil'Kil). (moins de douleurs mais vitesse limitée; reprises de course après arrêts courts très difficiles).

    Total semaine 317h20' pour 66,2km en 6 sorties.

    Lundi 3/08 : repos

    Mardi 4/08 : matin, 2h00' pour 18,3km ((avec sac à dos "Mini Mil'Kil). (moins de douleurs mais vitesse limitée; reprises de course après arrêts courts assez difficiles).

    Mercredi 5/08 : clinique de la main => algodystrophie. Soir, 1h26' pour 12,7km. (avec camel bag; douleurs modérées, du mieux)

    Jeudi 6/08 : midi, 54' pour 8,9km. (beaucoup mieux, mais douleurs modérées persistantes)

    Vendredi 7/08 : soir, 1h17' pour 11,9km. (pas de bonnes sensation, douleurs de retour en intensité).

    Samedi 8/08 : départ dans le Lot. Soir, 1h24' pour 12,8km. (douleurs moyennes)

    Dimanche 9/08 : repos

    Total semaine 32 : 7h01' pour 64,6km en 5 sorties.

    Lundi 10/08 : matin, footing de 58' pour 9,0km + 35' pour 3,8km en rando-course (D+150m)(douleurs moyennes)

    Mardi 11/08 : matin, 1h07' pour 9,6km. (D+100m)(douleurs fortes)

    Mercredi 12/08 : matin, 1h05'15" pour 9,6km. (D+150m)(douleurs moyennes)

    Jeudi 13/08 : matin, 1h09' pour 10,3km. (D+150m)(douleurs moyennes)

    Vendredi 14/08 : matin, 1h01'15" pour 9,4km. (D+120m)(douleurs moyennes)

    Samedi 15/08 : repos, retour à Rezé.

    Dimanche 16/08 : matin, 2h14'30" pour 20,0km. (bien pendant 1h15' puis réveil progressif des douleurs)

    Total semaine 33 : 8h10' pour 71,7km en 6 sorties.

    Lundi 17/08 : fin d'après-midi, 1h21'30" pour 12,7km. (moy 129, maxi 148) (du mieux)

    Mardi 18/08 : scintigraphie de la main et du bassin => repos

    Mercredi 19/08 : matin, 1h06'30" pour 10,6km (accélération pendant 2800m, en 16'14", soit 10,35km/h) (du mieux, presque pas souffert)

    Jeudi 20/08 : repos : voyage vers St Cyprien/Dourdou puis reconnaissance parcours Rodez-Sète en voiture

    Vendredi 21/08 : repos et retour vers Rodez en train + car puis vers St Cyprien/Dourdou en taxi.

    Samedi 22/08 : repos et briefing

    Dimanche 23/08 : départ à 8h de la Mini Mil'Kil = 200km entre Rodez et Sète non stop sans assistance. Arrêt après 15h48' de course au km 84,7.

    Total semaine 34 : 18h16' pour 108,0km en 3 sorties.

    Lundi 24/08 : repos

    Mardi 25/08 : repos et retour sur Rezé.

    Mercredi 26/08 : vélo 1h24'30"/30,0km.

    Jeudi 27/08 : vélo 43'/14,2km + 1h10'/24,6km + course à pied 37'/5,6km.

    Vendredi 28/08 : vélo 1h30'30"/31,2km.

    Samedi 29/08 : vélo 42'30" / 15,2km + course à pied 51' / 8km + vélo 41' / 14,8km.

    dimanche 30/08 : vélo 1h30'/34,0km.

    Total semaine 35 : vélo 7h41'30" / 168km (7 sorties)+ course à pied 1h28' / 13,5km (2 sorties).


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  • Quel bonheur, quelle émotion de revoir plusieurs coureurs et coureuses des différentes Transe Gaule que j'ai faites et surtout de revoir Gérard Denis (qui a fait la TransEurope jusqu'au bout), Nicole sa femme qui l'a (nous a) accompagné(s) de l'Italie jusqu'à la Norvège (la Suède pour moi) et aussi de revoir Jean Benoît, l'instigateur de ce rendez-vous festif et sportif de ce week-end breton. Je n'oublie pas non plus le rôle important joué par les amis de Gérard et Nicole dans la réussite de ces deux jours.

    Le principe de cette "course off" était le même que celui de la Transe Gaule : deux étapes "seulement", hébergement la veille au gymnase de Roscoff, le premier soir au gymnase de Brasparts et possibilité de dormir au camping le second soir. Les ravitaillements étaient assurés tous les 20km environ, le petit-déjeuner fourni les deux matins, le parcours fléché comme sur la TG ou sur la TE-FR... Mais pas de dossard, pas de chronométrage officiel, même si beaucoup de coureurs ont quand même pris leurs temps, de la bonne humeur même si la météo n'était pas de la partie ...

    De toute façon, pour que l'hommage à Gérard Denis pour sa réussite sur la TransEurope soit total, il fallait bien que les conditions météo ressemblent un peu à celles que nous avons connues sur la Suède et au-delà, sinon ça n'aurait pas été aussi drôle !

    N'ayant repris la "course" que depuis le 3 juillet de manière laborieuse et douloureuse, à des moyennes effarantes comprises entre 6,5 et 8,7 km/h, avec une autonomie de 1h15' maximum, je me suis quand même décidé à faire partie de la fête et de prendre le départ depuis Roscoff en espérant atteindre au pire Saint-Pol de Léon.

    Ce ne fut pas facile, mais j'ai pris tellement de départs du pied du phare de Roscoff depuis 2005 que je ne voulais à aucun prix rater ce nouveau grand moment, émotionnellement parlant. J'avais hésité à venir me joindre à toute la joyeuse équipée, ayant peur de ne pas pouvoir retenir mon émotion ou mes sentiments, mais j'ai pris sur moi et aujourd'hui je ne le regrette pas.

    Donc le départ fut donné un peu avant 9 heures, et j'ai vite senti que ça allait être très douloureux physiquement, mon bassin, mon quadriceps et mon psoas gauche me torturant à chaque foulée. Mais j'ai appris depuis 5 ans à serrer les dents, c'est ce que j'ai fait jusqu'au départ réel situé 6km plus loin à St Pol de Léon (sur la ligne de départ du semi-marathon St Pol - Morlaix).

    Une fois rendu là, j'étais un peu largué mais pas dernier car certains avaient profité de ce prologue pour prendre des photos et marcher ou trottiner lentement pour me tenir compagnie aussi.

    Le départ réel fut donné à 9h45 environ et tout le peloton se mit en route sur le tracé du début de la Transe Gaule. A tour de rôle des coureurs et coureuses sont restés avec moi à l'arrière pendant que les autres couraient à leur rythme. Il ne faisait pas très beau, la pluie arriva même au bout de quelques kilomètres accompagnée d'un vent soutenu parfois fortement contraire. Au fil des kilomètres, je sentais la douleur s'accroître et je décidai d'aller au moins jusqu'à Penzé (km16) puis de voir si j'aurais assez de ressources pour continuer jusqu'au premier ravitaillement (km 22,2).

    Les 6 derniers kilomètres furent extrèmement difficiles et je n'eus aucun regret à arrêter là.

    Pascale m'emmena jusqu'au poste de ravitaillement N°2 qu'elle devait assurer avec la femme d'un coureur.

    Je pus me rendre compte de ce que c'est que d'être aux petits soins des coureurs d'ultra et à chaque fois que je voyais arriver l'un d'eux, j'avais un petit pincement au coeur de n'être pas à sa place ou avec lui. Mais ça me faisait tellement plaisir de les voir arriver puis repartir regonflés à bloc par le ravitaillement malgré la météo humide ! Cette course avait aussi donné l'occasion à certains couples de bénévoles ou aux conjoints de coureurs de faire l'étape en relais avec eux et donc de participer concrètement à la fête. Certains décidaient de faire les premiers 42 km puis de laisser leur femme terminer l'étape; d'autres avaient opté pour une alternance tous les 5 ou 6 km, l'autre conduisant le véhicule jusqu'au relais suivant. Certains autres coureurs étaient venus pour découvrir le principe des courses à étapes, d'autres pour préparer la Mil'Kil, d'autres pour faire un peu de long...

    Quand le dernier coureur fut passé au ravitaillement, nous avons tout rangé et nous sommes partis en direction de Brasparts où se situait l'arrivée de cette première étape de 58km. J'ai pu voir, au fur et à mesure que nous les doublions, tous les courageux bravant le vent et la flotte. Je ne pouvais hélas poursuivre la route avec eux ou comme eux mais j'étais bien content d'avoir pu courir plus de 20 km (22,2km au total, en 2h53'), ce qui me semblait impossible le matin même avant le départ de Roscoff.

    Ce qui m'a beaucoup touché, ce sont toutes les marques de sollicitude de la part de des personnes présentes et je fus encore plus ému quand je fus moi aussi félicité pour ma TransEurope et quand Jean-Benoît m'offrit en cadeau un exemplaire de la saga des pédestrians "Les géants de la course à pied" qu'il m'a dédicacé.

    La petite soirée qui suivit fut très conviviale car permettant de discuter avec tout le monde, chose qu'on n'a pas beaucoup l'occasion ni le temps de faire sur la Transe Gaule, récupération oblige. On a aussi pu goûter les produits du terroir apportés par certains (le vin de noix de Laurent par exemple, et que je salue au passage pour sa bonne humeur contagieuse).

    Enfin, il fallait quand même penser à l'étape N°2 du dimanche et à ses 63,2km. Dans ma tête, j'avais le fol espoir de pouvoir la faire en entier, mais beaucoup m'ont conseillé de faire très attention, de ne pas prendre de risques, de bien me reposer afin de guérir mes douleurs au bassin et que j'aurai le temps de courir d'autres longues distances plus tard. Ils connaissaient le désarroi dans lequel je m'étais trouvé (et dans lequel je me trouvais encore un peu) pour me suggérer de continuer à être raisonnable et prudent. Mais l'ultra est-il raisonnable ?

    La nuit fut animée car certains ont fait la fête un peu plus tard que d'autres, mais nous avons pu bien nous reposer.

    Au réveil, je me suis rendu compte que je ne souffrais pas plus que les autres matins et je me suis préparé comme si de rien n'était, afin de prendre le départ avec comme objectif d'atteindre le premier poste de ravitaillement puis d'arrêter là (km 20,4).

    Quand l'étape fut lancée, je me suis senti "bien", c'est à dire que le niveau de douleur était acceptable. Je me suis dit, au bout de quelques kilomètres, que soit elle allait augmenter et donc que j'allais arrêter avant mon objectif, soit qu'elle allait diminuer et alors que je serai en mesure d'aller un peu plus loin que prévu.

    Au premier ravitaillement, au km 20,4 donc, je suis arrivé, après 2h30' de course relativement peu douloureuse, avec des sensations assez agréables de ne pas souffrir autant que je l'avais craint. Je n'étais pas dernier et je savais que je pouvais me raccrocher à ceux qui me rattraperaient en cas de défaillance de ma part. Je me suis arrêté, j'ai réfléchi, je me suis ravitaillé, j'ai un peu hésité et au bout de 10' je suis reparti en me fixant le prochain poste de ravitaillement comme objectif (km 40,7). La raison aurait pu me dire que j'étais en train de commettre une grosse erreur, mais j'avais trop envie, j'avais tellement besoin de prolonger la fête que ça a été plus fort que moi.

    J'ai été dépassé par une dizaine de coureurs au ravitaillement N°1 pendant que j'hésitais, et je l'ai un peu regretté car je me suis retrouvé vite fait tout seul sur la route et incapable de faire la jonction avec ceux qui me précédaient mais je n'avais pas trop de douleur. Les moments les plus douloureux étaient quand je devais me remettre à courir suite à un arrêt ou à une période de marche et je mettais parfois 3 ou 4 minutes avant de retrouver une foulée un peu moins douloureuse. J'avais presque réussi à rattraper Gérard Denis (il était à 200m devant) quand j'ai commencé à avoir à nouveau plus mal que le matin et à partir du km 32 (passé en 4h05') je me suis fixé le ravitaillement N°2 comme réel point final à ma journée de course. 40,7km en 5h20', ça allait pour une reprise de l'ultra, surtout ajoutés aux 22,2 km de la veille, mais il me manquait les 1500m pour faire la distance du marathon : j'ai donc décidé de faire les 1500 derniers mètres avec tous les autres coureurs quand tout le monde serait arrivé là.

    C'était prévu de tous s'attendre devant chez Gérard et Nicole et de faire le tour jusqu'à la Pointe de Mousterlin pour une arrivée collective : on aurait dit une manifestation devant les yeux médusés des touristes. Les voisins et amis de Grérard, les copains de son club, ses amis de l'ultra, tout le monde s'est joint au cortège en courant et en chantant. La fête quoi !

    Le club de Gérard a offert à toutes les personnes présentes (coureurs, accopagnateurs...) un pot de l'amitié au bar du camping, cela nous a tous fait très plaisir et on voit à quel point Gérard et son groupe de coureurs forment une belle et grande famille, comme celle de l'ultra.

    Le soir, nous avons passé la soirée chez Gérard : nous avons installé notre tente de camping dans son jardin et nous avons bien festoyé (bières, grillades, glaces, champagne...) et beaucoup parlé ... mais de quoi au fait ?

    D'ultra bien sûr !

    à+Fab****

     


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