• Comment choisir un marathon ?

    Quels sont les ingrédients pour réussir un bon marathon ?

    Quels sont les critères à considérer lors du choix d’'un marathon afin d’'y réaliser une performance ?

     

    Nous passerons sur tout ce qui concerne l'’expérience, l'entraînement, la gestion de la course et le matériel pour ne nous intéresser qu’'à la course elle-même au niveau de son organisation, c'est-à-dire sa situation géographique et son profil, le type de parcours, en boucles, en navette, en ligne… , son cadre, urbain, rural ou mixte, son revêtement, bitume, chemins, alternances des deux, sa place dans le calendrier et la météo habituelle à cette époque, son horaire de départ, sa notoriété et donc son nombre de participants, etc….

    Nous laisserons de côté aussi les approches « touristiques » ou fantaisistes du marathon pour ne considérer que celles ayant un objectif réaliste de performance.

     

    Un marathon, ça se prépare, il existe de très nombreux plans correspondant tous à une certaine approche de l’'optimisation de la performance. Globalement il y a une constante qui, si elle n’'est pas respectée, mène droit dans le mur. Il y a une approche mentale, une préparation alimentaire, une préparation matérielle … mais… …il y a des facteurs imprévisibles, des impondérables, et d’'autres facteurs connus souvent négligés et qui ne sont pas vraiment sans importance quand vient le jour J.

     

    Le profil de la course en premier lieu, en rapport direct avec sa situation géographique, dont il faudrait tenir compte dans sa préparation mais peu de coureurs le font, joue son rôle. On n'’abordera pas un marathon vallonné de la même façon qu'’un marathon réputé plat. La désignation de « parcours roulant » est tout à fait subjective, certains marathons réputés comme étant plats proposent néanmoins une succession de passages sur des ponts ou dans des tunnels ce qui à la longue confère au profil total de la course un certain dénivelé, apparemment négligeable mais bien usant quand même.

    La présence de nombreux changements de directions, parfois brusques, virages en épingle à cheveux, et celle de longues lignes droites, en faux plats, peuvent avoir aussi un rôle tout comme l’'exposition de l'’itinéraire au soleil et/ou aux vents dominants.

    Les types de parcours varient d'’une épreuve à l’'autre. Les parcours en boucles sont intéressants pour celui qui veut des repères et qui a envie de se rassurer sur la suite de la course, pour d’'autres ils s'’avèrent d’'une monotonie décourageante. Certains, peu nombreux de nos jours, proposant 3 boucles identiques de 14km, d'’autres plus prisés organisés sur deux tours (Vannes) ou en forme de 8 avec des passages très appréciés là où la foule est très nombreuse (La Rochelle). Les parcours en navette, en aller-retour, même partiels (Nantes, Albi) sont aussi en vogue, même si des facteurs climatiques peuvent venir ternir l’'enthousiasme, surtout sur la partie retour quand les vents sont défavorables. La dernière génération si on peut l'’appeler comme ça propose un parcours en ligne (Mont Saint Michel, Côte d’'Amour, Transléonarde, Marathon du Bout du Monde, Caen…) ou en une seule grande boucle (Futuroscope ou Paris dans une certaine mesure). Ces deux derniers types de marathons allient un parcours varié au niveau des paysages et la découverte touristique de la région traversée.

    Le cadre dans lequel se situe le marathon que l’on a choisi est important afin d’'allier performance et plaisir. Les marathons urbains (Paris, La Rochelle) sont-ils plus propices à la performance que les parcours semi-urbains (Nantes, Vannes) ou que d’'autres exclusivement organisés à l'’extérieur des grandes agglomérations, à la campagne par exemple ? Les parcours de bord de mer (Côte d'’Amour, Mont Saint Michel) très appréciés pour le caractère touristique de l’'événement sont-ils vraiment très favorables à la réalisation des objectifs ?

    Ces derniers marathons ainsi que plusieurs autres dont les parcours alternent ville et campagne présentent aussi une grande variété du revêtement : tantôt l’'on évolue sur des routes bitumées et autres sols bétonnés, tantôt on emprunte des chemins plus ou moins bien entretenus, souvent de terre, parfois avec des graviers et on peut aussi y rencontrer quelques flaques d'’eau et portions boueuses. Les routes de campagne sont un peu différentes des rues et boulevards rencontrés en agglomération : la chaussée est bombée, l’'entretien est parfois sommaire et l’'attention doit être décuplée afin de ne pas marcher dans un trou. En ville, la possibilité de « couper » les trottoirs, le nombre important de giratoires qui ont poussé comme autant de champignons et le passage fréquent par des zones piétonnières, parfois pavées, souvent délimitées par des poteaux ou plots de béton interdisant la circulation automobile rendent aussi la course risquée quand vient le moment où la fatigue diminue la capacité de se concentrer sur le parcours.

     

    Un second facteur indépendant de toute préparation plus ou moins bien accomplie et pouvant fortement influer sur la performance tient au fait qu’'on ne peut être certain de rien en ce qui concerne le temps qu'’il va faire lors de la course.

    Certes, les bulletins météo des jours et heures précédant le départ indiquent dans ses grandes lignes ce à quoi il faudra s'’attendre pendant la course, mais il existe toujours de grandes incertitudes au moment du départ sur ce qui se produira.

    Il est des exemples célèbres et dramatiques qui prouvent que les conditions climatiques ne sont pas négligeables dans l'’accomplissement d'’un marathon.

    Ceux de début d'’année, fréquemment programmés pour le début du printemps, ce qui correspond à la fois à la fin de la saison hivernale et des cross, présentent des risques de temps perturbé. Des matinées froides, avec de la pluie, du vent et pourquoi pas des averses de grêle ou même de la neige peuvent gâcher trois mois de préparation. A la même époque, on peut aussi faire face à une chaleur peu habituelle pour la saison. La localisation de ces marathons dans l'’espace français montre que ceux qui sont organisés près de l’'océan connaissent souvent des épisodes venteux, le vent étant quand même l’'ennemi du coureur quand il est de face. Les marathons de fin de printemps, aux beaux jours comme on a l'’habitude de dire, sont aussi soumis aux aléas climatiques et peuvent rencontrer une situation caniculaire qui anéantira tout espoir de réaliser un objectif chronométrique correct. En bord de mer, les brises côtières de début de matinée ou de fin d’'après-midi peuvent perturber le bon déroulement de la course.

    Les marathons de fin d’'été ou de début d’'automne sont sensibles aux mêmes aléas climatiques : vent, brouillard, pluie d’'un côté contre soleil, chaleur, forte hygrométrie de l'’autre.

    Les derniers marathons de l’'année, peu avant l'’arrivée de l’'hiver sont aussi sujets à des conditions climatiques variables d’'une édition à l’autre. La tendance générale est d'’y rencontrer du temps frais, voire du froid, ce qui n'’est pas trop handicapant si ce n’'est la présence éventuelle de vent qui en renforcerait les effets. Ne parlons pas des circonstances exceptionnelles qui verraient se cumuler froid, vent, et précipitations !

     

    Pour tenter de résoudre certains problèmes dus aux différents états du temps, et notamment aux fortes chaleurs, ou pour essayer de les anticiper, certaines organisations ont déplacé l'’heure du départ de leur marathon. Le plus connu est celui du Mont Saint-Michel dont l’'heure de départ est passée du dimanche matin au samedi après-midi. Mais même en s'’adaptant aux contraintes météorologiques, l’'histoire a tragiquement montré que la formule pouvait comporter certains risques. Une nouvelle adaptation de l’'organisation consista à avancer la course d’'un mois dans le calendrier afin de réduire au maximum tout risque de voir se reproduire l'épisode caniculaire ayant endeuillé la course.

    D’'une manière générale le départ des marathons est donné en milieu de matinée, entre 8h45 et 10h. Cela permet au moins aux coureurs de ne pas connaître trop de situations de chaleur.

    Il fut un temps, quand le marathon n’'avait pas encore son caractère mythique, où le départ de certaines courses était donné à 7h du matin (Saint-André-13-Voies en juin-juillet et Saint-Jean de Monts en août, les deux en Vendée). J'’avoue, pour les avoir courus de nombreuses fois, que ces marathons certes peu fréquentés (150 à 400 coureurs) étaient bien agréables, laissant le reste de la journée pour faire autre chose une fois la douche prise. Il en existe encore certains souvent couplés avec un 100km qui proposent un départ aussi matinal (Chavagnes en Paillers).

     

    On en arrive à la question de la notoriété de chacune de ces courses. Pour beaucoup de coureurs, c'’est le prestige d'’un marathon qui va guider en premier leur choix. Une grande majorité ne s'’aligne pas au départ dans le but de réaliser un temps au sens de meilleur temps possible, mais simplement pour terminer la course. Mais d'’autres veulent profiter de l’'événement pour « claquer » un nouveau record. J’'ai toujours trouvé étonnant qu'’on puisse espérer réaliser un meilleur chrono sur une course où le nombre de participants est très important (plusieurs milliers de participants) par rapport à une course plus « confidentielle » (quelques centaines d'athlètes).

    Quelques éléments peuvent abonder dans ce sens, mais des arguments contraires existent.

    Un « grand marathon », pas au sens de la longueur car ils mesurent tous 42,195km, mais au sens médiatique de « messe populaire » peut effectivement s’'avérer propice à la réalisation d’un objectif chronométrique. Le plateau proposé par la présence de nombreux sponsors va tirer le niveau vers le haut et la tête du peloton va aspirer les poursuivants et ainsi de suite. Ces organisations proposent aussi des « services d’'aides aux personnes » à savoir des meneurs d'’allure qui guident tous les aspirants et les conduisent vers un certain objectif, et le prêt de puces électroniques qui donneront avec exactitude le temps mis pour effectuer réellement le marathon, temps qu’'il faut néanmoins considérer comme officieux car n'’ayant aucune valeur pour un quelconque classement ou une éventuelle qualification. C’'est le chronométrage officiel qui détermine la performance réelle, c’'est à dire celui démarré au coup de pistolet.

    L’'ambiance de fête qui règne le jour de la course et même la veille et l'’avant-veille mettent tout le monde dans une dynamique positive qui peut aider à accomplir une performance.

    La ou les récompenses, souvent à la hauteur de l’'événement (mais pas toujours hélas) sont aussi des motifs de dépassement de soi.

    Parmi les arguments qui réfutent l'’idée qu’'on accomplirait une meilleure performance lors des grands marathons il y a celui de la difficulté à trouver son rythme de course rapidement. Le marathon n’'est pas un carnaval, n’'en déplaise à certains, mais c’est une compétition où certains vont donner ce qu'’ils ont dans le ventre après une longue préparation. Si pour des raisons d’'encombrement de la route par une foule trop compacte de coureurs, dont beaucoup se sont positionnés devant alors qu'’ils auraient dû aller à l’'arrière du peloton puisqu'’ils n'’avaient aucun objectif chronométrique, on met du temps à se régler en prenant aussi le risque de courir par à-coups, il y a de grandes chances pour que l’'objectif de départ soit revu à la baisse.

    Les marathons où l’'on peut franchir la ligne de départ en 30 secondes maximum et où l’'on n’'est jamais freiné par des personnes se trouvant devant et se déplaçant à faible allure permettent de se concentrer au maximum sur son allure et de conserver son ’influx nerveux ainsi que des réserves bien utiles pour la fin de la course.

    La foule aux premiers postes de ravitaillement, avec les écarts faits par certains coureurs non conscients qu'’ils gênent ceux qui arrivent derrière, est aussi un des points pouvant déboucher sur la réalisation d’'une contre performance. Tout le monde se précipite, ne prend donc pas le temps de se ravitailler efficacement et risque fort de le payer tôt ou tard quand le besoin de réserves sera plus important.

    Lors des courses où le nombre de coureurs est moins important on a le temps d’'apercevoir les tables de ravitaillement, de choisir ce dont on a besoin et on ne risque pas de se faire bousculer.

    Le mental joue aussi sur le déroulement de la course : quand il y a plein de monde, certains sont rassurés, ça les booste et ils vont puiser ce qu'’il faut pour aller au bout d'’eux-mêmes. Mais quand il y a beaucoup de monde cela signifie que beaucoup vont flancher et par mimétisme ou contagion beaucoup d’'autres seront tentés de ralentir et n’'iront pas chercher à se dépasser. De plus en se faisant doubler certains se découragent. Quand on se retrouve seul, qu’'on n’'a personne qui nous regarde, personne à qui se plaindre et qui pourrait compatir avec nos souffrances ou notre mal-être, on se rentre dedans et on ne se réfugie pas dans le cercle vicieux « je ne suis pas bien à on m’'encourage car on voit ou on me dit que je ne suis pas bien à donc je ne suis pas bien et je ralentis …». Là, seul, on n'’a que la route et on s’'accroche plus facilement.

    Le grand nombre de participants a quelquefois pris les organisateurs de court au niveau des ravitaillements, lors de certaines éditions où les premiers passés avaient pris tellement de boissons aux postes de ravitaillement qu'’il ne restait plus rien ou plus assez pour leurs poursuivants.

     

    En conclusion, je dirai que le choix d’un marathon, dans le but d’'y réaliser une performance correspondant à son objectif bien sûr, doit tenir compte de tous ces facteurs pouvant intervenir sur la course, prévisibles ou non, et que le coureur doit être capable de les anticiper et de s’'y adapter.

     

    à+Fab***

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