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L’avant course Je suis arrivé à Chavagnes le vendredi soir, vers 19h30 et je suis allé directement prendre mon dossard et rejoindre mon lieu d’hébergement où, une fois installé, j’ai pu manger ma pasta-party personnelle : taboulé, salade de riz au crabe et deux sandwiches jambon-beurre. Plus de place pour le dessert (riz au lait et tarte aux poires et amandes) que je gardais pour le petit déjeuner du lendemain matin. J’ai dîné en écoutant le match de tennis entre Federer et Djokovic puis en écoutant le match (en était-ce un vu le niveau de jeu proposé ?) entre la France et la Biélorussie. Il faisait encore jour et je préparai alors toutes mes petites affaires pour ne pas à avoir à les chercher le lendemain matin : pansements, tenue avec dossard fixé, runnings avec puce accrochée, sac de rechange à déposer au ravitaillement situé sur la ligne de départ, sac de douche pour être efficace après la course, etc. Je me couchai ensuite et suivis la fin du match sur mon portable puis mis de la musique pour m’endormir. La nuit fut bonne, je fus réveillé par une alarme de montre vers 2h, mais décidai de rester faire la grasse matinée jusqu’à 3h et même 3h30 car je ne souhaitais pas déjeuner trop tôt avant le départ. Quand je me levai, je me mis en tenue et chargeai les sacs dans ma voiture puis je rejoignis le site du départ près duquel je me stationnai : juste derrière le barnum où l’on allait stocker nos sacs de rechanges. Je me rendis au gymnase pour prendre mon petit déjeuner : café au lait, un morceau de brioche et un gâteau de riz, sans oublier ma part de tarte de la veille. Je rencontrai Anne-Cécile et Emmanuel avec qui je bavardai quelques instants et on se souhaita bonne chance réciproquement. Je retournai à mon véhicule déposer les affaires inutiles et pris le chemin vers la ligne de départ. Je me joignis aux coureurs au nombre de 250 environ et attendis le coup de feu du départ qui eut lieu à 5h précises. La course J’eus à peine le temps de voir Bérurier, on se dit bonjour, on s’encouragea et nous fîmes les quelques deux ou trois premiers kilomètres ensemble. Puis chacun ayant pris son rythme, lui 6’40/km et moi plutôt 6’20/km, nous nous souhaitâmes bonne chance et à plus tard. La température était douce, l’atmosphère déjà un peu lourde en raison de l’absence de vent. Le passage du 5ème km en 31’49 (fc moy 118) précéda la traversée de la forêt où ma frontale fut très utile comme sur les premiers kilomètres effectués en rase campagne où peu de zones éclairées étaient rencontrées. J’étais bien et j’en oubliai d’enregistrer mon temps au km10 (par extrapolation en consultant le GPS à la maison je vis que j’y étais passé en 1h05’30, soit 33’41 pour les 5 derniers km : la baisse d’allure correspondait aux nombreux arrêts pour uriner, signe que les reins fonctionnaient bien) et je continuai comme ça à mon petit rythme franchissant le 15ème km en 1h37’53 (+32’23) (fc moy 120). Au passage du premier tour j’en profitai pour me débarrasser de ma frontale et pour installer mon MP3 avec lequel j’allais effectuer les nombreux kilomètres suivants. Km 20 en 2h08’33 (+30’40), le jour était levé, le soleil aussi mais encore caché par les haies bordant le circuit. Les nuages couvrant une partie du ciel, style chape, se déplaçaient et laissaient augurer un fort ensoleillement pour la journée. Il fallait donc penser à s’hydrater régulièrement et fortement dès à présent. Ma consommation théorique de 50cl/5km, soit environ d’1l/h allait passer à 50cl/2,5km, pas loin des 2l/h. Au quart de l’épreuve, km25 atteint en 2h41’12 (+32’39) mon objectif de réaliser moins de 11h, voire 10h40, était encore d’actualité d’autant plus que mon allure prudente du début ne m’avait pas fatigué. Les jambes étaient bonnes, je ne ressentais aucune douleur, je me tenais à ma ligne de conduite, me permettant parfois de discuter avec des coureurs quand les hasards des allures nous mettaient à cheminer côte à côte. Je me rendis compte aussi que les premiers ne m’avaient toujours pas pris un tour contrairement à l’an dernier où les fusées étaient lancées sur du « moins de 7h » et moi sur du « plus de 11h ». Km 30 : 3h13’39 (+32’27) puis fin du second tour où je fus alors dépassé par les trois premiers qui filaient sur des bases de 7h08’ (dépassement après 3h34 de course au niveau du panneau km50 pour eux) et nouvel arrêt aux stands pour prendre mes lunettes de soleil suivi du passage au km35 en 3h46’29 (+32’50). L’objectif d’atteindre le marathon en 4h30 était tenable, je passai au km40 (dans la forêt) en 4h17’53 (+31’24), au marathon en 4h32’42, Km45 : 4h50’56 (+33’03) j’étais dans la partie de la boucle où l’ombre était très rare, le soleil étant plus haut et les haies quasi absentes. Du bocage de la première partie du parcours on passait progressivement en paysage de champs ouverts une fois sortis de la zone forestière. La fin du second tour, avec le passage un peu avant de la mi-course (km50 en 5h24’18 (+33’22)) fut le moment de faire le point. J’étais toujours sous les « 11h » si je ne mollissais pas et comme je me sentais bien, il n’y avait pas de raison pour que cela change, sauf … en cas de coup de barre imprévu. Km55 : 5h57’19 (+33’01) et entrée dans la forêt pour la quatrième fois. Au ravitaillement, km57, je perdis ma lucidité et ne fis pas attention à ce que je bus, de l’eau gazeuse, et mangeai, deux morceaux de banane, ce qui provoqua comme souvent quand je stoppe la course brusquement une tachycardie. Le cœur monta quelques instants à 180 et ne voulut pas redescendre tout de suite. Je marchais alors quelques hectomètres (le cœur à 150/160) afin de rejoindre un banc que j’avais déjà repéré près d’un parc aménagé avec des jeux pour enfants, désertique encore à cette heure matinale de la journée. Je m’allongeai une dizaine de minutes jusqu’à la fin de ma tachycardie, levant mes jambes, réajustant ma tenue, soufflant profondément, et quand le cœur reprit un rythme « normal », je repris la course, d’abord prudemment en analysant bien mes sensations puis en reprenant ma vitesse de croisière d’ « avant ». Bien sûr, mon temps de passage au km60, en 6h42’22 (+45’03), avait fait baisser mon chrono objectif final : maintenant je me fixais 11h/11h15 à la condition de ne plus m’arrêter comme ça « fainéanter » sur un banc public, banc public, banc public… Km 65 en 7h16’15 (+ 33’53) puis fin du 4ème tour, et je repartis pour mon avant dernier passage. Je déroulais mais m’octroyais plusieurs fractions marchées et j’atteignis le km70 en 7h51’52 (+35’37). La suite me vit ralentir encore un peu car je mis 38’41 pour faire les 5km m’amenant aux trois quarts de la course : km75 en 8h30’33. Mon objectif en avait pris un bon coup, mais je ne désespérais pas de poursuivre sur un tempo de 8,5 à 9km/h et donc de rester sous les 12h. Au-dessus de 12h, ça ne m’intéressait pas ; pour être classé FFA, il fallait réaliser un temps de moins de 12h. Je me suis déjà fait avoir à Séné où il fallait faire plus de 180km ; là, j’avais décidé de lutter pour tenir au moins cette marque. Mais, et oui, avec moi il y a souvent un « mais », je connus un nouvel épisode de « plombage de course » : je rattrapais un coureur dont c’était le premier 100km et qui marchait, me portais à sa hauteur, me mettant à marcher pour lui demander comment il allait, et là, soudain, mon cœur se remit en mode tachycardie. La fc passa à 186 et je décidai de m’allonger le long d’une haie, à l’ombre afin de faire passer ce petit moment de malaise. On était au km 77 et je me reposai pendant 30 minutes, allongé dans l’herbe, à me demander ce que j’allais faire une fois le cœur redescendu à un rythme normal. Mais celui-ci continuait de battre la chamade et j’entrepris de me relever et de marcher jusqu’au ravitaillement des kékés du bocage situé à deux ou trois kilomètres de là. Je mis 30 autres minutes pour l’atteindre et décidai d’arrêter les frais ici, le cœur n’étant toujours pas revenu à son rythme de repos. Temps total sur le parcours : 9h42’ pour 79,7km, dont une heure « arrêté » au total (dixit mon GPS). L'après course Une fois rapatrié sur le site d’arrivée, je me rendis sous la tente de la protection civile afin de procéder à quelques examens médicaux : tension, relevé de FC, saturation du sang en O2 … Les demoiselles qui s’occupaient de moi me placèrent deux serviettes froides, une sur la tête l’autre sur les jambes afin de faire baisser la température corporelle encore assez élevée. Une fois remis sur pied, je pris la direction des douches, allai retirer mon lot de participant non finisher et repris le chemin vers mon domicile en voiture. La chaleur à ce moment de la journée était très forte (33° à certains endroits du parcours) impression renforcée par la montée du temps orageux et lourd.
à+Fab*****
Jeudi 09 Juin 2011 à 22h43 dans 100 km5 commentaire(s)
Championnats de France 2001 (Cléder) (en même temps que le championnat du Monde) http://statistik.d-u-v.org/getresultevent.php?event=2976
Vendredi 11 Février 2011 à 22h59 dans 100 kmPoster un commentaire
Voilà le CR ! Tout chaud ! (1ère partie) (2ème partie) Allez Fab, courage ! Plus qu'une boucle ! Vas-y cool jusqu'au 85ème et le retour des côtes !
Je sors enfin des vestiaires et vais rejoindre mes trois compagnons de la veille. Et là, de la même façon que les résultats d'Arnbou et ph-roland m'avaient épatés, mes trois potes m'annoncent leurs scores : 9h43 pour Stéphane, 9h57 pour Alexandre et 10h38 pour David. Pour une première expérience, ce fut une réussite. Même pour Stéphane à qui je dis que son chrono sur un cent km plat avec des conditions météo moins chaudes se serait transformé en un moins de 9h. Nous discutons quelques minutes avant que je ne sois contraint de descendre de la mezzanine en urgence, mon estomac ne supportant plus l'énorme quantité de boisson ingurgitée. Une fois cet épisode peu romantique passé, comme mes potes ont faim, nous nous rendons vite fait au repas d'après course : il est 18 h et la remise des récompenses est à 18h30. Comme ils restent là ce soir, ils veulent y assister. Le repas ne passe pas bien, la salade de surimi est bonne, mais le reste ne me donne pas d'appétit. Je grignotte le bout de fromage qui est difficilement assimilable car je n'ai plus de salivation. Je me rabats sur la tarte aux pommes qui passe mieux. Des journées comme ça, j'en redemande ! C'est pour cela que je n'hésite pas quand je peux m'inscrire sur des événements tels que ceux-là, au mépris de toute logique de récupération physique : le bien être mental est primordial.
PS: pour réserver une place à ma table pour les pasta-party ou petits-déjeuners "porte-bonheur" veuillez vous adresser directement à mon agent :lol:
Mercredi 13 Juin 2007 à 11h41 dans 100 kmPoster un commentaire
Deux sentiments prédominent ce matin, lendemain des 100km de Chavagnes : déception quant à mon chrono par rapport à l'objectif "bas" de 10h30 et surtout pour le manque de sensations dès le départ de la course, et joie et admiration face aux performances réalisées par Arnaud (Arnbou) et Philippe (ph-roland) dont il s'agissait de la première expérience sur la distance. Revenons à la veille du départ, le vendredi 18 mai. Parti à 16 heures de chez moi, pour une cinquantaine de kilomètres de route (45' environ), j'arrivais sur le site des "départ/arrivée/retrait des dossards/pasta-party/et autres animations/ tournant autour de cet événement : c'est aussi la Foire à la Brioche, spécialité vendéenne, avec ses exposants, ses baraques à frites et autres manèges. Donc, l'ambiance et le décors étaient déjà plantés pour passer deux jours de fête. Naturellement, qui dit "cent bornes" dit habitués et je ne tardai pas à en rencontrer plusieurs : poignées de mains chaleureuses, questions : "T'as fait quoi depuis la dernière fois ?" ou "T'es en forme, tu vises combien ?" ... Mon portable se met à vibrer, un message de Philippe Roland, je le rappelle pour lui dire que j'arrive juste et il me dit qu'il est pile poil sous l'arche près des interwiew des coureurs. Je suis à 50m de là lui dis de se retourner, et oui, c'est bien lui que j'aperçois untéléphone à l'oreille, on lève un bras pour vérifier qu'on ne se trompe pas de bonhomme (ç'aurait pu être quelqu'un d'autre qui téléphonait)... poignée de main, bonjour à sa femme et à ses enfants, et nous restons là quelques minutes à discuter, à faire connaissance. Sympa. Nous nous disons à plus tard parce qu'il faut que j'aille retirer mon dossard et trouver mon lieu d'hébergement et Philippe doit aller chercher un emplacement pour son camping-car. Dossards, puce, brioche, divers documents et je vais voir au stand "hébergement" : chance ! Mon lieu de repos ne sera situé qu'à quelques centaines de mètres du site, je n'aurai pas à faire de longues navettes en voiture pour déposer mes affaires et revenir à la pasta. C'est une petite salle mise à la disposition des coureurs par la paroisse (?) il n'y a pas beaucoup de places, 60 en trois pièces, mais ça sera mieux comme ça, on ne sera pas entassés. J'arrive à placer mon barda (valise, matelas, chaise pliante, sacs) et je m'étale un peu pour réserver la place pour Arnaud et Manu son accompagnateur. Un petit coup de fil m'apprend qu'ils en ont encore pour une heure de route avant d'être là, j'ai donc le temps de préparer mes petites affaires pour ne pas avoir à me précipiter plus tard quand il fera sombre. Je retourne au complexe sportif pour la pasta, j'en profite pour déposer la pub pour la course que mon club organise (un 10 et un 20km le 16 septembre). Quelques poignées de main plus tard (Ah ! la notoriété) je fais la queue pour prendre mon plateau repas et je m'installe à quelques mètres du stand de retrait des dossards comme ça je ne raterai pas Arnaud et Manu. Le repas se compose d'une salade de blé puis d'une viande blanche accompagnée de coquillettes "baignant" dans une sorte de sauce tiède au début froide à la fin. Un 1/8ème de camembert et une tarte aux fruits plus tard, je me rends compte que mon protable avait sonné mais avec le bruit du haut-parleur rendant un hommage à tous les anciens vainqueurs des 19 éditions précédentes je ne l'avais pas entendu. Du coup, je le rappelle et il me dit qu'il est venu chercher son dossard, qu'il ne m'a pas vu et qu'il est avec Philippe au terrain de sport près des douches et non loin de l'arrivée. Rendez-vous à 20h/20h30 là-bas. Naturellement, j'ai le temps sauf que j'ai rencontré une foultitude de centbornards connus ainsi que des forumers (du site de Bruno Heubi) que je ne connaissais que par avatar ou post interposés. J'en avais rencontrés certains à Belvès l'an dernier. Je passai aussi faire un petit bonjour à Thierry Viaux*, Transe Gaulois 2006, qui était installé non loin de Philippe. Je m'éclipse pour aller au camping-car de Philippe où Arnaud, Manu, Philippe et sa petite famille finissaient de dîner. Nous avons passé un moment sympa de veille de 100km à discuter pour évacuer le stress et les inquiétudes bien naturelles avant une telle épreuve. 21 heures, il est déjà l'heure d'aller à la salle pour dormir. les lumières sont éteintes, de nombreux coureurs sont déjà couchés, il fait encore assez jour pour y voir quelque chose mais peu à peu la luminosité décroît et l'on n'y voit plus rien. On est installés côte à côte et les premiers ronflements se font entendre. Il fait chaud, le sommeil ne vient pas, les heures défilent, longues, interminables. J'ai dû dormir en pointillés, mais de toute façon, c'est toujours comme ça les veilles de courses en hébergement collectif ... avec les ronfleurs, ceux qui ont des matelas qui grincent, ceux qui se lèvent en pleine nuit pour aller aux WC et qui slaloment discrètement dans la salle pour éviter de piétiner quelqu'un et qui font grincer la porte, laissent un filet lumineux passer par l'entrebaillement et quine se rendent pas compte que la chasse d'eau va en réveiller plus d'un ... Ce sont des tranches de vie "inoubliables"... Vers 2 heures du matin, quelques coureurs se lèvent,déjà !, c'est trop tôt à mon avis, mais à force de tournicoter sans trouver le sommeil, je décide moi aussi de me lever : 3h, ça me laisse 2h avant le départ. Je commence à ranger, à plier les matelas et duvet. l'interrupteur pourtant bien caché a enfin été découvert : du coup, c'est bon, tout le monde se lève, fini la grasse mat', il faut se mettre en tenue, se protéger (crèmes, pansements), charger la voiture et se rendre au parking, un grand champ situé à 50m du départ et de l'arrivée. Nous nous rendons au petit déjeuner. Je n'ai pas très faim, même mon Gatosport ne m'inspire pas. Aurais-je déjà un pressentiment sur la suite des événements ? ça semble pourtant aller. C'est toujours comme ça, alors ça va aller mieux quand on sera partis. 4h30, derniers préparatifs, 4h45 feu d'artifice, nous allons sur la ligne de départ. la météo semble bonne, pas besoin de coupe-vent, le maillot à manches courtes avec le débardeur "club" par-dessus devraient suffire. Mes bouteilles sont solidement rivées à mes mains, j'ai fait le choix de ne pas prendre de ceinture porte-gourdes, je salue nombre de connaissances,nous nous regroupons avec Arnaud et Philippe et c'est le moment du départ : 670 coureurs environ, c'est pas mal, surtout que nous partons vers le village faire une première petite boucle avant de nous enfoncer dans le noir. Avec Arnaud et Philippe, nous n'avons rien décidé de particulier concernant notre marche à suivre, sinon celle de faire les premiers kilomètres ensemble et après on verrait. Eux partaient dans l'inconnue, moi je connaissais ces départs, mais bien vite je m'aperçus que je n'étais pas dans "la course", pas de sensations, la Fc était correcte, le temps de la stabiliser une fois le premier km parcouru, et ça devrait aller mieux. 1er km en 7' environ, 2ème en 13', 3ème en 19 ou 20' (voir Arnbou pour la précision), donc notre départ fut prudent. Le passage au 5ème km en 32' nous indiqua qu'on pouvait peut-être accélérer un peu,pas brusquement, mais pour nous retrouver sur des bases de 6' au kilo. 10ème km en 1h00'09", on a bien géré, 15ème en 1h29'51", c'est toujours bien, mais pour être sous les 10h, il va falloir commencer à se faire un petit "matelas" d'avance, sachant que les derniers km seront difficiles. Nous sommes encore ensemble au 15ème, mais je sens bien que je n'y suis pas, je profite des ravitaillements pour marcher un peu, je m'arrête uriner plusieurs fois, je ne souffre pas, mais je n'ai pas de sensations positives. Je n'ai pas de prise sur les événements, un comble pour moi qui aime gérer mes courses là je la subis. Arnaud continue son petit bonhomme de chemin à son rythme, Philippe prend des nouvelles et m'attend après les ravitaillements, je pense qu'il ne sait pas s'il doit m'attendre ou s'il doit filer, et je lui fais signe de continuer, quand ça ira mieux, je reviendrai. Cela m'ennuyait un peu de laisser Philippe se "débrouiller" tout seul, mais j'aurais été un boulet pour lui si j'avais continué à m'accrocher à sa foulée. Dans la tête, l'objectif "moins de 10 heures" a vite été abandonné (excès de confiance des quelques dernières semaines), même si jusqu'au 40ème km je suis encore dans les temps mais je n'arrive pas à creuser l'écart sur le 10km/h pour me constituer un "matelas" de 12' au 60ème km que je voulais passer en 5h48', afin de gérer la fin de course qui est toujours très difficile. 10ème km en 1h00'09", 20ème en 1h58'15", 30ème en 2h55'44", 40ème en 3h55'37", marathon en 4h08'20" (combien seraient heureux avec un chrono pareil ! ), 50ème en 4h54'36" puis à l'amorce du 3ème tour, je me mis à prendre de plus en plus de temps aux ravitaillements. Un petit caillou dans la chaussure qui d'habitude ne m'aurait pas géné devenait, là, une bonne excuse pour m'arrêter et m'asseoir sur un rebord de fenêtre d'une maison à l'ombre pour me déchausser et le retirer. donc, la moyenne en prit un coup (55ème en 5h27'22", 60ème en 5h59'23") : en dix kilomètres j'avais mangé mon maigre matelas d'avance sur les "10h". Alors, maintenant qu'il ne restait plus qu'à peine un marathon à courir je me mis à douter de ma volonté et de mes capacités à faire moins de 10h30', ce qui était l'objectif "réaliste" de mon niveau actuel. Oui, mais du 60ème au 75ème, pour m'assurer un dernier tour à peu près correct, je ralentis l'allure : 65ème en 6h32'37", 70ème en 7h07'05", 75ème en 7h42'43". Au ravitaillement après le 75ème km, je pris vraiment tout mon temps. Entre temps, Gourdoda était venu m'encourager et me il donna du courage quand il m'informa qu'Arnaud était passé en 7h environ au 75ème et que Philippe le suivait à une vingtaine de minutes. J'étais content pour eux, les débutants sur la distance qui allaient arriver à boucler leur premier 100km. Mais, je n'avais plus d'essence "mentale" (en avais-je eu ne serait-ce qu'un peu aujourd'hui ? ), je n'avais plus envie de m'accrocher à un chrono hypothétique sous les 10h30. Du 75ème au 97ème j'ai tourné à moins de 9km/h, vitesse Transe Gauloise par excellence, ça m'a fait une bonne révision pour cet été, mais je m'en serais bien passé ! Allez grand ! Courage ! Je décidais d'arrêter de me faire doubler à partir du 97ème et la fierté prit un peu le dessus : j'alignais les km en 5'48", 5'45" et 5'42". A l'arrivée, un sourire pour la forme, mais une grande déception au fond de moi. Même si beaucoup de coureurs aimeraient réaliser ce temps de 10h51'. Heureusement, l'annonce des chronos de mes deux compères m'apporta un peu de réconfort : 9h37' pour Arnaud (que j'aurais tant apprécié pouvoir accompagner), 10h07' pour Philippe (lui aussi, j'aurais bien aimé pouvoir le suivre). Pour une première expérience, ils ont réussi quelque chose de formidable. Et au bout du compte, vu les difficultés de beaucoup de coureurs à terminer, je ne vais pas me plaindre et accepter avec fierté ce résultat. Je m'étais mis la pression tout seul, je pensais que ça allait se courir tout seul, comme ça, et cela montre que j'ai eu la mémoire courte sur le coup. C'était "Mission Foupoudav' " : je paie entre autres les conséquences de mauvais choix à l'entraînement. Je vais revoir où ça a coincé, ce qu'il va falloir ne plus refaire. 24 heures après, je n'ai pas beaucoup de courbatures, il s'en est fallu de peu pour que j'aille trottiner cet après-midi, mais il pleut et je préfère assurer la récupération encore jusqu'à demain soir ou peut-être mardi. Le fait de courir une heure de plus que prévu m'a fait attraper plein de coups de soleil : nuque, bras, mollets. La malédiction de Chavagnes se poursuit donc : après 2003 et sa célèbre canicule et mes laborieux 10h34', puis 2004 et mes difficiles 10h12' suite à un malaise suivi d'un gros coup de mou et 2005 et ses 10h42' suite à un gros malaise, voici 2007 et ses 10h51' sans excuse cette fois-ci, car la météo était presque idéale, ni trop fraîche ni trop chaude (sauf à la fin), ni trop venteuse (le vent qui apportait de la fraîcheur au bon moment), le parcours impeccable même avec ses quelques passages en forêt sur des chemins gravillonneux, l'ambiance de fête d'un championnat de France où je ne me suis jamais retrouvé seul. A chaque fois, dans les mois qui suivirent j'ai réussi à faire un chrono de moins de 10h. Pas cette année, ce n'est pas au programme, mais j'ai quand même un nouveau 100km dans 3 semaines, pour "le fun".
Dimanche 20 Mai 2007 à 16h21 dans 100 km1 commentaire(s)
Certes Certes je nai pas eu une préparation optimale pour ce 100km (deuil familial, bases de préparation axées sur le 24 heures, retour de blessure ) ; Certes je restais sur un échec (mon abandon sur blessure à Belvès, mes 3h40 au marathon de Nantes ) ; Certes mon objectif était prudent, considérant à la fois ma préparation bouleversée, le profil de la course, le temps chaud des jours précédents, mon objectif futur et principal ( Mais, je métais préparé mentalement à passer un peu plus de temps que dhabitude, sachant que mes anciennes douleurs pouvaient aussi revenir assez rapidement lors de la course. Alors, que sest-il passé pour que je mette 2 heures de plus que mon ancienne moins bonne performance sur 100km (10h42) et près de 4 heures de plus que mon temps record (8h47) ? (Record qui date du siècle dernier, mais tout de même !). Chapitre 1 : la veille de la course. Arrivé vers 18 heures le samedi, je suis allé retirer mon dossard et les « cadeaux » offerts par lorganisation à tous les participants : une bouteille de vin dun producteur local, un t-shirt, un porte-document de bonne qualité contenant plusieurs bricoles et prospectus. En tout cas, ça fait toujours plaisir de recevoir quelque chose avant la course. Laccueil a été très chaleureux, et ce sans jeu de mots, même si ça pouvait constituer un signe prémonitoire sur le lendemain quon se préparait à subir. Déjà 19 heures. Il faut que je file à la pasta-partie qui était organisée dans un village voisin, à Saint-Georges sur Loire, qui se trouve être aussi une des villes étapes de A la pasta, je fis connaissance de plusieurs coureurs (néophytes pour beaucoup) et je revis avec grand plaisir les habitués de ces distances, qui ont un palmarès de participation rendant le mien tout petit. De retour au gymnase où jallais dormir, jinstallai tout mon petit barda, jétrennai par la même occasion la valise à roulettes offerte par ma femme, et je préparai tous les petits détails afin de me rendre lavant-course du lendemain plus « facile » et moins stressant. Je me couchai dans ce gymnase surchauffé par les rayons du soleil de la journée et lair un peu plus frais qui parvenait à entrer dans la salle par les portes laissées grandes ouvertes me fit beaucoup de bien. Pour mendormir, je pris le walk-man afin découter le match Italie-USA. Je mendormis sans doute assez rapidement une fois la fin du match sifflée Chapitre 2 : la nuit fut courte et le réveil brusque. Les lumières de la salle sallumèrent vers trois heures du matin pour permettre aux coureurs retardataires de prendre leur dossard. Je me levai, me préparai suivant un rituel bien rôdé depuis le temps que je procède comme ça : pansements de protection, crèmes anti-frottements, tenue à ajuster correctement pour éviter les « faux plis » qui brûlent, boissons, sac de rechange la routine, quoi ! Je noubliai pas non plus daller prendre le petit déjeuner, vers 4 heures, qui se composa de trois morceaux de pain avec de la confiture, dune tranche de brioche, et de deux cafés noirs légèrement sucrés. De retour au gymnase, je fis les derniers préparatifs, les derniers ajustements, et je mis toutes mes affaires dans la voiture garée à 20m de la ligne darrivée, par laquelle on allait passer trois fois ; je déposais sous un banc mon sac de rechange, afin de le retrouver dès la fin du premier tour. Lheure du départ approchait, tous les coureurs durent rallier la ligne de départ située à 800m de là, à pied. Sur le site du départ, je retrouvai des habitués, et je fis connaissance de Romain Valle*, Transe Gaulois 2004, qui remet « le couvert » lui aussi pour lédition 2006. Nous décidâmes de partir ensemble, ayant confronté nos objectifs pour la journée. Le mien était de partir sur les bases de 3230 aux 5km pour rester dans un tempo de 11 heures au final. Le sien en était très proche : faire moins de 12 heures sans « taper dedans » afin dêtre prêt pour le Tour du Golfe du Morbihan au début du mois de juillet. Chapitre 3 : le départ là où je vis que cela nallait pas être si facile que ça. Le départ fut donné à 5h03. Le jour se levait, le ciel était clair, une demie Lune nous accompagnant dans la campagne aux alentours. Premiers hectomètres et premières côtes, gentilles à ce moment de la course, atténuées par la semi obscurité. Le temps passait vite à discuter avec Romain : 5ème km atteint en 3227, quelle précision ! On est dans les temps ! Les portions planes, les côtes, les descentes se succèdent, les ravitaillements arrivent au bon moment, lallure était maintenue un petit peu au-dessus des prévisions, mais si peu
1h0343 au km10, 2h0709 au 20ème. La partie la plus vallonnée du parcours arrivait ; elle allait nous faire ralentir un peu, nous avions décidé dalterner course et marche dans les longues montées : le 30ème km fut passé en 3h1520, et la fin du premier tour en 3h40environ. Jétais 44ème je crois. La cadence pour faire 11 heures était respectée, mais déjà lardeur des rayons du soleil commençait à entamer les réserves. Il faisait chaud et il fallait continuer de boire régulièrement (au moins 50cl tous les 5km, voire Le passage au marathon eut lieu en 4h38, petit à petit la fatigue commençait à se faire sentir, mobligeant à laisser Romain partir devant : cest ce quil fit au ravitaillement du 45ème km. Ma cadence allait baisser pour passer de Ce deuxième tour fut néanmoins une véritable galère physique si on le compare au premier, et quand je le finis, mon ami Romain mannonça quil préférait stopper là pour ne pas risquer le coup de chaleur et compromettre sa participation au Tour du Golfe du Morbihan. Jai hésité à en faire de même, dautant que les abandons étaient nombreux à cette heure (il était 13 heures environ et la chaleur avait fait beaucoup de dégâts). Je changeai ma casquette pour en prendre une de type « Saharienne », changeai mes bandeaux et autres mouchoirs me servant déponge, renouvelai mon ravitaillement personnel, et je repartis, seul, vers ce que jespérai être un dernier tour sans trop de souffrances. Chapitre 4 : un dernier tour denfer. Je décidai au début de ce dernier tour daccélérer un peu, pour rattraper le temps mis à hésiter entre arrêter ou continuer, et je passai au 70ème km en 8h24, au 75ème en 9h et au 80ème en 9h40. Plus que 20 bornes ! Là, je me mis à calculer le temps qui me restait : plus possible de maintenir cette cadence pour faire moins de 12 heures, ou alors à quel prix ? Je me décidai donc à ne pas mexposer à une fin trop douloureuse, et je continuai mon petit bonhomme de chemin en coupant les longues périodes marchées par des fractions courues (alors quavant cétait linverse). Du 6km/h pendant Au 90ème km, passé en 11h20 environ, je me dis quà ce rythme jallais dépasser les 13 heures et que surtout jallais inquiéter ma famille qui devait penser que jétais déjà arrivé et même sur le chemin du retour. Alors, je repris un rythme de course plus constant pour atteindre le km95 en presque 12heures. Plus que 5km ! et une heure pour les faire ! Je continuai donc quand même à courir jusquau 98ème km où je rattrapai 2 coureurs qui marchaient. Je décidai de terminer avec eux, à la marche moi aussi : nous franchirions ensemble la ligne darrivée. Ces Nous arrivâmes main dans la main en 12h4355, classé 25, 26 et 27ème sur un nombre de partants denviron 80. Quels encouragements nous reçûmes ! Vivas de la foule, applaudissements, nous eûmes droit aussi de livre nos premières impressions au micro. Epilogue. Alors, au bout du compte ? Et bien, aussi paradoxal que cela puisse paraître, je suis aussi heureux, sinon plus, dêtre allé au bout de cette course, quau bout de toutes les autres faites auparavant. Pour moi, cest comme si ça avait été mon premier 100km. La lecture des résultats ma aussi permis de relativiser ce que jai appelé une contre-performance : Le vainqueur met 8h33, il y a 7 coureurs sous les 10 heures, 7 autres entre 10h et 11h, 6 entre 11h et 12h, 7 entre 12h et 13h Tous les coureurs arrivés, et dont ce nétait pas le premier 100km, ont mis en moyenne 10 à 15% sinon plus encore, que dhabitude. Donc, en extrapolant, daprès cette formule (que jai « inventée » daprès ce que jai observé), un temps de 10 heures se transforme en 11h30, un 11h équivaut à 12h40, etc La chaleur et le profil vallonné du parcours ont donc été déterminants dans ces temps situés bien au-delà des chronos habituels. Maintenant, place à la récupération. Il y a En tout cas, ça ma fait une bonne révision, à la fois physique et mentale pour ce qui mattend. A+fab* |
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