• 100 km de Chavagnes en Paillers 2012

     

    CR des 100 km de Chavagnes en Paillers 2012 (19 mai 2012)

    Prologue

    Dans ma préparation à la TransEurope, j’avais prévu de monter sur les distances de manière progressive en essayant d’établir à chaque occasion des chronos du même niveau voire meilleurs que ceux des années précédentes, marquées par une petite régression ou stagnation bien naturelles eu égard à ce que je me suis « enfilé » depuis 2009 (TransEurope 54 étapes, Transe Gaule 2010 et 2011 et de nombreux 24h).

    Le 100 km faisait partie de cet enchaînement, mais en dernier dans la série car les 24h auxquels je devais participer arrivaient plus tôt dans l’année.

    Le cross départemental suivi d’un 10km vallonné (44’24), d’un semi tout aussi bosselé (1h37’48), d’un marathon venteux (3h44’34) ne m’avaient pas permis de battre mes meilleurs chronos en V2, mais j’en m’en suis approché. Le 24h me rassura et m’indiqua que j’étais sur le bon chemin. Restait le 100 km où depuis quelques années je n’arrivais plus vraiment à donner le meilleur de moi-même (il faut remonter à 2007 pour un chrono sous les 11h, à 2005 sous les 10h, quant aux moins de 9h, ça fait déjà plus de 15 ans avec 8h47’ en 1995). Les plus récents m’avaient conduit soit à l’abandon sur blessure soit à une performance tout juste sous les 12h.

    Mon temps de passage aux 100km sur le 24h (11h26’) me donnait l’espoir de faire au moins aussi bien à Chavagnes cette année.

    L’avant-course.

    Arrivé la veille au soir, après dîner, accompagné d’un ami coureur lui-aussi de Rezé, nous sommes allés nous installer au gymnase de la Rabatelière (à 4km du départ) où nous avons rencontré Patate (Noël) et sa petite chienne (Patate aussi). L’installation rapide avec la préparation de tout le matériel pour la course me prit une bonne heure, j’espérais que le sommeil arriverait rapidement et que je ne serais pas réveillé trop souvent pendant la nuit. Le lever étant prévu à 3h, je souhaitais quand même dormir au moins 5 heures. En réalité, ce fut du sommeil en pointillés, tantôt réveillé par les voisins trop bruyants tantôt par le froid de la salle. Vers 3h je me levais et rangeais tout mon barda, préparant mes bouteilles que je laisserai au ravitaillement puis mon sac de rechange dans le cas où il pleuvrait. Pour le moment, le temps était sec et quelques étoiles apparaissaient entre les nuages. Mais comme il faisait nuit, les nuages on les devinait plus qu’on ne les voyait. Nous avons rallié le site du départ vers 3h30 où je me garais près du stand de dépôt des affaires de rechange et nous sommes allés prendre le petit déjeuner. 4h, encore une heure pour peaufiner la préparation, mais on sait que le temps passe très vite dans des moments comme ceux-là… si bien que 5h approchait et il fallait que je me dépêche de tout dispatcher : sac de douche prêt dans la voiture, bouteilles déposées au stand, sac de rechange déposé à la consigne et coup de sifflet nous intimant l’ordre de nous rendre sur le ligne de départ ce que je fis en trottinant. J’étais vêtu d’un cuissard, d’un t-shirt par-dessus lequel j’avais mis un coupe-vent léger car il ne faisait pas froid et le temps était sec, une casquette avec la frontale, mon mini sac à dos avec un poncho et une bouteille de 33cl de grenadine et un sac banane avec MP3 et barres de pâtes d’amandes. Comme toujours, je portais ma petite bouteille de 50cl à la main, elle aussi pleine de sirop de grenadine. J’avais prévu les guêtres par-dessus les running car je savais qu’il est toujours difficile de devoir se déchausser 10 fois pour retirer les graviers.

    La course.

    Premiers hectomètres autour du complexe : rien à signaler, tous les voyants sont au vert. Il n’y a plus qu’à s’engouffrer dans le noir de la route qui mène à Benaston où on a déjà fait 2km et qu’on est accueillis sous une volée de cloches. Passage au-dessus de l’autoroute où le trafic est quasi inexistant à cette heure puis virage à gauche toute pour s’imprégner de l’air de la campagne. Un peu sinueux, le paysage étant encore invisible, on arrive bientôt à la forêt de Graslas où la frontale est bien utile sur les chemins certes balisés mais où subsistent des branches tombées ou des parties boueuses. Premier ravitaillement puis nouveau chemin avant de sortir de la forêt et de prendre une partie de la grande ligne droite d’antan (mais en sens inverse). Cette route dégagée permet alors de se rendre compte qu’il ne devrait plus tarder à pleuvoir et progressivement cette impression va devenir concrète. Je n’ai pas le courage de sortir le poncho, ça me ralentirait alors que je suis dans un bon rythme (9,8 à 10km/h) et je me décide d’attendre le passage au stand en fin de premier tour pour voir ce que je ferai. Le parcours s’infléchit et une légère montée suit un virage qui nous fait revenir vers Chavagnes au lieu de rentrer dans les Brouzils et je me souviens que cette côte légère le paraît de moins en moins au fil des tours. Donc si je dois marcher, ce sera au moins ici. Les kilomètres suivants s’accumulent lentement mais sûrement et la pluie s’est  vraiment installée. Le ravitaillement des Kékés, toujours aussi animé fait du bien, à cet endroit on sait qu’il ne reste que 4km avant les stands. Mais quels 4km ! Un coup dans le zig, un autre dans le zag, heureusement que je ne cours pas vite, j’aurais le mal de mer. A l’amorce du dernier kilomètre, on passe par un petit chemin le long d’une ancienne piste d’athlétisme en terre et la pluie n’a pas encore rendu l’endroit trop boueux, mais on se doute qu’au fil des passages s’il pleut encore comme ça, cela deviendra un vrai bourbier, surtout les 50 derniers mètres qui me rappellent les terrains de cross et leur changement d’aspect au fil des courses : herbe, boue, gadoue, Nutella (pour la couleur et la consistance). Les 800 derniers mètres de la boucle sont les bienvenus, on passe alors sur le tapis de pointage et devant les stands.

    Allez ! Un tour de fait, plus que cinq ! J’échange au stand mon coupe-vent perméable contre un vêtement protégeant de la pluie, je me déleste de la frontale, échange ma bouteille de grenadine et me ravitaille avant de repartir sur la route pour une seconde boucle : il fait jour, il pleut, mais tout va bien.

    Mes temps de passage :

    5km : 30’22

    10km : 1h02’14 (+ 31’52)

    15km : 1h33’36 (+31’22)

    20km : 2h08’03 (+ 34’27 dont 3’ perdues lors du changement de tenue)

    Le tour suivant fut plus régulier, avec pour seul ralentissement le passage en forêt où le sol commençait à devenir spongieux.

    Semi : 2h15’50

    25km : 2h41’19 (+ 33’16)

    30km : 3h13’16 (+ 31’57)

    L’homme de tête me prend un tour peu après : quelle foulée !

    Le troisième tour dans la continuité du précédent : pluie, pas de vent et les premiers du marathon qui me dépassent aussi.

    35km : 3h45’17 (+ 32’01)

    40km : 4h17’12 (+ 31’55)

    Marathon : 4h31’32 (second semi : 2h15’42)

    45km : 4h49’31 (+ 32’19)

    50km : 5h23’51 (+ 34’20) le temps passé au ravitaillement des kékés plus celui à marcher m’ont fait baisser le rythme et je commence à me dire que pour me réserver une fin moins laborieuse que certaines autres fois il faut que je commence à alterner course et marche plus fréquemment.

     

    Quatrième et cinquième tours : les moins faciles.

    Je suis passé sous les 9km/h, essayant en vain de maintenir un rythme de 7’/km. Je calcule que si j’arrive à rester dans ces allures je pourrai faire moins de 11h30’ voire 11h15’. Donc pas de panique, de toutes façons la météo s’est décidée à rester maussade, le vent s’en mêle, alors on va continuer de travailler le mental. Quand je serai sur les routes de l’Europe, il faudra que je sois capable de m’accrocher, alors si je n’y parviens pas là, qu’est-ce que sera dans trois mois jour pour jour !

    55km : 5h59’05 (+ 35’14)

    60km : 6h34’32 (+ 35’27)

    65km : 7h11’18 (+ 36’46)

    Je démarre mon 5ème tour avec d’autres coureurs qui eux en sont à leur dernier.

    70km : 7h47’14  (+ 35’56)

    75km : 8h24’00 (+ 36’46)

    Je passe devant le lieu où j’avais connu quelques soucis l’an dernier, là où mon cœur s’était mis à battre la chamade me contraignant à l’abandon 3km plus loin. Je reste concentré et file sans me retourner : ouf ! L’endroit ne me semble plus maudit. J’arrive au ravitaillement des kékés pour déguster une crêpe chaude et commencer à boire eau gazeuse et coca ce dont je me suis abstenu depuis le départ. Ça fait du bien et je repars en pleine forme.

    80km : 9h01’26 (+ 37’26)

    Plus que 20km, le décompte va se faire petit à petit mais sûrement.

    Un avant dernier passage en zone boueuse, un dernier devant les stands où je laisse mon petit sac à dos et mon sac banane et je file en essayant de courir un peu plus vite.

    J’aperçois des petits groupes de coureurs ou des coureurs isolés seulement accompagnés de leurs suiveurs à bicyclette. Ça me fera des petits challenges de les rattraper, me dis-je alors et à ce jeu-là, je ne suis pas « manchot » !

    85km : 9h36’47 (+ 35’21)

    90km : 10h12’14 (+ 35’27)

    95km : 10‘46’23 (+ 34’09)

    Et enfin l’arrivée en 11h20’09 (+33’46).

     

    Content et soulagé à la fois de ne pas avoir connu de soucis majeurs dans des conditions peu avantageuses, mais je me souviens que l’année précédente avec un grand beau temps un peu chaud et sans vent, je n’avais pu aller au bout. Donc quelles conditions sont-elles les meilleures ? A chacun de voir. Mais les conditions idéales de course sont rares et souvent on se replie sur des détails comme ceux-là pour expliquer une contre performance.

    Mes 11h20’ n’en sont pas une pour moi, ils constituent mon nouveau temps de référence en catégorie V2, et j’ai malgré moi conservé de la marge pour l’améliorer. On verra ça soit à Cléder en juillet si j’y vais ou l’an prochain en préparation à la Transe gaule 2013.

     

    L’après course

    La récupération de mes affaires puis de ma voiture pour rejoindre les douches et me décrasser totalement fut un peu difficile : j’avais froid et j’étais ankylosé et la sortie du parking fut assez particulière : j’ai failli m’enliser dans la boue que les véhicules précédents avaient rendue bien collante et glissante.

    Les douches étaient chaudes et ravigotantes. La collation avant de prendre la route du retour sur Nantes me permit de revoir quelques connaissances. Mon copain rezéen, sans entraînement spécifique, a mis 10h40’. Avec de l’entraînement le podium V3 aurait été à sa portée (là il est 4ème).

    A+Fab******

    PS : ce matin, à moins de 18h de la fin de la course, je suis retourné trottiner et je n’ai pas conservé beaucoup de séquelles physiques de ma journée vendéenne, à peine un petit mal aux jambes en début de footing et un manque de rythme évident, mais cette heure de récup m’a fait un bien fou.

    Je sais que d’autres doivent maudire leurs escaliers à cette heure, les miens ne m’effraient pas et je les monte et descend sans soucis.

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