• Courses en ligne : un petit tour dans le passé.

    Yanoo, le portail de la course en Bretagne, propose régulièrement des articles sur les grandes courses d'ultra du passé.
    En rapport avec la Mil'Kil qui sera organisée pour la seconde année consécutive en août 2009, voici un extrait d'article sur les mythiques courses en ligne Millau-Belvès (1979) et Belvès-Millau (1981):

    extrait d'article de Courir N° 36 février 1980 (Claude Hiver, Patrick Menand)
    "L’idée est de Jean Brengues, relier les deux capitales de la course à pied des années 80, Millau et Belvès.
    Est-ce une folie ? sur un parcours difficile et une distance aussi longue ! 257 km non stop entre les deux villes et 3000 m de dénivelé !
    C’est une sacrée gageure, mais Jean Brengues possède la foi et la passion des organisateurs de courses hors normes. Il a su entraîner dans son sillage quelques bonnes volontés pour oeuvrer dans le même sens : pour le succès de l‘épreuve. Les coureurs eux-mêmes ont mis tout leur coeur pour terminer cette première édition dans un tel état de fraîcheur que la presse à sensation présente à l’arrivée fût déçue du manque de loques humaines se traînant lamentablement à 2 km/heure.
    600 demandes de renseignements, la plupart venant de coureurs expérimentés sur 100 km, qui voulaient se mettre un menu différent sous la semelle, mais la course impressionne.
    51 inscrits seulement, certains coureurs d’ultra n’ont pas osé tenter l’aventure.
    On déplore l’absence de Languille, Le Potier, Levasseur, Martinet, Maillet, Bretagne, de Barbeyrac, Ansard, Colmar, Gaudin, Lecluse, Lacan et Cottereau mais ce dernier sera là pour suivre la course.
    Sur les 51 inscrits, 44 sont présents la veille au soir, il y aura 21 classés.
    Sont présents : Brengues, Zabalo, Boussiquet, Menant, Faucheux, Czaja, Stenger, Devès, Pasquier, Hiver........
    Départ le 3 novembre 1979 à 4 heures du matin pour 257 km.
    Les concurrents se rendent tranquillement sur la ligne de départ, pas d’affolement, rien à voir avec la bousculade ou le départ hâtif des courses populaires.
    Comme hors-d’oeuvre, une côte qui amène les concurrents en moins de 7 km, de 400 à 900 m d’altitude sur le plateau du Levezou.
    Jean-Claude Czaja, qui arrive de Verdun et engagé de dernière heure, s’envole dès le départ. La nuit est fraîche et magnifiquement étoilée. Le premier pointage au Bois du Four, km 21, donne : Czaja en tête suivi de Hourdeaux à 11’, Zabalo est à 12’ 30’’, puis viennent Fagard, Menant, Boussiquet, Tricou à 13’. Ellero à 19’. Guilini et Portejoie à 20’. Provis à 21’.Stenger à 24’,
    le Breton Victor Charpentier à 37’ puis Faucheux à 39’, Brenguès à 45’, le dernier a déjà plus d’une heure de retard sur Czaja.
    A Pont-de-Salars au 46ème km, le brouillard fait suite à la gelée blanche et même si Czaja faiblit un peu, pas de bouleversement notable. Les hauts sommets sont franchis et si le parcours continue à être difficile et accidenté, les coureurs amorcent la descente jusqu’à 700 m, altitude qui sera à peu près maintenue jusqu’au 100ème km.
    La Baraque du Pouget, 54 km offre un magnifique panorama sur la Brianelle, petit affluent de l’Aveyron.
    La Primaube, 63ème km et 3ème ravitaillement officiel, Fagard à pris la tête, talonné par Menand et Boussiquet, Zabalo à 5’, Czaja qui fait naufrage à 6’, Hourdeaux à 22’, Picouret à 36’, Stenger à 37’, Pasquier à 49’......
    Abandons de Chaleat et de Fuentès, tous deux âgés de 23 ans, peu avant Rieupeyroux.
    Alternant côtes et descentes, les concurrents atteignent le 100ème km à La Peirière, abandons de Czaja et Haverland.
    La course est lancée, 4 coureurs passent en moins de 9 heures et 8 en moins de 10 heures. Aux Alets, 108ème km, Zabalo est en tête et à fière allure, il court entre 11 et 12 km/h ! Jusqu’à Villefranche-de-Rouergue, 116ème km, la descente longue de 8 km est très raide. La maison des jeunes est une ruche bourdonnante d’activité et chaque concurrent est salué par un tonnerre d’applaudissements. Un repas est servi à chaque coureur et à son accompagnateur, grillade, purée, fromage, fruit. Le masseur masse sans répit.
    Abandons de Tricou et Nave. Les rescapés enjambent l’Aveyron avant d’entamer un parcours assez désertique jusqu’à La Capelle-Balaguier, 130ème km. Ce village sonne le glas pour Capdeviole et Fagard.
    L’altitude a encore baissée, 300 m environ et la descente sur Cajarc, 145ème km, est longue de 5 km. Le poste de contrôle est au Café Mirabel où l’atmosphère est très détendue.
    Malgré la nuit et le brouillard, les 50 km qui séparent Cajarc de Cahors, le long du Lot, sont magnifiques. Cette deuxième nuit fait des ravages, sur 23 abandons, 13 se produiront sur cette portion de parcours: Marcel, Coutou, Delboy, Machet et Hartereau peu après Cajarc, Vors avant Larnagol, Victor Charpentier et Hourdeaux arrêteront à Tour de Fort, Picouret et Bisson à Saint Géry, Berthomme, Guilini, Criado à Cahors. Deux autres abandons après Cahors : Garcia et Becquembois.
    A Cahors, 193ème km, la veillée est un véritable carrefour où se rencontrent coureurs régionaux, participants, accompagnateurs, journalistes, curieux et supporters. Dans cette vieille tour, « La Barbacane » on saucissonne, on se désaltère, on se repose, on évoque ses courses, bref on discute de tout et de rien.
    Certains concurrents ne traînent pas comme Gérard Stenger qui veut réaliser 200 km sur 24 heures, mais il ira ensuite dormir quelques heures, afin de terminer, ce qui lui coûtera 3 ou 4 places à l‘arrivée.
    D’autres au contraire prennent un repos bien mérité. Ceux qui ont abandonnés racontent leurs ennuis, allongés sur un lit de camp, c’est le cas de Charpentier, bloqué par une tendinite.
    Mercues, 200ème km, un faux plat qui va en s’accentuant jusqu’au Mas de Gendrou fera forte impression à Paul faucheux qui regrettera de l’avoir monté en courant. Il s’affale dans le véhicule de son accompagnateur et tombe aussitôt dans un sommeil si profond qu’il faudra vraiment le secouer pour le réveiller. Ces 10’ de récupération lui permettront de repartir en trottinant dès la première descente sur Catus, 209ème km.
    A Cazals, 224ème km, le village est en fête, le conseil municipal, les notables du pays sont là pour accueillir et complimenter les concurrents. Puis c’est Marminiac, 228ème km, dernier contrôle avant Belvès, là, on a bien fait les choses, le vin de Cahors et le cidre du pays trônent au milieu des pâtés, saucissons et les miches de vrai pain de campagne. Le contrôle médical est assuré par le Docteur Carceynac, le créateur des 100 km de Belvès.. Le jour s’est levé, il fait beau et sec. Jean Brengues, le créateur de l’épreuve, fait la plus belle remontée de la course.
    Avant de longer la Beuze, le soleil darde ses rayons, les maillots à manches longues s’escamotent pour faire place aux débardeurs à résilles (à l’époque c’était la mode de ce genre de débardeurs à trous !).
    Ces derniers kilomètres sont de plus en plus pénibles et presque tous les rescapés sont flanqués d’accompagnateurs à pied qui aident le concurrent à maintenir la cadence.
    Une côte de 2 km et c’est l’arrivée où chacun tient à montrer qu’il en a encore sous la godasse devant l’enthousiasme des spectateurs plutôt étonnés d’apprendre que ceux qui arrivent ont accompli tant de kilomètres.

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    Résultats:
    1er Ramon Zabalo en 26h et 07’, courant toujours sans jamais s’arrêter entre 10 et 11 km/h, s’alimentant en courant: les 100 km en 8h 34’, les 200 km en 18h 22’. Mais dès le 200ème km, la foulée se déréglait et il entamait un interminable calvaire, la cadence passait à 9, 8, 7 voire 6 km/h, toujours en courant. A ce moment, sa foulée ne dépassait pas 50 cm..mais 240,300 km était tout de même atteint en 24 heures...! Un véritable exploit sur ce parcours.

    2ème ex æquo en 28h 15’ 30’’: Patrick Menand qui confirme son Brest - Rennes en solitaire et bat son record en 24 heures avec 225 km. Et Jean-Gilles Boussiquet, 35 ans, l’une des révélations de l’épreuve, venu du football, il pratique la course à pied depuis 18 mois seulement. S’orientant rapidement vers le grand fond, il a déjà réalisé 8h 05’ aux 100 km de Belvès.

    4ème: Paul Faucheux, en 33h 31’. Une anecdote qui date des années 80 concernant l’instituteur Paul Faucheux: « Quand j’eus expliqué mes marathons, mes 100 km, mes 24 heures, les 257 km de Millau - Belvès, etc....L’un de mes élèves me dit qu’à huit ans il avait marché 3000 km pour s’enfuir du Cambodge...Je me raconte cette histoire chaque fois que mes chevilles et ma tête ont tendance à enfler »

    5ème: Le vétéran Provis, 56 ans, 34h 50’ 25’’
    6ème: L’organisateur de cette première édition réussie, Jean Brengues, 35h 50’
    7ème: Pasquier, 35h 51’
    8ème: Stenger: 36h 37’ 30’’
    9ème: Depping, Allemagne, 36h 48’
    10ème: Lauprètre et Bigot, 37h 12’
    Puis: Allanic, Ellero (Italie), Pascal, Lafon, Doucet, Devès, Portejoie, Aubert, Rouille, et le dernier Ducrey en 43h et 21’ 
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    "Courir" et "Spiridon Bretagne" :

    " Belvès - Millau, 271 km:

    De Belvès à Millau, c’est un long voyage. Un effort déraisonnable pour un non initié, hors de portée du commun des coureurs. Un effort ingrat, démesuré, interminable. L’intelligence dose l’allure, impose des précautions diététiques, tolère d’inévitables passages à vide. Le moral interdit le découragement, ordonne de continuer malgré la souffrance. Les jambes courent, marchent, piétinent, avancent.

    Samedi 17 octobre 1981, deuxième édition dans l’autre sens de cette course non stop entre deux villes où lorsque l’on parle course à pied on sait de quoi on cause !
    Si lors de la première édition beaucoup de coureurs avaient hésité à se lancer dans l’aventure, cette fois ils sont un peu plus nombreux, le plateau est plus relevé et il y a une féminine.
    Les forces en présence: Edith Coué, qui vient de réalisé 186,930 km aux 24 h de Coëtquidan. Jean Brengues, organisateur de la première édition et vainqueur des récents 24 h de Coëtquidan avec 224,012 km. Ramon Zabalo, vainqueur de Millau - Belvès 79, et qui vient de réaliser 261,672 km sur 24 h l’année précédente. Jean-Gilles Boussiquet qui est le recordman du monde des 24 h avec 272,624 km, réalisés début 81 en Suisse. Jean-Marc Bellocq, vainqueur des 100 km de Belvès en 80 et 81, et des 100 km de Millau en 80. Gilbert Mainix, qui n’a jamais dépassé 100 km à ce jour, et qui commence là une carrière d’ultra runner qui le mènera à 1007,600 km sur 6 jours. Il y a aussi les anciens de Millau - Belvès 79 qui ne veulent pas rester sur un échec comme Victor Charpentier ou Jean-Claude Czaja. Il y a également René Comas, un coureur en fauteuil. Et d’autres aventuriers qui veulent éprouver des sensations fortes, connaître leurs limites.
    Ramon Zabalo et Jean Devès sont arrivés dès le lundi 12 octobre, hôtes de l’organisateur, le Dr Carcenac. Ramon Zabalo avait organisé ainsi son emploi du temps: le matin entraînement, et l’après-midi cueillette champignons. Le soir, cuisine; régime dissocié Scandinave amélioré Périgourdin: c’est à dire champignons divers, faisans bardés farcis aux olives et flambés à l’Armagnac, arrosés de St Emilion. Quant aux glucides, à chercher dans les tartes, les châtaignes, le riz gratiné au fromage, etc....Ramon, un grand coureur doublé d’un grand cuisinier ! résultat, tout le monde a pris 1 à 2 kg !
    La logistique de chaque concurrent est primordiale, Certains comme Zabalo ont préparé leur affaire de main de maître, camping-car super équipé avec un phare d’au moins 2000 watts et un encadrement de suiveurs de premier ordre. D’autres plus modestes, souvent même un seul suiveur qui doit également servir de chauffeur, le plus fréquemment c’est en couple que l’affaire se passe. Pour le Breton Victor Charpentier, le problème de l’intendance ne se pose pas trop, deux véhicules, une équipe de six personnes il fait aussi bien que les meilleurs.
    La veille en fin d’après-midi, briefing d’avant course, pot d’amitié, les choses sont bien faites, il y a de quoi faire un véritable repas, cependant les coureurs sont sages et ne s’éternisent pas, le repos est indispensable avant un tel événement.
    Ils sont 64 sur la ligne de départ, l’ambiance est à la fête, durant le pointage, les pétards et les fusées éclairent le ciel.
    Au 3ème top de France Inter à 4 heures du matin, c’est parti pour 271 km !
    La voiture officielle du Dr Carcenac ouvre la course, une longue descente de 3 km sert d’échauffement aux coureurs, Boussiquet en tête.
    Premier pointage au 10ème km, Zabalo mène la course à un train d’enfer, 15 km/h, le chrono annonce 38’ 20’’ René Comas en fauteuil est 2ème, puis arrive le duo Boussiquet, Devès. Les côtes et les descentes alternent sans répit, Comas dévale les pentes à plus de 40 km/h. Malgré la nuit dans les bois de châtaigniers, on devine un paysage d’une grande beauté.

    A Marminiac, 25,400 km, le pointage officiel donne les positions suivantes: Zabalo 1h 42’ 30’’ (15 km/h de moyenne) Comas 1h 55’ (13,250 km/h) Boussiquet et Devès 1h 58’ (12,910 km/h) Bellocq et Meunier 2h 03’ 30’’ (12,340 km/h), Charpentier 2h 13’. Personne ne s’arrête sauf Meunier (5 mn) pour se ravitailler.
    C’est un feu d’artifice, il faut influencer l’adversaire, c’est la guerre des nerfs, les coureurs ont insensiblement augmenté l’allure.
    Au lever du jour, au 35ème km, Zabalo continue sur sa lancée et les positions ne changent guère, Boussiquet et Devès ont passé Comas. Bellocq est d’apparence facile avec son accompagnateur cycliste, il recherche la bas côté de la route pour courir sur l’herbe.
    Il est pointé par tranche de 5 km en : 23’01’’, 23’20’’, 22’10’’, 23’14’’. Boussiquet lui est pointé de 23’42’’ à 24’57’’. Meunier rejoint Bellocq au 60ème km, il fera un 5 km en 21’ 50’’.
    L’écart avec Zabalo se met à fondre, Bellocq est euphorique. La température grimpe, il fera 25-27° dans la journée. Vent de face, itinéraire très dur, côtes fort longues et raides, guère de plats à part la belle vallée du Lot.

    62ème km, passage de la Tour Barbacane à Cahors: Toujours en tête, Zabalo en 4h 26’, allure moins rapide mais toujours bien soutenue (13,400 km/h) ensuite viennent Boussiquet à 27’, Bellocq et Meunier à 31’, Comas à 37’, Charpentier à 46’, Devès à 50’, Mainix pointe le bout de son nez à 58’....
    Dans la vallée du Lot, il fait chaud, très chaud...
    Premier abandon au 77ème km, Meunier, douleur au genou s’arrête. Il verra passer Charpentier, Mainix, Brengues, Faucheux, et Czaja qui semblent tous en mesure de terminer.
    Mais entre le 80 et le 90ème km, Charpentier rejoint Boussiquet qui est arrêté sur le bord de la route allongé sur un lit ! 500 mètres plus loin, Charpentier s’arrête à son tour, la chaleur à fait son oeuvre, le moral des concurrents est en baisse. La plupart n’ont pas bu assez, ni mangé en rapport de l’effort fourni. Ils n’avaient pas prévu une telle température à cette époque de l’année, d’autant plus que la chaleur occasionne un surcroît de dépense énergétique.

    Au 100ème km, Zabalo passe en 7h 48’, record personnel battu à la moyenne fantastique sur ce parcours de 12, 800 km/h. Mais Bellocq s’est rapproché, et a dépassé Comas. Jean Devès passe aux 100 bornes en 9 heures.

    Contrôle de Cajarc, 112ème km, Zabalo n’a plus que 7’ d’avance sur Bellocq, il passe en 8h 51’ et ne s’arrêtera qu’une minute pour repartir tranquillement en suçant une glace qu’il tient à la main. Bellocq pointe en 8h 58’ et repart à 13h 06’. Charpentier et Boussiquet sont repartis comme aux plus beaux jours ! Czaja arrive en trombe pour passer sur la table de massage avant......Brengues et Faucheux qui arrivent 2’ après lui.

    Figeac, 142ème km, Bellocq a dépassé Zabalo et il y a mis les formes ! Zabalo est pointé à 32’, il a dit à Bellocq « je te retrouverai ! » combat de titans, Comas est 3ème à 1h 11’, 4ème et 5ème au coude à coude, Devès et Mainix à 2h 06’, 6ème Charpentier à 2h 52’, 7ème Brengues à 3h 08’.
    La surprise c’est Mainix, c’est apparemment celui qui a le mieux mené sa barque. Devès, lui c’est un cas, après tout ce qu’il s’est mis avec Boussiquet, il trouve encore des ressources son style est heurté, il traîne la jambe gauche mais il avance !
    La salle de repos de Figeac est animée, les choses sont bien faites et il y a un très bon accueil, mais Boussiquet abandonne victime d’ennuis gastriques, d’autres arrêterons également à Figeac.
    La course continue direction Decazville, le coureur est seul, c’est là que le rôle des suiveurs est essentiel. Pour Charpentier, les arrêts sont nombreux, l’alimentation se fait non pas tous les 5 km comme prévue mais tous les 2 ou 3 km. Charpentier mettra 3h 23’ pour faire 27 km ! seuls Bellocq, Zabalo et Comas irons plus vite.

    Decazville, 169ème km, accueil fantastique, les coureurs ont du mal à repartir.
    1er Bellocq qui se fait masser et se restaure un peu, il repart après 20’ d’arrêt, arrivent ensuite: Zabalo à 44’, Comas à 1h 11’, Mainix à 3h 09’, Devès à 3h 10’, Charpentier à 3h 33’, Brenguès arrête, arrive Faucheux qui est 8ème puis le jeune Herbert à 4h 01’....
    De surprise en surprise, la course est impitoyable, un nouvel obstacle va surgir et c’est le mauvais moment, tout est douloureux et il faut monter, en effet ça grimpe dur! 38 km de montée, un menu particulièrement indigeste qui est proposé aux rescapés, avec à mi-chemin une halte à Saint Christophe, résultat il ne reste plus que 35 concurrents.
    Devès abandonne à Saint Christophe, Charpentier a des envies de femme enceinte, il lui faut à tout prix une bonne soupe ! et il a bien du mal à ressortir de la salle et ça monte toujours en direction de Rodez.

    190ème km: 1er Bellocq, 2ème Zabalo à 27’, 3ème Comas à 1h 51’, 4ème Mainix à 3h 43’, 5ème Charpentier à 3h 52’, 6ème Herbert à 4h 23’.....
    Le calvaire de Bellocq commence. Mainix marche, Charpentier l’a en point de mire et va le rattraper, il reste 30 mètres mais Victor s’arrête et marche aussi, à la faveur d’un ravitaillement, Mainix disparaît de nouveau et prend 500 mètres à Charpentier, dès que ça monte à nouveau, Charpentier revient sur Mainix, c’est du mètre par mètre, et ce durant 10 km. Avant Rodez, la jonction est faite, les deux coureurs s’encouragent.
    Enfin ça descend, la salle de repos est proche, mauvaise surprise, il faut monter un escalier pour accéder à la salle, deux ou trois lits, un paquet de biscuits, un réchaud à gaz, une casserole, deux ou trois bénévoles, pas de masseur ni de secouriste pour les petits bobos, cela donne envie de quitter les lieux.
    Faucheux, parti prudemment, se maintient bien comme en 1979, il profite largement des haltes qui lui sont proposées.

    Rodez, 200ème km, Bellocq est en train de craquer nerveusement, il paie sans doute ses sautes d’allure et devient agressif. Derrière, Mainix, Faucheux et Gabaud sont les plus frais. Zabalo s’est bien repris, il passe Bellocq.

    207ème km: 1er Zabalo, 2ème Bellocq à 14’, 3ème Comas à 2h 23’, 4ème Charpentier à 3h 50’, 5ème Mainix à 3h 56’.....
    Edith Couhé, la seule féminine est toujours là, souriante toujours prête pour un bout de conversation.
    Comme en 1979, Charpentier abandonne, il a parcouru 207 km en 22h 56’.
    Il ne reste plus grand monde sur la route, Comas est tombé de son fauteuil, il a les mains en sang !
    Une descente de 6 km, que Zabalo avale à 20 km/h en vue de la « Mecque » de la course à pied

    271ème km, l’arrivée à Millau, Dans la salle Serge Cottereau et Jean Brengues qui a abandonné, une immense salle qui parait bien vide, au fond, une trentaine de lits. Deux ou trois bénévoles et le service croix rouge. Un seul lit est occupé; Zabalo dort allongé sur le ventre. 1h 53’ plus tard arrive Jean-Marc Bellocq très pâle, il prendra un chocolat chaud et trente minutes plus tard rentrera chez lui. Trois heures plus tard arrivent Comas et 200 m plus loin Gilbert Mainix.
    64 partants, 44 abandons, 20 finishers. Un t-shirt pour tous et un diplôme pour les arrivants.
    Délai: 48 heures.

    1er Ramon Zabalo, 34 ans, 26h 23’ 33’’ (moyenne 10,268 km/h arrêts compris)
    2ème Jean-Marc Bellocq, 24 ans, 28h 16’ 48‘’ (régime durant la course: eau et glucose)
    3ème René Comas, 33 ans, 30h 34’ 400’ handisport (mains et tendons meurtris)
    4ème Gilbert Mainix, 46 ans, 30h 37’ 35’’ (la bonne surprise de cette compétition de grand fond)
    5ème Paul faucheux 32h 50’ 45’’ (décontracté, sympa, qui a trouvé le temps de s’intéresser aux champignons, 4ème en 1979)
    6ème Philippe Herbert 35h 09’ (le plus jeune, 23 ans, accompagné de sa fiancée)
    7ème Gabaud, 33 ans, 37h 44’
    8ème Canonge, 37 ans, 38h 07’
    9ème Derollepot, 39 ans, 38h 25’
    10ème Zerbinatti, 46 ans, Italien, 39h 01’
    11ème Pascal, 45 ans, 39h 18’
    12ème Gérard Stenger, 49 ans, 39h 37’, (8ème en 1979)
    13ème Scodeller, 33 ans, 40h 06’, (le 2ème Italien de la course)
    14ème Le Calvez, 43 ans, 40h 37’
    15ème Edith Couhé, 37 ans, 41h 20’ 38’’, (la seule femme de la course et plutôt en bon état à l’arrivée)
    16ème Vervelle, 41 ans, 41h 35’
    17ème Allègre, 44 ans, 42h 37’
    Almoda, Bisson, et Bermont, trois marcheurs qui ont terminé en plus de 43 heures mais dans les délais.
    "

    Retrouvez sur le site Yanoo d'autres récits de grandes épopées.

    à+fab****

     

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  • Commentaires

    1
    pierrecourse
    Jeudi 23 Avril 2009 à 12:51
    bravo pour ce super blog et toutes ces comp?tion a bientot http://pierrecourse-le-blog.over-blog.com/
    2
    Jihèle
    Lundi 4 Mai 2009 à 12:04
    Bravo !
    Fab courage et m..... pour la suite
    on pense tr?fort ?oi - Guerrier -
    Hasta la victoria siempr?
    3
    phillo
    Jeudi 7 Mai 2009 à 22:14
    Quel p?ple pour un homme. Bravo, belle aventure.
    4
    Lamule
    Dimanche 12 Juillet 2009 à 20:55
    Je suis Ren?omas 60ans et toujours e activit?ur mon fauteuil roulant, j'ai appr??e r?t de Belv?Millau quand je pense qu'une semaine apr?je faisais le Marathon de New-York avec des bras dans un ?t lamentable mais c'?it une belle aventure
    La plus belle ce fut Bordeaux-Paris en 1983 et surtout l'ascension du Kilimandjaro en 1? mondiale avec des cannes anglaises
    Amiti?
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